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Jalhay - Sart - Demain

L'Avenir de notre entité vous appartient

La rubrique de Clément Mawet

29/10/2017 08:26:56

 
 
 

 

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Quand le socialisme a asservi le peuple russe

« Comprendre la révolution russe » de Martin Malia est une brillante leçon d’histoire philosophique qui mérite d’être lue et relue avec attention.
Peu d’ouvrages m’ont autant marqué que celui-là. Depuis longtemps dans ma bibliothèque, Comprendre la révolution russe avait été publié dans une collection de poche, Points histoire, en 1980. Ce livre très profond de Martin Malia bénéficiait d’une préface d’Alain Besançon. Il a été un temps mon livre de chevet et reste un des essais les plus pénétrants sur la mise en place du premier régime communiste de l’histoire.

Le socialisme est une licorne

Comme le souligne Martin Malia, le socialisme est une licorne. C’est une bête fabuleuse censée être l’antithèse parfaite d’un régime appelé le « capitalisme » par ses contempteurs. Le capitalisme est un terme vague qui renvoie à tout ce qui est censé ne pas aller dans le monde, un système reposant sur la cupidité et le profit, une société injuste écrasant l’être humain. Le socialisme, tout aussi vague, renvoyait à une socialisation des moyens de production et de distribution associée à l’image d’une société plus juste et fraternelle.

Le socialisme restait donc une pure abstraction au début du XXe siècle. Tout va changer en 1917 ou plus exactement en 1918, l’année décisive comme la nomme si bien l’auteur. Pour Martin Malia, il se passe cette année-là un phénomène unique dans l’histoire. Tout ce qui n’est pas ouvrier et paysan disparaît. Il n’y a plus d’élites en Russie. C’est ce vide social qui va permettre au Parti de remplacer la société. L’effondrement économique est par ailleurs total.

En juillet 1918, la situation est tellement désespérée pour le pouvoir bolchevik que Lénine décrète la Terreur. Les soviets sont épurés, les partis mis hors la loi. L’utopie « soviétique » a vécu. Le terme « ennemi de classe » va désigner désormais tous les ennemis de l’État à Parti unique. Lénine va réaliser, par des mesures improvisées, une étatisation de l’économie. Le socialisme prend pour la première fois un sens concret.

Étatisation et militarisation

Désormais toutes les mesures prises par le pouvoir vont s’interpréter comme permettant de réaliser le socialisme. La réquisition militaire des produits agricoles devient l’intensification de la lutte des classes dans les villages. L’abandon du communisme de guerre et la tolérance du marché noir sont rebaptisés alliance révolutionnaire du prolétariat et de la paysannerie moyenne.

Parallèlement à l’étatisation de l’économie il y a la militarisation de la société. C’est pour équiper l’armée rouge que fonctionnent l’industrie nationalisée et la politique agricole. Une fois éliminées les élites sociales, une fois transformé le prolétariat en salariés de l’État, il ne reste plus qu’un groupe social autonome, la paysannerie. La bureaucratie va donc remplir le vide laissé par la disparition de tous les groupes sociaux pouvant constituer une élite.

Le parti, souligne Martin Malia, devient un appareil d’administration. Le Politburo s’impose comme comité directeur aux pouvoirs absolus aux dépens du Comité central. Il fonctionne de façon autoritaire de haut en bas. Les effectifs gonflent de 125 000 avant la révolution à 600 000 membres à la fin 1920. La durée de la guerre civile va permettre l’établissement définitif du monolithisme du nouveau Parti. Ce monolithisme prendra le nom de « centralisme démocratique ».

Ni Thermidor ni Restauration possibles

La révolution russe ne connaîtra pas son Thermidor car Thermidor suppose l’existence d’une société civile qui avait totalement disparu. Toute Restauration est également impossible : il n’y a plus rien à restaurer. La société civile de l’ancien régime russe était trop faible pour supporter le poids d’une guerre totale moderne. Et les membres du Parti sont issus des rangs des sous-officiers et des contremaîtres de l’ancien monde, pas tout à fait le peuple mais tout ce qui reste comme « intelligentsia ». Ce nivellement social inouï unique permet la mainmise par le Parti-État.

Désormais tout ce qui n’est pas le Parti est au service du mal et le mal doit être écrasé. Il faut donc interdire toute opposition, même socialiste. D’autre part, les communistes ont connu, grâce à lui, une ascension sociale qui les pousse à s’identifier à la mission universelle du Parti. Mus par l’ambition et l’opportunisme plus que par l’idéologie, ils vont se reconnaître en Staline, l’un des leurs.

La paysannerie, représentant les trois quarts de la population, est dans l’incapacité de devenir la classe dirigeante. Le pouvoir dans un premier temps va lui accorder des concessions, la NEP, avant de la mettre au pas dans le cadre de la collectivisation sous Staline.

Une brillante leçon d’histoire philosophique

À partir de 1929, Staline va donc reprendre le communisme de guerre mais cette reprise sera une réussite. Il va ainsi réussir à créer une croissance durable, au prix fort, et permettre l’étatisation totale de la paysannerie. Car le but visé n’était pas économique mais politique. Plus rien ne pouvait menacer la position du Parti dans le pays. Le socialisme avait désormais un visage : celui du servage généralisé de la population. Telle est la triste conclusion de Martin Malia.

Cette brillante leçon d’histoire philosophique mérite d’être lue et relue avec attention.


 
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Mélenchon et son programme, dernier vestige d’Octobre Rouge, l’égal du PTB en belgique

Jean-Luc Mélenchon apporte son soutien aux Grecs ce week-end. Redécouvrez son programme, autant chaviste que tout bonnement soviétique.
Article initialement publié en mars 2017.

Certains peuvent se laisser abuser par le projet en apparence simplement révolutionnaire de Jean-Luc Mélenchon. Mais le bonhomme dissimule, sous son mauvais caractère et sa verve mordante, un projet d’une ambition soviétique qui n’a rien à envier à celui de Lutte Ouvrière. Il en assure la promotion politique en le rattachant à la tradition révolutionnaire française. Mais c’est une vision beaucoup plus « orientale » qui le porte.

La presque sympathique VIè République

Le programme de Mélenchon met en avant le thème de la VIè République. En lui-même, il peut fédérer beaucoup de monde, tant la décomposition atteint notre régime, et tant nous sommes nombreux à penser que la France n’a pas besoin de tourner une page, mais bien de clore un chapitre de son histoire, y compris institutionnelle.

Toute la difficulté est de savoir quel mandat on donne à l’Assemblée constituante supposée se réunir pour préparer cette nouvelle étape constitutionnelle. Dans l’esprit de beaucoup, il s’agit de corriger les tares de notre système actuel et de limiter les pouvoirs d’une aristocratie décadente, voire de la renouveler.

Quand on lit le programme de Jean-Luc Mélenchon, on s’aperçoit qu’il s’agit plutôt d’annoncer l’avénement d’un régime chavézien, mais en pire. Quelque chose qui ressemblerait plutôt à l’Union Soviétique.

La nationalisation de pans entiers de l’économie

On lira par exemple cette phrase qui obligera beaucoup à se frotter les yeux pour être certains de l’avoir comprise :

Protéger les biens communs : l’air, l’eau, l’alimentation, le vivant, la santé, l’énergie, la monnaie ne sont pas des marchandises. Ils doivent être gérés démocratiquement : le droit de propriété doit être soumis à l’intérêt général, la propriété commune protégée et les services publics développés

Le droit de propriété (privée s’entend) n’irait donc plus de soi dans le domaine de l’air (dont on aimerait connaître les contours exacts), de l’eau (ça veut dire qu’on va mettre Evian et Vittel sous contrôle de l’État ?), de la santé (le fameux mythe de la santé gratuite défendu par tous les thuriféraires de l’industrie), de l’énergie (y compris pétrolière on imagine), du vivant (ce qui inclut la recherche biologique).

Mais on aimerait, dans cette énumération, comprendre ce que signifie la gestion démocratique de l’alimentation. Faute de détails, on comprend qu’elle vise une nationalisation de fait de l’agriculture et de l’industrie alimentaire. Cette idée géniale a causé des millions de morts par la famine en Union Soviétique dès les années 20.

Et là, tu te dis : mais combien de Français vont-ils oser pour cette dangereuse ânerie ?

Au programme : un droit effectif au travail ?

On lira avec intérêt une autre élucubration mélenchonienne dont on comprend les risques de soviétisation qu’elle comporte :

Constitutionnaliser et rendre effectifs les droits au travail et au logement

On voit là encore de quoi il s’agit : une loi proclamera l’abolition du chômage et du mal logement. On anticipe ici une probable occupation forcée, sous une forme ou sous une autre, des logements vacants, et un recrutement massif de fonctionnaires. En l’état, le programme sectoriel prévoit l’interdiction des expulsions sans solution de relogement, l’interdiction des licenciements boursiers, et divers autres amusements qui accéléreront le marasme français.

Sur ces points, bien entendu, on ne perdra pas de temps à énumérer les risques concrets que les mesures démagogiques de Mélenchon porteront à l’économie du pays. Par avance, Mélenchon a la réponse : tant mieux ! nationalisons. Ainsi la France devint le nouvel eldorado soviétique.

Une mainmise sur la presse papier

Discrètement, Mélenchon s’intéresse également à la liberté de la presse. Officiellement pour l’aider. Mais la mesure suivante retiendra l’attention :

Refonder les aides publiques à la presse pour les réserver aux médias d’information et mutualiser les outils de production (imprimeries, serveurs, distribution, etc.)

D’abord, on aimerait savoir ce qu’est un média d’information. Bizarre bizarre ! mais qui vise-t-il ainsi ? La Pravda ? L’Humanité ? Ensuite, l’idée de « mutualiser les outils de production » est évidemment un faux nez grossier pour préparer la censure d’État. Dès lors que tes publications ont besoin de passer par une imprimerie mutualisée (synonyme de « contrôlée par le pouvoir ») ou par un serveur d’État, façon NSA, tu vois tout de suite où le gars veut en venir, dans sa VIè République.

Sous couvert de lutter contre le chômage et de s’attaquer aux riches, son ambition est bien entendu de te mettre sous son contrôle.

Quelles sont les autres nationalisations que Mélenchon prépare ?

Cet aperçu sur le programme de Mélenchon en dit déjà très long sur la soviétisation contenue dans la notion même de VIèRépublique. Mais on trouvera ailleurs dans ses propositions des mesures qui dissipent les derniers doutes que l’on peut avoir sur les intentions totalitaires du bonhomme :

Revenir sur les programmes de privatisation (aéroports, autoroutes, parts publiques, etc.) (…)

Rendre effectif le droit de réquisition des entreprises d’intérêt général par l’État

Là encore, on voit bien où il veut en venir. D’abord, on reprend les télécommunications, on nationalise Orange, on réquisitionne les gêneurs, et on remet dans le portefeuille public Air France, les aéroports, les autoroutes, etc. L’idée est ici sans équivoque : on en revient à une économie nationalisée comme dans les années 60.


 
 

 

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Vers une nouvelle crise financière ?

Dans le domaine de la régulation financière, l'amnésie politique et le recul législatif sont quasiment devenus la règle ces dernières années. Mais, ce qui s'est produit ce jeudi au Parlement européen restera sans doute à jamais gravé dans les annales de... l'ironie de l'histoire.

Flash-back. Nous sommes en juillet 2007, aux Etats-Unis, où vient d'éclater ce qui deviendra la plus grave crise financière depuis la Grande De?pression. Un mot un peu barbare pour les non-initiés fait soudain son apparition dans le langage courant : la "titrisation". Le monde découvre en effet avec stupeur et tremblement que les banques américaines ont fait preuve d'une double irresponsabilité. Non seulement, elles ont consenti à tour de bras des prêts immobiliers à des ménages américains aux revenus modestes (et à des taux d'intérêt variables et élevés). Mais, conscientes du risque financier qu'elles prenaient, elles se sont débarrassées de ces créances douteuses en les "titrisant", c'est-à-dire : en les vendant sous la forme de titres financiers à des fonds spéculatifs, des fonds de pension, mais également à d'autres banques, y compris européennes. Par le biais de cette "innovation financière", les banques américaines sont certes parvenues à se soustraire aisément aux règles de prudence, mais elles ont du même coup contribué à disséminer un risque de crédit à travers l'ensemble du système financier. La suite, nous la connaissons... particulièrement en Belgique.

"Mon véritable adversaire, c'est..."

Dès septembre 2008, les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne chantent à l'unisson : "l'autorégulation pour régler tous les problèmes, c'est fini. Le laissez-faire, c'est fini". Désormais, l'Europe ne poursuit qu'un seul objectif : juguler la spéculation et les pratiques financières à risque à l'origine de la crise.

Mais, dix ans plus tard, le bilan de l'action européenne dans ce domaine est bien maigre : les réformes fondamentales tant espérées ne se sont pas matérialisées. Dans bien des cas, les mesures adoptées ne constituent que des modifications à la marge du cadre réglementaire.

Pire, une véritable "marche arrière" réglementaire est actuellement à l'oeuvre, dont le vote intervenu ce jeudi en séance plénière du Parlement constitue certainement la manifestation la plus emblématique. Un majorité d'eurodéputés s'est en effet prononcée en faveur de la relance du marché de... la titrisation ! Oui, vous avez bien lu.

 

Officiellement, le texte adopté - qui fait l'objet d'un accord conclu avec les ministres européens des Finances - vise à soutenir davantage le financement de l'économie réelle, en incitant les banques à octroyer plus de crédits aux Petites et Moyennes Entreprises (PME). Pourtant, la Banque centrale européenne (BCE) reconnaît elle-même que l'accès au financement constitue le "problème le moins important " pour les PME de la zone euro. Leur principal souci demeure en en effet la recherche de marchés et de clients dans un contexte marqué par l'austérité imposée par nos gouvernements. C'est dire combien les dirigeants de PME regardent avec, au mieux, indifférence ce projet de relance de la titrisation en Europe.

En réalité, le renouveau de la titrisation vise surtout à accroître la rentabilité des banques : vendre à des investisseurs des produits toxiques qu'ils ne comprennent pas, cela rapporte bien plus qu'octroyer des prêts aux particuliers et aux entreprises. En outre, par le biais de la titrisation, les banques peuvent alléger leurs bilans des encours immobiliers, dont les volumes sont significatifs.

Un signal d'alerte

Dès le début des négociations entourant ce texte législatif, les eurodéputés écologistes ont tenté de limiter les dégâts en proposant, par exemple, d'obliger les banques à retenir dans leur bilan une part plus importante du risque lié à leurs créances titrisées. Ou encore, de restreindre leur capacité d'investir dans des produits titrisés émis par d'autres banques. Malheureusement, ils se sont vites retrouvés en minorité. Le lobbying intense exercé par l'industrie financière a en effet incité une majorité d'eurodéputés à diluer encore un peu plus la proposition déjà excessivement faible élaborée par la Commission européenne.

La relance de la titrisation au sein de l'Union européenne constitue un signal très alarmant. Elle démontre combien les leçons de la crise financière de 2007 n'ont pas été tirées par nos dirigeants politiques. Faute d'un sursaut de conscience et de lucidité de leur part, la poursuite de la "marche arrière" réglementaire plongera tôt ou tard l'Europe dans de nouvelles turbulences financières, dont le contribuable sera à nouveau la principale victime.

 

 

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Il y a trop d'empathie dans notre société"

26/10/17 à 14:46 - Mise à jour à 14:46

Source: Knack

Il y a trop d'empathie dans notre société. C'est du moins la thèse que le philosophe et expert en science éthique, Ignaas Devisch (Université de Gand), tente de défendre dans son nouveau livre.


 

Souvenez-vous de Parwais Sangari. Maggie De Block avait renvoyé le garçon en Afghanistan en 2012, allant diamétralement à l'encontre de l'opinion publique. Jusqu'au jour de l'expulsion, la décision de De Block, ou du moins de son administration, a fait l'objet de protestations. Pourquoi tant de bruit à propos du sort d'un réfugié ? Le garçon était parfaitement intégré. Il parlait néerlandais, il avait suivi une formation de soudeur, et exerçait même un métier. Pour beaucoup de Flamands, il n'était pas très difficile de ressentir de l'empathie pour Parwais, même si les règles de droit stipulaient qu'il devait partir. Personne ne se souciait de ce qui pouvait arriver aux autres garçons afghans sans emploi et qui ne maîtrisaient pas encore le néerlandais. Leurs noms n'ont jamais fait la une des journaux.

C'est un exemple que le philosophe et chroniqueur Ignaas Devisch ne cite malheureusement pas dans son livre "Het empathisch teveel" (que l'on pourrait traduire par "L'excès d'empathie"), donc on ne peut dire ce qu'en pense réellement le professeur. Mais il illustre parfaitement le caractère arbitraire de la compassion et de l'empathie contre lequel il met en garde. Pourquoi accorde-t-on davantage d'attention à la naissance d'un panda qu'à la mort de noyés anonymes en Méditerranée ? Et pourquoi éprouvons-nous de la compassion pour un petit patient qui a besoin de médicaments coûteux quand l'industrie pharmaceutique monte une campagne derrière le dos des parents, comme dans le cas du jeune Viktor en 2013? Ce n'est que quand on a le sentiment de bien connaître une victime - de notre entourage ou des médias - et qu'on pense pouvoir vraiment aider, qu'on ressent de l'empathie. Tous ceux qui n'ont pas leur photo dans le journal, mais sont représentés par une statistique anonyme peuvent l'oublier. Les criminels expulsés par Francken ne doivent pas compter non plus sur beaucoup de compassion. Et leur avenir est pourtant souvent aussi sombre que celui de Parwais.

Entre-temps, tous ceux qui ont besoin d'aide ont compris que les gens sont prêts à donner que s'ils ressentent de l'empathie. Il y a donc de plus en plus d'ONG et de bonnes causes qui concourent pour la compassion et les chèques du grand public. Il n'y a pas qu'en Belgique qu'on fait une bonne cause de tous les problèmes possibles. Grâce à la "globalisation morale" nous pouvons compatir aux souffrances infligées partout dans le monde. La conséquence ? Devisch n'est absolument pas d'accord avec le mantra que notre société est devenue plus dure. Il note que toutes ces bonnes causes rapportent de plus en plus. En 2013, un peu plus de la moitié de tous les Belges ont déclaré avoir fait un don à une bonne cause, en 2017, c'était déjà deux sur trois.

S'il est difficile pour Devisch d'avoir quelque chose contre ce succès, il esquisse la part d'ombre de l'excès d'empathie. Celle-ci n'aide certainement pas toujours les plus nécessiteux, et c'est encore moins une solution structurelle pour n'importe quel problème. Donc, l'empathie ne sert à rien. Si à première vue, sa thèse peut paraître provocatrice, on constate à la lecture du livre de Devisch qu'elle l'est moins que l'on ne pourrait le penser. Devisch n'est pas le premier à nous mettre en garde contre le caractère arbitraire de nos sentiments, il n'est même pas le premier à avoir écrit un livre contre l'empathie. L'année dernière, le psychologue américano-canadien Paul Bloom, publiait " Against Empathy", un livre dont Devisch cite de nombreux extraits.

Les caprices du public

 

Au lieu d'en découdre avec l'empathie, il vaut mieux s'interroger sur les alternatives. Devisch plaide en faveur de justice impersonnelle et de solidarité. L'état ne doit pas laisser l'aide aux personnes aux caprices du public, comme c'est le cas de Viva for Life. Non, il doit appliquer un certain nombre de critères justes et objectifs pour déterminer avec quelles personnes nous sommes solidaires. Le résultat, c'est, entre autres, la sécurité sociale. En 2013, la présidente d'Open VLD Gwendolyn Rutten avait plaidé en faveur de solidarité spontanée dans son livre "De geëngageerde burger" (Le citoyen engagé) où les personnes lancent des initiatives pour s'aider mutuellement. "En outre, nous ne savons plus avec qui nous sommes solidaires", écrivait Rutten dans son pamphlet contre la sécurité sociale. "Celui qui contribue s'éloigne de celui qui reçoit. [...] Le Wallon anonyme, le Grec ou l'étranger. Cependant, la force de l'empathie réside dans la confiance, la reconnaissance et l'expérience d'une sensation de nous où il n'y pas de place pour une division nous/eux. Il n'est pas étonnant que la méfiance et l'insatisfaction aient pris la place de la confiance et de l'engagement."

Devisch qualifie le raisonnement de Rutten de "sophisme". Pour lui, elle confond l'empathie avec le principe d'assurance intégré dans la sécurité sociale. "Le bénéficiaire ne doit pas remercier le donateur personnellement, et le donateur ne doit pas se vanter. Tout le monde donne parce que tout le monde reçoit potentiellement", écrit Devisch. Il parle de "l'indifférence opérationnelle" : nous ne devons pas nous soucier individuellement de tout le monde, alors que les gens qui ont besoin d'aide sont tout de même aidés. Ce sont les avantages classiques de la sécurité sociale. Mais Rutten n'a-t-elle pas raison? La société diverse et multiculturelle n'a-t-elle pas mis la pression sur les mécanismes de solidarité? La crise de l'euro n'a-t-elle pas prouvé qu'il y a peu d'entrain dans le reste de l'Europe à se montrer réellement solidaire avec les Grecs ? En Belgique, la sécurité sociale reste une machine de redistribution impressionnante, mais la plupart des moyens se retrouvent finalement auprès de la classe moyenne. Le gouvernement Michel ne réussira pas à élever les indemnités les plus faibles au-dessus du seuil de pauvreté. Ce sont en somme des statistiques anonymes.

Le sentiment de nous

Il est difficile de ne pas voir comment, en de nombreux endroits, la méfiance et l'insatisfaction l'emportent sur la confiance et l'engagement. Les discussions menées depuis des années par la politique sur les économies en matière de sécurité sociale en sont imprégnées : les contrôles doivent être plus stricts, il faut limiter les avantages et exhorter les gens. En théorie, les avantages de la sécurité sociale sur un système de charité empathique sont évidents - même Gwendolyn Rutten ne plaidera probablement pas pour la fin de l'État-providence.

En pratique, cet État-providence compte de moins en moins de soutien. L'indifférence acclamée par Devisch érode la sécurité sociale. Manifestement, les gens doivent tout de même partager une certaine complicité avant de monter un système de sécurité sociale ensemble. Les questions posées par Rutten à ce sujet sont plus pertinentes que les réponses que lui donne Devisch. Ses arguments ne réussiront pas convaincre quelqu'un qui doute de la légitimité de notre sécurité sociale

 

 

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La qualité de notre alimentation est menacée par les visées du lobby industriel


 

Source: Le Vif

Dans son magazine, que nous avons lu en primeur, Test-Achats cible en particulier la " modernisation " entreprise par la Belgique de 45 arrêtés-royaux sur une série de produits alimentaires.

Depuis plus d'un an, sous l'impulsion de Kris Peeters, la Belgique a engagé un processus de révision d'une tripotée d'Arrêtés Royaux remontant à 2004 ou plus loin. Ces 45 textes législatifs visés par les services du Ministre de l'Economie et des Consommateurs balaient un large champ de nos produits alimentaires quotidiens. Cela va des normes de préparation de la viande à celles de la confiture en passant par l'utilisation des arômes, des sucres mais aussi la qualité des huiles, du vin, du café, du pain, de la glace, etc. A ce jour, un seul de ces arrêtés royaux a été adapté : celui concernant la composition de notre mayonnaise. Tout fiérot, Kris Peeters s'était délecté de sa "loi mayonnaise". Elle fouettait la composition de notre sauce nationale par une réduction de 10% de sa teneur en huile et de 2,5% de jaune d'oeufs. Par souci de santé publique soutenait alors l'huile ministérielle.

Un argument que déglingue Test-Achats dans son numéro de novembre. Le magazine des consommateurs y voit surtout un cadeau fait au lobby de l'industrie alimentaire vu qu'une telle modification de composition, sans être plus saine, permet surtout des coûts de fabrication moins chers pour être plus concurrentiel. Cette modification symboliserait l'estompement des normes sur la qualité alimentaire au royaume de la frite. "Quand on diminue la quantité de graisses naturelles ou de jaunes d'oeufs, c'est souvent au profit de plus d'additifs ou de sucres encore moins bons pour la santé. Tirer nos aliments vers le bas ne va jamais augmenter la qualité des produits ou de la santé publique", souligne Julie Frère la porte-parole du magazine. L'association des consommateurs perçoit aujourd'hui la persistance de cette tendance laxiste dans le processus de révision des 44 autres Arrêtés Royaux dont celui sur le cacao-chocolat. Le magazine s'est invité au débat sur le beau brun savoureux en formulant des recommandations sur des appellations, des compositions de produits, mais sans grand succès jusqu'ici, sauf d'avoir sauvé une mention "imitation chocolat" pour ses ersatz. En l'état, le projet d'arrêté royal "chocolat" fait fondre la teneur d'infos précises sur la nature et la qualité de cette autre fierté nationale.

Le plus petit dénominateur commun

Le hic est que la réglementation européenne et ses directives ne définissent qu'un cadre large. "Il existe un règlement européen d'application directe dans tous les pays notamment sur l'étiquetage mais certaines choses ne sont pas réglées spécifiquement par ce règlement comme les produits artisanaux, les minima de tel ou tel ingrédient dans une composition. D'où l'adaptation entreprise par la Belgique sur ses 45 arrêtés-royaux qui suit la tendance à une harmonisation, un nivellement, vers le bas au nom de la compétitivité et en choisissant le plus petit dénominateur commun en terme de qualité alimentaire ", déplore la chargée de communication de Test-Achats.

Mais l'association de consommateurs compte bien tôt ou tard engranger de nouveaux succès, entre autres, sur le terrain de l'étiquetage de qualité soumis à des règles strictes avec composition et appellation claires. Comme quand elle a coincé Danone pour info mensongère sur ses pots de Danino. La marque vantait à coup d'images sur son emballage les beaux fruits que contenait son yaourt... pourtant présents à seulement 0,01% dans sa composition. Depuis cette plainte, les yaourts incriminés contiennent 6% de vrais fruits... Mais encore trop de sucre. Le lobby consumériste poursuit aussi son combat sur les appellations, notamment artisanales, les compositions claires où rien qu'à la lecture des ingrédients le consommateur peut instantanément évaluer la qualité nutritionnelle d'un produit.

En attendant un Nutriscore

 

Les défenseurs des consommateurs aimeraient à cet égard enrichir leur panoplie anti-enfumage industriel de deux outils. "Depuis 2009 est sur la table un proposition de "profil nutritionnel global ", explique Julie Frère de Test-Achats. Son principe serait qu'un produit alimentaire affichant dans sa globalité un mauvais profil nutritionnel ne pourrait plus vanter certaines de ses qualités. Par exemple, une marque de chocolat en poudre à la proportion de sucre très élevée, donc de qualité nutritionnelle globale médiocre ne pourrait plus parallèlement mettre en avant son apport éventuel en fer, calcium, etc ". Autre arme pour rencontrer la soif d'infos sérieuses de la part des consommateurs : le Nutriscore. "En dépit du lobby alimentaire, la France a mis en place depuis 2016 cet outil d'analyse performant d'une large gamme de produits alimentaires sur base de critères positifs ou négatifs. Le nutriscore établit un ordre de qualité de A à E estampillé sur les emballages avec ces codes couleurs. Grâce à cela, en un coup d'oeil, le client connaît la qualité nutritionnelle des aliments qu'il achète ".

Autant d'initiatives que pourrait prendre la Belgique au moment où les consommateurs sont plus que demandeurs de transparence et de sérieux en matière d'alimentation. Mais, comme le dit Julie Frère la porte-parole de Test-Achats, "pour avancer, il faut une industrie ouverte au dialogue et des acteurs politiques forts, courageux, dans la réglementation alimentaire ". Ce qui apparemment est encore loin d'être le cas au royaume de la mayonnaise et du chocolat.

Par Fernand Letist

 

 

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'Le Brexit n'est rien de moins qu'un coup d'État'

Je ne reconnais plus ma vieille Angleterre. Comment, pour l'amour du ciel, en est-on arrivé là ?, se demande Jean-Pierre Blumberg, avocat et professeur à l'Université d'Anvers.

"Denk ich an Deutschland in der Nacht, / Dann bin ich um den Schlaf gebracht." Je cite le poète allemand Heinrich Heine pour exprimer mon horrible déception quand je pense à ma chère Grande-Bretagne. J'ai eu le privilège d'y étudier, d'y habiter et d'y travailler. J'ai fait des recherches sur sa riche histoire.

Lorsque je regarde aujourd'hui ce Land of Hope and Glory, cela me rend triste et la colère monte car ce pays a été la victime d'un putsch diabolique l'an dernier. Le Brexit n'est rien de moins qu'un coup d'État, commis par une bande de charlatans irresponsables, d'opportunistes et de lâches politiciens qui ont induit le peuple en erreur avec de vils mensonges.

Le maudit référendum n'était même pas contraignant d'un point de vue constitutionnel et il n'a été approuvé que par 34% de la population électorale. Pourtant, celui qui n'embrasse pas pleinement le résultat du référendum se voit marqué au fer rouge comme un traître. Si vous avez regardé l'émission de débat Question Time à la BBC après le référendum, vous ne pouviez que devenir dépressif.

Nirvana

La haine des leavers à l'égard des personnes qui pensent autrement était franchement insultante et leur absence quasi incommensurable de connaissances des faits défiait l'imagination. Parmi les leavers, il règne une croyance quasi biblique dans le nirvana du Brexit.

La presse de caniveau anglaise, xénophobe et hystériquement anti-européenne, a qualifié les juges suprêmes du pays d'"ennemis du peuple" lorsque la High Court a décidé que le parlement devait adopter une loi pour pouvoir sortir de l'Union européenne.

Gina Miller, la femme d'affaires et philanthrope noire qui avait engagé le processus, a été assaillie de courrier haineux et de menaces de mort. Je ne reconnais plus ma vieille Angleterre. Les valeurs britanniques de pragmatisme, de tolérance, d'inclusion et de diversité, d'esprit de compromis et de bon sens se sont perdues dans une âpre guerre civile idéologique entre leavers et remainers.

Société de classes

Comment, pour l'amour du ciel, en est-on arrivé là ? Le Brexit a exposé les lignes de fractures de la société anglaise comme une plaie béante. La Grande-Bretagne reste la société de classes la plus affirmée d'Europe occidentale.

Les inégalités entre l'élite et monsieur ou madame tout le monde, entre les personnes diplômées de l'enseignement supérieur et la classe laborieuse, entre les little Englanders nostalgiques plus âgés et les jeunes citoyens du monde sont plus grandes que jamais.

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Le Brexit n'est rien de moins qu'un coup d'État

Pourtant, le pays est toujours gouverné par le Parti conservateur, les Tories, dirigé par les protagonistes de l'ancienne élite anglaise. Pour eux, la politique est un jeu d'échecs joué entre old boys qui se connaissent depuis les lycées pour élites et les clubs de débat d'Oxford et de Cambridge.

Leur vie politique consiste à planter un couteau dans le dos de leurs rivaux de l'époque. Les hommes politiques comme Boris Johnson, Michael Gove et David Cameron y ont appris l'art de leur métier dans les années quatre-vingt. Il consiste surtout à gagner le débat sur base de rhétorique. Le contenu est d'une importance secondaire.

Boris Johnson ne savait pas encore précisément, au début de l'an dernier, s'il allait mener campagne pour ou contre le Brexit. Un beau dimanche, il a simplement décidé de devenir un brexiteur, car il pouvait ainsi renverser David Cameron de son trône. Ce coup d'État a échoué parce qu'il a lui-même été trahi par son allié Michael Gove.

Les Tories sont intellectuellement morts

Celle qui a tiré les marrons du feu a été Theresa May, mais son intervention regrettable au congrès du parti du 4 octobre est symbolique du gâchis que le Brexit a fait du parti conservateur. Les Tories sont intellectuellement morts. Il n'y a plus le moindre leadership à attendre d'eux.

La ruling class a omis de dessiner un nouveau projet pour la Grande-Bretagne du 21e siècle. Jeremy Paxman, l'ancien présentateur du JT de la BBC, l'avait déjà écrit en 1999 dans son livre The English: "The English have found themselves walking backwards into the future."

Prochaine génération

Je continue à croire dans le potentiel de la société anglaise. La Grande-Bretagne d'après-guerre a toujours été un laboratoire pour l'innovation.

Après la révolution néolibérale de Margaret Thatcher et la correction socio-libérale de Tony Blair, nous assistons à une réaction nationaliste moins réussie. Les forces d'opposition sont déjà à l'oeuvre en la personne de Jeremy Corbin, qui préconise une révolution marxiste.

La prochaine génération de femmes et d'hommes politiques concoctera quelque chose de neuf avec ces idées. Nous, les continentaux, nous n'avons à cet égard pas le droit de laisser tomber nos amis Britanniques.

 

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La Jeunesse Sartoise est fière de vous présenter sa 19ème édition du salon du vin qui se déroulera le 3, 4 et 5 novembre 2017 à la salle Lagrange de Sart-Lez-Spa. Veuillez trouver ci-jointes l'affiche du Salon du vin et la liste des viticulteurs présents.
 
Cordialement,

 
La Jeunesse Sartoise.

 

 

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Le droit de mentir, de Benjamin Constant

Le droit de mentir, un petit texte stimulant et passionnant de Benjamin Constant qui pose bien le problème de la liberté de conscience face au rigorisme de la morale de l’impératif catégorique.
Voici la situation de départ sur laquelle repose la présente polémique : Benjamin Constant cite « un philosophe allemand, qui va jusqu’à prétendre qu’envers des assassins qui vous demanderaient si votre ami qu’ils poursuivent n’est pas réfugié dans votre maison, le mensonge serait un crime ». Il s’agit en l’occurrence du philosophe Emmanuel Kant.

Cette controverse entre les deux grands intellectuels se situe dans le contexte de la Révolution française (tout au moins pour ce qui est de la première intervention du philosophe français), où la police encourageait la délation, ainsi que dans l’exemple suivant, cité par Benjamin Constant lui-même, se référant à la Révolution anglaise du siècle précédent : « Une femme connue pour sa bienfaisance avait donné asile à un fugitif ; le malheureux la dénonça ; il eut sa grâce : elle fut brûlée vive ».

Un devoir de véracité sous condition

Sans remettre en cause la justesse du devoir de véracité posé en principe par Emmanuel Kant, Benjamin Constant va donc proposer un devoir de véracité sous condition, remettant en cause le caractère inconditionnel du principe.

Il défend ainsi l’idée que tout principe élémentaire ne vaut que si ses principes intermédiaires sont admis. Or, il faut se référer, pour cela, à l’expérience et à la pratique, plus qu’à la théorie et aux préjugés, qui peuvent s’avérer en certains cas abstraits et dangereux, en fonction des circonstances.

Benjamin Constant postule donc, de manière plus générale, que « toutes les fois qu’un principe, démontré vrai, paraît inapplicable, c’est que nous ignorons le principe intermédiaire qui contient le moyen d’application ». Sans lui, le principe isolé risquerait de détruire la société.

Le parallèle entre droits et devoirs

La solution à ce dilemme réside dans le parallèle à établir entre droits et devoirs. Ainsi, selon notre intellectuel français, « l’idée de devoir est inséparable de celle de droits : un devoir est ce qui, dans un être, correspond aux droits d’un autre. Là où il n’y a pas de droits, il n’y a pas de devoirs. Dire la vérité n’est donc un devoir qu’envers ceux qui ont droit à la vérité. Or, nul homme n’a droit à la vérité qui nuit à autrui ».

Il entend, de la sorte, dénoncer la force subversive de l’arbitraire, en s’appuyant sur l’exemple cité plus haut en préambule. Cependant, comment éviter d’en arriver à l’arbitraire ? La réponse de Benjamin Constant est que la limite du devoir se trouve dans le droit.

Ici, le devoir du respect de la vie d’autrui (son ami) prime sur le devoir de vérité ; surtout lorsque ce devoir est bafoué par ces individus. D’où l’idée précédente que la vérité n’est un devoir qu’envers ceux qui ont droit à la vérité. Il y a donc, en ces circonstances, un « droit à l’absence de devoir ».

L’ensemble des principes en cause

À travers cette illustration, c’est l’ensemble des principes qui sont en cause, selon lui, car trop de rigidité et un manque de nuance risquent d’aboutir à un rejet de la morale, jusque par les hommes de bonne volonté. Un principe ne peut, par conséquent, être valable qu’en interaction avec d’autres principes.

Pour autant, il ne faut pas non plus en venir à douter de tout principe, qui finirait par se détruire lui-même, le principe abstrait que tout principe abstrait pouvant être inapplicable risquant de mettre en cause ce même principe abstrait. « Un principe, reconnu vrai, ne doit donc jamais être abandonné, quels que soient les dangers apparents ». Se livrer au seul jugement selon les circonstances ou à toute autre forme d’arbitraire serait désastreux. Les principes sont bel et bien essentiels.

En cela il ne s’oppose pas à Emmanuel Kant, à ceci près qu’il s’oppose à l’idée qu’ils seraient un devoir absolu et inconditionné, comme le considère le philosophe allemand.

Le devoir kantien de vérité

Pour Emmanuel Kant, en effet, « la véracité est un devoir qui doit être regardé comme la base de tous les devoirs fondés sur un contrat, et que, si l’on admet la moindre exception dans la loi de ces devoirs, on la rend chancelante et inutile ». Autrement dit, le mensonge, même dans la situation dramatique dont il est ici question serait à proscrire radicalement, la véracité étant « un devoir absolu ». Position que Benjamin Constant qualifie d’inapplicable.

Dans sa conception, le philosophe allemand semble même considérer que celui qui tente de protéger son ami pourrait se trouver coupable, voire responsable du meurtre de celui-ci (dans des explications qui, de mon point de vue, peinent à convaincre).

Et quid de la non assistance à personne en danger, ai-je envie de répondre, au risque d’un anachronisme ? Un rigorisme qui s’accommode mal d’une distinction que l’on pourrait opérer entre différentes personnes, en fonction de différentes situations (Emmanuel Kant n’aurait pu s’accommoder des situations étudiées en théorie des jeux). Enfin, selon Emmanuel Kant, la sincérité est aussi un devoir envers soi-même.

La liberté de conscience

Le mensonge, ici, est « encore pire car il (l’homme qui en est à l’origine) se rend méprisable à ses propres yeux et offense la dignité de l’humanité dans sa personne ».

Pour conclure, si la vérité me semble un principe d’une particulière importance et que je hais le mensonge, je n’oublie pas de poser au-dessus de lui la liberté de conscience, qui me semble être le degré le plus élevé de notre humanité.

En de multiples circonstances, et lorsque ce principe plus élevé est mis en cause, il m’apparaît à l’instar de Benjamin Constant que le droit de mentir peut être légitimé, en tant que défense des libertés les plus fondamentales de l’être humain.

  • Benjamin Constant / Emmanuel Kant, Le droit de mentir, Mille et une nuits / La petite collection, septembre 2003, 94 pages.

 
 

 

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Benjamin Constant défenseur de l’éducation libre

« En éducation, comme en tout, que le gouvernement veille et qu’il préserve, mais qu’il n’entrave ni ne dirige ; qu’il écarte les obstacles, qu’il aplanisse les chemins ; on peut s’en remettre aux individus pour y marcher avec succès. » (B. Constant)
Dans ses Mélanges de littérature et de politique (1829, p.240-254), Benjamin Constant a inséré un vif plaidoyer en faveur de la liberté de l’éducation et contre les prétentions monopolistiques des gouvernements.

L’éducation peut être considérée sous deux points de vue. On peut la regarder en premier lieu comme un moyen de transmettre à la génération naissante les connaissances de tout genre acquises par les générations antérieures. Sous ce rapport, elle est de la compétence des gouvernements. La conservation et l’accroissement de toute connaissance est un bien positif ; le gouvernement doit nous en garantir la jouissance.

L’éducation pour s’emparer de l’opinion

Mais on peut voir aussi dans l’éducation le moyen de s’emparer de l’opinion des hommes, pour les façonner à l’adoption d’une certaine quantité d’idées, soit religieuses, soit morales, soit philosophiques, soit politiques. C’est surtout comme menant à ce but que les écrivains de tous les siècles lui prodiguent leurs éloges.

Nous pourrions d’abord, sans révoquer en doute les faits qui servent de base à cette théorie, nier que ces faits fussent applicables à nos sociétés actuelles. L’empire de l’éducation, dans la toute-puissance qu’on lui attribue, et en admettant cette toute-puissance comme démontrée chez les anciens, serait encore parmi nous plutôt une réminiscence qu’un fait existant. On méconnaît les temps, les nations et les époques, et l’on applique aux modernes ce qui n’était praticable qu’à une ère différente de l’esprit humain.

Parmi des peuples qui, comme le dit Condorcet1, n’avaient aucune notion de la liberté personnelle, et où les hommes n’étaient que des machines dont la loi réglait les ressorts et dirigeait les mouvements, l’action de l’autorité pouvait influer efficacement sur l’éducation, parce que cette action uniforme et constante n’était combattue par rien.

Mais aujourd’hui la société entière se soulèverait contre la pression de l’autorité, et l’indépendance individuelle que les hommes ont reconquise réagirait avec force sur l’éducation des enfants. La seconde éducation, celle du monde et des circonstances, déferait bien vite l’ouvrage de la première2.

De plus, il serait possible que nous prissions pour des faits historiques les romans de quelques philosophes imbus des mêmes préjugés que les écrivains qui, de nos jours, ont adopté leurs principes ; et alors ce système, au lieu d’avoir été, du moins autrefois, une vérité pratique, ne serait qu’une erreur perpétuée d’âge en âge.

Où voyons-nous, en effet, cette puissance merveilleuse de l’éducation ? Est-ce à Athènes ? Mais l’éducation publique, consacrée par l’autorité, y était renfermée dans les écoles subalternes, qui se bornaient à la simple instruction ; il y avait d’ailleurs liberté complète d’enseignement. Est-ce à Lacédémone ?

L’esprit uniforme et monacal des Spartiates tenait à un ensemble d’institutions dont l’éducation ne faisait qu’une partie, et cet ensemble, je le pense, ne serait ni facile ni désirable à renouveler parmi nous. Est-ce en Crète ? Mais les Crétois étaient le peuple le plus féroce, le plus inquiet, le plus corrompu de la Grèce. On sépare les institutions de leurs effets, et on les admire d’après ce qu’elles étaient destinées à produire, sans prendre en considération ce qu’elles ont produit en réalité.

On nous cite les Perses et les Égyptiens. Mais nous les connaissons très imparfaitement. Les écrivains grecs ont choisi la Perse et l’Égypte pour donner une libre carrière à leurs spéculations, comme Tacite avait, dans le même but, choisi la Germanie ; ils ont mis en action chez des peuples lointains ce qu’ils auraient désiré voir établi dans leur patrie. Leurs mémoires sur les institutions égyptiennes et persanes sont quelquefois démontrés faux par la seule impossibilité manifeste des faits qu’ils contiennent, et presque toujours rendus très douteux par des contradictions inconciliables.

Ce que nous savons d’une manière certaine, c’est que les Perses et les Égyptiens étaient gouvernés despotiquement, et que la lâcheté, la corruption, l’avilissement, suites éternelles du despotisme, étaient le partage de ces nations misérables.

Nos philosophes en conviennent dans les pages mêmes où ils nous les proposent pour exemples, relativement à l’éducation : bizarre faiblesse de l’esprit humain qui, n’apercevant les objets qu’en détail, se laisse tellement dominer par une idée favorite, que les effets les plus décisifs ne l’éclairent pas sur l’impuissance des causes dont il lui convient de proclamer le pouvoir !

Les preuves historiques ressemblent, pour la plupart, à celle que M. de Montesquieu allègue en faveur de la gymnastique. L’exercice de la lutte, dit-il, fit gagner aux Thébains la bataille de Leuctres. Mais sur qui gagnèrent-ils cette bataille ? Sur les Lacédémoniens, qui s’exerçaient à la gymnastique depuis quatre cents ans.

Les pétitions de principe de l’éducation publique

Le système qui met l’éducation sous la main du gouvernement repose sur deux ou trois pétitions de principes.

On suppose d’abord que le gouvernement sera tel qu’on le désire. On voit toujours en lui un allié, sans réfléchir que souvent il peut devenir un ennemi ; on ne sent pas que les sacrifices que l’on impose aux individus peuvent ne pas tourner au profit de l’institution que l’on croit parfaite, mais au profit d’une institution quelconque.

Cette considération est d’un poids égal pour les partisans de toutes les opinions. Vous regardez comme le bien suprême le gouvernement absolu, l’ordre qu’il maintient, la paix que, selon vous, il procure. Mais si l’autorité s’arroge le droit de s’emparer de l’éducation, elle ne se l’arrogera pas seulement dans le calme du despotisme, mais au milieu de la violence et des fureurs des factions.

Alors le résultat sera tout différent de ce que vous espérez. L’éducation, soumise à l’autorité, n’inspirera plus aux générations naissantes ces habitudes paisibles, ces principes d’obéissance, ce respect pour la religion, cette soumission aux puissances visibles et invisibles, que vous considérez comme la base du bonheur et du repos social.

Les factions feront servir l’éducation, devenue leur instrument, à répandre dans l’âme de la jeunesse des opinions exagérées, des maximes farouches, le mépris des idées religieuses qui leur paraîtront des doctrines ennemies, l’amour du sang, la haine de la pitié. N’est-ce pas ce qu’aurait fait le gouvernement révolutionnaire s’il avait duré plus longtemps ? Et le gouvernement révolutionnaire était pourtant un gouvernement.

Ce raisonnement n’aura pas moins de force si nous l’adressons à des amis d’une liberté sage et modérée. Vous voulez, leur dirons-nous, que, dans un gouvernement libre, l’autorité domine l’éducation, pour former les citoyens, dès l’âge le plus tendre, à la connaissance et au maintien de leurs droits, pour leur apprendre à braver le despotisme, à résister au pouvoir injuste, à défendre l’innocence contre l’oppression.

Mais le despotisme emploiera l’éducation à courber sous le joug ses esclaves dociles, à briser dans les cœurs tout sentiment noble et courageux, à bouleverser toute notion de justice, à jeter de l’obscurité sur les vérités les plus évidentes, à repousser dans les ténèbres, ou à flétrir par le ridicule tout ce qui a rapport aux droits les plus sacrés, les plus inviolables de l’espèce humaine.

N’est-ce pas ce que feraient aujourd’hui, s’ils étaient revêtus de quelque pouvoir, ces ennemis ardents de toute lumière, ces détracteurs de toute philosophie, ces calomniateurs de toute idée noble, qui, trouvant la carrière du crime déjà parcourue, s’en dédommagent au moins amplement dans celle de la bassesse ?

On croirait que le Directoire avait été destiné à nous donner de mémorables leçons sur tous les objets de cette nature. Nous l’avons vu, pendant quatre ans, voulant diriger l’éducation, tourmentant les instituteurs, les réprimandant, les déplaçant, les avilissant aux yeux de leurs élèves, les soumettant à l’inquisition de ses agents les plus subalternes et des hommes les moins éclairés, entravant l’instruction particulière, et troublant l’instruction publique par une action perpétuelle et puérile.

Le Directoire n’était-il pas un gouvernement ? Je voudrais connaître la garantie mystérieuse que l’on a reçue, que jamais l’avenir ne ressemblera au passé.

Dans toutes ces hypothèses, ce que l’on désire que le gouvernement fasse en bien, le gouvernement peut le faire en mal. Ainsi, les espérances peuvent être déçues, et l’autorité que l’on étend à l’infini, d’après des suppositions gratuites, peut marcher en sens inverse du but pour lequel on l’a créée.

Seule compte l’instruction

L’éducation qui vient du gouvernement doit se borner à l’instruction seule. L’autorité peut multiplier les canaux, les moyens de l’instruction, mais elle ne doit pas la diriger.

Qu’elle assure aux citoyens des moyens égaux de s’instruire ; qu’elle procure aux professions diverses l’enseignement des connaissances positives qui en facilitent l’exercice ; qu’elle fraie aux individus une route libre pour arriver à toutes les vérités de fait constatées3, et pour parvenir au point d’où leur intelligence peut s’élancer spontanément à des découvertes nouvelles ; qu’elle rassemble, pour l’usage de tous les esprits investigateurs, les monuments de toutes les opinions, les inventions de tous les siècles, les découvertes de toutes les méthodes ; qu’elle organise enfin l’instruction de manière à ce que chacun puisse y consacrer le temps qui convient à son intérêt ou à son désir, et se perfectionner dans le métier, l’art ou la science auxquels ses goûts ou sa destinée l’appellent ; qu’elle ne nomme point les instituteurs, qu’elle ne leur accorde qu’un traitement qui, leur assurant le nécessaire, leur rende pourtant désirable l’affluence des élèves ; qu’elle pourvoie à leurs besoins, lorsque l’âge ou les infirmités auront mis un terme à leur carrière active ; qu’elle ne puisse point les destituer sans des causes graves et sans le concours d’hommes indépendants d’elle4 ; car les instituteurs soumis au gouvernement seront à la fois négligents et serviles. Leur servilité leur fera pardonner leur négligence ; soumis à l’opinion seule, ils seraient à la fois actifs et indépendants5.

En dirigeant l’éducation, le gouvernement s’arroge le droit et s’impose la tâche de maintenir un corps de doctrines. Ce mot seul indique les moyens dont il est obligé de se servir. En admettant qu’il choisisse d’abord les plus doux, il est certain du moins qu’il ne permettra d’enseigner dans ses écoles que les opinions qu’il préfère6.

Il y aura donc rivalité entre l’éducation publique salariée et l’éducation particulière : il y aura des opinions investies d’un privilège ; mais si ce privilège ne suffit pas pour faire dominer les opinions favorisées, croyez-vous que l’autorité, jalouse de sa nature, ne recoure pas à d’autres moyens ? Ne voyez-vous pas, pour dernier résultat, la persécution, plus ou moins déguisée, mais compagne constante de toute action superflue de l’autorité ?

Les gouvernements qui paraissent ne gêner en rien l’éducation particulière, favorisent néanmoins toujours les établissements qu’ils ont fondés, en exigeant de tous les candidats aux places relatives à l’éducation publique, une sorte d’apprentissage dans ces établissements.

Ainsi, le talent qui a suivi la route indépendante, et qui, par un travail solitaire, a réuni peut-être autant de connaissances, et probablement plus d’originalité qu’il ne l’aurait fait dans la routine des classes, trouve sa carrière naturelle, celle où il peut se communiquer et se reproduire, fermée tout à coup devant lui7.

Ce n’est pas que, toutes choses égales, je ne préfère l’éducation publique à l’éducation privée. La première fait faire à la génération qui s’élève un noviciat de la vie humaine plus utile que toutes les leçons de pure théorie, qui ne suppléent jamais qu’imparfaitement à la réalité et à l’expérience.

L’éducation publique salutaire

L’éducation publique est salutaire surtout dans les pays libres. Les hommes rassemblés à quelque âge que ce soit, et surtout dans la jeunesse, contractent, par un effet naturel de leurs relations réciproques, un sentiment de justice et des habitudes d’égalité qui les préparent à devenir des citoyens courageux et des ennemis de l’arbitraire. On a vu, sous le despotisme même, des écoles dépendantes de l’autorité, reproduire, en dépit d’elle, des germes de liberté qu’elle s’efforçait en vain d’étouffer.

Mais je pense que cet avantage peut être obtenu sans contrainte. Ce qui est bon n’a jamais besoin de privilèges, et les privilèges dénaturent toujours ce qui est bon. Il importe d’ailleurs que si le système d’éducation que le gouvernement favorise est ou paraît être vicieux à quelques individus, ils puissent recourir à l’éducation particulière, ou à des instituts sans rapport avec le gouvernement.

La société doit respecter les droits des individus, et, dans ces droits, sont compris ceux des pères sur leurs enfants8. Si son action les blesse, une résistance s’élèvera, qui rendra l’autorité tyrannique, et qui corrompra peut-être ce respect que nous exigeons du gouvernement pour les droits des pères. On objecte que les classes inférieures du peuple, réduites, par leur misère à tirer parti de leurs enfants, dès que ceux-ci sont capables de les seconder dans leurs travaux, ne les feront point instruire dans les connaissances nécessaires, l’instruction fût-elle même gratuite, si le gouvernement n’est autorisé à les y contraindre. Mais cette objection repose sur l’hypothèse d’une telle misère dans le peuple, qu’avec cette misère, rien ne peut exister de bon. Ce qu’il faut, c’est que cette misère n’existe pas.

Dès que le peuple jouira de l’aisance qui lui est due, loin de retenir ses enfants dans l’ignorance, il s’empressera de leur donner de l’instruction ; il y mettra de la vanité, il en sentira l’intérêt. Le penchant le plus naturel aux pères est d’élever leurs enfants au-dessus de leur état ; c’est ce que nous voyons en Angleterre, et ce que nous avons vu en France pendant la révolution.

Durant cette époque, bien qu’elle fut agitée, et que le peuple eût beaucoup à souffrir sous son gouvernement ; cependant, par cela seul qu’il acquit plus d’aisance, l’instruction fit des progrès étonnants dans cette classe : partout, l’instruction du peuple est en proportion de son aisance.

Nous avons dit, au commencement de ce chapitre, que les Athéniens n’avaient soumis à l’inspection des magistrats que les écoles subalternes ; celles de philosophie restèrent toujours dans l’indépendance la plus absolue, et ce peuple éclairé nous a transmis à ce sujet un mémorable exemple. Le démagogue Sophocle ayant proposé de subordonner à l’autorité l’enseignement des philosophes, tous ces hommes qui, malgré leurs erreurs nombreuses, doivent à jamais servir de modèle et comme amour de la vérité et comme respect pour la tolérance, se démirent de leurs fonctions.

Le peuple réuni les déclara solennellement affranchis de toute inspection du magistrat, et condamna leur absurde adversaire à une amende de cinq talents9.

Direction et répression

Mais, dira-t-on, s’il s’élevait un établissement d’éducation, reposant sur des principes contraires à la morale, disputeriez-vous au gouvernement le droit de réprimer cet abus ? Non, sans doute, pas plus que celui de sévir contre tout écrit et toute action qui troubleraient l’ordre public. Mais la direction est autre chose que la répression, et c’est la direction que j’interdis à l’autorité.

D’ailleurs, on oublie que, pour qu’un établissement d’éducation se forme et subsiste, il faut des élèves, que pour qu’il y ait des élèves, il faut que leurs parents les y placent, et qu’en mettant à part, ce qui néanmoins n’est nullement raisonnable, la moralité des parents, il ne sera jamais de leur intérêt de laisser égarer le jugement et pervertir le cœur de ceux avec lesquels ils ont, pour toute la durée de leur vie, les relations les plus importantes et les plus intimes.

La pratique de l’injustice et de la perversité peut être utile momentanément et dans une circonstance particulière, mais la théorie ne peut jamais avoir aucun avantage. La théorie ne sera jamais professée que par des fous, que repousserait incontinent l’opinion générale, sans même que le gouvernement s’en mêlât.

Il n’aurait jamais besoin de supprimer les établissements d’éducation où l’on donnerait des leçons de vice et de crime, parce qu’il n’y aurait jamais d’établissements semblables, et que, s’il y en avait, ils ne seraient guère dangereux, car les instituteurs resteraient tout seuls. Mais au défaut d’objections plausibles, on s’appuie de suppositions absurdes ; et ce calcul n’est pas sans adresse ; s’il y a du danger à laisser ces suppositions sans réponse, il paraît y avoir, en quelque sorte, de la niaiserie à les réfuter.

J’espère beaucoup plus, pour le perfectionnement de l’espèce humaine, des établissements particuliers d’éducation que de l’instruction publique la mieux organisée par l’autorité.

Qui peut limiter le développement de la passion des lumières dans un pays de liberté ? Vous supposez aux gouvernements l’amour des lumières. Sans examiner ici jusqu’à quel point cette tendance est dans leur intérêt, nous vous demanderons seulement pourquoi vous ne supposez pas le même amour dans les individus de la classe cultivée, dans les esprits éclairés, dans les âmes généreuses.

Partout où l’autorité ne pèse pas sur les hommes, partout où elle ne corrompt pas la richesse en conspirant avec elle contre la justice, les lettres, l’étude, les sciences, l’agrandissement et l’exercice des facultés intellectuelles sont les jouissances favorites des classes opulentes de la société. Voyez, en Angleterre, comme elles agissent, se coalisent, s’empressent de toutes parts. Contemplez ces musées, ces savants voués uniquement à la recherche de la vérité, ces voyageurs bravant tous les dangers pour faire avancer d’un pas les connaissances humaines.

En éducation, comme en tout, que le gouvernement veille et qu’il préserve, mais qu’il n’entrave ni ne dirige ; qu’il écarte les obstacles, qu’il aplanisse les chemins ; on peut s’en remettre aux individus pour y marcher avec succès.

 

 

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Benjamin Constant, penseur de la liberté sous toutes ses formes

Benjamin_Constant-domaine public
A l’occasion du 250ème anniversaire de la naissance de Benjamin Constant, redécouvrez toute la semaine le philosophe, l’écrivain, le politique, défenseur de la liberté.
Benjamin Constant est né en 1767 à Lausanne dans une famille française exilée en Suisse pour échapper à la persécution religieuse. Sa mère meurt à sa naissance. Son père s’occupe de son éducation et l’envoie étudier à Édimbourg ou le jeune Benjamin se familiarise avec l’école écossaise de philosophie et d’économie. Ses professeurs sont Adam Smith et Adam Ferguson. Constant étudie la tradition de l’ordre spontané et il lit Godwin, qu’il traduira plus tard en français.

Il écrit :

La France avec l’Angleterre et l’Écosse, a contribué plus que toute autre nation à la théorisation, si ce n’est à la pratique, de la liberté.

À vingt ans, il assiste à la Révolution française. Il fréquente le salon des Idéologues et rencontre Germaine de Staël, fille de Necker le trésorier de Louis XVI, qui deviendra sa muse et sa maîtresse. Il est nommé par Napoléon au Tribunat et joue un rôle politique auprès de lui dans la rédaction d’une constitution républicaine. Mais il devient vite un opposant à Bonaparte, critiquant son militarisme et son despotisme. À cette époque, il rédige son De l’esprit de conquête et d’usurpation, qui démontre que les gouvernements se servent de la guerre comme d’un « moyen d’accroître leur autorité ». Ce livre, paru en 1813, est une source majeure de la pensée industrialiste.

En 1803, il est interdit de séjour en France avec Madame de Staël. C’est l’exil au château de Coppet en Suisse, la demeure de Necker, père de Germaine de Staël. Pendant plusieurs années, il sera le leader du « groupe de Coppet ». Des intellectuels venus de toute l’Europe vont se rencontrer là de façon informelle et étudier la liberté sous toutes ses formes : philosophie, littérature, histoire, économie, religion. Leurs travaux portent sur les problèmes de la création d’un gouvernement constitutionnel limité, sur les questions du libre-échange, de l’impérialisme et du colonialisme français, sur l’histoire de la Révolution française et de Napoléon, sur la liberté d’expression, l’éducation, la culture, la montée du socialisme et de l’État-providence, la philosophie allemande, le Moyen Âge, etc.

En 1814, Constant revient à Paris. À partir de 1816, il siège à la Chambre des Députés  et il devient le chef de file du Parti libéral. Il meurt en 1830 et le marquis de La Fayette, son ami, prononce son éloge funèbre. Sir Isaiah Berlin a appelé Constant « le plus éloquent de tous les défenseurs de la liberté et de la vie privée ».

En 1819, dans son célèbre discours à l’Athénée royal, Benjamin Constant compare la liberté des « modernes » à celle des « anciens ». La liberté, dans nos sociétés modernes, ne peut plus se comprendre à la manière des sociétés de l’Antiquité comme participation directe aux affaires de la cité. Chez les anciens, l’individu est souverain dans les affaires publiques, mais esclave dans tous ses rapports privés. Le sacrifice de la liberté individuelle est compensé par l’usage des droits politiques : droit d’exercer directement plusieurs parties de la souveraineté, de délibérer sur la place publique, de voter les lois, de prononcer les jugements, d’évaluer et de juger les magistrats. C’est une liberté politique.

Benjamin Constant n’a cessé de rappeler qu’une « ère du commerce » avait remplacé « l’ère de la guerre » et que la liberté des modernes, la liberté individuelle, était aux antipodes de la liberté des anciens, la liberté collective. Cette distinction entre la civilisation ancienne et moderne implique deux formes d’organisation distinctes. C’est précisément ce que Rousseau, et les révolutionnaires à sa suite, n’ont pas compris. En voulant réactiver le modèle de la cité antique, ils ont fait basculer la révolution dans la Terreur.

La liberté des anciens, écrit Benjamin Constant, se composait de la participation active et constante au pouvoir collectif. Notre liberté, à nous, doit se composer de la jouissance paisible de l’indépendance privée ; il s’ensuit que nous devons être bien plus attachés que les anciens à notre indépendance individuelle.

La liberté moderne est une liberté individuelle, elle repose sur le droit à la vie privée. C’est le droit de n’être soumis à aucun arbitraire, le droit d’expression, de réunion, de déplacement, de culte et d’industrie. Pas de liberté sans la possibilité de choisir son mode de vie et ses valeurs, donc pas de liberté sans la possibilité de se soustraire à la communauté et par conséquent pas de liberté sans une limitation de l’État pour permettre l’existence de cet espace privé. C’est une liberté civile, qui correspond à ce que les Américains appellent les droits civiques. Le pouvoir politique correspondant à la liberté des modernes est donc un pouvoir limité : « Que l’autorité se borne à être juste, nous nous chargeons de notre bonheur ». Ce n’est pas à l’État de nous dire comment être heureux.

Or, selon Constant, « la confusion de ces deux espèces de libertés a été, parmi nous, durant des époques trop célèbres de notre révolution, la cause de beaucoup de maux ». Jean-Jacques Rousseau, en pensant la liberté uniquement comme participation collective des citoyens à l’action politique, a incité Robespierre à contraindre les citoyens par la terreur. Les errements de la Révolution sont donc le résultat de l’application moderne de principes politiques valables chez les anciens.

Mais il n’est pas question pour autant de sacrifier la liberté politique, la participation au pouvoir. Constant précise que si la liberté moderne diffère de la liberté antique, elle est menacée d’un danger d’une espèce différente. Le danger de la liberté des anciens était l’arbitraire. Le danger de la liberté des modernes serait de renoncer aux garanties politiques de cette liberté par une sorte d’indifférence au bien public. Autrement dit, il appartient aux citoyens d’exercer une surveillance permanente sur leurs représentants.

Dans ses Principes de politique, Benjamin Constant affirme :

La souveraineté du peuple n’est pas illimitée, elle est circonscrite dans les bornes que lui tracent la justice et les droits des individus. La volonté de tout un peuple ne peut rendre juste ce qui est injuste.

C’est une nouvelle critique de Rousseau et du Contrat Social : même une volonté générale est soumise à des limites et elle ne peut changer ce qui relève du droit naturel. Il existe un droit antérieur et supérieur à l’autorité politique : c’est le droit naturel. Ce droit fixe les bornes du pouvoir politique et limite les libertés individuelles.

Dire que tout pouvoir légitime doit être fondé sur la volonté générale ne veut pas dire que tout ce que la volonté générale décide est légitime. Constant se rattache ainsi à la Déclaration des droits de l’homme de 1789, article II, qui stipule que l’État n’est institué que pour conserver les droits naturels. Il y a donc des domaines dans lesquels le pouvoir politique n’a aucune influence : la morale et la religion, mais aussi la science (les mathématiques, l’histoire) qui relève de l’autorité du savoir.

Pour finir, Benjamin Constant ne sépare pas libéralisme politique et libéralisme économique. La liberté est une et le libéralisme est une seule et même doctrine :

J’ai défendu quarante ans le même principe, liberté en tout, en religion, en philosophie, en littérature, en industrie, en politique : et par liberté, j’entends le triomphe de l’individualité, tant sur l’autorité qui voudrait gouverner par le despotisme, que sur les masses qui réclament le droit d’asservir la minorité à la majorité. Le despotisme n’a aucun droit. La majorité a celui de contraindre la minorité à respecter l’ordre : mais tout ce qui ne trouble pas l’ordre, tout ce qui n’est qu’intérieur, comme l’opinion ; tout ce qui, dans la manifestation de l’opinion, ne nuit pas à autrui, soit en provoquant des violences matérielles, soit en s’opposant à une manifestation contraire ; tout ce qui, en fait d’industrie, laisse l’industrie rivale s’exercer librement, est individuel, et ne saurait être légitimement soumis au pouvoir social.
 

 

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Pourquoi il faut débureaucratiser l’Union européenne

Plutôt que de chercher de nouvelles façons de taxer les entreprises high tech comme Facebook, l’Europe devrait encourager les progrès de l’innovation en bannissant les réglementations trop complexes.
Un article de l’Iref-Europe

Quand ils se sont rencontrés à Tallinn, en Estonie, à la mi-septembre, les ministres européens des Finances ont discuté de diverses nouvelles mesures pour taxer les entreprises d’internet. Ce qu’ils veulent, c’est élaborer un schéma qui pourrait être proposé à l’Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE), afin qu’elle l’adapte aux normes internationales.

Waouh ! Des entreprises florissantes comme Google, Facebook et Apple seraient donc ainsi taxées et punies pour leurs méthodes de rapaces capitalistes spoliant les contribuables européens.

Bien entendu, c’est l’interprétation populiste de l’histoire. La version cynique révèle une guerre économique qui ne dit pas son nom entre les États-Unis et l’UE. Le département américain de la Justice condamne les entreprises européennes à des amendes pour violations présumées de la loi américaine. Et l’Europe riposte en exigeant des taxes surgies de calculs compliqués relevant du cauchemar administratif.

L’OCDE a un programme pour limiter ces pratiques, appelé « érosion de la base d’imposition et transfert de bénéfices » (BEPS). Il est censé garantir que les entreprises ne déménagent pas leurs bilans dans des contrées moins sévères en matière d’imposition. Ce programme est d’une rare complexité, perméable à une vaste gamme d’évaluations arbitraires et abus d’autorité. Son coût est probablement plus élevé que le montant des taxes et impôts qu’il récupère.

Il y a de fortes chances pour que les nouvelles mesures dont on a débattu à Tallin engendrent un cauchemar de ce type ; et qu’il perturbe en outre le business en Europe.

Malheureusement, ce ne sont que quelques remarques parmi d’autres que l’on peut faire sur un système illogique, compliqué à l’excès et hors de proportions. Le problème n’est pas seulement européen, mais mondial. Plus un système est compliqué, plus il est susceptible d’être manipulé. De l’intérieur par les fraudeurs, dont le nombre pourrait encore augmenter ; mais surtout, une telle complexité engendrera un haut degré d’insécurité quant aux lois et d’arbitraire quant à l’application des règlements. Dans tous les cas, les coûts sur le plan économique seront gigantesques et injustifiés. Là-dedans, tout est toxique.

Il est très facile d’y remédier. Simplifier le mécanisme des impôts ferait faire d’énormes économies aux gouvernements et aux contribuables. Cela ne réduirait pas nécessairement les recettes fiscales, mais libérerait en revanche des ressources qui bénéficieraient à l’économie et à la société. Il en résulterait plus de liberté et moins de dépendance des citoyens envers le pouvoir.

Le complexe européen

Les discussions de Tallinn pourraient aussi être révélatrices d’un « complexe d’infériorité » européen face aux géants américain du tech. Mais au lieu de les accabler de nouvelles taxes, l’Europe devrait se demander pourquoi elle est moins compétitive que les USA dans le domaine des technologies.

Elle pourrait commencer par examiner les différences entre les industries de la défense européenne et américaine. La Défense est l’un des rares domaines où les programmes gouvernementaux font preuve d’innovation, où la recherche et le développement ont souvent conduit à des avancées technologiques pour un usage civil. Il est frappant de constater qu’internet, comme la Silicon Valley, ont pris leur essor grâce à des projets du département américain de la Défense. Ces soixante dernières années, les USA ont lourdement investi dans la Défense. Ce qui n’a pas été le cas en Europe.

Le remède le plus efficace cependant serait que l’Europe change de mentalité et cultive un peu plus vigoureusement l’innovation et l’entrepreneuriat. Plutôt que des programmes de subventions publiques pour encourager l’innovation, mieux vaudrait simplement une diminution des réglementations qui la brident. Évidemment, il faudrait en même temps se montrer moins craintif dans la prise de risque, et plus apte à encaisser les échecs. Ils sont fréquents, lorsqu’il s’agit de projets nouveaux. En Europe, peu de gens les acceptent et se montrent disposés à accorder une seconde chance aux entrepreneurs. Les instances gouvernementales et les institutions financières moins que les autres.

La solution – tellement facile, mais apparemment difficile à mettre en œuvre – tiendrait en un régime fiscal simplifié assorti de systèmes de régulation, et surtout, en une meilleure acceptation du risque et de l’échec.

 

 

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Le mystère de l'inflation: la vie doit-elle vraiment devenir plus chère ?

17/10/17 à 14:38 - Mise à jour à 15:59

Source: Trends-Tendances

Après des années d'autoflagellation, les banques centrales jettent de facto le gant: avec un petit peu moins d'inflation, cela devra bien réussir aussi. "Elles auraient mieux fait de dire dès le début: 'Nous voudrions 2% d'inflation, mais un peu moins, ce n'est pas non plus la fin du monde.'"


 

La météo, les embouteillages, les impôts,... il y a un tas de choses à propos desquelles le Belge aime discuter. Mais avez-vous déjà entendu quelqu'un se plaindre que la vie ne devient pas plus chère ? Or, à la Sonnemannstrasse de Francfort, et à l'Avenue de la Constitution de Washington, réside un petit groupe puissant de fétichistes des chiffres qui s'en inquiètent.

Ces dernières années, la Banque Centrale Européenne (BCE) et la Federal Reserve (Fed) ont mis tout en oeuvre - plusieurs milliers de milliards d'euros et de dollars frais - dans le but d'obtenir tout de même une inflation stable de 2%. Cela n'a pas réussi.

Accablées et conscientes des risques financiers que la faiblesse du taux d'intérêt et la création massive d'argent entraînent, elles jettent à présent de facto le gant. La banque centrale américaine commence à réduire progressivement son bilan, mais elle peut encore se consoler à l'idée qu'elle a, avec un taux de chômage d'un peu plus de 4% , atteint son autre objectif - le plein emploi. La BCE annoncera probablement un plan de sortie de sa politique de stimulation dans deux semaines, mais pour le président Mario Draghi, il y a peu de consolation. La BCE prévoit elle-même qu'elle continuera à passer à côté de son seul objectif et principale raison d'exister ces prochaines années.

Mais si vous ne vous plaignez pas que la vie ne devient pas plus chère, pourquoi ces grincheux le font-ils ?

Lubrifiant de l'économie

Tout d'abord, un petit peu d'inflation sert, selon les manuels, de lubrifiant pour l'économie. Si la vie devient chaque année un petit peu plus chère, le consommateur n'attendra pas pour dépenser son argent. Et si une entreprise sait qu'elle gagnera davantage d'argent l'année suivante, elle sera plus rapidement encline à investir.

Cela semble logique mais beaucoup de gens ressentent pourtant instinctivement que quelque chose ne va pas avec ce raisonnement. Ce n'est pas parce que quelque chose sera moins cher que vous désirez attendre un an pour l'acheter. Selon Daniel Gros, directeur et spécialiste en économie et finances auprès du Centre for European Policy Studies (CEPS), les faits ont rattrapé cette vision traditionnelle. "Le japon ne connaît plus d'inflation depuis des décennies déjà, mais cela affecte peu les Japonais."

Les banquiers centraux ne recherchent pas vraiment l'inflation, mais surtout la stabilité des prix. Cela signifie une inflation ni trop élevée ni trop faible, et assurément pas de fortes variations. "Si vous ne savez pas ce qu'un produit ou une matière première coûtera dans le futur, vous pouvez difficilement prendre de décisions", explique Gregory Claeys, spécialiste en politique monétaire auprès du think tank économique Bruegel.

A la Banque Nationale, cela s'exprime ainsi : "La garantie de la stabilité des prix est considérée comme la meilleure contribution que la politique monétaire puisse livrer à la croissance économique et à la prospérité."

Endettement

En deuxième lieu, l'inflation est un transfert des prêteurs vers les emprunteurs, du fait que la valeur de l'encours de la dette diminue à mesure que l'argent diminue de valeur. Selon la Banque des règlements internationaux (BRI ou Bank of International Settlements - BIS), le monde se trouve collectivement dans le rouge pour plus de 200.000 milliards de dollars, un endettement de plus de quatre fois l'économie mondiale. Sans une saine dose d'inflation ou d'érosion monétaire, cela semble impossible d'endiguer cet croissance rapide de la dette.

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Ce n'est pas parce que quelque chose deviendra moins cher que vous désirez attendre un an pour l'acheter

En Belgique, nous nous y connaissons aussi en problèmes de dette. Les autorités se coltinent une dette de 106% du produit intérieur brut. Tout en gardant les coûts pour le vieillissement de la population en augmentation et le besoin élevé d'investissements à l'esprit, il paraît peu probable que nous comblions notre gouffre collectif uniquement avec des économies, du moins pas à relativement court terme.

L'inflation n'est heureusement pas l'unique moyen pour triompher d'une dette. "Pour les dettes publiques, la faible inflation n'est pas vraiment un problème", observe Gros, qui souligne que les dettes sont analysées en fonction de la taille de l'économie. "Tant que le taux d'intérêt est plus faible que la croissance de l'économie, le taux d'endettement diminue."

Compétitivité

En troisième lieu, un peu d'inflation peut apporter de l'équilibre dans une union monétaire où le cours de change n'offre plus de solution aux grandes différences dans les relations économiques sous-jacentes. Les pays de la zone euro n'ont pas convergé depuis l'adoption de la monnaie unique.

En Allemagne par exemple, les salaires ont à peine augmenté mais la productivité a augmenté. Les Espagnols et les Italiens ont au contraire été mieux payés, alors qu'ils n'ont pas été plus productifs. Leur compétitivité a par conséquent reculé.

L'objectif d'inflation de 2% est une moyenne pour la zone euro, mais selon la Banque Nationale, l'idéal est "le résultat de hausses de prix de plus de 2% dans les pays membres les plus forts et d'une inflation plus faible dans les pays membres les plus faibles". Si l'Allemagne a une inflation nulle, les pays comme l'Espagne et le Portugal doivent traverser une spirale houleuse de diminutions des prix et des salaires pour redevenir concurrentiels.

Mais si l'Allemagne connaît une inflation d'environ 3%, et que vous partez du principe que les salaires suivent plus ou moins l'évolution de l'inflation, les pays les plus faibles gagnent alors en compétitivité s'ils connaissent tout simplement moins d'inflation que leurs voisins plus forts.

"La politique de stimulation de la BCE ne sert donc pas seulement à sortir l'économie du sud de l'Europe de l'impasse, mais aussi à faire surchauffer l'économie allemande, de telle sorte que naisse un peu plus d'inflation ", explique Claeys.

Puissance

Pour finir, l'inflation donne plus de puissance à la politique monétaire. Beaucoup d'épargnants et d'investisseurs se laissent aveugler par le taux d'intérêt nominal, mais le taux d'intérêt réel, soit le taux d'intérêt après compensation de l'inflation, est beaucoup plus important. Imaginez que vous avez 100 euros sur un livret d'épargne qui offre un taux d'intérêt de 0%.

Avec une inflation de 2%, ces mêmes 100 euros d'épargne ne vaudront plus que 98 euros un an plus tard. L'inflation renforce de cette même manière la politique monétaire, car elle rend le taux d'intérêt nul des banques centrales négatif en termes réels.

Sans inflation, les banquiers centraux devront dès lors plus rapidement recourir aux armes non conventionnelles de ces dernières années à l'avenir, comme le rachat des obligations et un taux d'intérêt pénalisant pour les banques qui déposent de l'argent non utilisé.

Cela se produirait en outre plus souvent. Si le niveau des prix n'augmente que légèrement, l'économie frise en permanence la déflation, une période de baisses des prix qui décourage les investissements. Cela signifie que la banque centrale devrait systématiquement intervenir dès que cela va moins bien.

Le juste milieu

Les banquiers centraux voient donc de bonnes raisons pour lesquelles on a intérêt à ce que la vie devienne un peu plus chère : pour lubrifier l'économie, maintenir les dettes sous contrôle, rétablir des équilibres économiques et pour ne pas se retrouver d'emblée le dos au mur lors de la prochaine crise. Or, la BCE est toutefois très spécifique. Elle désire une inflation "proche de" mais sous les 2% à moyen terme".

A première vue, un tel objectif d'inflation semble une camisole de force oppressante, mais cela laisse plus de marge de manoeuvre que l'on penserait. Si l'euro augmente, la direction de la BCE démentira énergiquement qu'elle essaie de modifier le cours de change. Mais un euro plus cher rend les produits importés moins chers et pèse donc sur l'inflation.

Il faudra ainsi bel et bien infléchir la plupart des évolutions économiques. Les systèmes alternatifs connaissent d'ailleurs aussi des limites claires.

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A première vue, un objectif d'inflation semble une camisole de force oppressante, mais cela permet plus de marge de manoeuvre que l'on penserait

Dans un discours plus tôt dans l'année, le membre de la direction de la BCE Vitor Constâncio chantait encore les louanges de la politique monétaire au moyen d'un objectif d'inflation. L'homme de confiance de Draghi soulignait que "l'inflation moyenne dans les pays avec un tel objectif a diminué de plus de 9% vers 3,2% depuis d'adoption".

Selon Claeys, le chercheur de Bruegel, le système offre surtout beaucoup de liberté : "Vous dites simplement : 'Je veux 2% d'inflation, et je vais tout mettre en oeuvre pour l'atteindre.' Vous n'êtes pas lié à certains instruments. La seule chose qui compte, c'est la stabilité des prix." Le système d'inflation targeting est fréquemment défendu de la même manière que la démocratie : c'est le moins mauvais.

Crédibilité

Daniel Gros trouve le système trop rigide. "Je comprends que la BCE veuille s'accrocher à son objectif, mais parfois vous pouvez en faire trop, ainsi également avec la quête de l'inflation. Une inflation de 2% est peut-être mieux qu'1,5%, mais certaines mesures drastiques ne devraient être utilisées que dans des circonstances exceptionnelles."

En se focalisant sur ce seul chiffre, la BCE perd sa crédibilité dans la bataille. Et cette crédibilité est justement sa matière première principale. Si une entreprise croit qu'il y aura 2% d'inflation, elle calculera également ses coûts et ses prix de cette manière. Les prévisions et l'inflation se nourrissent ainsi mutuellement.

La BCE planifie à présent une sortie progressive sans avoir atteint son objectif. Le marché prévoit aussi une inflation de seulement 1,5% ces dix prochaines années. Un jugement sévère dirait que la crédibilité de la BCE vole en éclats.

"Les banquiers se sont eux-mêmes mis dans cette situation en prenant toutes ces mesures d'urgence pour tout de même atteindre l'inflation espérée", considère Gros. "Il aurait mieux valu dire dès le début : nous voudrions 2% d'inflation, mais un peu moins, ce n'est pas non plus la fin du monde."

 

 

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Le mystère de l'inflation: la vie doit-elle vraiment devenir plus chère ?

Après des années d'autoflagellation, les banques centrales jettent de facto le gant: avec un petit peu moins d'inflation, cela devra bien réussir aussi. "Elles auraient mieux fait de dire dès le début: 'Nous voudrions 2% d'inflation, mais un peu moins, ce n'est pas non plus la fin du monde.'"

La météo, les embouteillages, les impôts,... il y a un tas de choses à propos desquelles le Belge aime discuter. Mais avez-vous déjà entendu quelqu'un se plaindre que la vie ne devient pas plus chère ? Or, à la Sonnemannstrasse de Francfort, et à l'Avenue de la Constitution de Washington, réside un petit groupe puissant de fétichistes des chiffres qui s'en inquiètent.

Ces dernières années, la Banque Centrale Européenne (BCE) et la Federal Reserve (Fed) ont mis tout en oeuvre - plusieurs milliers de milliards d'euros et de dollars frais - dans le but d'obtenir tout de même une inflation stable de 2%. Cela n'a pas réussi.

Accablées et conscientes des risques financiers que la faiblesse du taux d'intérêt et la création massive d'argent entraînent, elles jettent à présent de facto le gant. La banque centrale américaine commence à réduire progressivement son bilan, mais elle peut encore se consoler à l'idée qu'elle a, avec un taux de chômage d'un peu plus de 4% , atteint son autre objectif - le plein emploi. La BCE annoncera probablement un plan de sortie de sa politique de stimulation dans deux semaines, mais pour le président Mario Draghi, il y a peu de consolation. La BCE prévoit elle-même qu'elle continuera à passer à côté de son seul objectif et principale raison d'exister ces prochaines années.

Mais si vous ne vous plaignez pas que la vie ne devient pas plus chère, pourquoi ces grincheux le font-ils ?

Lubrifiant de l'économie

Tout d'abord, un petit peu d'inflation sert, selon les manuels, de lubrifiant pour l'économie. Si la vie devient chaque année un petit peu plus chère, le consommateur n'attendra pas pour dépenser son argent. Et si une entreprise sait qu'elle gagnera davantage d'argent l'année suivante, elle sera plus rapidement encline à investir.

Cela semble logique mais beaucoup de gens ressentent pourtant instinctivement que quelque chose ne va pas avec ce raisonnement. Ce n'est pas parce que quelque chose sera moins cher que vous désirez attendre un an pour l'acheter. Selon Daniel Gros, directeur et spécialiste en économie et finances auprès du Centre for European Policy Studies (CEPS), les faits ont rattrapé cette vision traditionnelle. "Le japon ne connaît plus d'inflation depuis des décennies déjà, mais cela affecte peu les Japonais."

Les banquiers centraux ne recherchent pas vraiment l'inflation, mais surtout la stabilité des prix. Cela signifie une inflation ni trop élevée ni trop faible, et assurément pas de fortes variations. "Si vous ne savez pas ce qu'un produit ou une matière première coûtera dans le futur, vous pouvez difficilement prendre de décisions", explique Gregory Claeys, spécialiste en politique monétaire auprès du think tank économique Bruegel.

A la Banque Nationale, cela s'exprime ainsi : "La garantie de la stabilité des prix est considérée comme la meilleure contribution que la politique monétaire puisse livrer à la croissance économique et à la prospérité."

Endettement

En deuxième lieu, l'inflation est un transfert des prêteurs vers les emprunteurs, du fait que la valeur de l'encours de la dette diminue à mesure que l'argent diminue de valeur. Selon la Banque des règlements internationaux (BRI ou Bank of International Settlements - BIS), le monde se trouve collectivement dans le rouge pour plus de 200.000 milliards de dollars, un endettement de plus de quatre fois l'économie mondiale. Sans une saine dose d'inflation ou d'érosion monétaire, cela semble impossible d'endiguer cet croissance rapide de la dette.

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Ce n'est pas parce que quelque chose deviendra moins cher que vous désirez attendre un an pour l'acheter

En Belgique, nous nous y connaissons aussi en problèmes de dette. Les autorités se coltinent une dette de 106% du produit intérieur brut. Tout en gardant les coûts pour le vieillissement de la population en augmentation et le besoin élevé d'investissements à l'esprit, il paraît peu probable que nous comblions notre gouffre collectif uniquement avec des économies, du moins pas à relativement court terme.

L'inflation n'est heureusement pas l'unique moyen pour triompher d'une dette. "Pour les dettes publiques, la faible inflation n'est pas vraiment un problème", observe Gros, qui souligne que les dettes sont analysées en fonction de la taille de l'économie. "Tant que le taux d'intérêt est plus faible que la croissance de l'économie, le taux d'endettement diminue."

Compétitivité

En troisième lieu, un peu d'inflation peut apporter de l'équilibre dans une union monétaire où le cours de change n'offre plus de solution aux grandes différences dans les relations économiques sous-jacentes. Les pays de la zone euro n'ont pas convergé depuis l'adoption de la monnaie unique.

En Allemagne par exemple, les salaires ont à peine augmenté mais la productivité a augmenté. Les Espagnols et les Italiens ont au contraire été mieux payés, alors qu'ils n'ont pas été plus productifs. Leur compétitivité a par conséquent reculé.

L'objectif d'inflation de 2% est une moyenne pour la zone euro, mais selon la Banque Nationale, l'idéal est "le résultat de hausses de prix de plus de 2% dans les pays membres les plus forts et d'une inflation plus faible dans les pays membres les plus faibles". Si l'Allemagne a une inflation nulle, les pays comme l'Espagne et le Portugal doivent traverser une spirale houleuse de diminutions des prix et des salaires pour redevenir concurrentiels.

Mais si l'Allemagne connaît une inflation d'environ 3%, et que vous partez du principe que les salaires suivent plus ou moins l'évolution de l'inflation, les pays les plus faibles gagnent alors en compétitivité s'ils connaissent tout simplement moins d'inflation que leurs voisins plus forts.

"La politique de stimulation de la BCE ne sert donc pas seulement à sortir l'économie du sud de l'Europe de l'impasse, mais aussi à faire surchauffer l'économie allemande, de telle sorte que naisse un peu plus d'inflation ", explique Claeys.

Puissance

Pour finir, l'inflation donne plus de puissance à la politique monétaire. Beaucoup d'épargnants et d'investisseurs se laissent aveugler par le taux d'intérêt nominal, mais le taux d'intérêt réel, soit le taux d'intérêt après compensation de l'inflation, est beaucoup plus important. Imaginez que vous avez 100 euros sur un livret d'épargne qui offre un taux d'intérêt de 0%.

Avec une inflation de 2%, ces mêmes 100 euros d'épargne ne vaudront plus que 98 euros un an plus tard. L'inflation renforce de cette même manière la politique monétaire, car elle rend le taux d'intérêt nul des banques centrales négatif en termes réels.

Sans inflation, les banquiers centraux devront dès lors plus rapidement recourir aux armes non conventionnelles de ces dernières années à l'avenir, comme le rachat des obligations et un taux d'intérêt pénalisant pour les banques qui déposent de l'argent non utilisé.

Cela se produirait en outre plus souvent. Si le niveau des prix n'augmente que légèrement, l'économie frise en permanence la déflation, une période de baisses des prix qui décourage les investissements. Cela signifie que la banque centrale devrait systématiquement intervenir dès que cela va moins bien.

Le juste milieu

Les banquiers centraux voient donc de bonnes raisons pour lesquelles on a intérêt à ce que la vie devienne un peu plus chère : pour lubrifier l'économie, maintenir les dettes sous contrôle, rétablir des équilibres économiques et pour ne pas se retrouver d'emblée le dos au mur lors de la prochaine crise. Or, la BCE est toutefois très spécifique. Elle désire une inflation "proche de" mais sous les 2% à moyen terme".

A première vue, un tel objectif d'inflation semble une camisole de force oppressante, mais cela laisse plus de marge de manoeuvre que l'on penserait. Si l'euro augmente, la direction de la BCE démentira énergiquement qu'elle essaie de modifier le cours de change. Mais un euro plus cher rend les produits importés moins chers et pèse donc sur l'inflation.

Il faudra ainsi bel et bien infléchir la plupart des évolutions économiques. Les systèmes alternatifs connaissent d'ailleurs aussi des limites claires.

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A première vue, un objectif d'inflation semble une camisole de force oppressante, mais cela permet plus de marge de manoeuvre que l'on penserait

Dans un discours plus tôt dans l'année, le membre de la direction de la BCE Vitor Constâncio chantait encore les louanges de la politique monétaire au moyen d'un objectif d'inflation. L'homme de confiance de Draghi soulignait que "l'inflation moyenne dans les pays avec un tel objectif a diminué de plus de 9% vers 3,2% depuis d'adoption".

Selon Claeys, le chercheur de Bruegel, le système offre surtout beaucoup de liberté : "Vous dites simplement : 'Je veux 2% d'inflation, et je vais tout mettre en oeuvre pour l'atteindre.' Vous n'êtes pas lié à certains instruments. La seule chose qui compte, c'est la stabilité des prix." Le système d'inflation targeting est fréquemment défendu de la même manière que la démocratie : c'est le moins mauvais.

Crédibilité

Daniel Gros trouve le système trop rigide. "Je comprends que la BCE veuille s'accrocher à son objectif, mais parfois vous pouvez en faire trop, ainsi également avec la quête de l'inflation. Une inflation de 2% est peut-être mieux qu'1,5%, mais certaines mesures drastiques ne devraient être utilisées que dans des circonstances exceptionnelles."

En se focalisant sur ce seul chiffre, la BCE perd sa crédibilité dans la bataille. Et cette crédibilité est justement sa matière première principale. Si une entreprise croit qu'il y aura 2% d'inflation, elle calculera également ses coûts et ses prix de cette manière. Les prévisions et l'inflation se nourrissent ainsi mutuellement.

La BCE planifie à présent une sortie progressive sans avoir atteint son objectif. Le marché prévoit aussi une inflation de seulement 1,5% ces dix prochaines années. Un jugement sévère dirait que la crédibilité de la BCE vole en éclats.

"Les banquiers se sont eux-mêmes mis dans cette situation en prenant toutes ces mesures d'urgence pour tout de même atteindre l'inflation espérée", considère Gros. "Il aurait mieux valu dire dès le début : nous voudrions 2% d'inflation, mais un peu moins, ce n'est pas non plus la fin du monde."

 

 

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A quel point la viande que l'on mange est-elle saine ?

L'abus d'antibiotique a ouvert la porte aux bactéries résistantes. Des bactéries qui, dans certains cas, peuvent être mortelles. Dans quelle mesure l'élevage contribue-t-il à cela? L'AFSCA se veut rassurante: "La viande et les poissons qui ont des taux d'antibiotiques trop élevés n'entrent pas en Europe, tout comme les poulets au chlore et la viande aux hormones."

Notre mauvais usage des antibiotiques depuis des décennies a de lourdes conséquences. On estime qu'il a provoqué la mort de 25 000 personnes par an en Europe. Il est donc grand temps de s'atteler sérieusement au problème. C'est ce que tente de faire l'Union européenne au travers du programme One Health. "Ce plan d'action a pour objectif de combattre la résistance aux antibiotiques chez l'homme et chez l'animal au travers d'une approche globale" dit Jean-François Heymans, directeur de la santé animal à l'AFSCA. L'agence s'attaque donc enfin à cette problématique qui est pourtant une des priorités de l'OMS depuis 2011.

Les nouvelles directives européennes préconisent que les vétérinaires ne prescrivent plus que des antibiotiques qui ont été autorisés par les autorités européennes. Une autre directive précise qu'une viande ne peut dépasser un certain taux de résidus d'antibiotique quand elle sort de l'abattoir. Les animaux qui ont tout de même été traités sont mis un temps en quarantaine avant qu'ils puissent être abattus. Le taux maximum admis d'antibiotiques tient compte du fait qu'on puisse ingurgiter chaque jour 1,5 litre de lait, 100 grammes d'oeuf et 300 grammes de viande.

L'AFSCA réalise chaque année des contrôles surprises dans les abattoirs et les fermes. Les résultats sont pour l'instant très bons. L'AFSCA contrôle aussi la viande importée. De tout cela il ressort que la quantité d'antibiotique que nous ingérons via les produits animaux que nous consommons est minimale.

Autorégulation

L'Union européenne interdit aussi l'usage d'antibiotiques pour favoriser la croissance. Cette pratique est par contre encore d'usage dans d'autres pays en dehors de l'Europe. Il arrive aussi qu'on utilise des antibiotiques à titre préventif, ce qui est tendancieux.

Pourtant nous ne devons pas nous montrer trop pessimistes, dit Heymans. "Jusqu'en 2016, on comptait sur une autorégulation des vétérinaires et des éleveurs, mais ça ne fonctionnait pas vraiment. Pour atteindre l'objectif d'une baisse de 50% pour 2020, il était nécessaire d'accélérer les choses. C'est pour cela que l'on a, en 2012, créé l'ASBL AMCRA. Celle-ci a été lancée en collaboration avec l'Agence Fédérale pour la Sécurité de la Chaîne Alimentaire (AFSCA), l'Agence Fédérale des Médicaments et des Produits de Santé (AFMPS), des associations de fermiers et d'éleveurs et des membres de l'industrie pharmaceutique. Son but est de lancer des mesures pour que l'on puisse atteindre les objectifs à l'horizon 2020 tout en responsabilisant les différents acteurs.

En 2016, une nouvelle loi est entrée en vigueur. Elle vise les antibiotiques de catégorie rouge, soit ceux utilisés en médecine humaine comme dernier remède et qui sont d'une importance cruciale. La peur aujourd'hui est que des bactéries résistantes chez l'animal passent à l'homme.

 

Il est donc crucial que l'utilisation de ses antibiotiques rouges soit très strictement encadrée.

La bonne nouvelle, c'est que les éleveurs et les vétérinaires suivent ces directives et que l'utilisation d'antibiotiques a baissé de 5 % en 2015 et de 20% par rapport à 2011 de 53% pour les antibiotiques de code rouge (ultime recours) entre 2015 et 2016.

Et le poisson ?

À cause de son contact direct avec les animaux, un éleveur de cochons a dix fois plus de chances d'être infecté par une bactérie résistante que le reste de la population. Par contre, une contamination de l'homme au travers de la nourriture est extrêmement rare. Premièrement parce que les abattoirs font extrêmement attention à empêcher une contamination. Ensuite, parce qu'il y a peu de chance que des résidus de salmonelle ou de Campylobacter agissent sur la flore d'une personne en bonne santé. Ces exemples ne sont pas cités par hasard puisqu'il s'agit des bactéries qui peuvent le plus facilement infecter l'homme par la nourriture d'origine animale.

Le poisson suscite aussi de nombreuses interrogations chez les consommateurs. La nourriture des élevages de pangasius en Asie est truffée d'antibiotiques. L'AFSCA n'y voit pas un danger pour le consommateur belge puisque le poisson, avant d'arriver dans nos contrées, est testé pour voir s'il répond aux normes. La même chose est valable pour la viande qui vient des États-Unis dit Heymans. "Nous ne souhaitons absolument pas niveler ces normes par le bas. C'est trop important. Cette viande ne rentre tout simplement pas en Belgique. Pas plus que les poulets au chlore ou la viande aux hormones."

Carine Maillard 

 

 

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VU DE FRANCE


 

 Éolienne offshore : le naufrage du bon sens

L’éolienne flottante « Floatgen » inaugurée à Saint-Nazaire représentera le premier totem en mer matérialisant le naufrage du bon sens.
La première éolienne flottante en mer (dite offshore) en France a été inaugurée en grande pompe à Saint-Nazaire le 12 octobre 2017 par le secrétaire d’État à la Transition énergétique Sébastien Lecornu et quelques célébrités locales.

Coût de l’éolienne offshore

Le coût total de l’aventure nommée Floatgen est estimé à environ 40 millions d’euros, dont la moitié pour l’éolienne elle-même. L’autre moitié se répartit entre le flotteur en béton, les divers raccordements et les ancrages. Le projet bénéficie d’une subvention de 10 millions d’euros apportés par l’Union européenne, et de 8 millions par le Programme d’investissements d’avenir de l’État.

En clair, près de la moitié du coût prévisionnel de ce projet est financé par les impôts des Français alors que les principaux bénéficiaires sont étrangers (allemands et danois).

Bien que cette éolienne de 140 mètres de haut en bout de pale soit censée alimenter de 2000 à 4000 foyers selon les sources, qu’en est-il exactement ?

Quelle alimentation pour l’éolienne offshore ?

Tout d’abord, les jours sans vent, ce qui arrive aussi de temps à autre en mer au large de Saint-Nazaire, cette éolienne offshore n’alimentera strictement personne.

Ensuite,  ses concepteurs annoncent un facteur de charge prévu de 32%. Donc cette éolienne est censée fonctionner un jour sur trois à sa puissance nominale. Et ce chiffre est optimiste puisque même en Écosse (où il y a beaucoup de vent…), les éoliennes atteignent à peine ce rendement (le parc de Robbin Ring atteint 30%).

Mais admettons. La puissance de l’éolienne étant de 2 MW, la production annuelle serait d’environ 5600 MWh.

Pour produire autant de MWh que le futur réacteur nucléaire EPR de Flamanville (11 millions MWh par an, même s’il n’y a pas de vent ni de soleil), il faudra plus de 2000 éoliennes Floatgen pour un coût de 40 à 80 milliards d’euros !

Le coût pourrait être divisé par deux par un effet d’échelle. Mais même en divisant par deux…  le prix du kilowatt-heure payé par le consommateur augmentera rapidement.

Enfin, cerise sur le gâteau, la production de cette machine sera officiellement achetée obligatoirement à 240 €/MWh (!)… quand elle produira, soit six fois le prix actuel du marché qui est d’environ 40€/MWh. Là encore, la différence sera payée par le consommateur / contribuable via une taxe (la Contribution au Service Public de l’Électricité, CSPE) sur sa facture d’électricité.

Avec ce prix d’achat préférentiel (et démentiel) de 240 €/MWh, pourquoi faut-il encore des subventions pour la construction ?

Une rentabilité très discutable, surtout en temps de crise budgétaire

En Allemagne, de récents appels d’offres ont été attribués sans subvention pour des éoliennes en mer. Le prix d’achat très élevé et obligatoire de la production éolienne payé par les Allemands suffira à rentabiliser l’investissement des lauréats. Il faut souligner qu’en Allemagne, le prix de l’électricité est deux fois plus élevé qu’en France…

L’EPR est prévu pour durer 60 ans. Quelle sera la durée de vie pour cette éolienne en mer ? Faudra-t-il la changer dans 20 ans ou 30 ans, si elle a résisté jusque là aux assauts des tempêtes maritimes ?

Alors que l’économie de la France est dans une phase critique, des milliards d’euros vont être dilapidés pour fabriquer quelques pourcents d’une électricité intermittente, inappropriée à la demande de l’utilisateur, et donc de mauvaise qualité.

De plus, elle est cinq à six fois plus chère que le prix du marché actuel (rappel : 240€/MWh contre 40 €/MWh).

Ces sommes démentielles seront prélevées sur la facture d’électricité des Français pour être englouties en mer. Une hausse vertigineuse du tarif de l’électricité a déjà commencé via la CSPE, alors que 9 millions de consommateurs sont déjà en situation énergétique précaire et doivent être socialement assistés…. Ce qui contribue aussi à l’augmentation de la CSPE dont c’était l’objectif à  l’origine !

Le naufrage du bon sens

Le coût complet de mise en place des moyens complémentaires (réseau électrique, aménagement d’infrastructure portuaire, subventions, construction de nouvelles centrales thermiques de production d’électricité pour compenser l’intermittence) est aujourd’hui encore mal identifié. Il représente cependant, à l’horizon 2030, plusieurs dizaines de milliards d’euros que devra supporter le contribuable français. La commission de régulation de l’énergie (CRE) a déjà prévu un surcoût de 8 milliards d’euros dû aux énergies renouvelables (incluant le solaire) pour la seule année 2018.

Le développement de l’éolienne offshore, encore moins compétitive que l’éolienne terrestre, est un non sens économique qui conduit à une destruction d’emplois par atteinte de la compétitivité des entreprises de notre pays. Comment des idéologues œuvrant habilement en coulisses (gouvernement, Commission européenne,…) sur le dos des citoyens contribuables ont-ils pu gangréner l’esprit de nos dirigeants à ce point ?

Le développement programmé de l’éolien offshore va contribuer à l’appauvrissement de la France pour satisfaire des intérêts privés et des accords électoraux avec les Verts au détriment de l’intérêt national.

L’éolienne flottante Floatgen inaugurée à Saint-Nazaire représentera le premier totem en mer qui matérialise le naufrage du bon sens.

 

 

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 "Communiste, le PS ? M'enfin !"

Depuis les sondages favorables au PTB et la publication de " Nouvelles conquêtes " d'Elio Di Rupo, le mot communisme se balade sur les lèvres des politiques de droite, et même sur ceux de gauche, au nord comme au sud. Savent-ils ce qu'est le communisme ?


 

Le CDH, le MR et la droite belge en général, qualifient le PS de communiste, mais Elio Di Rupo et quelques dirigeants du PS traitent à leur tour le PTB de communiste. Le 12 octobre à la RTBF, Claude Eerdekens qualifie le PS de communiste et de courir après le PTB. Celui-ci dénonce les dérives droitières du PS, mais Charles Michel et Willy Borsus accusent la FGTB, "bras armé du PS!" de vouloir créer une majorité PS-PTB-ECOLO pour amener les communistes au pouvoir en Wallonie. C'était le but des grèves annoncées pour le 10 octobre, toujours selon Willy Borsus et Charles Michel.

Où est la cohérence dans toutes ces déclarations ? Nulle part. Il convient donc de savoir ce que vous et moi entendons par communisme pour savoir si nous parlons de la même chose et où se trouvent exactement ces affreux communistes qui menacent notre avenir et celui des générations futures.

Tout d'abord, je ne m'adresse pas à vous, fin connaisseur du communisme, mais à vous qui ne le connaissez pas et a vous qui, croyant le connaître, le déformez à outrance pour faire peur aux citoyens.

Ce que j'entends par communisme.

Commençons par faire, en quelques mots, la différence entre le communisme en tant que doctrine politique marxiste, le communisme en tant qu'organisation sociale et le communisme en tant que régime politique.

En tant que doctrine politique marxiste, le communisme est la dernière étape d'un processus historique inéluctable expliqué à la lumière du matérialisme dialectique et du matérialisme historique. Chaque société ou étape de ce processus contient les germes de sa propre destruction jusqu'à l'avènement du communisme où ces germes disparaissent. Nous ne dirons pas plus sur le sujet. L'espace d'une carte blanche ne le permet pas.

En tant qu'organisation sociale, le communisme est une société sans Etat, sans classes sociales, sans monnaie, sans propriété privée. Un paradis, une utopie, un rêve. Marx n'est pas très précis sur le fonctionnement de sa société communiste. Ses disciples non plus. Et puis le communisme, en tant qu'organisation sociale, n'a jamais existé. Si vous me permettez un pronostic, cher lecteur, elle ne verra jamais le jour. Et c'est dommage. Les utopies sont toujours belles.

En tant que régime politique, le communisme est l'ensemble des partis communistes dont leur objectif est d'assurer la transition entre le capitalisme et le communisme. Cette étape transitoire est le socialisme (de type marxiste) dont les principales caractéristiques sont : la dictature du prolétariat, en fait la dictature de la nomenklatura, le parti unique, la propriété collective des moyens de production, l'économie entièrement planifiée par l'Etat. Les régimes communistes de l'Union des républiques socialistes soviétiques (URSS) et ceux des pays de l'Est se sont effondrés avant l'entrée au paradis. Les autres, ceux de Cuba, la Corée du Nord et la Chine sont loin d'y parvenir un jour.

Mais bien sûr, les décalages entre la théorie et la pratique, ou la praxis comme disent si joliment les vieux marxistes, animent les débats entre spécialistes. Et puis, il ne faut pas confondre marxisme et communisme. Les communistes sont en principe marxistes, mais tous les marxistes ne sont pas communistes, en particulier les intellectuels pour qui le marxisme est avant tout un instrument d'analyse. Il y a même des marxistes anticommunistes !

Voilà donc l'abc du communisme, tel que je l'entends, pour mieux savoir de quoi on parle et pour répondre à la question : le PS et le PTB sont-ils communistes ?

Avant de répondre à cette question angoissante pour la droite, en voie de maccarthysation, il est utile de rappeler certaines évidences souvent négligées.

Faire peur pour convaincre au lieu de faire appel à la raison est une faiblesse. Une affirmation, tout au moins dans un débat politique, doit être étayée avec des arguments cohérents bien qu'ils soient toujours réfutables.

Pour nous convaincre du danger communiste et nous faire peur voici le conseil de Willy Borsus : "j'invite vraiment vos auditeurs à lire un certain nombre des propositions notamment du PTB", donc du PS aussi.

Willy Borsus a trouvé donc des traces de communisme dans le programme du PTB, dans le livre d'Elio Di Rupo "Nouvelles conquêtes", dans les 123 propositions du PS et son rapport complet du "Chantier des idées".

Voyons d'abord le cas du PTB.

 

J'ai lu les 130 propositions du programme du PTB et leur journal Solidaire à la recherche du moindre indice de communisme. Je n'ai rien trouvé de tel. Bon nombre de leurs propositions sont similaires à celles du PS à moins que ce ne soit le contraire. Ils veulent défendre les services publics contre les tentatives de privatisations, la pension à 58 ans, réduire le temps de travail, une fiscalité plus juste, pension minimal de 1500 €, protéger le pouvoir d'achat... Bref, lisez leur programme et vous verrez qu'ils n'ont rien de vraiment communiste. Je croyais qu'ils étaient plus à gauche que cela. Ils parlent beaucoup de démocratie participative, comme le PS et nullement de dictature du prolétariat, de parti unique, de propriété collective des moyens de production...

Voyons ensuite le cas du PS.

Sur le PS nous pouvons dire autant que sur le PTB. Quelles que soient leurs différences, ils sont tous les deux des socialistes réformateurs. Le PS l'a toujours été, sauf que quand il est dans l'opposition, il est toujours plus à gauche que quand il est dans la majorité fédérale ou régionale. Le PTB ne l'a pas toujours été. Il l'est devenu par nécessité sachant que le marxisme-léninisme-stalinisme-maoïsme n'a plus la cote nulle part, et surtout pas dans un pays de l'Union européenne. Le PTB est un peu moins à droite, ou si vous préférez, un peu plus à gauche que le PS.

J'aimerais que Willy Borsus, et/ou le Centre Jean Gol du MR, nous disent qu'elles sont les propositions du PS et du PTB à caractère communiste. Et qu'ils le disent de façon bien précise. Par exemple : les propositions N° xxx du PTB et les propositions N° xxx de du PS sont communistes et pourquoi. Ils doivent nous dire aussi : les propositions "..." aux pages x de "Nouvelles conquêtes" sont communistes parce que... J'insiste sur la précision car les généralisations ou affirmations vagues c'est de l'enfumage, des arguments de distraction et de la malhonnêteté intellectuelle.

Oui, me diront certains, mais le PTB est un loup sous une peau de mouton. N'exagérons pas. Le Mr et les autres maccarthystes savent qu'en cas d'une hypothétique majorité PS-PTB-ECOLO, le PTB ne peut pas imposer tout son programme. C'est pareil pour les autres partis.

Un parti de gauche ou d'ultragauche ne pourra imposer en Belgique un régime communiste. La participation des "communistes" dans un gouvernement ne met pas en danger la démocratie. Le PS de Mitterrand s'est allié avec le PCF de Georges Marchais ; des ministres communistes ont participé au gouvernement et la démocratie ne s'est pas effondrée. C'est plutôt le PCF qui perdit des plumes. Ce fut le début de son déclin.

Dans les années 1940, le PC italien, dirigé par Palmiro Togliatti, participait à un gouvernement d'union nationale avec les démocrates-chrétiens, dirigés par Alcides De Gasperi, j'ai bien dit démocrates-chrétiens. Dans les années 1970 Aldo Moro, encore un démocrate-chrétien et Enrico Berlinguer, communiste, étaient prêts à former une majorité gouvernementale, mais l'opposition de Paul VI, chrétien-non-démocrate et l'assassinat de Aldo Moro, mettent fin au compromesso storico malgré la position très dure et ferme du PCI contre les terroristes. Mais il est possible que nos dirigeants de droite ignorent ces chapitres de l'histoire politique italienne. Elle est loin l'Italie ! Ou tout simplement, ils sont aussi frileux que le Pape Paul VI.

Au Portugal, le gouvernement socialiste, minoritaire, est soutenu par les communistes, le bloc de gauche (marxistes-léninistes, trotskistes...) et les écolos, majoritaires à l'Assemblée. Cette expérience attire l'attention de la gauche européenne et des politistes. Bref, c'est la nouvelle majorité proposée par la FGTB pour le plus grand désarroi de notre droite. Mais il est possible que notre droite, ignore cette expérience portugaise. Il est loin le Portugal !

Et puis, chers lecteurs de droite, pensez-vous vraiment que des gens comme Elio Di Rupo, Laurette Onkelinx, Willy Demeyer, Rudy Demotte, Rudi Vervoort, Jean-Claude Marcourt, André Flahaut, Alain Mathot, les enfants/beaux-enfants de... sont des communistes ? M'enfin.

Craignez-vous qu'ils aient l'intention d'instaurer à Bruxelles comme en Wallonie :

- Un gouvernement dirigé par un parti totalitaire issu d'une fusion PS-PTB-Ecolo avec à leur tête un Elio Di Rupo tyrannique et sanguinaire à la manière d'un Staline au noeud papillon ?

- Des goulags dans Les Fagnes gérés par une nomenklatura impitoyable qui feraient payer en travaux forcés la trahison du CDH et la complicité du MR ?

- Une économie planifiée dirigée par des économistes cubains et rythmée par des plans quinquennaux comme au vieux temps de l'Union soviétique ?

Il est temps que le MR et ceux qui pensent comme lui cessent de croire que les Wallons et les Bruxellois auront peur de menaces aussi naïves et ridicules. 

 

 

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Prix Nobel de médecine pour 3 chercheurs en chronobiologie

Les trois prix Nobel de médecine 2017 ont fait avancer de façon déterminante la recherche sur les horloges génétiques qui battent la mesure pour notre organisme.
Tout ce qui vit alterne phases d’activité et phases de repos. L’être humain fonctionne par cycles. On commence à peine à comprendre pourquoi et comment notre santé dépend de ce caractère cyclique. Cette discipline, la chronobiologie, est probablement l’une des voies d’avenir de la biomédecine.

Cette année le prix Nobel de médecine a récompensé 3 chercheurs américains, Jeffrey C. Hall, Michael Rosbash et Michael W. Young « pour leurs découvertes des mécanismes moléculaires qui règlent le rythme circadien ». Les trois chercheurs « ont pu s’introduire dans notre horloge biologique et élucider son fonctionnement interne. Leurs découvertes expliquent comment les plantes, les animaux et les êtres humains adaptent leur rythme biologique pour qu’il se synchronise avec les révolutions de la Terre » a précisé le jury de l’académie Nobel.

Le rythme circadien

Le rythme circadien – étymologie latine circa diem c’est-à-dire   « approximativement un jour » –  est l’étude d’une période de 24 heures pendant lesquelles un certain nombre de mécanismes biologiques se répètent.

Ce rythme régule la plupart de nos fonctions biologiques et cognitives et sa désorganisation entraîne des troubles du sommeil et de profondes perturbations physiologiques. Le système veille/sommeil, la température corporelle, la sécrétion d’hormones,  la pression artérielle, la fréquence cardiaque, mais aussi les fonctions supérieures comme la régulation de l’humeur, les fonctions cognitives ou la mémoire sont régulées par le rythme circadien.

Toutes les fonctions sont cycliques

En fait presque toutes les fonctions biologiques sont cycliques : la mélatonine, hormone qui régule la sécrétion circadienne de nombreux métabolismes est secrétée la nuit. Le sommeil est plus profond vers deux heures du matin, la température corporelle est basse au petit matin et plus élevée en soirée, l’activité intestinale diminue la nuit, l’éveil est maximal du milieu de la matinée jusqu’en fin d’après-midi, la mémoire se restructure pendant le sommeil etc.

Une horloge dans le cerveau

On sait que le rythme circadien est généré par une horloge interne car l’isolement sensoriel même prolongé ne l’abolit pas. Cette horloge, située dans le cerveau donne l’heure aux différents métabolismes de l’organisme et sa révolution est approximativement de 24h.

Cette activité électrique est contrôlée par l’expression cyclique de gènes « horloge » que nos 3 prix Nobel ont découverte et explorée.

Une synchronisation permanente

Des expériences menées avec des personnes en isolement sensoriel pendant plusieurs jours, sans repère de temps, ont montré que le cycle imposé par l’horloge interne dure spontanément entre 23h30 et 24h30 selon les individus.

Si notre horloge interne contrôlait seule le rythme biologique, sans être remise à l’heure, nous nous décalerions tous les jours. Un individu avec une horloge réglée sur 23h30 avancerait chaque jour son heure de coucher de 30 minutes, alors que quelqu’un ayant une horloge réglée sur 24h30 retarderait son coucher de 30 minutes par jour. Chacun finirait ainsi par dormir à un horaire différent de la journée ou de la nuit, ce qui serait incompatible avec la vie sociale. L’horloge cérébrale est donc resynchronisée en permanence sur un cycle de 24 heures par des synchroniseurs extérieurs, la lumière bien sûr mais aussi la température extérieure et l’activité physique.

Le rôle de la lumière

La lumière est captée au niveau de la rétine par un système nerveux différent de celui impliqué dans la perception visuelle. Le signal transmis à l’horloge interne provoque la remise à l’heure du cycle. Ce signal est aussi transmis à d’autres structures du cerveau qui participent à la régulation de l’humeur, de la mémoire, du sommeil et des activités cognitives.

La mélatonine contrôlée par l’horloge et par la lumière

Le rythme de sécrétion de la mélatonine est contrôlé lui aussi par l’horloge interne. Sa production augmente peu avant le coucher, contribuant à l’endormissement. Sa sécrétion est maximale entre deux et quatre heures du matin puis sa concentration chute et devient presque nulle au petit matin.

Néanmoins, la luminosité extérieure intervient aussi sur sa production. L’exposition à la lumière le soir retarde la sécrétion de mélatonine et donc l’endormissement. Une exposition lumineuse le matin va au contraire avancer l’horloge. Ce phénomène permet, en particulier, de s’adapter aux changements d’heure et aux décalages horaires.

Des horloges périphériques

La plupart des fonctions biologiques sont sous la dépendance de l’horloge cérébrale centrale mais l’organisme dispose aussi d’horloges périphériques localisées dans chaque organe (cœur, poumons, foie, muscles, reins, rétine…). Elles permettent de réguler finement leur métabolisme en tenant compte du contexte environnemental.

Elles servent de relais entre l’horloge interne, qui bat la mesure, et l’environnement qui permet des adaptations. Par exemple, si on a besoin de rester éveillé pendant une nuit, ces horloges secondaires permettent l’adaptation de l’activité cardio-respiratoire et sensorielle.

Ces horloges périphériques travaillent de façon autonome mais sont  resynchronisées en permanence par l’horloge interne du cerveau. Si celle-ci est déficiente, les horloges périphériques se désynchronisent ce qui se produit lors du vieillissement et dans certaines pathologies chroniques.

Nous n’en sommes qu’au début de la « médecine circadienne » mais de nombreuses applications témoignent de son potentiel.

Rythme circadien et médicaments

L’activité et la toxicité de certains médicaments (anticancéreux, médicaments cardiovasculaires, antalgiques, antiasthmatiques) peuvent dépendre de leur heure d’administration. Certain anti-cancéreux sont par exemple 5 fois moins toxiques lorsqu’ils sont administrés la nuit. Ces phénomènes ont donné naissance à une discipline à part entière, la chronopharmacologie.

L’étude des conséquences des troubles circadiens a principalement été menée chez les travailleurs postés. Des études concordantes ont montré que ceux-ci développent plus de maladies que les autres en réponse à la désorganisation prolongée de leurs rythmes circadiens : maladies cardiovasculaires avec  infarctus du myocarde et accidents vasculaires cérébraux, diabète, troubles gastro-intestinaux avec ulcères et troubles du transit, troubles psychiques notamment les dépressions, troubles de la mémoire, troubles de la fertilité, risque accru de cancer. Le travail de nuit est actuellement classé comme « probablement cancérigène » par les autorités scientifiques.

Écrans et lumière bleue

La lumière bleue émise par les écrans LED des téléviseurs et des ordinateurs active 100 fois plus les centres circadiens du cerveau que la lumière blanche d’une lampe ordinaire. Si l’on s’expose massivement le soir aux écrans cela provoque un retard de l’horloge cérébrale, un retard à l’endormissement et généralement un manque de sommeil. C’est sans doute l’une des raisons qui explique le raccourcissement constant du temps de sommeil dans nos sociétés modernes.

Hygiène de lumière

La lumière permet un fonctionnement cognitif de bonne qualité pendant la journée et l’obscurité un bon sommeil pendant la nuit. Une bonne hygiène de lumière permet directement une meilleure qualité de vie, une mauvaise hygiène de lumière est responsable de troubles variés et, à plus long terme, de pathologies chroniques.

Tout ce qui vit alterne des phases d’activité et des phases de repos et l’être humain fonctionne par cycles, en phase avec son environnement animal, végétal, planétaire et cosmique. On commence à peine à comprendre pourquoi et comment notre santé dépend de ce caractère cyclique mais cette discipline émergente est probablement l’une des voies d’avenir de la biomédecine.

 

 

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Commune de Jalhay-Sart. Inauguration du chemin de liaison entre Mariomont et la Gileppe

Les Jalhaytois et les Sartois œuvrant bénévolement au sein de la Commission Locale de Développement Rural (CLDR) pour la réhabilitation des chemins et sentiers de la formidable commune de Jalhay-Sart  inaugurent le samedi 14 octobre 2017 le chemin de liaison entre Mariomont et la Gileppe.

La promenade passe par les étangs du Cossart  alimentant jadis Stembert , le célèbre arbre à clous du "Clawè Fawe" qui signifie hêtre cloué (les amateurs peuvent enfoncer des clous ce jour là en vue de se débarrasser de maux de toutes sortes) sans oublier, tout à côté, d'admirer la facétieuse croix Malay dont l'origine vous sera commentée .

Le circuit traverse le ruisseau de Malpoupont et rejoint le Tigelot (route Jalhay- la Gileppe) pour descendre jusqu'au lac de la Gileppe via le lieu dit le Cœur de Marie.

 Info pratique:

 Date heure et lieu de départ: le samedi 14 octobre à 10h30, rue de la carrière face au numéro 15 à Mariomont (voir plan ci- dessous)

 Alternative proposée:

Rendez vous au Tigelot à 10 h précise  route de la Gileppe sur le parking face au camping.

Un covoiturage sera organisé pour amener  les participants au départ de Mariomont

 Distance Mariomont  Tigelot:  8 km   durée 2h1/2 +la possibilité de faire un aller retour jusqu'au lac de la Gileppe soit 2x2km

 Fin de la promenade: un covoiturage sera organisé afin que les promeneurs ayant garé leur véhicules rue de la carrière à Mariomont  puissent les récupérer.

 Accessibilité: la promenade n'est pas accessible aux poussettes et personnes à mobilité réduite. 

Les chaussures de randonnées ou bottes sont recommandées.

 

Contact pour infos complémentaires :

 Jean-Benoit Koninck 087/647202

  Léon Verhaeghe: 087/270562

  Francis Willems  0473472532

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Promenade géologique et naturaliste à Solwaster; découverte du Rocher de Bilisse et du pierrier de la Statte '.
Durée : 4 à 5 km de 14h à 17h. Covoiturage de Sart vers Solwaster.
Départ : Office du Tourisme de Jalhay-Sart à 13h45.
Guide Français/néerlandais : Madame Carine Taffein. Tél : 0490/431 361
 
Où:
Office du Tourisme Jalhay-Sart
Place du Marché 242
4845 Sart-lez-Spa
 

 

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Richard Thaler, « paternaliste libertarien », « Prix Nobel » d’éco

Paternalisme libertarien : « paternalisme » car l’objectif est d’influencer votre choix et « libertarien » car vous avez toujours le choix d’aller ailleurs !
Supposons que vous arriviez à la cafétéria de votre école, et qu’au lieu de la disposition classique des différents plats, la direction de votre établissement ait décidé de mettre en avant les salades et plats équilibrés, tout en vous laissant toujours le choix d’aller prendre un burger-frites si vous le souhaitez (mais en mettant le stand de burger à l’étage). Cet exemple tout simple est une application de ce qu’est le paternalisme libertarien : « paternalisme » car l’objectif est d’influencer votre choix et « libertarien » car vous avez toujours le choix d’aller manger un burger si vous le désirez (il n’y a pas d’interdiction, à la différence du paternalisme pur, lorsque votre père vous disait « Kevin tu manges ta salade ou je t’en colle une ! »).

Cette notion de paternalisme libertarien a été développée par l’économiste Richard Thaler et le juriste et philosophe américain Cass Sunstein (source : « Libertarian Paternalism », American Economic Review, 2003). La base de cette théorie est que les individus ne sont pas, contrairement à la théorie économique classique, totalement rationnels, et que pour des raisons diverses et variées (biais cognitifs, biais heuristiques…), leurs choix ne sont donc pas toujours optimaux. Le paternalisme libertarien s’appuie donc sur (1) un large panel d’expérience et de recherche en économie et en psychologie (proche de l’actuel économie comportementale ou finance comportementale) afin de comprendre pourquoi les individus font des choix parfois non-rationnels entraînant une diminution de leur bien-être et (2) la notion  « d’architecture des choix », afin de revoir la façon dont sont présentées les différentes options qui s’offrent à vous pour vous orienter vers « le choix optimal », mais sans diminuer le nombre total de choix (donc en théorie, sans limiter le niveau de liberté). Pour faire simple, vous avez encore le choix entre le même nombre d’alternatives, mais celles qui paraissent le mieux vont être mises en avant afin d’influencer votre choix.

Mais comment définir ce qui est un choix optimal et comment être sûr que le but du paternalisme libertarien est in fine d’améliorer le bien-être des individus et non pas de manipuler davantage encore les individus pour imposer certains choix ? Les coups de pouce (Nudge étant le titre du best-seller de Sunstein & Thaler à ce sujet) proposés dans le cadre du paternalisme libertarien tendent à diriger les individus vers des situations qui semblent très largement acceptées par la population. Par exemple, être en bonne santé est un état souhaité par la grande majorité des individus ; et pour être en bonne santé à court et/ou à long terme, il semble donc préférable de ne pas fumer, de manger à peu près équilibré et de faire du sport. Le paternalisme libertarien aura donc comme objectif, via la mise en place d’une nouvelle architecture de choix, d’influencer les individus vers des choix quotidiens (faire du sport, moins fumer…) ayant comme objectif de répondre au besoin évoqué par les individus : celui d’être en bonne santé (et donc aussi au bien-être général de la société).

Une notion importante du paternalisme libertarien consiste à ne pas diminuer les libertés individuelles. Pour reprendre un excellent article d’Adrien Barton, Définition et éthique du paternalisme libertarien :

Là où une intervention paternaliste classique interfère avec la liberté d’un agent, une intervention paternaliste libertarienne interfère avec son autonomie.

L’autonomie est définie comme ayant deux dimensions : (1) l’indépendance, qui signifie qu’un individu puisse effectuer des choix indépendamment de la manipulation d’autrui et (2) l’auto-régulation, qui fait qu’un individu agit en accord avec des règles qu’il s’est lui-même fixées. En suivant cette définition, et bien qu’il soit possible de trouver des exceptions, le paternalisme libertarien a donc tendance à diminuer l’indépendance des choix, mais à améliorer l’auto-régulation des individus. Combien de fois vous-êtes vous dit « cette année je mange sain » avant de succomber à l’odeur artificielle de pain en passant devant une boulangerie ?

Le marketing influence en permanence le niveau d’indépendance des agents, en tendant d’ailleurs bien souvent à aller à l’encontre aussi de l’auto-régulation et donc à fortement diminuer l’autonomie des individus (par exemple en vous incitant à manger toujours plus, allant à l’encontre de votre règle « ne pas être obèse »). Tout comme le marketing, le paternalisme libertarien essaye d’influencer les décisions des agents, mais avec comme objectif d’améliorer leur bien-être (selon une certaine vision « commune » du bien-être, il est vrai, ce qui peut d’ailleurs poser d’autres problèmes) en aidant l’auto-régulation. D’un point de vue éthique, et pour ne pas entraver la liberté et l’autonomie des agents, il faudrait que les différents choix d’architecture soient transparents et/ou acceptés par la majorité. Par exemple dans votre cantine, il pourrait y avoir un vote afin de savoir si ses utilisateurs souhaitent que les fruits soient mis en avant afin de les encourager à en manger davantage, et/ou qu’un panneau expliquant clairement pourquoi les fruits sont présentés avant les autres desserts soit affiché à l’entrée de la cafétéria.

Un exemple concret d’application de cette théorie est le système d’épargne retraite par capitalisation aux USA (401K plan). D’un point de vue du bien-être individuel, un individu doit disposer d’un certain capital lui permettant de vivre lorsqu’il ne sera plus en mesure de travailler. Cependant, différentes recherches montrent qu’il existe des difficultés à réaliser des choix intertemporels impliquant un renoncement présent pour un gain futur (comme c’est le cas lorsque l’on met de côté de l’argent pour sa retraite) ; certains ont par exemple tendance à minimiser les probabilités les concernant (par exemple la probabilité d’avoir un accident). Dans cette situation, le paternalisme libertarien a donc comme objectif d’influencer les individus pour les aider à mieux gérer leur argent, afin de leur éviter de se retrouver à la rue au moment de la retraite, ou en cas d’accident. Cependant, il est important que quelqu’un souhaitant profiter à 100% du présent sans se soucier de l’avenir puisse le faire s’il le désire (c’est un choix de vie, s’il préfère se payer une Porsche à 20 ans et finir sa vie dans la rue, très bien !). Auparavant aux USA, un individu souhaitant cotiser à un système d’épargne par capitalisation 401K devait cocher l’option YES sur un formulaire (par défaut, l’option retenue était donc NO). Désormais, l’option YES est cochée par défaut ; le choix de ne pas cotiser est toujours présent (et donc celui de gérer son capital autrement) ; mais une personne non-informée ou ayant la flemme de lire les documents sera automatiquement inscrite à ce plan, ce dernier devant « en moyenne » améliorer son bien-être intertemporel.

 
 

Conclusion

Le paternalisme libertarien a donc comme objectif final d’améliorer le bien-être des personnes, sans diminuer les libertés individuelles. Les dérives de « manipulations » (politique ou via des lobbys) existent clairement, mais dans de nombreux cas, le paternalisme libertarien semble être « la meilleure moins mauvaise option » pour permettre de faire des choix maximisant son bien-être intertemporel. Pour éviter ces dérives, il est important que les différentes méthodes et choix d’architecture mis en place pour « influencer le choix rationnel » soient transparents et connus de tous. Par exemple au moment de l’application du choix par défaut du YES au plan de système d’épargne retraite, il aurait été préférable que le changement d’architecture et les raisons de ce changement soient clairement expliqués, afin que chacun puisse participer réellement à l’amélioration de son bien-être sans (trop) diminuer son  niveau d’autonomie, et en évitant d’être infantilisé.

 

 

 

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Carlo Di Antonio (CDH) donne 40.000 euros de subsides à une ASBL fondée par deux de ses collaboratrices

05/10/17 à 08:00 - Mise à jour à 08:05
Du LeVif/l'Express du 06/10/17

Une association fondée en 2015 par la présidente du Tennis Club de Dour et par deux employées du cabinet du ministre wallon du Bien-être animal a reçu de la Région 17.000 euros en 2015 et 23.000 en 2016 pour organiser un salon du bien-être animal...sur le site du Festival de Dour. Salon dont Carlo Di Antonio était, bien sûr, un des invités.

Le gouvernement wallon et son ministre Carlo Di Antonio voudraient ne pas se tromper de cible. 

Le Borinage. Ses chemins tortueux, son passé minier, son quotidien incertain, et son stade Vedette, où gambadent ces Francs Borains que dirige Bob Di Antonio. Son festival de rock and roll, aussi, qui a placé Dour sur la carte du monde. Et, sur cette carte du monde, un point orange, où mènent presque tous les chemins borains : son bourgmestre empêché parce que ministre wallon, Carlo Di Antonio.

Le Vif/L'Express a déjà raconté comment, à sa désignation comme ministre fin 2011, il avait cédé la gestion de toutes ses sociétés privées à Damien Dufrasne, ami et associé, en politique -jusqu'au printemps dernier, où Damien Dufrasne, encore conseiller communal et ci-devant échevin et président du CPAS, décidait d'abandonner tous ses mandats publics- comme, surtout, en affaires. Carlo Di Antonio, bien sûr, reste intéressé par ses sociétés (Dour Music Festival, par exemple, a distribué 1.500.000 euros de dividendes à ses actionnaires en 2016, et 300.000 cette année), toutes sises au quartier général du 100, rue des Canadiens : Dour Music Festival, bien sûr, mais aussi La Sensacion, la Sogevest, les Galeries, l'Entraide, Dour Locations et les Aulnes, soit autant d'entités, actives dans l'immobilier, l'Horeca ou le commerce, dont le ministre est actionnaire, majoritaire ou minoritaire.

Carlo Di Antonio chez lui, sur le site du festival de Dour. Il n'en est jamais loin, même à Namur. 

Mais depuis mai 2015, le 100, rue des Canadiens, dispose d'une autre locataire. Une ASBL, fondée le 29 mai de cette année, et qui, selon ses statuts, a "pour but de sensibiliser les différents publics au bien-être animal par le biais de l'organisation d'événements s'y rapportant (salons, conférences, actions de sensibilisation,...)". Baptisée Bien-être animal (BEA) et constituée par trois fondatrices, BEA est présidée par Anaïs Leleux. Celle-ci, candidate MR à Hensies au communales de 2012, préside également le tennis club "Le Belvédère" de Dour. Et milite "dans le premier cercle du MR local", selon l'échevin réformateur Pierre Carton. MR dourois qui, en 2012, s'était associé à la liste Dour +, menée par Carlo Di Antonio. Auparavant employée par l'ASBL Actions et recherche culturelles Dour-Hauts Pays (ARC), basée au 100 de la rue des Canadiens et section boraine de l'organisme d'éducation permanente national du même nom, historiquement lié au CDH, Anaïs Leleux pilotait alors le projet dourois de Maison des Associations et de la Promotion des Circuits Courts (MAPROCC) porté par ARC. Subsidiée par la Région wallonne et basée au 100 de la rue des Canadiens, la MAPROCC pour laquelle travaillait Anaïs Leleux a évidemment aidé au développement des activités de l'ASBL basée au 100 de la rue des Canadiens que présidait Anaïs Leleux et que la Région wallonne a, elle aussi, subsidiées.

Les deux autres fondatrices de l'ASBL BEA peuvent difficilement être qualifiées autrement que de proches de Carlo Di Antonio, dont elles incarnent l'intérêt manifeste pour les circuits courts, y compris politiques. La première, Melissa Pistidda, milite au CDH d'Hensies, pour lequel elle était candidate en 2012. Elle est employée à mi-temps au cabinet ministériel de Carlo Di Antonio. La seconde, Emilie Lefebvre, CDH douroise, a été salariée par les cabinets successifs de Carlo Di Antonio depuis 2012, à mi-temps jusqu'à décembre 2015, puis comme experte à un dixième de temps-plein, mission qui n'a pas été prolongée à la constitution, fin juillet, du "nouveau" cabinet Di Antonio. Si Emilie Lefebvre avait alors quitté le cabinet, c'est qu'un autre projet professionnel l'attendait. Elle est depuis janvier 2016 gestionnaire des ressources humaines de l'ASBL Go Go Go, une association dont l'objectif, disent ses statuts, est "la promotion de l'art et des musiques actuelles en Belgique et à l'étranger". Fondée par Damien Dufrasne et Carlo et Bob Di Antonio en 2005, l'ASBL Go Go Go a pour siège social le 100 de la rue des Canadiens. Et a reçu un subside (1.500 euros) du cabinet en 2016. Toujours ce goût des circuits courts.


 

40.000 euros de subsides wallons

A l'automne 2015, puis au printemps 2016, l'ASBL Bien-être animal a tenu les salons auxquels elle aspirait. Au programme de ce Salon International du Bien-être animal (SIBA), pour le plus grand ravissement des défenseurs de la cause: démonstrations de dressage et de toilettage, spectacles équestres, concours de beauté, conférences, débats, et joyeuses animations de toutes espèces, assurées par une trentaine puis une cinquantaine d'exposants, respectivement, pour la première et la seconde édition. Celles-ci, les 18 et 19 septembre 2015 et les 28 et 29 mai 2016, se tinrent sur le site de Dour Sports, club d'athlétisme relancé à la fin des années quatre-vingt par un fringant coureur de demi-fond, Carlo Di Antonio, et dont les infrastructures, sur le site de la Machine à Feu, servent chaque été à l'organisation du Festival de Dour, lancé à la fin des années quatre-vingt par un entrepreneur visionnaire, Carlo Di Antonio. Les deux éditions du SIBA ont accueilli trois mille visiteurs la première année, puis plus du double l'année suivante. Parmi eux, le ministre wallon du Bien-être animal, Carlo Di Antonio. Employeur de deux des trois fondatrices de l'ASBL, le Dourois, que ces matières préoccupent depuis toujours, a les faveurs de BEA. Il était un des invités d'honneur du SIBA de septembre 2015, les organisatrices lui ayant offert une visite officielle et une séance de questions-réponses de deux heures avec les visiteurs, le dimanche, entre le début du concours Dog Model et celui de la démonstration de Disc Dog.

Et Carlo Di Antonio est le seul homme politique à avoir les faveurs de la page Facebook du SIBA, qui met régulièrement en valeur ses initiatives en la matière, tandis que c'est une aide de valeur que Carlo Di Antonio, lui, a apporté à l'ASBL fondée par ses collaboratrices. La commune de Dour tout d'abord, dont Carlo Di Antonio est bourgmestre empêché, a apporté un soutien logistique aux événements de BEA. Et le cabinet du ministre wallon du Bien-être animal, dont Carlo Di Antonio est le titulaire, a déboursé, sur deux exercices, plus de 40.000 euros d'argent wallon : 17.130 euros en 2015 et 23.000 euros en 2016.

Pour résumer ce circuit très court, le cabinet de Carlo Di Antonio a versé 40.000 euros d'argent public à une ASBL privée fondée notamment par deux membres du cabinet de Carlo Di Antonio pour organiser sur le site du Festival de musique dont Carlo Di Antonio est propriétaire et avec le soutien de la commune dont Carlo Di Antonio est bourgmestre en titre un salon consacré à une matière dont Carlo Di Antonio est le ministre.

Au cabinet en question, on précise que "ce salon est né à l'initiative d'Anaïs Leleux, qui était présente à une conférence sur le bien-être animal. Elle est intervenue pour lancer l'idée d'un salon regroupant toutes les associations en matière de bien-être animal. Le ministre a validé le principe et le soutien de la Région si une telle initiative voyait le jour. Melissa Pistidda, qui était la référente bien-être animal dans la cellule 'relais mandataires et citoyens', et Emilie Lefèbvre, fan des animaux (NDLR : sic), ont voulu soutenir concrètement en donnant de leur temps et de leurs bras pour l'organisation". Et on ajoute que, bien entendu, les trois fondatrices de l'ASBL n'étaient pas rémunérées pour ces activités : "les montants reçus ont servi à payer des frais relatifs à l'organisation, mais en aucun cas des salaires ou des défraiements". En mai dernier, Melissa Pistidda et Emilie Lefèbvre quittaient le Conseil d'administration de l'ASBL BEA, tout en restant membres de son Assemblée générale. "On a fait entrer des bénévoles au CA parce qu'Emilie, notamment, a changé d'occupation professionnelle, et qu'elle n'avait plus le temps ni l'occasion de nous aider", confie Anaïs Leleux. Et aucun salon, cette année, n'aura été tenu par BEA. "Tout simplement parce que je n'en ai pas eu le temps, mais il y en aura un l'année prochaine, dans une autre commune", ajoute la présidente


 

Au 100, rue des Canadiens, siège du festival de Dour. Et de treize autres sociétés appartenant à Carlo Di Antonio et à ses proches. 


 

"Le lien entre le Borinage et le cabinet"

 

Melissa Pitsidda et Emilie Lefèbvre ne sont pas les seules collaboratrices du ministre dourois à militer au CDH de sa circonscription. Elles ne sont pas les seules non plus à avoir été employées dans l'une ou l'autre des sociétés privées de Carlo Di Antonio. Et elles ne sont pas les seules à avoir travaillé dans cette cellule "relais mandataires et citoyens" dont tous les collaborateurs d'hier et d'aujourd'hui, sans exception, sont soit mandataires locaux dans la circonscription du ministre, soit militants du parti du ministre, soit salariés ou bénévoles de projets, privés ou publics, lancées ou financées par le ministre, soit le tout en même temps. Le site officiel de Carlo Di Antonio a diffusé deux fois, une fois en février, une fois début juillet, deux listes des effectifs du cabinet. Certains, depuis, ont quitté le cabinet. Sans jamais retomber loin du 100 de la rue des Canadiens.

Affectés à la cellule "relais mandataires et citoyens" se trouvent ou se sont trouvés, outre Melissa Pitsidda et Emilie Lefèbvre :

- Le chef de file du CDH de Quevy (arrondissement de Mons-Borinage), Aurélien Godin, employé à mi-temps jusqu'à la fin du mois de juillet dernier. Il était jadis bénévole au festival de Dour et il y travaille chaque année, "comme volontaire pour l'ASBL Go Go Go", dit-il. "Et je me mets, bien sûr, en congé", précise-t-il. Jusqu'à l'édition 2016 du festival, outre du cabinet de Carlo Di Antonio, Aurélien Godin devait, pour aider à l'organisation du Festival de Dour, se mettre en congé de l'ASBL Taxistop, une association subsidiée (120.000 euros de subvention récurrente annuelle) par le ministre wallon de la Mobilité, Carlo Di Antonio, pour sensibiliser les communes à la problématique du covoiturage. Cette année, c'est à un autre employeur qu'il a dû demander quelques jours off : la Région wallonne. Depuis avril dernier en effet, Aurélien Godin est salarié à mi-temps pour le compte de Festival Wallonie#Demain, une "opération qui vise à rendre les festivals wallons plus éco-responsables" lancée "à l'initiative du ministre wallon de l'Environnement, Carlo Di Antonio", peut-on par exemple lire sur le site du Ward'In rock festival. Festival Wallonie#demain soutient, cela va sans dire, au Festival de Dour: Dour développement durable, ASBL basée au 100, rue des Canadiens, a perçu l'an dernier 12.000 euros de subsides du cabinet Di Antonio.

- Le conseiller communal CDH et ancien échevin de Frameries, Ghislain Stiévenart, employé à mi-temps.

- Le conseiller communal indépendant de Mons, et candidat d'ouverture sur la liste régionale CDH en 2014, John Joos, employé à mi-temps jusqu'à la fin du mois de juillet dernier. Gravement malade depuis juin 2015, il était rémunéré par la mutuelle. Il a annoncé sa volonté de mener une liste indépendante, contre notamment celle du CDH donc, aux communales montoises de 2018. Son contrat au cabinet n'a pas été renouvelé.

- Le conseiller communal CDH de Colfontaine Lionel Pistone, employé à mi-temps jusqu'à 2016, et expert à un dixième de temps ensuite jusqu'au 31 janvier 2017.

- La CDH douroise Marie-Claire Martin, employée à mi-temps, mais plus reprise sur la liste publiée début juillet, tout comme la Montoise Caroline Domecki.

- Une jeune graphiste pour le Festival de Dour, Isabella Simi, employée à mi-temps pendant les quatre semaines de juillet de cette année, en charge "de la préparation de la semaine de la mobilité et de la création graphique de celle-ci".

Cette cellule "relais mandataires et citoyens" n'est pourtant pas censée se focaliser sur la circonscription du ministre, tant s'en faut. "Les argents de cette cellule sont chargés de répondre à toutes les demandes émergeant des citoyens et des mandataires qui contactent le cabinet par mail, téléphone, courrier, ou lors de rencontres au cabinet ou sur le terrain", nous a ainsi, dans un premier temps, expliqué la porte-parole de Carlo Di Antonio. Mais Le Vif/L'Express a mis la main sur un mail envoyé par l'ancienne rédactrice en chef de Télé-MB, Sandrine Duplicy, qui contredit cette version officielle. "Avec Ghislain Stiévenart, je serai désormais l'un des liens entre le cabinet du ministre Carlo Di Antonio et les communes de Mons-Borinage notamment. L'essentiel de mon travail consistera à mettre en valeur les actions du ministre wallon de l'Environnement, de la Mobilité, de l'Aménagement du territoire et du Bien-être animal", écrivait en effet Sandrine Duplicy en février 2016, alors qu'elle venait d'entrer, comme directrice du "relais mandataire et citoyen", au service de Carlo Di Antonio. "L'ensemble des mandataires wallons ont été contactés de la sorte. Ce courriel n'est qu'une partie de l'envoi global", nous a-t-on ensuite répondu, comme si les communes boraines dont proviennent le ministre comme tous les collaborateurs de sa cellule étaient des communes comme les autres.

Nous avons présenté les activités des membres de cette cellule du cabinet Di Antonio à un spécialiste du droit administratif. Son avis : "Prise d'intérêt et coalition de fonctionnaires. C'est du lourd. Milquet a été inculpée pour mille fois moins, et Furlan a dû démissionner pour dix mille fois moins." Quoiqu'originaire d'ailleurs que du Borinage, il a préféré garder l'anonymat. C'est que c'est vraiment du lourd. 

 

 

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L'énergie solaire, bientôt la première source d'énergie au monde ?

05/10/17 à 14:47 - Mise à jour à 14:46

L'énergie solaire progresse à grands pas. Peut-elle, demain, détrôner les autres sources de production d'électricité ?

L'énergie solaire ne cesse de prendre de l'ampleur au niveau mondial. D'après de nouvelles données de GTM Research, relayées par le Forum économique mondial (WEF), elle pourrait même rivaliser avec l'énergie nucléaire en matière de capacité mondiale d'ici la fin de l'année 2017. La capacité d'énergie solaire continue donc sa belle progression.

Croissance importante

Dans un rapport relayé par The Guardian, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) déclare que l'énergie solaire a été la source d'énergie avec la plus forte croissance l'an dernier. Pour la première fois, elle a détrôné la croissance de toutes les autres formes de production d'électricité. Parmi toutes les énergies renouvelables, c'est l'énergie solaire qui tire le mieux son épingle du jeu, selon l'Agence. "Pour la première fois, le photovoltaïque a progressé plus rapidement que toute autre énergie, dépassant la croissance nette du charbon", précise l'AIE. Le directeur exécutif de l'Agence, le Dr Fatih Birol, confirme : "ce à quoi nous assistons, c'est à la naissance d'une nouvelle ère dans l'énergie solaire photovoltaïque. Nous nous attendons à ce que la croissance de sa capacité soit supérieure à toute autre technologie renouvelable jusqu'en 2022." Par ailleurs, l'autorité financée par les membres de l'UE reconnait qu'elle avait jusqu'ici sous-estimé la rapidité avec laquelle l'énergie verte augmentait.

Le GTM Research s'attend à ce que la croissance se poursuive à l'avenir à un rythme soutenu. Cependant, la capacité n'est qu'un facteur de la propagation de l'énergie solaire. En termes d'électricité réellement générée, l'énergie nucléaire est encore loin devant (2.476.671 gigawatts-heures contre 375.000 GWH). Mais la situation pourrait bien s'inverser. Selon l'AIE, l'énergie solaire pourrait devenir la plus grande source d'énergie au monde d'ici 2050.

Intérêts et rentabilité

 

L'énergie solaire peut aider à réduire la dépendance mondiale à l'énergie fossile. Une mutation nécessaire quand on sait que l'émission gigantesque de CO2 est extrêmement nocive pour la planète, accélérant le réchauffement climatique, rendant les phénomènes météorologiques extrêmes plus fréquents et provoquant des millions de décès.

La construction de panneaux solaires est coûteuse, mais elle devient de plus en plus rentable au fil des années. Cette évolution favorise les initiatives et les investissements à travers le monde, parfois même à grande échelle. De plus, la technologie tend à s'équilibrer, en offrant une meilleure esthétique et des moyens plus faciles pour en profiter de manière plus individuelle.

Côté renouvelable, les énergies éolienne et hydraulique connaissent aussi une belle progression. Tous pays confondus, les énergies renouvelables représentaient plus de deux tiers des capacités nouvellement installées au cours de l'an dernier. 


 

 

Le syndicat libéral s'attaque aux plus riches

Le Vif/L'Express dévoile le modèle fiscal proposé par la CGSLB. Son originalité : taxer progressivement tous les revenus du patrimoine pour diminuer la charge sur le travail. Son atout : pragmatique et applicable tout de suite. Allô, le gouvernement ?

La CGSLB et son secrétaire national, Olivier Valentin, veulent prouver qu'un vrai tax-shift est disponible. © FILIP DE SMET/BELGAIMAGE

C'est un beau pavé que le syndicat libéral jette dans la mare fiscale où surnagent les partis de la majorité. Alors que le gouvernement fédéral vient péniblement d'accoucher de la taxe sur les comptes-titres, toujours suspendue à l'avis du Conseil d'Etat, la CGSLB, elle, propose son modèle d'impôt, qui risque de décoiffer plus d'un libéral. Le moment choisi pour le présenter n'est pas anodin. A quelques jours de la grève décrétée par la CGSP ce 10 octobre, c'est quasiment un hasard. A quelques jours du discours de politique générale du Premier ministre, Charles Michel (MR), devant la Chambre, c'est carrément délibéré.

Le syndicat bleu travaille sur sa réforme fiscale depuis quelques années, avant même la naissance du gouvernement actuel. Le secrétaire national Olivier Valentin se souvient avoir rencontré Charles Michel dès 2014, alors que celui-ci n'était que futur Premier ministre, pour lui faire part des exigences d'équité fiscale de la CGSLB. " Trois ans plus tard, nous constatons que le tax-shift de la suédoise n'est qu'un tax-cut qui consiste seulement à réduire les cotisations pour les entreprises, fragilisant la sécurité sociale, et non à opérer un véritable glissement entre les bases taxables, comme promis ", déplore Olivier Valentin. Bref, ce n'est clairement pas la réforme attendue. Même la nouvelle taxe sur les comptes-titres, la CGSLB doute fort qu'elle ait l'effet escompté : pour elle, la recette estimée de 254 millions d'euros ne sera jamais atteinte, car la taxe ne vise que 5 % des comptes-titres.

Ne se contentant pas de critiquer l'équipe Michel, le syndicat libéral veut prouver qu'un vrai tax-shiftest possible, en partant de l'idée que la charge la plus lourde doit être portée par les épaules les plus larges. Il n'annonce cependant pas le grand soir, ni le coup de massue pour les nantis, et c'est ce rationalisme qui donne tout son intérêt à la proposition. " Nous ne voulons pas lancer un impôt sur la fortune, explique Arne Geluykens, responsable du service d'étude du syndicat. Notre idée est de traiter les revenus du travail et ceux du patrimoine de manière plus équitable, sans porter de jugement moral sur le fait de posséder un patrimoine. Il n'est pas normal que les revenus du travail soient taxés beaucoup plus lourdement que ceux du patrimoine. "

Le syndicat libéral s'attaque aux plus riches

 

Le système fiscal avancé par la CGSLB n'a, a priori, rien de neuf. Le Dual income tax (DIT) est une idée chère au CD&V. Il existe depuis les années 1990 dans les pays scandinaves, où il a fait ses preuves. L'idée : distinguer les revenus du travail et ceux issus du patrimoine. Dans le premier pot, les revenus du travail sont taxés de manière progressive, selon différentes tranches, à l'instar de notre système fiscal actuel. Dans le second pot, tous les revenus du patrimoine sont imposés à un taux fixe, sans régime d'exception. En Norvège, par exemple, ce taux est de 27 %. Cela a l'avantage de rendre l'impôt plus simple pour l'ensemble des revenus. Chez nous, aujourd'hui, certains revenus du patrimoine ne sont pas du tout taxés. Les autres le sont à des taux variés.

L'originalité de la proposition de la CGSLB provient du système de Dual income tax suggéré, dans lequel tous les revenus du patrimoine (intérêts, dividendes, produits dérivés, plus-values d'actions, revenus locatifs nets...) seraient aussi taxés de manière progressive avec, néanmoins, des taux d'imposition moins élevés que ceux appliqués aux revenus du travail. Il s'agit donc bien d'un fameux pavé lancé dans la mare fiscale. L'argument du syndicat libéral est, chiffres de la Banque nationale à l'appui, que la plus grande partie du patrimoine est détenue par une petite fraction de la population. Autrement dit : 20 % des Belges les plus riches possèdent 59 % du patrimoine total, 10 % en possèdent 45 %, 5 %, plus de 30 % et 1 % en détient 12 %. Cette répartition serait plus inégale encore si l'habitation familiale n'était pas prise en compte dans le calcul. Voilà pourquoi la CGSLB retient la progressivité aussi pour ce deuxième pot fiscal.

Le hic est qu'on ne sait pas ce que rapporte l'ensemble des patrimoines en Belgique. Depuis la nuit des temps, le gouvernement se montre très avare en matière de statistiques précises sur les recettes fiscales. Le syndicat libéral le souligne dans son étude : notre pays est l'un des pires élèves de la classe européenne en matière d'open data, ce qui n'aide pas les organisations telles que les syndicats à proposer des modèles alternatifs. A défaut, la CGSLB part donc du principe que la répartition des revenus du patrimoine suit la structure déséquilibrée évoquée ci-dessus.

Quatre tranches d'impôt

Elle établit quatre tranches d'impôt : 25, 30, 35 et 40 %. Les deux dernières tranches visent les revenus situés entre 55 % et 70 % du montant total des revenus du patrimoine, soit les 10 % des Belges les plus riches (qui détiennent 45 % du patrimoine global), et les revenus situés entre 70 et 100 % du total, soit les 5 % les plus fortunés (disposant de 30 % du patrimoine global). Pour les autres, la progressivité proposée s'avère neutre, et même un peu plus avantageuse qu'actuellement pour les plus petits possédants, si l'on tient compte du taux actuel du précompte mobilier de 30 %. Seuls ceux qui ont les épaules les plus larges (les 10 %) paieraient donc davantage de taxes qu'aujourd'hui, soit entre 35 et 40 %.

Avec deux exceptions notables : le taux sur les intérêts des carnets d'épargne resterait à 15 %, pour ne pas toucher les petits épargnants, et un taux réduit de 15 % serait appliqué sur les plus-values réalisées sur la vente d'actions de petites entreprises (moins de 50 travailleurs), pour préserver l'entrepreneuriat local.

 

 

Un pavé dans la mare des libéraux et du Premier ministre à quelques jours de sa déclaration de politique générale. 

Plus de six milliards de recettes nouvelles

La CGSLB se veut prudente en prévoyant un dry run (période d'essai) de deux ans au cours duquel il y aurait une obligation de déclaration de tous les revenus, punissable en cas d'oubli, mais le modèle de taxation actuel serait maintenu. Cela permettrait d'affiner les tranches avec les chiffres de revenus réels que détient jalousement le gouvernement et de détecter d'éventuels problèmes. Au bout de dix ans, en vitesse de croisière, ce système devrait rapporter 6,1 milliards d'euros de recettes fiscales supplémentaires.

Le syndicat a forcément sa petite idée sur la manière d'affecter cette manne. La première mesure serait d'alléger la charge fiscale sur le travail en élargissant la tranche d'imposition de 40 %. Ainsi les travailleurs tomberaient moins vite dans la tranche de 45 %, soit à partir de 30 000 euros de revenus, plutôt que 22 000 comme c'est le cas aujourd'hui. Autre mesure, pour les plus faibles revenus : la quotité exemptée d'impôt (la part de revenu qui n'est pas taxée) serait revue à la hausse, soit à 10 829 euros dès 2020. Pour les personnes concernées par ces deux mesures, l'avantage fiscal serait de 400 à 511 euros par an.

Pour rappel, dans son tax-shift, le gouvernement Michel envisage, lui, de relever la quotité exemptée, en 2019, de 7 130 euros à 8 785 euros. Une majoration insuffisante et non financée, selon la CGSLB qui, avec ses 6,1 milliards de recettes nouvelles, propose également d'augmenter le niveau d'investissement public. Celui-ci ne représente aujourd'hui que 2,36 % du PIB, ce qui est bien en dessous de la moyenne européenne (2,7 %). La CGSLB le fixerait à 2,8 %. " Ces mesures visent à faire mieux tourner l'économie, en augmentant le pouvoir d'achat de la classe moyenne, relève Olivier Valentin. On créerait un cercle vertueux. "

Ce modèle fiscal se veut raisonnable et opérationnel tout de suite. Il n'est pas question d'établir un cadastre des fortunes, par exemple, ce qui prendrait du temps et se heurterait à de nombreux freins politiques et autres. Reste le risque d'évasion fiscale chez les 10 % de Belges les plus riches qui se verraient davantage taxés qu'actuellement. Le syndicat en est conscient. " Mais je ne pense pas que notre proposition modérée puisse avoir cet effet-là à grand échelle ", considère Arne Geluykens, qui souligne qu'un matelas de sécurité, tiré des recettes supplémentaires, est prévu pour couvrir ce genre de risque. Cette réserve tampon devrait atteindre 500 millions d'euros la quatrième année de la mise en route du système.

Par contre, la CGSLB s'attaque à un tabou politique quasi absolu en voulant taxer les revenus locatifs réels. Excepté le PS qui a émis une proposition pour imposer les " gros propriétaires ", aucun parti n'a encore osé, jusqu'ici, s'en prendre à ce sanctuaire fiscal. La cohérence du Dual income tax rend la mesure incontournable, comme celle pour les plus-values sur la vente d'actions, plus facile à faire passer vu les propositions du CD&V.

Olivier Valentin tempère : " La taxe sur le loyer réel remplacerait le précompte immobilier calculé sur la base du revenu cadastral. Pour le propriétaire qui, en dehors de sa propre habitation, possède juste un autre bien qu'il met en location, la note ne serait pas trop salée : 400 à 500 euros supplémentaires par an. Et, vu les mesures d'allègement sur le volet travail, il serait encore gagnant au final. " La plus-value sur la vente d'immeubles ne serait par contre pas taxée, sauf lors d'une revente dans les cinq ans de l'achat comme c'est le cas déjà aujourd'hui.

Quel accueil les propositions fiscales du syndicat libéral recevront-elles dans le monde politique ? Le secrétaire national n'en sait rien. Il ne l'a encore testé chez personne, pas même officieusement. Pour le MR aussi, c'est donc une surprise. Seul un académique, qui préfère rester anonyme, a examiné et avalisé la faisabilité du modèle. " Nous ne nous contenterons pas de simplement participer au débat, prévient Olivier Valentin. Il faudra que les politiques se positionnent clairement par rapport à ce que nous avançons. " La porte est également ouverte aux autres syndicats. 

 
 

 

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La soviétisation rampante de la Wallonie

 
Trois événements qui montrent que la Wallonie s’avance dangereusement sur la route de la servitude…
 

Un des traits caractéristiques de l’ex-URSS et de ses satellites était sa propension à organiser la vie de ses sujets au millimètre près, au profit d’une oligarchie étatiste toujours prête à renoncer à ses responsabilités en cas d’échec.

L’un des traits caractéristiques de la Chine communiste contemporaine et de bon nombre de pays du socialisme mou (Europe de l’Ouest), c’est la capacité de ces États à vouloir s’occuper de plus en plus de nos vies mais à refiler une partie du pactole que cela représente à leurs petits copains sous le nom de « partenariat public-privé ».

La Wallonie est actuellement en train d’hésiter sur la voie à emprunter, mais soyez sûr que, quel que soit son choix, cela sera une voie de servitude. Trois exemples tirés de ces dix derniers jours viennent appuyer cette observation.

Soupçons de détournement d’argent public au Centre Public d’Aide Sociale de Tournai

D’abord une affaire toujours en cours dont j’attends avec une impatience réelle le fin mot de l’histoire. Le CPAS (Centre Public d’Aide Sociale) de Tournai est au cœur d’une enquête pour malversation, fraude et détournement d’argent public. La directrice financière, en poste depuis plus de 20 ans, aurait détourné près de deux millions d’euros pour son compte personnel, et d’une manière extrêmement simple : d’un compte en banque libellé « CPAS Tournai » vers son compte personnel. Et ce petit manège dure depuis les années 1990, il aura fallu attendre 2015 pour s’en rendre compte. On se demande de prime abord, en apprenant que le CPAS possède près de 50 comptes à son nom, comment est-il possible que personne n’ait remarqué plus tôt quelque chose de louche. Où sont donc passés les syndicats ? Les partis d’opposition ? Les aides de camp des élus ?

On essaye de nous faire croire dans la presse que tous ces pauvres gens ne pouvaient pas savoir, ces flux frauduleux n’apparaissant pas dans la comptabilité officielle. Ah, au grand étonnement de tous, la directrice financière dissimulait ses versements et ne les transcrivait pas dans son rapport annuel. Quel petit génie du crime. Mais ces deux millions ont bien dû partir de quelque part et il semble bien que durant toutes ces années, personne ne se soit posé de questions. Rappelons encore que le CPAS de Tournai est au bord de l’agonie financière, qu’il vire des employés au rythme d’une multinationale et que sa gestion calamiteuse a souvent été pointée du doigt. Pire, au tout début des années 1990, certains avaient déjà dénoncé ce type d’agissements. Qu’a-t-on fait depuis ? Rien, nada ! La directrice s’étant suicidée après la découverte de ces irrégularités, on pouvait penser qu’un responsable politique agirait autrement qu’en faisant des déclarations publiques ou qu’un autre démissionnerait pour ne pas avoir vu les fautes passant sous son nez. Mais ici, non, rien. Circulez. Dans n’importe quelle entreprise privée, une telle fraude aurait probablement été repérée plus vite (c’est ça être un vil capitaliste proche de ses sous) et les responsables remerciés. Dans une entreprise publique, où l’argent est en fait le vôtre, tout cela n’a guère d’importance.

Fuites en série aux examens de l’enseignement secondaire

Vient ensuite cette rocambolesque histoire de fuites autour des examens des écoles secondaires. À cause de celles-ci, les épreuves de science, d’histoire et de néerlandais ont dû être tout bonnement annulées. Tant pis pour ceux qui n’avaient pas triché, tant pis pour les honnêtes candidats. Depuis quelques années en région francophone, bon nombre d’élus poussent de plus en plus la voix pour demander chez nous l’équivalent du bac français. Alors même que ce bac est critiqué en France, nos élus qui, décidément, ne peuvent pas s’empêcher de tout contrôler et produire des lois à tour de bras, décident donc de copier les mauvaises idées des voisins. D’autres, à gauche, veulent carrément supprimer le réseau libre (les écoles catholiques subventionnées). Égalitarisme forcé, contrôle étatique, nivellement par le bas. Tout y passe. Cette année, est mis en place un premier semblant d’examen commun, mais pour quel résultat ? C’est un bel échec de Milquet, encore un, après l’affaire des nouveaux « cours de rien » à l’école.

Pensez-vous qu’on va remettre cette idée de centralisation scolaire forcenée en question ? Pensez-vous qu’après un affront pareil, Milquet démissionnerait de son poste de ministre francophone de l’enseignement ? Que nenni, on préfère s’attaquer aux ados de 14 ans qui se sont contentés de faire passer l’info. La liberté d’enseigner, la liberté de choix du réseau scolaire, la liberté pour les enseignants de faire leurs propres examens, bref, ces petits morceaux de libertés dans l’enseignement que nous enviaient certains en France, seront bientôt de l’histoire ancienne.

Soyez certains que d’ici dix ans, aura débarqué chez nous un mammouth identique à l’Éducation Nationale française ; et compte tenu de la nullité de notre élu moyen, je parie déjà sur un futur gros échec. En effet, comment concilier un baccalauréat avec le système belge, basé sur un tronc commun en filière « générale » (non professionnelle) modulé par un choix d’options assez large ? Pour exemple, dans ma classe il y avait entre 4h et 8h de maths, 0h ou 2h de sciences économiques ou sociales, 2h ou 4h de sport ou d’histoire, 2 ou 3 langues vivantes (néerlandais, allemand, anglais et espagnol au programme), 3h ou 6h de sciences… selon les choix des élèves. Chacun, ou presque, avait de cette manière un parcours et un planning différents, tout en partageant un socle commun d’une vingtaine d’heures (français, cours de « base » en maths, histoire et sciences). Soit on met fin à cette liberté de choix pour l’étudiant, soit on oublie l’idée de faire un baccalauréat. Mais vouloir faire les deux c’est s’assurer un taux stratosphérique de tracasseries diverses.

La Wallonie crée sa propre sécu

Enfin, le PS et le CDH se félicitent de la mise sur pied d’un début de Sécu wallonne. Deux points sont à relever. D’abord, le PS et le CDH ont toujours été les plus virulents contre les volontés récentes d’autonomie de la Flandre, au point de se faire détester chez nos compatriotes néerlandophones et de les braquer un peu plus vers l’extrême-droite de la Nva. En campagne électorale, ils ont mis un point d’honneur à toujours dire « on ne touchera pas à la solidarité nationale » (PDF venant du PS disponible ici). Que font-ils une fois les mains libres en Wallonie ? Eh bien ils préparent la Sécurité sociale wallonne. Percevez-vous également cette douce odeur de petits mensonges politiques ?

Bien sûr, je ne suis absolument pas attaché à la Sécu, je préfère un système de mutualité et d’assurance, il n’empêche que nos élus n’ont vraiment plus aucune honte à faire et à dire tout et son contraire.

Ensuite, Maxime Prévot admet que, par manque d’argent,  l’État ne pourra pas assumer intégralement les maisons de retraite, et va donc ouvrir des PPP (partenariats public-privé) pour permettre d’augmenter le nombre de places disponibles à moindre coût. Excellent raisonnement du cador du CDH, mais pourquoi privatiser juste un peu ? Un PPP implique que l’État est à la manœuvre, il va décider des conditions d’ouverture de ces hospices. Comment cela va-t-il se décider ? Qui va rafler les contrats ? Les grosses pointures de la construction habituées des contrats publics ? Il sera important d’être vigilants à l’avenir.

Est-il si compliqué de comprendre que si la PPP fonctionne pour certaines maisons de repos, elle le peut aussi pour toutes les autres ? Si ce dispositif permet des économies pour les maisons de retraite, pourquoi ne pas l’adopter pour les assurances de type chômage et les mutualités de soins ?

Tout simplement parce que, comme pour le CPAS, comme pour l’école, comme pour beaucoup d’autres fonctions, privatiser signifie couper leurs revenus aux élus, leurs emplois si bien protégés. Mais surtout, la privatisation leur ôterait le pouvoir dont ils sont devenus dépendants. Comme en URSS, comme en Chine, et de plus en plus partout ailleurs, ils sont drogués à l’idée de « faire quelque chose » pour moi, pour vous, pour nos voisins, pour nous tous. Et surtout pour eux.

Ils ne peuvent pas imaginer qu’ils sont faillibles. Pourquoi donc vérifier attentivement des comptes publics ? Ils ne peuvent pas imaginer qu’un enseignant connaisse mieux que quiconque sa classe et ses élèves, ou qu’un directeur est le mieux placé pour gérer son établissement. Pour quelles raisons les laisser faire ? Ils ne peuvent pas imaginer qu’on pourrait se passer d’eux. Pourquoi donc laisser les individus s’assurer eux-mêmes contre les aléas de la vie ? Ils ne peuvent pas imaginer qu’ils sont irremplaçables. Pourquoi donc démissionner ?

Ceci ne prendra jamais fin, jamais un élu ou un parti a émis le souhait (en dehors des effets d’annonces) de diminuer les pouvoirs de l’État. Peut-on imaginer qu’ils puissent  se présenter en disant « on va moins faire ». Chaque élection le prouve en ce qu’elle aboutit à plus de pouvoir pour l’État. Chaque jour de réunion de l’hémicycle le prouve : davantage de lois, de règlements et de taxes. Dans nos démocraties modernes, la seule issue semble être la route de la servitude soviétique.

 

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Christophe Van Gheluwe (Cumuleo), le "Mr. Propre" citoyen

30/09/17 à 08:00 - Mise à jour à 08:14
Du LeVif/l'Express du 29/09/17

Cumuleo, c'est lui. Tout seul. Les déçus de la politique l'encouragent, les élus le critiquent. Christophe Van Gheluwe est devenu le chantre de la transparence. Même s'il garde lui-même quelques secrets.

Christophe Van Gheluwe, spécialiste du référencement sur les moteurs de recherche, passe tout son temps libre depuis huit ans à développer Cumuleo, le "baromètre du cumul des mandats". © HATIM KAGHAT POUR LE VIF/L'EXPRESS

Certains passent leur temps libre sur les réseaux sociaux, d'autres surfent sur les sites d'info. Catherine Morenville, elle, traîne sur Cumuleo. Déformation professionnelle. Si la conseillère communale saint-gilloise et conseillère du groupe Ecolo au parlement bruxellois s'était adonnée à un autre passe-temps virtuel, ce jour-là, le Samusocial n'aurait jamais éclaté. " Catherine a remarqué que les mandats des administrateurs étaient rémunérés, du jamais-vu dans une asbl sociale, raconte le député Alain Maron, qui suit la thématique du sans-abrisme depuis des années. On a introduit une première série de questions, puis une autre... Et l'affaire a commencé. "

Christophe Van Gheluwe ressort volontiers l'anecdote. Un scandale, grâce à son site ! " Permettre aux gens de creuser, c'est vraiment l'objet de Cumuleo ", sourit-il, attablé dans son propret appartement bruxellois, le dos tourné à l'ordinateur devant lequel il passe jusqu'à 14 heures par jour. Pas seulement pour son boulot de webdesigner indépendant. " Certains utilisent leur temps libre pour faire du basket ou collectionner des timbres, compare son comparse Claude Archez, cofondateur de Transparencia. Lui, son truc, c'est ça. " Chasser les conflits d'intérêt, traquer les mandats non déclarés, pousser les élus hors de l'opacité.

" En 2005, lorsque la première publication des mandats a été diffusée, je l'ai cherchée sur le site de la Cour des comptes. Il m'a fallu 1 h 30 pour la trouver ! ", raconte-t-il. Cette " fausse transparence " l'a irrité. D'autant que cette fameuse liste avait mis une décennie à être publiée. L'obligation, pour les politiques, de déclarer leurs mandats, fonctions et professions avait été votée en... 1995. Il fallait rendre confiance aux citoyens : trois ans plus tôt, le Vlaams Blok avait fait un carton aux élections, tout comme Ecolo, tous deux boostés par l'affaire Agusta. Mais les indispensables arrêtés d'exécution, eux, avaient traîné. Jusqu'en 2005. Perdus dans les limbes du Sénat, non votés pour cause de députés volontairement absents, remis en cause par l'Open VLD... Et puis ça ? Un austère fichier PDF de plus de 1 000 pages ? " Il fallait faire quelque chose, ça me restait en tête. "

30 heures non-stop

Christophe Van Gheluwe passe à l'acte en 2009, créant un site qui rend lisibles les données de la Cour des comptes. Depuis, c'est devenu un rituel. Chaque dernier jour ouvrable avant le 15 août, dès la publication de la liste par la Cour des comptes à 6 heures du matin, un marathon de " 30 heures de boulot non-stop " débute. Le Bruxellois repère les distraits et les boulimiques. Comme ce " champion " incontesté, cerné la première année : un représentant de la Banque nationale, 120 mandats à son actif. Depuis, le record ne cesse de baisser, pour atteindre 57 en 2016. Effet Cumuleo ? A la marge. Car le nombre global de mandats, lui, reste stable. Par contre, les édiles en défaut de déclaration n'ont jamais été si peu nombreux : 125, contre 195 l'année précédente et... 645 en 2007. Effet Publifin ?


 

"En Belgique, on n'obtient rien en demandant gentiment !"


 

Les malheurs liégeois ont en tout cas fait le bonheur du site. Pic de fréquentation ! Jusqu'à 200 000 visites par mois. Et pic d'ambition, pour Christophe Van Gheluwe. Le discret est devenu plus agressif. Haussement de ton assumé. " En Belgique, on n'obtient rien en demandant gentiment ! " Sa campagne lancée en juin dernier ne faisait pas dans la dentelle. Une photo d'élu (souvent peu flatteuse), diffusée sur Facebook, barrée d'un gras " cumulard " et du sous-titre " député ou bourgmestre/échevin, faites votre choix ". Tant pis si cela prenait des allures de délation. " On me l'a reproché, on m'a dit que ça rappelait d'autres temps, reconnaît-il. Mais le seul objectif était le devoir de publicité à l'égard du citoyen. "

Depuis, le Bruxellois est passé au " mandats leaks ". Soit la révélation, chaque lundi, de mandats non déclarés, qu'il s'applique à débusquer, parfois aidé par les tuyaux d'internautes. Le nouveau gouvernement wallon en a fait les frais. A peine installés, six des sept ministres MR-CDH étaient alpagués pour leurs omissions. Un poste d'administrateur dans un club de volley oublié par-ci, une démission dans une asbl actée avec retard par-là... " Une tempête dans un verre d'eau, peste le libéral Jean-Luc Crucke, ministre du Budget, via son porte-parole. Cet esprit d'inquisition fait croire à des abus, alors qu'il s'agit de postes gratuits, dérivés de nos fonctions. "

 

L'ancien bourgmestre de Bruxelles Yvan Mayeur fait son entrée à la commission du Samusocial. Sans Cumuleo, le scandale n'aurait peut-être pas éclaté. © BENOIT DOPPAGNE/belgaimage


 

Retour de flamme

A force de vouloir frapper plus fort, Christophe Van Gheluwe se ramasse quelques contrecoups. " Ses campagnes m'indiffèrent, assure le député wallon CDH Dimitri Fourny, épinglé comme "cumulard". J'assume mes mandats. Mais toutes les données publiées ne sont pas exactes. Quand on veut jouer au grand, on le fait correctement. Il fait le jeu du populisme. " Le mot est lâché. " C'est un paradoxe souvent observé, remarque Alain Eraly, professeur de sociologie à l'ULB. Plus on produit de transparence, plus ça semble alimenter une méfiance supplémentaire. " Paul Magnette n'en pense pas moins. " Il y a un côté poujadiste dans la manière de présenter les choses, regrette le bourgmestre socialiste de Charleroi. Le site ne fait preuve d'aucune pédagogie. Des mandats sont comptabilisés alors qu'ils n'en sont pas. Par exemple, dès qu'on commence à compter dans un parti, on devient membre du bureau et d'une série de structures. Ou quand on est bourgmestre, on est automatiquement membre de la zone de secours. C'est fort différent de celui qui siège dans quatre intercommunales. "

Jean-Michel De Waele, professeur de science politique à l'ULB, abonde. " Avoir X mandats ne veut pas dire grand-chose. Quels sont ceux qui collent à la fonction ? Quels sont ceux qui sont pris en plus ? La question n'est pas seulement de savoir s'ils sont rémunérés ou non. " Maxime Felon, président des Jeunes socialistes, estime avoir fait les frais de ce type de raccourcis. En juin dernier, il plaidait dans la DH pour un décumul intégral. Le lendemain, le site du Vif/L'Express dédiait un article à ses 17 mandats. " Ca a créé un amalgame énorme. On m'a dit : "Comment tu vis ! ?", alors que j'ai gagné 6 500 euros brut annuels. " Il se déclare pourtant partisan de Cumuleo. Il en était même devenu souscripteur payant. " Mais, honnêtement, j'en suis venu à me poser des questions. Au départ, la démarche était informative. C'est devenu un combat politique. "

Pour Georges-Louis Bouchez, la bonne intention des débuts nourrit désormais l'antipolitisme. Le délégué général du MR et conseiller communal à Mons regrette un manque de nuance, propose de pondérer les postes selon leur importance, souhaite une meilleure distinction entre mandats, fonctions, professions et désire surtout que le public reprenne la main. " Monsieur Van Gheluwe a fait bouger les choses, mais maintenant il faut perfectionner et professionnaliser l'outil. " Tous les partis opinent : que la Cour des comptes réalise désormais son propre site. Le gouvernement wallon MR-CDH a inscrit dans sa déclaration de politique régionale sa volonté de mettre sur pied un cadastre public. La question a aussi été abordée au parlement bruxellois et dans le groupe de travail " renouveau politique " à la Chambre. Christophe Van Gheluwe fait la moue. " Ce serait dommage de créer un site qui referait la même chose. " Et puis, il n'a pas confiance. " Le public vérifierait-il tout ? " Douze ans tout de même que personne d'autre que lui ne bouge... " Personne ne l'empêche de continuer. Mais on a parfois le sentiment qu'il réagit comme si on lui enlevait son jouet, glisse Georges-Louis Bouchez. Beaucoup de gens aiment avoir acquis un petit pouvoir et de l'attention médiatique. J'espère que ce n'est pas son cas. "

"Ça doit être gratuit"

 
 

La campagne "Cumulard", lancée avant l'été par Cumuleo. Un ton agressif qui a suscité des critiques. © SDP


 

" Quid, demain, si M. Van Gheluwe en a marre et arrête ?, s'interroge Alain Maron. Il n'y a pas de raison de privatiser la transparence. " L'Ecolo se sent également mal à l'aise s'agissant du caractère payant du baromètre des mandats. Celui qui souhaite savoir combien gagne un bourgmestre ou un député doit débourser au minimum 1 euro par mois. " Ça ne va pas ! Ce sont des données publiques, elles doivent être gratuites, même si j'imagine que le but n'est pas ici de s'enrichir. " Difficile à vérifier. Le fondateur détaille volontiers que l'argent qu'il reçoit sert à couvrir différents frais, comme l'hébergement ou la traduction en néerlandais. Mais il refuse de dévoiler combien de comptes payants sont ouverts et quels montants sont versés. " Parce que ça pourrait paraître beaucoup pour certains, mais peu pour d'autres ", justifie-t-il. Et puisque Cumuleo n'a pas de statut légal, aucun compte annuel ne doit être publié.

Christophe Van Gheluwe ne souhaite pas davantage divulguer le nom du parti traditionnel dont il a été membre. " Adhérent, rectifie-t-il. Je n'étais pas actif. Je recevais juste du courrier et je payais une cotisation. " Il ne l'est plus, de toute façon. Et, actuellement, il ne " donnerait son aval à aucune formation ". On lui propose régulièrement de former un nouveau parti. Il est " toujours prêt à donner (sa) vision ", d'ailleurs il conseille de temps à autre quelques élus, dont il tait les noms. Mais se lancer, lui ? Non merci ! On le traite de populiste ? " Au contraire, je suis effrayé de ce manque de confiance des citoyens, car il empêche de se rassembler autour d'un projet commun. Mon objectif, c'est ça : favoriser la transparence pour qu'on puisse travailler ensemble. " Pour ça, il n'espère pas un réveil politique. Mais citoyen. Que chacun baisse sa tolérance au sujet des dérives. " Si, dans chaque commune, il y avait un groupe de personnes qui surveillait, ça aurait déjà des effets vertueux. "

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"Ses campagnes m'indiffèrent. J'assume mes mandats" - Dimitri Fourny, député wallon CDH


 

Pile-poil l'objectif d'Anticor et de Transparencia, deux initiatives lancées il y a un an. Anticor, d'abord : un mouvement citoyen constitué en France, en 2002, " sous la houlette d'élus qui voulaient lutter contre la corruption et rétablir l'éthique en politique ", relate son vice-président Eric Alt. Christophe Van Gheluwe s'en est inspiré, avec Claude Archer et Patrick Installé. Le premier, habitant de Schaerbeek, s'implique dans les audits citoyens et les contrats de quartier bruxellois. Le deuxième, résident de Tubize, militant PS pendant trente ans avant de rejoindre le parti Pirate, a mis sur pied Droitderegard.be, une plate-forme regroupant l'ensemble des ordres du jour des conseils communaux wallons. " Chacun de notre côté, on se rendait compte des difficultés à savoir comment l'argent public est attribué, retrace Claude Archer. Nous sommes entrés en contact et nous avons lancé Anticor Belgium. Notre idée est d'armer les citoyens d'outils de contre-pouvoir. "

 

Le nouveau gouvernement wallon MR-CDH : première cible de la campagne "mandats leaks" de Christophe Van Gheluwe. Six des sept ministres ont omis de déclarer certains mandats. © BENOIT DOPPAGNE/belgaimage


 

Cumuleo et Anticor ont donné naissance à Transparencia, un site qui permet de réclamer des comptes à une administration ou un cabinet, en vertu de l'article 32 de la Constitution, selon lequel " chacun a le droit de consulter chaque document administratif et de s'en faire remettre copie ". " Car l'information, juge Patrick Installé, c'est le pouvoir. " Transparencia représente, au dernier décompte, 371 demandes (60 ont abouti). De la volonté de connaître l'ensemble des marchés publics attribués par une commune à la liste de rémunérations perçues par un collège en passant par les dispositions en matière de castration des chats errants. Les entités bruxelloises sont les plus sollicitées. Au grand dam de certains bourgmestres, qui se sont réunis pour adopter une position commune. C'est que répondre aux demandes parfois fastidieuses (exemple : transmettre l'ensemble des permis d'urbanisme accordés) prend un sacré temps. " Et puis, quelle est la finalité ? , s'interroge Olivier Maingain, président de DéFI, député et bourgmestre de Woluwe-Saint-Lambert. On nous demande ainsi de fournir tous les plans de sécurité des écoles. Or, on ne peut pas diffuser ça sur le Web et prendre le risque, en ces temps de niveau d'alerte terroriste niveau 3, que cela tombe entre les mains de gens moins bien intentionnés. "

" On ne fournit des réponses qu'aux personnes qui ont un intérêt à les recevoir. Car on ne veut pas que les informations données en viennent à susciter des craintes ", détaille Christophe Magdalijns (DéFI). Le bourgmestre faisant fonction d'Auderghem est pourtant loin d'être hostile à la transparence. Il avait d'ailleurs envoyé ses rémunérations brutes à Christophe Van Gheluwe. Elles n'ont pas été publiées sur Cumuleo. " Ce site, comme Transparencia, n'auraient pas de raison d'être si tout était facile d'accès. Ils sont nécessaires parce que le politique ne communique pas assez. Certains élus se débrouillent bien tout seul pour alimenter le populisme. "

Christophe Van Gheluwe, Claude Archer et Patrick Installé travaillent sur d'autres projets. Comme " Cabinetto ", sorte de Cumuleo sur la composition des cabinets, ou encore une plate-forme de surveillance des marchés publics. Ils n'avancent pas seuls. Ils se sont rapprochés du Gerfa (Groupe d'étude et de réforme de la fonction administrative), ils suscitent l'intérêt de groupes locaux qui veulent concrétiser des antennes d'Anticor à Liège ou Charleroi. Ils sont entourés d'autres bénévoles, dont ils n'entendent pas dévoiler les noms. " Pour ne pas les exposer. " Décidément difficile, la transparence totale.

Cumuleo & cie : qui est quoi ?

• Cumuleo : site qui recense les professions, fonctions et mandats de chaque élu.

• Anticor : mouvement citoyen, inspiré d'une initiative française, qui entend lutter contre la corruption politique.

• Transparencia : plate-forme en ligne créée par Anticor qui aide tout citoyen à demander copie d'un document administratif à un pouvoir public.

Droitderegard.be : site qui rassemble les ordres du jour

 

 

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Le manque de sommeil nous tue à petit feu

28/09/17 à 14:34 - Mise à jour à 15:52

Source: The Guardian

Le spécialiste du sommeil, Matthew Walker, livre les résultats de plus de 20 années de recherches sur le sommeil. Son constat : notre société manque cruellement de repos.

 Matthew Walker est un scientifique du sommeil. Plus précisément, il est le directeur du Centre scientifique du sommeil humain de Californie, un institut de recherche dont l'objectif est de comprendre l'impact du sommeil sur les êtres humains, de la naissance à la mort, lorsque l'on est malade ou en bonne santé.

Selon ce scientifique renommé, nous sommes au beau milieu d'une "épidémie catastrophique de manque de sommeil" dont les conséquences pourraient être très graves. Dans son livre intitulé "Why we sleep" (Pourquoi nous dormons), Walker explique les liens puissants qui existent entre la privation de sommeil et, entre autres, la maladie d'Alzheimer, le cancer, le diabète, l'obésité et la mauvaise santé mentale. Tout un chacun devrait s'efforcer de dormir au minimum 8 heures par nuit, affirme-t-il. Selon lui, les gouvernements ont un grand rôle à jouer pour que cet objectif puisse être atteint.

"Aucun aspect de notre biologie n'est épargné lorsque l'on est privé de sommeil", dit-il. Pourtant, il regrette que rien ne soit fait pour encourager la population à dormir davantage. "Le manque de sommeil coûte à l'économie britannique plus de 30 milliards de livres (34 milliards d'euros) par an en perte de revenus, soit 2% du PIB", déplore-t-il.

Pourquoi tout le monde manque de sommeil ?

En 1942, moins de 8% de la population dormait six heures ou moins par nuit. En 2017, c'est le cas de près d'une personne sur deux. Les raisons sont évidentes, selon le scientifique : "Tout d'abord, nous avons électrisé la nuit". "La lumière dégrade profondément notre sommeil. Deuxièmement, il y a la question du travail: non seulement les frontières poreuses entre le début et la fin de la journée de travail, mais aussi les temps de trajet plus longs. Personne ne veut renoncer à son divertissement ou à passer du temps avec sa famille, alors nombreux sont ceux qui se privent de sommeil à la place. L'anxiété joue également un rôle. Nous sommes une société plus solitaire et déprimée. L'alcool et la caféine sont plus largement disponibles. Tous ces facteurs sont des ennemis du sommeil".

Matthew Walker pense également que dans nos sociétés, le sommeil est fortement associé à la faiblesse, voire à la honte. Selon lui, le fait de dormir peu serait même devenu une source de fierté. Rares sont ceux qui admettent avoir besoin de huit à neuf heures de sommeil par nuit, alors qu'il s'agit seulement d'une quantité suffisante de repos. S'il est communément admis que les bébés et les enfants ont besoin de sommeil pour leur développement, une fois devenu adulte, cette notion disparait. "Les êtres humains sont la seule espèce qui se prive délibérément de dormir sans raison apparente", regrette Walker.

Les liens entre sommeil et démence

Matthews Walker a commencé à s'intéresser à la science du sommeil un peu par hasard alors qu'il faisait des recherches sur la démence. C'est lorsqu'il étudiait différents modèles d'ondes cérébrales appartenant à des personnes atteintes de démence, qu'il s'est rendu compte qu'il ne parvenait pas à les distinguer. Il est jour tombé sur article expliquant que certaines formes de démences s'attaquaient à des zones du cerveau actives durant le sommeil, tandis que d'autres pas.

Au cours des six mois qui ont suivi, Walker s'est mis à mesurer les ondes cérébrales de ses patients durant leur sommeil. Et les résultats ont parlé d'eux-mêmes. Il a ainsi découvert que des tests du sommeil pouvaient permettre un diagnostic précoce pour certains sous-types de démence.

C'est alors que le scientifique a décidé de s'attaquer au plus grand mystère scientifique : pourquoi dormons-nous ? Une question à laquelle il ne peut toujours pas répondre au bout de 20 ans de recherches.

Les conséquences du manque de sommeil

Mais Walker parvient-il lui-même à dormir suffisamment ? "Oui. Je m'offre tous les soirs une opportunité de sommeil non négociable de huit heures, et je garde des heures très régulières. S'il y a une chose que je peux dire aux gens, c'est de se coucher et de se réveiller en même temps tous les jours".

Le scientifique prend son sommeil très au sérieux parce qu'il connait très bien les conséquences du manque de sommeil sur l'organisme. "Une fois que vous savez qu'après une seule nuit de quatre ou cinq heures de sommeil, le nombre de cellules tueuses naturelles - celles qui attaquent les cellules cancéreuses qui apparaissent dans votre corps tous les jours - diminue de 70% ou que le manque de sommeil est lié au cancer de l'intestin, de la prostate et du sein, ou même simplement le fait que l'Organisation mondiale de la santé ait classé toute forme de travail de nuit comme cancérogène probable, comment pouvez-vous faire autre chose que de vous préoccuper de votre propre sommeil?", demande-t-il.


 

Sans sommeil, nous manquons d'énergie et nous tombons malades. En dormant davantage, nous sommes en forme et en bonne santé. Plus de 20 études épidémiologiques à grande échelle rapportent la même conclusion sans équivoque : plus votre sommeil est court, plus votre vie sera courte.

Pour ne prendre qu'un exemple, les plus de 45 ans qui dorment moins de six heures par nuit sont 200% plus susceptibles d'avoir une crise cardiaque ou un accident vasculaire cérébral au cours de leur vie, que ceux qui dorment sept ou huit heures par nuit. Cela s'explique en partie par la pression artérielle : une seule nuit de privation modérée de sommeil accélère le pouls et augmente considérablement la tension artérielle.

 

Le manque de repos a également un effet sur le contrôle du taux de sucre dans le sang. En effet, les cellules en manque de sommeil sont moins réceptives à l'insuline et peuvent causer un état prédiabétique d'hyperglycémie. De plus, lorsque l'on ne dort pas suffisamment, on est susceptible de prendre du poids. La fatigue fait baisser le niveau d'hormone de la satiété, la leptine, et fait augmenter la quantité de l'hormone de la faim, la ghréline. De là à dire que l'épidémie d'obésité est provoquée par l'épidémie de manque de sommeil, c'est un pas que Walker ne veut pas franchir. "Cependant, les aliments transformés et les modes de vie sédentaires ne permettent pas d'expliquer à eux seuls l'augmentation de l'obésité. Il est clair que le sommeil fait partie de l'équation", selon lui.

Le sommeil a également un effet puissant sur le système immunitaire. C'est pourquoi, lorsqu'on est malade, on dort beaucoup. Mal dormir, même une seule nuit, réduit considérablement votre résistance. Si vous êtes fatigué, vous êtes donc plus enclin à attraper un rhume.

Les études montrent que le manque sommeil peut affecter nos cellules immunitaires contre le cancer. Un certain nombre d'études épidémiologiques ont rapporté que le travail de nuit, la perturbation du sommeil et des rythmes circadiens qui en découlent, augmente la probabilité de développer des cancers, y compris du sein, de la prostate, de l'endomètre et du côlon.

Dormir peu pendant sa vie d'adulte augmente considérablement les risques de développer une maladie d'Alzheimer. Les raisons sont difficiles à résumer, mais en substance, il s'agit des dépôts amyloïdes (une protéine toxique) qui s'accumulent dans le cerveau de ceux qui souffrent de la maladie, tuant les cellules environnantes. Pendant le sommeil profond, ces dépôts sont efficacement nettoyés du cerveau. Ce qui se produit chez un patient atteint d'une maladie d'Alzheimer est une sorte de cercle vicieux. Sans sommeil suffisant, ces plaques s'accumulent, surtout dans les régions génératrices de sommeil profond du cerveau, les attaquant et les dégradant. La perte de sommeil profond causée par cette agression diminue donc notre capacité à les évacuer du cerveau durant la nuit.

Le sommeil facilite aussi notre capacité à faire de nouveaux souvenirs et à restaurer notre capacité d'apprentissage. Il a par ailleurs un effet sur la santé mentale. Dans son livre, Walker évoque longuement les rêves. Il dit, contrairement à Freud, que les rêves ne peuvent pas être analysés, mais il détaille les différentes façons dont les rêves sont liés à la créativité. Il suggère également que le rêve est un baume apaisant. Si nous dormons pour nous rappeler, nous dormons aussi pour oublier. Le sommeil profond - le moment où nous commençons à rêver - est un état thérapeutique au cours duquel nous rejetons la charge émotionnelle de nos expériences, ce qui les rend plus faciles à supporter. Le sommeil, ou l'absence de celui-ci, affecte aussi plus généralement notre humeur. Les scans cérébraux ont révélé une amplification de 60% dans la réactivité de l'amygdale - un point clé pour déclencher la colère et la rage - chez ceux qui étaient privés de sommeil. Chez les enfants, l'insomnie a été liée à l'agression et à l'intimidation; chez les adolescents, aux pensées suicidaires. Un sommeil insuffisant est également associé à une rechute concernant les addictions. Une vision dominante en psychiatrie est que les troubles mentaux provoquent une perturbation du sommeil. Mais Walker croit en fait que cela fonctionne dans les deux sens. Réguler le sommeil peut, par exemple, améliorer la santé de ceux qui souffrent de troubles bipolaires.

Est-il possible de trop dormir ? La réponse n'est pas encore claire, selon la science. "Il n'y a pas encore de preuve tangible. Mais je pense que 14 heures, c'est trop. Trop d'eau peut vous tuer, ainsi que trop de nourriture. Je pense que finalement la même chose se révélera vraie pour le sommeil", affirme Walker.

Comment est-il possible de savoir si on manque soi-même de sommeil? Nous devrions faire confiance à notre instinct. Ceux qui ont encore envie de dormir quand leur réveil sonne peuvent logiquement déduire qu'ils manquent de sommeil. Ceux qui ont besoin de caféine l'après-midi doivent aussi se poser des questions.

Quelques conseils pour dormir plus

Tout d'abord, il faut éviter les nuits blanches aussi bien au bureau que dans les boites de nuit. Il faut savoir qu'après 19 heures d'éveil, vous avez les mêmes troubles cognitifs qu'une personne ivre.

Deuxièmement, il faut penser à son sommeil comme à une tâche à accomplir. "Les gens utilisent des alarmes pour se réveiller", dit Walker. "Alors, pourquoi ne pas avoir une alarme au coucher pour nous dire qu'il nous reste une demi-heure avant d'aller au lit et qu'il est temps de ralentir le rythme".

Ensuite, minuit doit être considéré comme le milieu de la nuit. Les écoles devraient envisager de commencer leur journée plus tard, cela permettrait d'améliorer le QI des étudiants. Les entreprises devraient penser à récompenser le sommeil. La productivité augmenterait. La motivation, la créativité et même les niveaux d'honnêteté s'amélioreraient. Le sommeil peut être mesuré à l'aide de dispositifs et certaines entreprises à la pointe de la technologie aux États-Unis donnent déjà aux employés un jour de congé s'ils dorment suffisamment. Les somnifères doivent être évités.

En matière de sommeil réparateur, on entend souvent qu'il faut bannir les téléphones portables et les ordinateurs de la chambre à coucher, ce qui est une bonne chose compte tenu de l'effet des écrans LED sur la mélatonine, l'hormone induite par le sommeil. Mais Walker croit que c'est la technologie qui sauvera notre sommeil.

Grâce à la technologie, "nous saurons bientôt tout sur notre corps. Ce sera un grand changement et nous commencerons alors à développer des méthodes par lesquelles nous pouvons amplifier les différentes composantes du sommeil humain. Le sommeil sera considéré comme un médicament préventif."

 

 

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Ryanair: 'Croit-on réellement que l'Irlande est une république bananière?'

Je suis conscient du caractère malaisé de la défense d'une compagnie, Ryanair, sur laquelle une bonne partie de la presse européenne "tape" depuis de longues années...

De quoi parle-t-on ? D'une compagnie de droit irlandais qui prétend soumettre aux droit et forum irlandais ses travailleurs, pilotes y compris. Rien de très choquant de prime abord, sauf que bien entendu les droits sociaux des travailleurs sont plus importants dans différents pays du continent européen qu'ils ne le sont en Irlande.

En se soumettant aux droit et forum belges ou français, les pilotes de la compagnie irlandaise gagneraient davantage d'argent et se verraient automatiquement offrir une série d'avantages légaux, dont ils ne jouissent qu'imparfaitement sous l'empire du droit irlandais.

S'il s'était agi d'une compagnie basée en Roumanie, Moldavie ou une autre région dont les salaires sont dix fois moins importants qu'en Belgique ou France, il n'y aurait même pas de débat, tant il serait choquant de voir des pilotes occupant le ciel européen rémunérés 500 euros quand les pilotes d'Air France le sont 10.000 euros.


 

Si les Européens possèdent aujourd'hui la liberté de voyager à bas prix, c'est à des compagnies comme Ryanair qu'ils le doivent


 
 

Mais il s'agit ici de l'Irlande, pays qui, je le rappelle, est réellement celui de la compagnie en question. Nous parlons ici de pilotes qui sont rémunérés - on ne va pas détailler le barème - en moyenne 7.000 euros par mois, et parfois bien davantage. Sept mille euros par mois: convenons qu'une telle rémunération les situe objectivement très au-dessus de la moyenne salariale belge ou française. Quant à leurs avantages sociaux annexes, croit-on réellement que l'Irlande est une république bananière ? Ne voit-on pas ce qu'il y a de contraire au principe même du marché européen, à l'esprit européen en fait, dans cette façon de traiter le droit irlandais comme on le ferait d'un pays sous-développé pratiquant une forme moderne d'esclavage ?

Si les Européens possèdent aujourd'hui la liberté - car c'est bien de cela qu'il s'agit: la liberté, dans son sens le plus réel et précieux - de voyager à bas prix, de se rendre à Venise, Budapest, Prague et d'embrasser tous ces lieux de la culture européenne, à des tarifs abordables, c'est à des compagnies comme Ryanair (et d'autres !) qu'ils le doivent. Voudrait-on en revenir à l'époque, pas si reculée, où ces voyages étaient le privilège d'une certaine élite, bourgeoise et administrative ? Mesure-t-on qu'un vol vers Venise coûtait il n'y a pas si longtemps l'équivalent de 1.000 euros, quand il en coûte de nos jours le dixième ?

Bien sûr, la corporation des pilotes, comme celle des aiguilleurs du ciel, est puissante. Il n'est pas jusqu'à d'anciens pilotes de la Sabena qui ne prennent la plume pour défendre les revendications des pilotes Ryanair... Une solidarité qui ne manque pas d'ironie, quand on se souvient de la faillite de la Sabena, et du rôle joué à l'époque dans cette débâcle par la gourmandise et l'intransigeance du syndicat des pilotes.

Je ne prétends pas trancher ici la question de droit. Seulement en appeler à une forme de modération quand on juge notre partenaire irlandais, son droit, et la compagnie Ryanair, qui à elle seule a probablement mieux contribué à augmenter la liberté effective des Européens - celle de voir le monde - que tant d'autres entreprises ou mesures gouvernementales.

 

 

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Le revenu universel testé de manière scientifique aux États-Unis

26/09/17 à 11:22 - Mise à jour à 11:22

De plus en plus de pays et d'entreprises se lancent dans la recherche sur la faisabilité du revenu universel. Mais aucune ne s'est encore penchée sur la question de manière rigoureusement scientifique.

L'idée d'un revenu de base octroyé sans contrepartie par l'État pour tenter de pallier au manque travail et à la pauvreté est une vieille idée qui a déjà été expérimentée, notamment dans les années 1970, aux États-Unis et au Canada. Il revient régulièrement sur le devant de la scène politique un peu partout dans le monde, mais même ses partisans ont du mal à s'accorder sur ses modalités.

La Finlande pionnière

Depuis le 1er janvier 2017, la Finlande est le premier pays européen à tester le revenu universel au niveau national. Le gouvernement a lancé un programme grâce auquel 2000 chômeurs âgés de 25 à 58 ans perçoivent 560 euros par mois, sans contrepartie.

Le système finlandais est une version quelque peu modifiée du concept de revenu universel. Certaines conditions sont en effet requises pour pouvoir en profiter. La Finlande a décrété qu'elle ne l'offrait qu'aux personnes en recherche d'emploi et bénéficiant déjà d'une allocation chômage. Cependant, s'ils viennent à trouver du travail pendant la période test de deux ans, ils continueront à toucher le revenu supplémentaire de 560 euros chaque mois. La responsable du programme ne fournira pas de données officielles avant fin 2018.

L'Allemagne expérimente le revenu universel grâce au crowdunding

Fin 2014, c'est un citoyen allemand qui a décidé de lancer un appel au don sur une plateforme de crowdfunding afin de financer son expérimentation. Le succès est tel qu'il engage rapidement du personnel pour gérer son association à but non lucratif. À chaque fois que les fonds nécessaires sont récoltés, il tire au sort une personne volontaire supplémentaire pour recevoir un revenu de 1000 euros par mois pendant un an. Aujourd'hui, 74 personnes ont pu en bénéficier, tous âges confondus. Si rien ne les y oblige, de nombreux participants ont néanmoins désiré partager leur expérience : beaucoup témoignent avoir pu mener la vie qu'ils souhaitaient depuis longtemps "sans se tracasser du lendemain".

Cette expérimentation n'est pas une expérience scientifique au sens strict du terme, mais elle apporte néanmoins quelques éléments de réponse sur les conséquences d'un revenu universel octroyé sans condition.

 

Au Canada, un revenu de base pour les personnes vivant sous le seuil de pauvreté

Au printemps de cette année, la province canadienne de l'Ontario a annoncé le lancement d'un projet pilote de revenu universel afin d'évaluer les conséquences pour les allocataires et les finances publiques. Le projet pilote va assurer "un revenu de base" sur trois ans à 4.000 personnes sous le seuil de pauvreté. Ce revenu universel pourra aller jusqu'à 16.989 dollars canadiens (11.600 euros) par an pour une personne seule et 24.027 dollars (16.400 euros) pour un couple. Le mécanisme est adaptable en fonction des revenus des salariés à temps partiel. Leur revenu universel sera réduit de 50 cents pour chaque dollar gagné. Les 4.000 participants, âgés de 18 à 65 ans, ont été choisis au hasard dans trois villes. Un premier bilan de ce projet pilote sera tiré dans un an.

Aux États, unis, une première expérience scientifiquement quantifiable

Si elles ont le mérite d'exister, ces expérimentations sur le revenu universel ont le défaut de ne pas être scientifiquement quantifiables. Entendez par là que d'un point de vue scientifique, s'il n'existe pas de groupe témoin pour étudier les effets du revenu universel sur un groupe "cobaye", il est impossible d'en mesurer les effets de manière scientifique. C'est pour pallier à ce manque que la start-up Y Combiantor va lancer une nouvelle expérience.

Elle a annoncé la semaine dernière sur son site internet qu'elle allait recruter 3000 participants par tirage au sort dans deux États américains. Parmi ceux-ci, 1000 se verront offrir un revenu de 1000 dollars par mois pendant cinq ans, les autres 2000 recevront 50 dollars et serviront de groupe témoins. C'est ce que l'on appelle dans le langage scientifique un essai randomisé. "C'est considéré comme une des meilleures façons d'évaluer l'impact d'une proposition de politique sociale", écrit la directrice de recherche Elizabeth Rhodes dans sa présentation du projet. "En comparant un groupe de gens qui reçoivent un revenu de base avec un autre groupe identique de gens qui ne le reçoivent pas, nous pouvons isoler et quantifier les effets d'un revenu de base."

L'université de Stanford est associée au projet. Les chercheurs travaillent avec des agences gouvernementales pour avoir accès à des données administratives sur des volontaires, et des questionnaires détaillés vont être soumis aux participants, au début et à la fin du projet. Ils analyseront notamment les finances des participants, leurs emplois du temps, leur santé mentale et physique.

Ensuite, une expérience qualitative sera menée sur un nombre plus restreint de participants pour essayer de comprendre comment le revenu universel influence individuellement la vie des gens et éventuellement aider à créer des alternatives qui pourraient être plus efficaces. Rendez-vous dans cinq pour les résultats.

 

 

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L’euro : une utopie trahie ?

Bruno Colmant considère la monnaie comme un phénomène circonstanciel dont rien ne permet de croire que l’agencement est irréversible. Il est persuadé que, « sans aggiornamento idéologique », l’euro ne subsistera pas dans sa forme actuelle.
Pour Bruno Colmant, Docteur en économie appliquée, professeur d’université à Bruxelles, Louvain, Gand en Belgique et au Grand-Duché de Luxembourg, membre de l’Académie royale de Belgique, la réponse à la question qui sert de titre à son dernier livre, L’euro : une utopie trahie ?, se trouve tout entière dans la question.

Il serait prêt à faire sienne la boutade de ce conservateur et ancien secrétaire d’État britannique, William Hague, selon lequel l’euro serait « un bâtiment en feu sans sortie de secours ».

Colmant considère la monnaie comme un phénomène circonstanciel, éphémère, dont rien ne permet de croire que l’agencement est irréversible. Il est persuadé que, « sans aggiornamento idéologique », l’euro ne subsistera pas dans sa forme actuelle.

L’euro contesté dès l’origine

Faut-il s’en étonner ? Dès 1998, 150 économistes allemands avaient prévenu dans une lettre ouverte que ça ne marcherait pas. Ils recommandaient que les États membres mettent d’abord leurs comptes en ordre et rendent leurs économies plus flexibles. Colmant n’évacue aucun de ces deux arguments.

Lucide, l’auteur reconnaît que la fragilité financière de certains États européens résulte d’un mal plus profond, à savoir le besoin de financement des « intenables » systèmes sociaux de répartition et des endettements relatifs à des dépenses de fonctionnement plutôt qu’à des investissements porteurs de croissance, et ce aux dépens des générations futures.

Dès lors que la monnaie n’a plus de référent tel que l’or ou l’argent, monnaie et endettement public sont « l’avers et le revers de la même pièce ».

Colmant reconnaît aussi que la monnaie commune suppose une mobilité des facteurs de production, capital et travail. C’est en cela que l’euro est libéral et favorable à l’économie de marché et qu’il faut s’étonner de ces soi-disant libéraux qui dans un réflexe nationaliste défendent aujourd’hui des thèses que ne renieraient pas les Mélenchon, Le Pen et autres populistes de tous bords.

Mobilité du capital, mobilité du travail

Si la mobilité du capital pût un moment être réalisée sans grande difficulté, mises à part les détestables conséquences financières de ce que d’aucuns confondirent la disparition du risque monétaire et celle du risque étatique, il était clair que la mobilité du travail se heurterait à des freins socio-culturels et linguistiques.

Serait-elle pour autant impossible à réaliser dans le contexte de l’Union européenne ? À voir le nombre de Français qui se sont installés en Grande-Bretagne, d’Espagnols et de Portugais qui se sont expatriés, de Polonais qui ont saisi l’aubaine de l’ouverture des frontières pour tenter leur chance sous d’autres horizons, qu’il soit permis d’en douter.

A contrario, à l’intérieur d’un même pays, la situation socio-économique peut ne pas être homogène d’une région à l’autre : que l’on songe ici à la Belgique, à l’Italie ou à l’Espagne. Cela les empêcha-t-il d’avoir eu une monnaie nationale commune ?

Unification économique et pas politique

Milton Friedman, cité par Colmant, n’avait certes pas tout faux quand il évoqua les conditions d’une unification économique sans unification politique, mais avait-il pour autant envisagé toutes les hypothèses ? L’euro constituait certes un défi. Est-ce la faute à l’euro si le personnel politique des pays européens économiquement les plus à la traîne n’a pas eu le courage de le relever à temps ?

Fâcheusement, les réflexes nationalistes ont désormais repris le dessus et pas seulement chez les Mélenchon, Le Pen et autres populistes, et s’est opéré un rapatriement des épargnes nationales, ledit rapatriement s’accompagnant, et sans doute n’est-ce pas anodin, d’un rétablissement des contrôles de personnes aux frontières nationales au prétexte que la présence de militaires aux postes-frontières, par exemple sur l’autoroute de Mons à Valenciennes, découragerait les Molenbeekois de se rendre à Paris.

C’est aussi aberrant que de prétendre que les radars « volants » le long des autoroutes françaises flashant à des endroits où les limitations de vitesse sont de préférence invisibles ou inexistantes sont destinés à « assurer votre sécurité ».

Nationalisme et repli sur soi

Les relents nationalistes et le phénomène de repli sur soi qui se manifestent dans les États européens comportent le danger que la sortie de crise ne se fasse sur le dos des bons citoyens et des épargnants en particulier, lesquels seront immanquablement soumis, selon Bruno Colmant, à une forme ou l’autre de répression financière.

Au mieux, après avoir refinancé leurs dettes sur base d’intérêts négatifs et à coups d’interventions de la Banque centrale, les États attiseront une inflation qui leur permettra de réduire le coût économique réel desdites dettes. Au pire, ils confisqueront tout simplement l’épargne, d’une manière ou d’une autre (voir Chypre…). Bref, ceux qui croyaient que le fait de différer la consommation de leurs marshmallows (guimauves) leur vaudrait la gratification d’en avoir plus à terme risquent de regretter de ne pas les avoir avalés tout de suite.

Si, dans l’immédiat, ce ne sera pas ce que Marx avait prévu, ce sera bien ce dont Hayek avait prévenu : la répression financière entraînera inévitablement une étatisation insidieuse de toute l’économie. Pouvons-nous encore affirmer que nous vivons dans une économie de marché alors que le poids des États y est si important ? s’interroge Colmant. Sur ce point, du moins, il rejoint la réflexion de Thierry Afschrift dans La tyrannie de la redistribution. Il peut dès lors paraître contradictoire que Colmant préconise comme remède à la panne de croissance économique, la réalisation de « grands travaux ».

En exergue de cet excellent inventaire de la situation économique de l’Europe qu’est L’euro : une utopie trahie ?, préfacé par Herman Van Rompuy, l’ancien président du Conseil européen, Bruno Colmant, cite Léo Ferré : « Avec le temps, (…) on se sent floué par les années perdues. » Si la monnaie est fongible, le temps ne l’est malheureusement pas.

 

 

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"La vie en société, c'est ouvrir les portes, et non les garder fermées"

 

 

La courtoisie devrait être le standard dans notre société, estime Jonathan Holslag. Or, c'est tout le contraire qui se passe.


 

Dernièrement, j'ai acheté un billet à la gare de Budapest-Keleti, la gare principale de la capitale hongroise. Autrefois c'était un édifice majestueux, un véritable temple du rail pourvu de magnifiques salons pour les voyageurs, d'une belle salle de guichets et d'un délicieux buffet. À présent, les voyageurs doivent prendre un numéro de séquence et attendre leur tour sur des bancs en bois défraîchi dans un couloir sentant les relents de transpiration. Équipés d'une matraque en bois, deux contrôleurs âgés surveillent l'accès au guichet. Sans le bon numéro, on ne passe pas. Ce qui m'a frappé, c'est qu'ils étaient aussi enthousiastes à ouvrir la porte qu'à vérifier les numéros. Rarement on m'a ouvert une porte avec un sourire aussi bienveillant et un geste aussi élégant. "S'il vous plaît, monsieur. Bonne journée." C'était beau à voir.

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La vie en société, c'est ouvrir les portes, et non les garder fermées


 

Je trouve qu'on doit élever cette attitude au rang de norme de notre société. La vie en société, c'est ouvrir les portes, et non les garder fermées. On ne peut se défaire de l'impression que notre société évolue dans le sens opposé. Nous vivons dans une société sans âme. Elle me fait penser à la fameuse expérience de l'Université de Stanford dans les années septante : quelques jeunes se sont vus confier la tâche de surveiller d'autres jeunes. En moins de temps qu'il ne fait pour le dire, la situation a dégénéré en besoin de se faire valoir et en abus de pouvoir.

Dans notre société, il n'est pas toujours question d'abus de pouvoir, mais d'usage unilatéral du pouvoir. Un exemple tiré de la vie réelle : deux jeunes policiers en forme, installés dans un combi équipé d'air conditionné à côté d'un passage clouté à Anvers. Mais quand le sac de courses d'une dame âgée se déchire, et que ses achats se déversent dans la rue, les deux agents ne font rien pour lui venir en aide. Ces gens ont-ils commis une erreur ? Probablement pas, mais pour moi ils n'ont pas bien exercé leur fonction de serviteurs publics.

 

Et il y a beaucoup d'exemples de ce genre. Les accompagnateurs de train ? Il y en a de très bons, qui accompagnent les voyageurs, vérifient que les voitures restent propres et renseignent les passagers en cas de besoin. Cependant, il y en a beaucoup pour qui leur mission se borne à vérifier les billets. Ou prenez l'aéroport. Voyager, une fête ? La plus grande partie du personnel de hall de départ semble préférer faire la morale aux voyageurs plutôt que de leur faire passer un moment agréable. Les fonctionnaires préposés aux impôts ? Toutes les occasions sont bonnes pour vous réprimander, mais si vous téléphonez pour demander comment remplir votre feuille d'impôts, on vous renvoie à un service d'informations où vous mettez des semaines à obtenir une réponse.

La nouvelle culture de sécurité détruit beaucoup de choses. Des terroristes se baladent et du coup, nous nous enfermons en prison. Partout, on voit des petits bonshommes verts, rouges, et noirs, des scanners, des files d'attente et encore des files d'attente. Comme si cela rendait la société plus sûre. Les endroits vulnérables sont simplement déplacés. Au lieu de faire exploser cent personnes dans la salle de concert, les terroristes n'ont qu'à faire exploser cent personnes qui font la file dehors. Ce genre de surveillance est devenu un business à croissance rapide. Cependant, on investit beaucoup trop peu en ce qui fait vraiment la différence dans la lutte contre le terrorisme - un travail de quartier qui fonctionne bien, et des services de renseignement, par exemple.

C'est peut-être également lié au changement de notre économie. Autrefois, c'était surtout une affaire de fabriquer des objets et de les vendre, un service par définition. Aujourd'hui, une grande partie de ces activités sont automatisées, et une bonne partie de la main-d'oeuvre superflue se retrouve dans les services auxiliaires, tels que les agents de surveillance et les contrôleurs de toute sorte. Il serait intéressant d'étudier à quel point le désir de compensation joue un rôle dans ces secteurs. Souvent mal payés et peu prestigieux, ces jobs incitent parfois ceux qui les exercent à optimaliser le peu de pouvoir dont ils disposent. Peut-être que le caractère difficilement mesurable de la courtoisie joue également un rôle. On peut établir des statistiques du nombre d'amendes infligées, mais pas du nombre de personnes qu'on a aidées. Du coup, la courtoisie n'est pas toujours récompensée. Je peux m'imaginer que c'est extrêmement décourageant pour les nombreuses personnes qui veulent faire la différence. 

 

 

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Le véritable scandale du nucléaire

Alors que les énergies fossiles vont se raréfier, les grands médias, alimentés par des organisations aux motivations diverses, veulent faire croire que l’humanité pourra vivre grâce aux énergies renouvelables et se passer du nucléaire.
Certains antinucléaires ont incontestablement peur. Ils sont persuadés que l’énergie nucléaire est un danger parce que des idéologues les ont scandaleusement effrayés.

Leur peur est réelle mais déconnectée de la réalité.

Des militants officiant dans des associations dites « indépendantes » (vraiment ? et de qui ou de quoi ?), voire même dans des cabinets ministériels, instrumentalisent cette peur à des fins politiques ou commerciales en leur faisant croire que les ruineuses énergies renouvelables pourvoiront à leurs besoins.

Des messages anxiogènes (« on vous cache la terrible vérité« ) finissent par convaincre une partie de la population que les ingénieurs et les scientifiques sont des incompétents à la solde d’industriels cupides.

Que font les politiques ?

Les décideurs politiques sont sommés par ces activistes antinucléaires de durcir les réglementations existantes pour protéger la population d’un risque diffus et donc forcément sournois. Ceux qui, soucieux de rétablir la vérité et le bon sens, s’élèvent contre ces affirmations sont stigmatisés pour leur manque de considération envers « les générations futures« .

De plus, s’opposer à un réseau international de désinformation n’est souvent pas bon pour sa réélection. Et l’argent tient une place importante dans ces pressions politiques malsaines exercées par des associations de « défense de l’environnement » qui vivent sur le dos de la collectivité.

Chez les antinucléaires, l’irrationnel est roi

Pour accroître leur audience, les médias amplifient ces cris d’alarme contribuant ainsi à ancrer dans les esprits de fausses croyances sur le nucléaire. Ils s’honoreraient pourtant à mettre un terme à l’entreprise d’intoxication intellectuelle du public.

Le nouveau thème pourrait être : non, le nucléaire n’est pas plus dangereux que d’autres activités industrielles.

Au contraire, il procure l’énergie, notamment l’électricité, dont l’humanité a un grand besoin, et dont elle aura encore plus besoin demain (véhicules électriques, déclin du pétrole et du gaz pour se chauffer).

Faire cesser le dénigrement systématique du nucléaire pour permettre à tous les citoyens d’avoir accès à une information objective sur une énergie durable, écologique et bon marché comme le nucléaire serait une entreprise louable.

Mais duper les citoyens désemparés par des messages « vendeurs » et angoissants, comme le font les médias aujourd’hui, est révoltant.

Les « Verts » proclament pourtant dans leur programme lors de leurs journées d’été du 24 au 26 août 2017 à Dunkerque « Les prochaines années seront déterminantes pour enrayer la crise environnementale » et « une réconciliation avec la Nature est la première des priorités politiques« .

La réconciliation avec la Nature passe par une production d’énergie propre qui puisse répondre aux besoins de l’humanité comme… le nucléaire.

Alors que les énergies fossiles vont se raréfier, les grands médias, alimentés par des organisations aux motivations diverses, veulent faire croire que l’humanité pourra vivre grâce aux énergies renouvelables et se passer du nucléaire. C’est tout simplement une escroquerie intellectuelle que le silence du gouvernement semble cautionner.

Voilà le véritable scandale du nucléaire.


 

 

Ne vous laissez pas manipuler par les politiciens !

La politique relève davantage du cynisme que du rêve. Elle emprunte beaucoup à Machiavel et très peu à Thomas More. Les cyniques manipulent à leur profit les rêves des naïfs.
Les politiciens doivent-ils faire rêver pour mobiliser ? La réponse est généralement positive. Mais le rêve conduisant à l’utopie, et parfois au totalitarisme, n’est-il pas particulièrement dangereux dans le domaine politique ?

Manipuler l’espoir

La volonté politique de manipuler l’espoir est une constante de la conquête du pouvoir, qu’elle soit violente ou pacifique. Les soi-disant révolutions s’appuient toujours sur l’espérance d’une autre forme de société, évidemment plus juste. Celle de 1789 en France propose un rêve de liberté, celle de 1917 en Russie imagine une société sans classes. La suite est toujours identique : la dictature, celle de Napoléon 1er, celles de Lénine et Staline.

Lorsque la conquête du pouvoir est pacifique, le rêve initial se résout en déception. L’ambition très élevée sombre sur les écueils des réalités économiques et financières. Les 110 propositions de François Mitterrand en 1981 conduisent rapidement à la désillusion.

Il faut privatiser ce qui a été nationalisé. Il faut creuser les déficits pour embaucher des fonctionnaires et assurer la retraite à 60 ans pour tous. Même scénario avec François Hollande en 2012 : le ciblage initial de l’ennemi, la finance capitaliste, conduit en réalité à augmenter les impôts dans des proportions rarement atteintes et à attendre désespérément une croissance qui ne vient pas.

Ceux qui avaient été bernés par le rêve hollandais deviennent des députés frondeurs. Leurs récriminations parlementaires n’étaient que l’aveu de leur inimaginable candeur.

L’histoire apprécie les cyniques

En vérité la politique relève davantage du cynisme que du rêve. Elle emprunte beaucoup à Machiavel et très peu à Thomas More. Les cyniques manipulent à leur profit les rêves des naïfs.

Le pouvoir politique est toujours entre les mains de réalistes qui savent faire rêver pour arriver à leurs fins. Les mitterrandiens accusaient jadis Rocard d’être un briseur de rêve. Il était en vérité un politicien honnête quand Mitterrand était un cynique sans la moindre vergogne. Mais c’est Mitterrand qui reste le grand personnage historique de gauche. Voilà qui ne grandit pas l’être humain !

L’échec des rêves de 2017

Ces quelques généralités trouvent à nouveau leur illustration dans la campagne présidentielle de 2017 en France. Les électeurs de gauche comme ceux de droite ont choisi le rêve.

Ceux de gauche ont élu comme candidat Benoît Hamon et rejeté Manuel Valls. En élisant Hamon aux primaires, les plus lucides avaient évidemment choisi de ne plus gouverner. Ils se voyaient confortablement installés dans l’opposition à la droite au pouvoir, proposant toutes les utopies et se réclamant de la justice, de l’égalité, du bonheur pour tous payés sur fonds publics.

Ce rêve de midinette ou ce cynisme de politicien, au choix, n’a échoué que parce que l’inimaginable s’est produit. Un jeune ambitieux, venu de leur camp, les a supplantés.

Les électeurs de droite se sont imaginés, eux aussi, voir leurs rêves se réaliser avec François Fillon. Il avait toutes les chances après le calamiteux quinquennat de Hollande. Mais la réalité du comportement antérieur du candidat a été cyniquement exploitée par la gauche politique et médiatique.

Exit Fillon dont l’opportunisme financier caché heurtait trop la rigueur publique exigée. Encore une fois, le rêve se brise sur une réalité. Le simple désir d’une gestion publique rigoureuse relève d’ailleurs aujourd’hui du rêve le plus fou.

Toute la gauche appelle austérité le fait d’accumuler année après année des déficits publics massifs. La France marche sur la tête et les électeurs de Fillon voulaient la remettre sur ses pieds. Chacun conviendra qu’ils étaient d’incorrigibles rêveurs.

Le cynisme des populistes

Inutile d’insister sur le cas de de Marine Le Pen. Elle manipule la colère d’un électorat populaire incapable de porter un jugement rationnel sur l’état du pays. Elle représente le cynisme le plus pur et le plus moralement répréhensible car elle abuse du regard d’enfant que portent les petites gens sur les célébrités médiatiques dont elle fait partie.

Mélenchon n’est pas loin derrière. Il utilise la part d’idéalisme qui est en chacun de nous pour construire une opposition radicale. L’ancien ministre de Lionel Jospin a exercé ses fonctions ministérielles sans démériter, ce qui suppose la confrontation au réel et le sens du compromis.

Refusant ensuite toute adaptation du socialisme, il se réfugie dans l’action politique pure, rêvant de supplanter le vieux parti sclérosé. Son talent d’orateur lui permet d’utiliser à son avantage un verbiage politico-éthique très superficiel mais touchant son public. Il suscite l’émotion et le sait fort bien. C’est ainsi qu’il pense pouvoir conquérir le peuple en manque d’idéal.

Mais le cynisme de la manœuvre n’échappe qu’aux Insoumis. Instrumentaliser un avenir radieux qui ne verra jamais le jour pour construire sa réussite personnelle, quoi de plus banal ! Les communistes ont toujours joué ce jeu-là pour aboutir dans cent pour cent des cas à une dictature féroce. Impardonnable moralement, mais efficace politiquement pour la gloire très provisoire de Mélenchon.

Faisons un rêve

Il reste bien sûr le rêve macronien de sortir le pays de sa sclérose. Rêve pragmatique face à la réalité du monde que nous ne parvenons pas à accepter, mais rêve quand même si on mesure les obstacles à vaincre. Il est beaucoup trop tôt pour connaître son destin.

En attendant, faisons un rêve : sortons le rêve de la politique. Laissons-le s’épanouir dans d’autres domaines : l’art, l’amour, la science et ses projets de recherche, les projets d’entreprise. Gérons nos sociétés avec mesure et réalisme par la concorde et le compromis. Bien sûr, ce n’est qu’un rêve.

 

 

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Mélenchon, grand défenseur des travailleurs, n’a jamais eu de vrai boulot

 
Le grand défenseur des travailleurs Jean-Luc Mélenchon, qui n’a de cesse de donner des leçons à tout le monde, n’a lui-même travaillé, hors politique, que quatre petites années — et encore, en prenant large.
Jean-Luc Mélenchon fait ses premières armes en politique à Lons-le-Saunier, en mai 1968. À cette époque il n’est que lycéen — en première littéraire — mais c’est lui, racontent ses anciens camarades de classe, qui va importer les évènements parisiens dans son Jura d’adoption.

C’est lors de cette première expérience politique qu’il va réaliser son indiscutable talent d’orateur et se familiariser avec la pensée d’extrême gauche et notamment Karl Marx qui devient son livre de chevet en terminale. Il passe son bac en 1969 et s’inscrit à la faculté des lettres de l’université de Besançon pour y étudier la philosophie.

Sitôt inscrit, le jeune Mélenchon se rapproche de l’UNEF et déserte les amphis pour se consacrer au militantisme. Il parviendra quand même à obtenir sa licence en 1972 mais ne poussera pas ses études plus loin : la même année, il entre formellement en politique en rejoignant l’Organisation Communiste Internationaliste (OCI), une organisation trotskyste de tendance lambertiste qui est alors à son apogée.

La politique à plein temps

Désormais connu sous le pseudonyme de Santerre, et encore officiellement étudiant, Jean-Luc Mélenchon se consacre à plein temps à ses activités politiques.

C’est en 1974, avec la naissance de sa fille alors qu’il n’a que 22 ans, que la réalité va le rattraper. Il a désormais charge de famille et le job de surveillante de son épouse ne suffit plus : il va désormais devoir gagner sa vie. Au premier trimestre, il est correcteur pour l’imprimerie Néo-Typo puis, dans la foulée, travaille quelques mois dans l’usine de l’horloger Maty. C’est-à-dire que, sans qu’on ait de dates plus précises, l’intégralité de l’expérience ouvrière de Jean-Luc Mélenchon tient dans une année. Il revendiquera plus tard avoir également travaillé dans une station-service « à la sortie de la ville » sans qu’on en sache plus à ce propos.

Toujours est-il qu’à partir du premier trimestre 1975, Jean-Luc Mélenchon décroche un poste de pion au lycée technique de Mouchard. Il est embauché en tant que surveillant mais c’est à cette occasion — sans doute grâce à son diplôme de philosophie — qu’il sera amené à donner quelques cours de français à une classe de 23 élèves en qualité de professeur auxiliaire. Voilà pour le passé de professeur de français de M. Mélenchon : ça n’a duré que le temps d’un remplacement d’un an — l’année scolaire 1975-76 — et ça n’a concerné qu’une seule classe.

Le passage au Parti socialiste

C’est durant l’été 1976 qu’il déménage pour Montaigu, un petit village à côté de Lons-le-Saunier. Fraîchement radié de l’OCI, Jean-Luc Mélenchon décide de rejoindre les « sociaux-traîtres » et s’encarte au Parti Socialiste où il reprend ses activités de militantisme politique. Las, son contrat de surveillant n’étant pas renouvelé, il doit à nouveau chercher du travail. En octobre 1976, il se fait embaucher comme pigiste aux Dépêches du Jura ou il officiera sous le pseudonyme de Jean-Louis Mula (JLM).

La liste de l’Union des gauches remporte les municipales de Lons-le-Saunier en mars 1977 mais le PCF y est majoritaire. Afin de préparer les législatives de 1978 et de contrer l’influence communiste, Jean-Luc Mélenchon convainc la toute petite fédération PS du Jura de lancer son propre journal — La Tribune du Jura — dont il devient directeur, journaliste (Jean-Louis Mula) et même dessinateur (Moz). Le premier numéro sort en novembre 1977, le sixième et dernier parait en avril 1978 : il a donc dirigé une feuille de chou politique pendant 5 mois.

Dessinateur dans un journal catho

Mais le mois suivant, en mai 1978, on retrouve Moz dans un canard local lequel se trouve être — de façon assez amusante — un hebdomadaire catholique (La Croix jurassienne). Jean-Luc Mélenchon y publiera quelques strips en trois cases, les actualités indiennes, avant de briguer un poste vacant à la rédaction. Las, sa candidature ne sera finalement pas retenue pour des motifs de divergence idéologique et notre futur tribun se retrouve encore une fois sans ressource.

C’est à ce moment, fin 1978, qu’il se fait embaucher par Claude Germon, le maire de Massy, qui en fait son directeur de cabinet et le lance en politique. Se remémorant cette époque, ledit Germon qui aura, il est vrai, quelques raisons de regretter son choix, a une réflexion quelque peu lapidaire :

Très vite je me suis rendu compte que c’est un garçon qui n’a jamais eu de métier.

Quoiqu’il en soit, la carrière politique de Jean-Luc Mélenchon, elle, est désormais bien lancée.

Donneur de leçons impénitent

C’est-à-dire que le grand défenseur des travailleurs qui n’a de cesse de donner des leçons à tout le monde n’a lui-même travaillé, hors politique, que quatre petites années — et encore, en prenant large. Il n’a été ouvrier qu’un an tout au plus, ses galons de professeur de français — voire de professeur de littérature — sont très largement usurpés et son glorieux passé de journaliste se résume à quelques piges ou mauvais dessins dans des publications parfaitement confidentielles. Jean-Luc Mélenchon est un pur politicien qui n’a pour ainsi dire jamais rien fait d’autre ; c’est un beau parleur qui, pour reprendre les termes de Claude Germon, ne sait rien faire d’autre.


Cet article a été publié une première fois le 23 juin 2017

 
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Le renouveau politique tient plus du mantra que d'une réelle volonté"

C'était le 8 juin dernier. Onze jours avant que Benoît Lutgen n'annonce que, finalement, la vie de couple avec le PS, pour le CDH, c'était fini. Nous publiions alors un vaste dossier dressant le portrait-robot de l'élu(e) censé(e) incarner cet indispensable "renouveau politique"


 

Un renouveau politique que les scandales de cette année ont transformé en incantation répétée jusqu'à perdre haleine par les gouvernants, les élus, les militants, les médias, les électeurs... Tout le monde. Ce portrait-robot suivait les recommandations de politologues, de constitutionnalistes et de philosophes. Verdict : l'homme/la femme politique nouveau/nouvelle aura un contact plus fort avec les citoyens, côtoiera des parlementaires tirés au sort parmi la population (ou en sera issu/e), aura des mandats limités dans le temps et dans le nombre, sera très contrôlé(e) dans son action (peut-être par des assemblées publiques, auxquelles il faudra rendre des comptes, stricts et permanents), sera plutôt bien rémunéré(e) et appartiendra à un parti dont la force de propositions, d'idées, sera réelle et le fonctionnement transparent et démocratique.

Dès après la publication du dossier, nous avons contacté les présidents de partis et parlementaires francophones du pays (Chambre, Sénat, Wallonie, Bruxelles, Fédération Wallonie-Bruxelles) pour leur demander de se positionner : d'accord ou pas avec ces sept grands critères définissant les acteurs/actrices du changement auquel vous appelez de tous vos voeux ? C'est le résultat de cette enquête que nous proposons cette semaine. Résumé, sans mauvaise foi : le renouveau politique tient plus du mantra que d'une réelle volonté. Et donc, si l'on se base sur les réactions des 242 élus et patrons de formations sollicités, il n'est pas pour demain. En tout cas pas avec eux (79 % ont répondu) ni sous la forme dessinée par nos experts.


 

"Très peu sont prêts à ce qu'on redistribue cartes, règles et rôles dans ce qui ressemble à un territoire réservé à une classe"


 
 

On peut discuter évidemment du bien-fondé de ce genre d'initiative. On sait qu'elle sera contestée. Tant dans sa démarche que dans son contenu originel - les critères avancés par les spécialistes qui intervenaient dans le dossier du 8 juin. Mais on pourra difficilement ignorer les enseignements des réponses et le contexte dans lequel elles nous sont parvenues. Ainsi, pour une très grosse majorité de ceux/celles qui siègent actuellement (et parfois depuis longtemps) dans nos parlements, y voir débarquer des collègues tiré(e)s au sort, interdire des mandats privés et limiter dans le temps les mandats, c'est hors de question. Les avis sont plus partagés sur le nombre de mandats, la hauteur des rémunérations et le contrôle de l'action par les citoyens. Mais il ressort de façon assez flagrante que très peu sont prêts à ce qu'on redistribue complètement les cartes, les règles et les rôles dans ce qui ressemble bel et bien à un territoire réservé à une classe, un club privé presque, une coterie. Les coulisses de l'exercice renforcent ce constat, au fond assez désolant : à de très rares exceptions, les élus qui ont répondu l'ont fait soit après avoir demandé l'autorisation à leur direction de parti, soit sous la dictée de celle-ci : des mots d'ordre et des consignes ont été envoyés aux parlementaires. Et nous avons reçu des réponses types voire une même version pour tous les membres d'une formation. Nous faisant comprendre que c'est l'état-major qui décide de tout. Même de ce que les troupes doivent penser. Ou dire qu'elles pensent.

Ceci aussi démontre l'urgence du renouveau politique. Il passera par de nouvelles figures, de nouveaux modèles, de nouvelles pratiques et de nouvelles équipes. 

 

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En Marche.be sort de l'ombre

 

 

 

 

08/09/17 à 11:46 - Mise à jour à 11:46
Du Trends-Tendances du 07/09/17

 

Dans la foulée de l'élection présidentielle française, ce fut la bousculade politique pour le titre de "Macron belge" au printemps dernier. Un ancien journaliste pourrait bien coiffer tout le monde sur le poteau.


 

Jean-Yves Huwart, 42 ans, vient en effet de révéler être à l'initiative du mouvement En Marche.be, mouvement qui s'inspire résolument - quoique sans rechercher d'adoubement officiel - des réflexions politiques d'Emmanuel Macron.

Cette structure réunit une centaine de sympathisants, souvent issus du monde de l'entrepreneuriat digital. Elle ambitionne de présenter des listes aux élections communales de 2018 et aux législatives de 2019.

En Marche.be revendique " une inspiration sociale-libérale " dépassant les clivages politiques classiques. " Nous voulons changer le cadre de référence, explique Jean-Yves Huwart. Il faut sortir de ce mode de fonctionnement fermé dans lequel la priorité des partis est bien souvent de nourrir leurs propres cadres. J'ai vu de près cette lourdeur, ce décalage entre les intentions et les réalisations. " Cela passe par le décumul intégral des mandats politiques et la limitation à deux mandats électifs successifs au même niveau de pouvoir.

 

La volonté d'En Marche.be est de " remettre notre économie et notre société en mouvement, de placer l'esprit d'initiative à l'avant-plan ". Le programme s'élabore selon un processus participatif. " Nous ne prétendons pas aboutir à un truc ficelé, prêt à l'emploi, explique Jean-Yves Huwart. Nous aurons quelque chose de flexible, qui se nourrira des influx de toutes les personnes qui nous rejoindront. "

Jean-Yves Huwart, ancien journaliste de Trends-Tendances, a développé des espaces de coworking en Wallonie et contribué à l'émergence d'un réseau européen de ces espaces. Il s'est aussi beaucoup intéressé aux nouveaux modèles, plus horizontaux, d'entreprise et de management.

100 sympathisants. Une centaine de personnes contribuent au travail participatif d'élaboration du programme d'En Marche.be.


 
JSDEMAIN était déjà bien en avance
 6 ans auparavant, nous avions tout compris et vous ?
 

 

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Pour les élus francophones, le renouveau politique, c'est pas pour demain

08/09/17 à 09:05 - Mise à jour à 09:09
Du LeVif/l'Express du 08/09/17

"L'homme politique nouveau doit naître", écrivions-nous le 8 juin dernier. Qu'en pensent les principaux concernés ? Pas que du bien : plusieurs propositions d'experts en matière de gouvernance ne trouvent pas grâce aux yeux des élus.

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Pas un mot sur le décumul, ni sur la limitation des mandats, ni sur les mandats privés : le nouveau gouvernement wallon ne révolutionne pas la gouvernance. © Melanie Wengler/Isopix

Un joli cache-misère, cet accord de nouveau gouvernement wallon. Suppression de l'effet dévolutif de la case de tête ! Cadastre des mandats publics ! Panels citoyens ! Consultations populaires régionales ! Plafonnement des rémunérations des dirigeants des structures publiques ! Une véritable exhibition de bonne gouvernance... décrétée, en réalité, sous la précédente législature. Quelques touches bien orange-bleu, tout de même. Fin des suppléances, création d'une circonscription régionale, installation d'une commission de déontologie, interdiction d'engager des membres de sa propre famille dans son cabinet. Notez bien, pas d'embaucher celle de ses copains ou de faire employer la sienne... Mais pas un mot sur le décumul. Pas un mot sur la limitation des mandats. Pas un mot sur les mandats privés. Pas un mot sur ce qui a alimenté les scandales. Et l'indigestion citoyenne. Un joli cache-misère. L'homme politique nouveau attendra.

Le 8 juin dernier, Le Vif/L'Express publiait son " portrait-robot ". Un signalement dessiné suivant les recommandations de politologues, constitutionnalistes et philosophes. Avis de recherche aux propositions qui répareraient la panne démocratique actuelle. Sept avaient été épinglées : contact accru avec les citoyens, tirage au sort, contrôle des élus, limitation du nombre de mandats, limitation des mandats dans le temps, rémunérations et réforme des partis.

Utopie ? Autant poser la question aux premiers concernés. Les 242 élus francophones (fédéral, Sénat, parlements wallon et bruxellois, Fédération Wallonie-Bruxelles) et présidents de parti ont reçu un tableau. D'accord, pas d'accord ? Cent nonante l'ont rempli, un taux de réponse de 79 %. Ce n'était pas gagné : le taux de réponse spontanée ne dépassait pas les 20 %. En même temps, 21 % semblent toujours s'en ficher comme de leur premier mandat. Bien qu'un gouvernement ait implosé entre-temps, rendant la thématique de la bonne gouvernance encore plus actuelle. Les édiles déclarent en vouloir davantage. Mais pas n'importe comment.

 

Tirage au sort : hors de question

 

Et certainement pas via le tirage au sort. Sans doute la mesure la plus étonnante avancée par les experts. Si un citoyen lambda choisi au hasard peut juger un prévenu aux assises, pourquoi ne pourrait-il pas - partiellement - gouverner ? Hors de question, répliquent massivement les politiques (jusqu'à 90 %). Ni via le tirage au sort des membres du Sénat, ni d'une partie des parlements, ni en créant une nouvelle assemblée populaire ou en utilisant les votes blancs. Rien de rien. Ce serait " un danger pour la démocratie représentative ", une option " dénuée de légitimité ". " Quid en cas de mauvaise pioche ? " s'interroge une humaniste. " Il serait déraisonnable de voir arriver dans une assemblée des gens incompétents ", " qui n'accepteraient le poste que pour le salaire ", craignent deux libéraux. " Le citoyen, prolonge un socialiste, n'est pas toujours le gardien de l'intérêt général mais souvent celui des intérêts de son "devant de porte". " Un point commun avec beaucoup d'élus...

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70 % des élus sont contre l'interdiction des mandats à titre privé


 

Une exception : tirer au sort pour constituer des panels citoyens (chargés de débattre sur des thématiques sociétales puis de remettre des recommandations), c'est " oui " à 84 %. Un " moyen adéquat " (dixit le MR) qui " ancre le travail politique dans les réalités vécues " (selon un PS). " Pourvu que la décision finale revienne aux élus ", insiste-t-on (toutes couleurs confondues). Seul le PTB est contre, pour avoir " observé que les recommandations sont très souvent ignorées, comme les avis des différentes commissions qui existent déjà ".

Un grand " oui ", aussi, à l'organisation de consultations populaires (95 %), déjà existantes mais fort peu utilisées. Unanimité moins grande mais majorité tout de même (64 %) pour la création d'un institut d'évaluation des choix technologiques où citoyens, experts et représentants de la société civile remettraient un avis sur les décisions politiques qui engagent la société sur le long terme. Bien que beaucoup soulignent que les organes d'avis pleuvent déjà et qu'il ne faudrait pas que cela devienne un " machin " aussi supplémentaire qu'inutile.lish for Free

Oui (mais) aux référendums

Ça passe aussi de justesse pour les référendums (60 %). Honnis du PS et de DéFI, mais adorés des autres partis. Oui mais à condition de prévoir des seuils de participation. Oui mais en évitant certaines matières, comme le budget ou les thématiques éthiques. Oui mais sans que cela revienne à exprimer un mécontentement à l'égard de la classe politique. Oui mais sans rallumer le feu communautaire belge. Oui mais gare aux populismes et aux manipulations médiatiques. Oui mais s'ils sont d'initiative populaire... Tellement de " mais " qu'il ne faut guère s'étonner de ne rien retrouver à ce sujet dans le programme gouvernemental MR-CDH.

Celui-ci prévoit bien, en revanche, de diminuer de 10 % les salaires des ministres. Tant mieux : dans notre sondage, 68 % entendaient conserver les rémunérations actuelles (sauf chez Ecolo et au PTB), tout en revalorisant les traitements les plus faibles (60,5 %), comme ceux des conseillers communaux et des bourgmestres des petites communes. " Un coût que la société doit assumer, qui contribuera à une gestion plus professionnelle ", prédit une Ecolo. La baisse des plus hauts émoluments (présidents de la Chambre et du Sénat, fonctions spéciales...) pourrait permettre d'en financer une partie : 96 % sont favorables à une diminution de ces " résidus de l'histoire que plus rien ne justifie " (Ecolo, toujours). Des cures d'amaigrissement ont déjà été décrétées, mais plusieurs voudraient qu'aucun salaire " spécial " ne puisse à l'avenir dépasser celui du Premier ministre, voire celui d'un député lambda.

Pas de majorité pour le décumul

 

Beaucoup glissent cette phrase, au passage : " Si le décumul se concrétise, il ne faut pas baisser les rémunérations des parlementaires. " Encore faudrait-il qu'il se concrétise. Seuls 48 % se déclarent en faveur de la version " intégrale ", où un élu = un mandat exécutif, point. Avec de grandes disparités entre les partis. Le MR le blackboule, le PS se tâte, CDH, Ecolo, DéFI et le PTB le réclament.

Quasi personne ne veut, en revanche, interdire les mandats à titre privé (70 % contre). Les justifications varient. Certains classent dans cette catégorie les activités professionnelles parallèles auxquelles ils ne veulent pas renoncer. D'autres évoquent ces postes (privés ou parapublics) occupés par des politiques " à titre personnel ", dont Publifin et le Samusocial ont révélé les effets pervers. La solution ne serait pas de les interdire (" au risque de se couper des réalités de terrain ", répète-t-on), mais bien de les déclarer et de traquer les conflits d'intérêts. Par contre, 81 % souhaitent restreindre le nombre de mandats liés à une fonction et 88 % considèrent que ceux-ci doivent être exercés gratuitement.

Limiter le nombre de mandats, OK. Quant à leur durée... Le décumul temporel, instauré en France par Emmanuel Macron (trois postes et puis s'en va), n'a pas la cote. Seuls 34 % y sont favorables. Tant pis pour le renouvellement. Les gens en ont marre de voir tout le temps les mêmes têtes ? Qu'ils votent pour quelqu'un d'autre !, répondent massivement les élus. Sur le mode " les élections, ça sert à ça ". Aux présidentielles hexagonales, peut-être. Mais chez nous, avec le poids des circonscriptions, des coalitions, des partis, des cases de tête, tout ça...

Rendre des comptes : 50-50

Puis, un scrutin au bout de cinq ou six ans, un peu léger, comme moyen de pression. Donner aux citoyens davantage de contrôle : une piste privilégiée par les experts. Qui mettaient sur le tapis l'instauration d'assemblées publiques, devant lesquelles les élus viendraient rendre des comptes à intervalles réguliers. Pour quelles raisons ils votent telle loi, sur quels dossiers ils bossent, ce qu'ils proposent... Bof : 50 % des édiles sont séduits. Ceux qui ne le sont pas clament que les parlements servent déjà à ça, que le législatif contrôle l'exécutif et que les documents sont publics. Certains suggèrent que les débats soient mieux retransmis sur le Net, d'autres épinglent ce rôle censé revenir à la presse (" mais si ça pouvait permettre d'expliquer mes actes à la place des journalistes, pourquoi pas ! ", titille l'un). Un libéral imagine une obligation de publier un rapport annuel d'activité à la Cour des comptes, que chacun pourrait consulter.

 

Une proposition personnelle parmi beaucoup d'autres. En vrac, toutes couleurs confondues : organisation de sondages délibératifs, droit d'initiative citoyenne, développement de budgets participatifs, publication sur le Web de toutes les délibérations d'instances publiques, transparence sur les salaires, formation continue des mandataires, mise en place de panels de " citoyens témoins " qui suivraient les débats de société et livreraient leur témoignage sur cette expérience, filmer les conseils communaux, intégrer des cours de sensibilisation à la politique dans les programmes scolaires, " portes ouvertes " citoyennes au conseil communal, élire directement les bourgmestres...

Des idées. Puis des actes. Que les partisans du décumul intégral se l'appliquent, que les supporters de la limitation des mandats se restreignent, que les soutiens des assemblées de contrôle les créent, que les adeptes de la limitation temporelle se retirent le moment venu. En attendant que les partis prennent le relais. Renouveau bien ordonné commence par soi-même ?

Les coulisses d'un sondage

Connaissez-vous Jeremy Zeegers ? Nous non plus. Mais on aimerait bien. Après tout, c'est lui qui a rempli le questionnaire qu'au moins vingt élus libéraux ont ensuite renvoyé en leur nom. Transformant parfois l'une ou l'autre tournure de phrase, faudrait pas que le copier-coller du centre Jean Gol soit trop flagrant. Le MR avait battu plusieurs fois le rappel, par mail : "Certains d'entre vous ont été contactés par une journaliste du Vif/L'Express concernant un dossier "bonne gouvernance". Ci-joint, veuillez trouver les réponses préparées par les conseillers du Parti, sur lesquelles vous pouvez vous baser pour y répondre."

Chez DéFI, c'est Christophe Verbist, directeur du centre d'études Jacques Georgin, qui a pris la plume. Une députée avait habilement annoncé la couleur. "Voici, suite à de nombreux échanges et débats au sein de mon parti." Allez savoir qui s'y est collé du côté d'Ecolo mais, pas de doute, le mot d'ordre a circulé et, à lire copies identiques après copies identiques, il a été largement respecté.

Au PS, la consigne est tombée quelque part entre le mercredi 28 juin, 12 h 04 (heure à laquelle une attachée de presse nous a malencontreusement mis en copie d'un mail indiquant "nous n'avons encore rien reçu du parti") et le jeudi 29, 8 h 22 (heure à laquelle les réponses uniformes ont commencé à affluer). Gilles Doutrelepont, directeur de l'institut Emile Vandervelde, avait mis en garde tous les destinataires socialistes le 14 juin à 19 h 07. "Chères amies, chers amis, Le Vif/L'Express a adressé aux ministres et aux parlementaires une demande de positionnement sur une série de questions relatives à la gouvernance publique [...] Nous vous proposerons dans les prochains jours des réponses types pour chacune de ces questions, en phase avec les positions adoptées par le Parti."

Pauvre Gilles Doutrelepont. Ça n'a pas dû être drôle, de recevoir en retour plusieurs volées de bois vert. Du style "allez vous faire voir, l'IEV n'a plus rien à me dire". En plus poli. "Il n'a jamais vu un électeur de sa vie !, peste un élu. Je répondrai en mon âme et conscience." Signe des temps socialistes troublés...

C'est du off ?

Au PTB, la contestation n'est même pas une option. Une seule et unique réponse pour les huit élus. Comme si chacun devait penser uniformément. Seul le CDH a laissé le champ libre à ses ouailles. Ou presque. Il a d'abord fallu le feu vert de Benoît Lutgen, sans lequel une seule élue s'était aventurée à donner suite.

L'espoir d'obtenir des avis individuels était probablement naïf. Il aurait été plus rapide et simple de ne solliciter que les partis. De ne pas envoyer 242 e-mails, de ne pas repasser quasi autant de coups de fil (le taux de réponse spontanée ne dépassant pas les 20 %), de ne pas renvoyer un troisième et ultime rappel avant de ranger les élus dans la catégorie "n'ont pas répondu". "Je n'aime pas trop cette technique de classement", se vexeront deux édiles. Idem. Mais c'est apparemment la seule qui fonctionne.

L'espoir n'était cependant pas vain. Parmi les 79 % de répondants, une bonne moitié s'est livrée personnellement. Certains s'assurant parfois que ce serait bien "en off". "Parce que, sinon, je devrai suivre la consigne du parti." D'autres s'énervant de ce conformisme. "Vous recevez des copier-coller ? C'est glorieux ! Mais bon, ce n'est pas simple d'affirmer sa position, dans le système dans lequel on évolue." Pourtant, selon notre sondage, 77 % des élus considèrent que les formations politiques doivent se réformer. 83 % estiment même qu'elles doivent (re)faire émerger de nouvelles idées. Quant à les exprimer soi-même...

 

"Nous, les "petits", on a bien conscience de n'être que des presse-boutons", reconnaît un parlementaire. © FRÉDÉRIC SIERAKOWSKI/ISOPIX


 

Hello, Joe

Pas de généralité : le poids de la particratie ne pèse pas sur tout le monde. Pas sur cette ministre qui participe sans langue de bois. Pas sur ces députés qui multiplient les propositions originales. Bien que certains le vivent mal. "Nous, les "petits", on a bien conscience de n'être que des presse-boutons. Et quand on ne veut pas respecter la consigne de vote, ça fait toute une histoire." "Aujourd'hui, ce ne sont plus les députés, élus par le peuple, qui décident [...] de ce qui est bien ou mal pour la population, mais quatre présidents de partis dans le cadre d'un éventuel programme gouvernemental..." Dernier morceau choisi : "Je comprends que les gens soient épuisés et démoralisés par rapport à l'action publique. Au Parlement, quand on voit l'immaturité, les postures... Comment autant d'intelligence politique peut aboutir à un débat aussi vide et caricatural ?"

Caricaturale, l'expérience l'a parfois été, démontrant par l'absurde des reproches adressés aux hommes et femmes politiques. Ils seraient déconnectés des citoyens ? En tout cas, certains sont injoignables. Prenant soin de ne renseigner aucune coordonnée dans l'onglet "contact" sur les sites du Parlement. Ou juste un numéro de fixe que personne jamais ne décroche. Ou juste un e-mail dont la boîte de réception n'est jamais consultée ("Ah, vous avez envoyé sur cette adresse ? Je n'y vais pas !"), ou qui se révèle invalide. Combien de messages d'erreur ! L'un d'entre eux conduira même aux... Etats-Unis. "I don't know who think for, but it isn't for me. Joe." Sorry, Joe. Effectivement, ce n'est pas vous qu'on essayait d'atteindre.

Les politiques auraient besoin de décumuler ? En tout cas, beaucoup sont fort occupés. "Désolée, le temps me manque pour vous répondre." "J'ai bien transmis votre demande au ministre, mais il n'a pas le temps pour ça." Même pas un quart d'heure à consacrer sur plus d'un mois, c'est ballot. Sans doute les édiles qui ne nous ont toujours pas fait signe cherchent-ils encore quelques minutes dans leur agenda. Quelques-uns se sont montrés plus francs : pas envie de donner suite. Ou de mauvaise grâce. "Questions inutiles", écrira un humaniste en marge du tableau. "Je trouve vos propositions très orientées", se plaindra un socialiste. "Ces interrogations sont réductrices et unidirectionnelles, je trouve dommage que vous n'ayez pas envisagé d'autres pistes de réflexion", critiquera un libéral. C'est bien pour cela qu'une case "autre proposition" avait été prévue. Et laissée vide, dans le cas présent.

 

 

 

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Cette crise monétaire qui annonce la catastrophe économique

 

La politique monétaire actuelle prépare la crise économique de tous les temps.

Par Jean-Luc Ginder.

Cette crise sans précédent sera provoquée par la distorsion entre la création monétaire et la création de richesses. La création inconsidérée de liquidités monétaires ne résout aucun problème de l’économie réelle mais aura pour conséquence de les aggraver.

En 2008 et 2009, les crises bancaire, financière, économique, sociale ont conduit à la crise institutionnelle que nous vivons aujourd’hui. À cette époque, il a été absolument indispensable de créer de la monnaie pour apporter de nouvelles liquidités aux banques afin qu’elles puissent recommencer à prêter. À l’inverse, cette mesure est extrêmement imprudente neuf ans plus tard et les conséquences seront gravissimes sur le plan économique.

Surabondante expansion monétaire

En effet, on assiste à une reprise partielle des économies mondiales et dans ce même temps l’expansion monétaire continue d’être surabondante.

Même la banque centrale européenne achète des obligations et paie abondamment en créant de la monnaie en euros. Cette monnaie est redistribuée à ceux qui vendent leurs obligations à la banque centrale européenne, qui redistribue cette même monnaie. Là se trouve le véritable danger car cette monnaie en euro est créée de façon gigantesque, fabriquant l’infernale bulle.

Le cycle déjà lancé est simple à comprendre. C’est d’abord le prix des actions cotées en bourse qui monte et ensuite rechute, puis on constatera une hausse des actifs dans les pays émergents, ensuite une chute de ces mêmes actifs par désinvestissement créant par conséquence l’effondrement des taux de change de ces mêmes pays.

La bulle monétaire gonfle

Pour la première fois dans l’histoire de l’économie moderne, on constate que tous les marchés financiers dans le monde sont inondés par les liquidités. L’augmentation de la masse de monnaie se chiffre en milliards d’euros par jour et malgré sa circulation les structures de la bulle dangereuse s’amplifient. La bulle gonfle sur les obligations pour lesquelles les taux d’intérêts sont extraordinairement bas. Pour exemple, l’État allemand se finance à ½ % sur sa dette à 10 ans.

Le monde financier, y compris l’État français, trouve dans cette surabondance une excellente idée car effectivement la dette publique française à très petit taux en devient plus insignifiante…

Sauf que. Que va-t-il se passer lors de l’éclatement de la bulle obligataire tout comme éclata la bulle actions de 2008 ? Car la bulle obligataire va irrémédiablement exploser.

Vers l’éclatement de la bulle

Contre toute logique, il est aujourd’hui convenu avec bienveillance que les petits taux d’intérêts liés au marché obligataire ont un impact positif, alors qu’en réalité ce marché va se corriger mécaniquement en poussant les taux vers des sommets et faisant éclater la bulle.

Tous ceux qui se sont endettés à petits taux, y compris les États, seront confrontés à des taux d’intérêt beaucoup plus élevés, tous ceux qui ont acheté des obligations (des assureurs, des banques…) seront eux confrontés à la chute de la valeur de leurs achats. Imaginez que cette bulle bien réelle est bien plus gonflée que la bulle immobilière de 2008. La crise sera immédiate et très grave.

Pourquoi laisse-t-on faire alors que l’on sait ?  Pourquoi les banques centrales mondiales continuent-elles d’inonder de liquidités ? Pour des raisons assez futiles en réalité.

L’inflation européenne

En Europe par exemple, on vise un taux d’inflation de 1% pour l’année 2017 alors que la banque centrale européenne attend un taux égal à 2% afin de contrecarrer la non augmentation des salaires et un prix du pétrole bas.

Pour satisfaire à cette envie de pousser l’inflation européenne, il est nécessaire pour elle de fabriquer une montagne de monnaie européenne encore et encore. Là se niche le vrai problème. Car cette avalanche d’euros a pour effet de multiplier les risques de la crise obligataire.

Pour quelle finalité ? Notre situation économique est-elle meilleure avec un taux de 2% d’inflation ? Ma réponse est NON.

L’erreur des banques centrales

Le risque de placer l’inflation à 2% est énorme et il est inutile et dangereux. La fascination constatée pour l’inflation n’a pour intention que de créer l’illusion d’une augmentation du pouvoir d’achat des Européens avec un effet économique nul. Les banques centrales souffriraient-elles d’une pensée réglée sur des réflexes passéistes venus d’une époque où on régulait par l’inflation ? Elles omettent dangereusement de prendre en compte que l’impératif actuel est de résorber l’excès d’endettement.

Il est crucial aujourd’hui de réguler pour disposer de la bonne quantité de liquidités en circulation plutôt que d’imprimer de la monnaie en surabondance. Il est primordial de fixer un objectif historique qui fournira la juste quantité de monnaie.

Il est responsable d’oublier l’idée de l’inflation qui fut le vrai problème des années 80 et qui n’est plus un problème contemporain. Il résulte de la situation actuelle une distorsion croissante entre l’économie financière et l’économie réelle.

Le problème institutionnel

Le choix de la relance par la demande a été la solution retenue dans les années passées. On ne peut que constater que les effets attendus ont été minimes et malgré un euro déprécié et un pétrole trop bon marché, l’option retenue n’a pas fait ses preuves. On constate d’ailleurs que les profits des très grandes entreprises remontent.

Le problème économique français s’est donc naturellement déplacé vers les institutions. Après le problème de la demande, puis celui des profits, nous sommes à l’heure du problème des institutions. Dans un avenir proche, il faudra sans doute envisager de les modifier avec la plus grande prudence.

Nous avons vécu dans les années 60-70 une économie rythmée par des cycles. Il y avait des cycles de croissance suivis par des cycles de décroissance. Aujourd’hui les cycles ont disparu et les périodes de décroissance se manifestent par des effondrements de l’économie. On vend alors de la finance qui se répand dans l’économie réelle. Pour preuve l’impossibilité de remonter les taux d’intérêts sans écraser l’économie mondiale.

Nous allons assister à un effondrement de notre économie dans un avenir très proche…. Notre réalité est devenue cruelle car on ne peut plus sortir de la politique de surproduction monétaire. Après l’explosion de la bulle, nous seront jetés dans la crise obligataire.

 

 

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Les petits cadeaux du camarade Madrane

04/09/17 à 14:25 - Mise à jour à 14:25
Du LeVif/l'Express du 01/09/17

Rachid Madrane est un ministre en suspens, crise politique oblige. Mais les critiques dont il fait l'objet en matière d'aide à la jeunesse ne s'interrompent pas. Beaucoup l'accusent de favoriser les projets socialistes et laïques. Lui affirme remettre de l'ordre.


 

Alda Greoli a bloqué l'attribution de subsides à neuf associations, accusant Rachid Madrane de les avoir sélectionnées de manière partiale et peu transparente. © DENIS CLOSON/ISOPIX

Des jouets, comme s'il en pleuvait. Puis des livres, du mobilier et même des matériaux de construction offerts par une entreprise. Un article dans la presse, et les dons avaient afflué. Généreux, mais insuffisants pour atteindre les 300 000 euros nécessaires à la rénovation du Biseau, à Binche. Cette maison d'accueil, la pédiatre Colette Van Helleputte l'avait imaginée à force d'accueillir à l'hôpital trop d'enfants parqués. Nullement malades mais en difficulté familiale, casés là faute de places en institutions de placement. " Retraitée il y a un an, j'ai essayé d'avancer. A la télé, un jour, j'ai vu Alda Greoli (NDLR : ministre CDH de l'Enfance) et Rachid Madrane (NDLR : ministre PS de l'Aide à la jeunesse) annoncer des moyens. J'ai sauté sur l'occasion. Comme je n'avais pas de personnalité juridique, j'ai sollicité l'asbl Alises, que je connaissais via le CHU Tivoli, qui a rentré le projet pour nous. " Bingo ! Le Biseau obtient 521 357 euros. Embauche 12 personnes, entame les rénovations et, en attendant, loue un gîte où les juges de la jeunesse ont déjà envoyé huit enfants. Puis reçoit, le 21 juillet dernier, un courrier de l'administration : " Désolé, les subsides sont bloqués. "

Huit autres institutions attendent toujours la lettre. Et l'argent. Toutes avaient répondu à l'appel à projets lancé en novembre 2016 pour la création de 100 nouvelles places d'hébergement (Saae) et 120 prises en charge " sur site " (Saie), grâce à un refinancement inédit de 11,3 millions. L'équivalent, pour le secteur, d'une Saint-Nicolas qui tomberait en même temps que Noël et Pâques, tant les besoins sont abyssaux. Ces millions auraient pu sanctifier à jamais Rachid Madrane. " On se réjouit qu'il s'en aille ! ", entend-on pourtant massivement aujourd'hui. Alda Greoli l'a sans doute ouï aussi, avant de décider de bloquer les fameux subsides (3,8 millions, au total), lors du dernier gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles avant les vacances, le 19 juillet dernier.


 

Philippon Toussaint, conseiller au cabinet Madrane, favorise-t-il l'asbl dont il était le directeur ? © DR


 

Sans la crise politique PS-CDH, ce point serait certainement passé comme une lettre à la poste. En guise de représailles, Rachid Madrane a refusé un autre subside, qui devait revenir à une asbl dont le trésorier est député CDH. Nananère ! " Nous avons le sentiment d'être victimes d'une guéguerre ", soupire Colette Van Helleputte. " Nous avons joué notre rôle de contrôle, au risque de paraître antisocial ", s'explique le porte-parole de la ministre. Qui justifie ce blocage : " 100 % des bénéficiaires sont proches du PS. Et, après un coup de sonde, on s'est rendu compte que tout le monde n'avait pas été au courant de cet appel à projets ! "

Pas au courant ? Un courrier a bien été envoyé à tous les Saae et Saie de Bruxelles, Liège et Charleroi. Mais pas à d'autres structures, comme les PPP (projets pédagogiques particuliers). Tous PS ? Le CDH oublie de mentionner une asbl, La maison de l'institut Michotte, fondée en son temps par des religieuses. Pour les huit autres associations, Alda Greoli a raison. Alises (Le Biseau) est présidée par un conseiller communal PS, administrateur chez Solidaris. Le Phare et l'Olivier, deux nouvelles structures d'accueil, sont développés par Solidarité étudiants tiers-monde, qui dépend du Service social de solidarité socialiste à Saint-Gilles - tout est dans le nom. Les petits Spirou, les Carliers et la Route buissonnière sont portés respectivement par les CPAS de Charleroi, Tournai et Liège - tout est dans la couleur politique. Quant aux Moussaillons et au Rebond, ils dépendent de la Cité de l'enfance à Charleroi, division de l'ISPPC. Dont le directeur, Alberto Mulas, a été détaché pour devenir chef de cabinet adjoint de Rachid Madrane - tout est dans la proximité.

La revanche des laïques

Une proximité qui fait jaser. Car une fois sa parenthèse politique refermée, Alberto Mulas retournera à la Cité de l'enfance. En attendant, il ne se priverait pas pour arroser ses services. En mai, Alter Echos relatait l'épisode de l'agrément de la Maison de l'adolescent (Mado), le " bébé " d'Alberto Mulas. L'agrément, dans le secteur, est aussi recherché que le Graal : fini de se battre chaque année pour quelques deniers, la subvention devient automatique. La Mado l'a obtenu... contre l'avis de la commission, certes non contraignant. Que le ministre se soit assis dessus reste encore en travers de beaucoup de gorges.

Tout comme le résultat de l'appel à projets Saae/Saie. L'ISPPC devait être bien servi (743 000 euros et 28 places sur 68), alors qu'Alberto Mulas siège au comité de sélection. Il se retire, paraît-il, lorsque le vote le concerne. " C'est bien gentil, ironise le député Ecolo Matthieu Daele. Mais dans ce genre de commission, les décisions se prennent au rapport de force informelle plutôt qu'au vote. " " Au vu des attaques dont il est la cible, Alberto Mulas ne semble pas avoir que des amis, réplique le cabinet dans une réponse écrite de 18 pages. Doit-on se passer d'expertises sous prétexte de risquer d'importer des inimitiés ? Et doit-on priver les institutions dont il provient de tout subside pour éviter la suspicion de conflit d'intérêts ? C'est évidemment irréaliste [...] "

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"On se réjouit qu'il s'en aille !", entend-on massivement aujourd'hui


 

Alberto Mulas et Rachid Madrane voueraient une sainte horreur à la mouvance confessionnelle. " Ils sont obsédés par le clivage catho/laïque, observe le juge Pierre-André Hallet, qui siège au Conseil communautaire de l'aide à la jeunesse. Et je crois qu'ils se trompent. " Beaucoup le pensent aussi. Si les racines du secteur sont clairement chrétiennes, " beaucoup de conseils d'administration se sont professionnalisés et émancipés ", dépeint un directeur " parfaitement athée ". " Ce clivage n'existe que dans la tête des socialistes. "

Les laïques, eux, jugent que " confessionnel et professionnel n'ont pas toujours fait bon ménage ", dixit Jacques Duchenne, directeur d'une AMO (service d'aide en milieu ouvert). Et considèrent que l'émancipation catholique n'a pas eu lieu. Après tout, des asbl mentionnent encore dans leurs statuts vouloir " promouvoir (leurs) objectifs dans un esprit évangélique " ou céder leurs actifs en cas de liquidation à une congrégation religieuse. " Pour moi, ces statuts doivent être modifiés. Mais il ne faut pas se tromper de combat. Oui, il y a cinquante ans, on obligeait un petit musulman à aller à la messe et c'était inacceptable. Mais ça n'existe plus ", garantit Luc Somers, directeur de plusieurs institutions privées, qui souhaite l'apaisement.

"Des méthodes de pirates"

Car apaisé, le secteur de l'aide à la jeunesse ne l'est plus. Encore moins depuis l'attribution des subsides Saae/Saie. Quatorze projets sur 25 sont catalogués laïques/publics et concentrent 75 % des sommes allouées. Alors que le privé, largement majoritaire, était habitué à recevoir 80 % des financements. " Nous aurions voulu une répartition juste, basée sur l'évaluation des dossiers. Or, ici, le cabinet a simplement distribué l'argent ", soutient un directeur. Le favoritisme politique a toujours existé, sous tous les ministres, reconnaissent plusieurs responsables. " Mais de façon moins perceptible ", considère l'un. " Avec plus de doigté et des queues de budget, poursuit un deuxième. Ici, le cabinet emploie des méthodes de pirates, dans des proportions inusitées. " " S'il avait rééquilibré à 70 % pour le privé, 30 % pour le public, pourquoi pas. Mais là... ", embraie un troisième.

 

" Jamais un ministre n'a eu une aussi mauvaise gouvernance et n'a autant traficoté. Et j'ai travaillé dans un cabinet (NDLR : de Catherine Fonck), je sais comment ça marche ", ose Philippe Renard, directeur d'une AMO. Les nouvelles structures, L'Olivier à Bruxelles et Le Phare à Liège, devaient chacune recevoir 528 664 et 662 584 euros. Alors que Solidarité étudiants tiers-monde, la structure qui les chapeaute, n'est pas active dans l'aide à la jeunesse : son but social est d' " assister les étudiants et stagiaires étrangers ". En 2016, l'asbl affichait une perte cumulée de 1,8 million. Le cabinet Madrane répond qu'il s'agit d'investissements, pas d'un déficit, et qu'une inspection pédagogique et financière a été menée. Quant aux statuts, ils devraient être adaptés prochainement. Aucun rapport, donc, avec le PS saint-gillois.

Aucun favoritisme non plus dans le dossier Dynamo et Andenn'AMO. Ces deux structures sont passées devant la commission d'agrément le 29 juin dernier. La première, déjà en catégorie 3 (le Graal du Graal), pour obtenir deux emplois supplémentaires. La seconde pour obtenir un agrément de catégorie 1. La première était dirigée par Philippon Toussaint avant son détachement au cabinet Madrane comme conseiller. La seconde est présidée par Carine Jansen, l'épouse de Claude Eerdekens, bourgmestre PS d'Andenne. Andenn'AMO n'a surtout jamais été en activité, alors qu'une AMO fonctionne en général plusieurs années en phase d'essai avant d'être reconnue.

" On nous fait un procès d'intention, regrette Carine Jansen. Nous avons suivi un processus tout à fait normal. " " Ces deux structures sont proches de Madrane, ne nous mettons pas la tête dans le sable. D'ailleurs, les débats ont été tendus, même si les avis rendus sont positifs. Là où on a envie de pousser un coup de gueule, c'est que d'autres services fonctionnent et sont en attente de leur agrément depuis des années ", regrette un membre de la commission.


 

Alberto Mulas (au centre, lors de l'inauguration de "sa" Maison de l'adolescent à Charleroi) a été épinglé pour avoir indûment touché un complément de salaire de 400 euros pendant 30 mois. © ISPPC


 

Chantage aux subsides ?

Faut-il copiner, adhérer, flatter pour entrer dans les bonnes grâces ministérielles ? En tout cas, mieux vaudrait ne pas critiquer. " Je ne peux pas parler, je paie déjà assez cher comme ça ", s'excuse un interlocuteur. " Si je dis ça, je suis mort ", certifie un autre. Plusieurs déclarent s'être retrouvés ostracisés après avoir exprimé une opinion trop contraire. Sur le mode " ce n'est plus la peine d'espérer un subside " ou d'une inspection pédagogique qui débarque inopinément. " Il n'est pas dans les pratiques du ministre, ni des membres de son équipe, de se livrer à de telles intimidations, réfute le cabinet. L'accusation est lourde, mais grossière. "

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"Jamais un ministre n'a eu une aussi mauvaise gouvernance et n'a autant traficoté"


 

Fantasmés également, ces " vous n'êtes pas dans la bonne fédération, venez à la Flaj, vous aurez ce que vous voulez ", relatés à plusieurs reprises ? Cette fédération laïque de l'aide à la jeunesse a été créée en 2016. Sa trentaine de membres estime ne pas avoir été bien défendus au sein de l'Inter-Fédérations, structure qui regroupe 10 fédérations, soit 330 organismes sur 365. " L'Inter-Fédérations représente surtout des services issus du monde catholique et de l'hébergement, et non le secteur de la prévention ", assure le président de la Flaj, Jacques Duchenne.

Nombreux estiment que la Flaj a été créée sous l'impulsion d'Alberto Mulas, par vengeance à la suite d'un vieux contentieux personnel à l'égard d'Ance, autre fédération laïque membre de l'Inter-Fédérations. L'intéressé s'en défend. " Je ne l'ai jamais rencontré ", abonde Jacques Taylor, membre fondateur de la Flaj. Qui reconnaît une " bonne écoute intellectuelle du cabinet, mais certainement pas une écoute financière ". D'ailleurs, ajoute-t-il, le dossier qu'il a rentré dans le cadre de l'appel à projets Hors les murs, destiné à soutenir des initiatives développées par les AMO, n'a pas été retenu. Pas de chance. Car sur les 25 projets subsidiés (sur 45 rentrés), 15 émanent des membres fondateurs de la Flaj. Dont deux asbl liées à Philippon Toussaint et trois chapeautées par l'ISPPC.

Des montants indécents

Autre décision ministérielle entachée de suspicion : la volonté d'augmenter l'âge de la prise en charge de 18 à 25 ans (finalement 22 ans après un compromis avec le CDH). Ce qui serait un moyen de permettre la reconnaissance des Mado (maison de l'adolescent), car l'avis négatif de la commission d'agrément se basait sur la non-conformité des 25 ans. " Absurde, rétorque le cabinet. On ne détermine pas une politique pour un type de service, mais bien en fonction des besoins observés [...] "

Dans sa réforme du secteur (bloquée au parlement depuis la crise politique), Rachid Madrane prévoit de créer six postes de chargés de prévention. Car " la coordination des actions de prévention n'est pas aussi efficace qu'elle devrait l'être ". " Un moyen de recaser des copains PS ", s'énervent plusieurs. Le ministre nie : l'administration se chargerait de la sélection, après procédure officielle de recrutement. Reste que les montants budgétés, même s'ils respectent les barèmes, paraissent indécents dans ce milieu désargenté. 620 000 euros de rémunération annuelle (103 000 par tête de pipe), 42 000 euros de frais de fonction et 210 336 euros pour l'embauche de six assistants.

Rachid Madrane balaie toutes les critiques. Peut-être bouscule-t-il les " habitudes de certains membres influents du secteur qui avaient, depuis de longues années, pu faire valoir leurs préférences auprès des ministres précédents. " Lui met fin à " un certain nombre d'anomalies " et veille " à ce que sa gestion bénéficie au plus grand nombre " au-delà des tendances philosophiques. Bref, il ne favorise pas, il objective. Le ministre pensait même être " sorti des logiques de méfiance ". Apparemment pas.

 

 

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Vous voulez déboulonner quelques icônes du mal ?

 

 Commencez par le Che !

 

Enlever tous les hommages d’État à Che Guevarra ? Cela suscite une vive polémique.

Par Federico N. Fernández.

Rosario est la deuxième ville la plus ancienne d’Argentine. Située sur les rives du fleuve Paraná et peuplée d’habitants rudes au travail, elle dispose d’un port actif et peut s’enorgueillir d’abriter le Monument national au drapeau ainsi que deux clubs de foot, le Rosario Central et le Newell’s Old Boys, dont l’âpre rivalité est légendaire dans le pays.

C’est aussi la ville de naissance d’Ernesto Che Guevara.

Parallèlement à la montée du populisme de gauche en Argentine et dans tout le reste de l’Amérique du Sud, ces quinze dernières années ont vu fleurir les hommages à la figure du Che, tous étant d’une manière ou d’une autre financés par l’État. Le plus imposant est une statue de 4 mètres de haut installée sur une place publique.

La Fondation Bases (Fundación Bases), dont le siège est situé à Rosario, s’est associée à la Naumann Foundation afin de lancer une campagne pour demander l’enlèvement de tous les hommages d’État à Che Guevara. Nous savions qu’une telle action susciterait la controverse, mais honnêtement, nous étions loin de nous attendre au niveau de réaction qui s’est manifesté.

À propos de l’homme Che Guevara

Qui était donc ce Che Guevara ? Ernesto Guevara de la Selva (1928-1967), mondialement connu comme le Che, venait d’une famille aristocratique désargentée. Il s’était lancé dans des études de médecine, mais alors qu’il était sur le point de les achever, il entreprit un voyage initiatique dans toute l’Amérique latine. En nombre de lieux où il passa, il fut témoin de dures réalités humaines et même de situations d’exploitation. Cette partie de sa vie futportée à l’écran dans le film Carnets de voyage, son rôle étant joué par la star latino-américaine du moment, Gael García Bernal.

Mais à cette époque, il n’était pas encore communiste. Ainsi que l’explique Juan José Sebreli, il ressemblait plus à un aventurier en quête d’une cause à défendre, peu importait laquelle. En fait, il prévoyait d’aller en Europe, quand il rencontra les frères Castro au Mexique en 1955. Il se rallia à leurs projets et se transforma en révolutionnaire pour la « libération » de Cuba.

Sous le commandement de Fidel Castro, le Che obtint son unique victoire militaire. Toutes ses autres aventures révolutionnaires furent des désastres où il finit par trouver la mort. Cependant, pendant toute la prise de pouvoir à Cuba, il devint rapidement connu pour son insensibilité et sa violence. Il procéda à de nombreuses exécutions, tant avant qu’après l’accession des révolutionnaires au pouvoir, et c’est toujours avec la plus extrême précision qu’il racontait comment il avait fait sauter la cervelle de tel ou tel pauvre type. À l’Assemblée générale des Nations unies, il alla jusqu’à reconnaître que son gouvernement avait fusillé en nombre et qu’il continuerait à le faire tant que ce serait « nécessaire ».

Il était aussi à l’origine de l’ouverture du premier camp de concentration cubain – où les homosexuels et les chrétiens étaient torturés et rééduqués.

Cerise sur le gâteau, il pensait que la haine était la force la plus importante en ce monde et il vouait une grande admiration à Joseph Staline.

Sur le plan gouvernemental, il fut Président de la Banque centrale de Cuba et ministre de l’Industrie, deux fonctions dans lesquelles il échoua lamentablement. En tant que banquier central, il parvint ni plus ni moins à détruire la monnaie cubaine – qui avait été à parité avec le dollar pendant des décennies. En tant que stratège industriel, son administration était si chaotique qu’un pays des Caraïbes comme Cuba en vint à acheter des chasse-neige !

Le régime auquel le Che a prêté main-forte pour s’installer à Cuba est l’un des plus autoritaires du monde. Depuis le triomphe de la révolution en 1959, 10 000 personnes ont été exécutées, 80 000 sont mortes en tentant de quitter l’île, et 1,5 million ont été forcées de s’exiler.

Pour l’enlèvement de tous les hommages au Che

C’est avec tous ces éléments en tête que la Fondation Bases a lancé sa campagne « Pour l’enlèvement de tous les hommages à Che Guevara ». Nous demandons au conseil municipal de Rosario de procéder à la suppression de la pléthore de mémoriaux en tout genre qui ont proliféré en ville depuis une quinzaine d’années.

Nous savons qu’il sera difficile d’aboutir, car les politiciens qui ont entamé ce « Che business » sont encore au pouvoir. Mais nous savons aussi que nous lançons une conversation ainsi qu’un débat nécessaire.

Nous voulons que les jeunes qui portent des T-Shirts du Che sachent qu’il n’est pas un article de mode mais une froide machine à tuer. Et nous voulons qu’ils sachent que cela revient exactement au même que s’ils portaient des T-shirts Staline, Mao ou Hitler.

De plus, nous voulons expliquer aux habitants de Rosario que ce culte du Che est une falsification de l’Histoire. Les autorités locales qui l’ont élevé au niveau d’un saint laïc négligent de mentionner ses crimes pourtant bien documentés, ainsi que le fait qu’il n’a rien fait pour l’Argentine. En réalité, il n’a vécu à Rosario que jusqu’à l’âge de 1 an.

La Fondation Bases défend le libéralisme classique. Or le libéralisme classique, c’est l’anti–Che. Nous croyons à la coopération entre les individus et les nations, au libre-échange et à la paix. Pour reprendre les termes de notre Directeur général Franco López dans un entretien avec des médias colombiens, « nous sommes pour les droits de l’homme pour tous ; les opinions politiques de chacun n’ont pas à entrer en ligne de compte. »

Beaucoup d’amis et quelques ennemis

Dès son lancement, notre campagne a attiré l’attention des médias locaux. Et en juillet, Jack Aldwinckle écrivit un article d’une demi-page dans The Economist.

Suite à cela, l’attention des médias devint générale. Depuis, nous pouvons dire que tous les journaux, toutes les radios et toutes les télévisions d’importance du pays ont couvert l’événement. Par exemple, dans « La Nación » – quotidien national argentin de référence – notre article fut le plus lu du jour.

Et ce n’est pas tout. Nous avons aussi capté l’attention de médias internationaux tels que La Razón (Espagne), El Mercurio (Chili), El Comercio (Perou) et Radio Marti (Miami), pour en mentionner quelques-uns.

L’aide que nous avons reçue d’institutions et de personnes proches de nos idées libérales fut incontestablement l’un des grands moments de cette campagne. Citons des personnes formidables comme Bob Murphy, Gustavo Lazzari, Javier Milei, Steve Horwitz, Roberto Cachanosky et Marcelo Duclos ; et des think tanks comme Libertad y Progreso, Atlas NetworkAustrian Economics Center, Independent Institute, Relial, Mises Hispano, Instituto Juan de Mariana, etc.

La réaction de l’opinion publique générale fut également spectaculaire. Nos publications sur les réseaux sociaux sont abondamment partagées et retweetées. Dans l’ensemble, environ 65 % des commentaires sont en accord avec notre campagne. Qui plus est, notre pétition en ligne a reçu des milliers de signatures.

Bien évidemment, il aurait été miraculeux d’échapper à des réactions hystériques en provenance de la gauche. Nous avons été traités de tous les noms infâmants possibles, depuis « néolibéraux » jusqu’à « néonazis ». Nous avons reçu des menaces de mort et on nous a souhaité les pires sévices. Sur Facebook, par exemple, un commentateur a appelé de ses vœux l’arrivée d’une dictature communiste qui nous ferait tous disparaître.

Du Che Guevara dans le texte, en somme.

Traduction par Nathalie MP pour Contrepoints de Removing Statues of Violent Bigots ? Start with Che.

 

 

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« Ils croient que la nature est bonne » de Jean de Kervasdoué

 

 

Lorsque l’écologie dépasse le cadre de la science. Présentation d’un ouvrage qui entend ramener des questions fondamentales dans le domaine de la raison plutôt que des émotions, de la politique ou de l’idéologie.

 
 

Par Johan Rivalland

 

À travers cet ouvrage, et à l’instar des précédents (du moins pour les plus récents), Jean de Kervasdoué entend dénoncer dans Ils croient que la nature est bonne, les confusions qui règnent, en matière d’écologie, entre discipline scientifique et écologie politique.

C’est pourquoi, déplorant que l’on adopte un même mot pour désigner des personnes ou entités aux démarches et finalités très différentes,  il parle d’écologues au sujet des chercheurs, afin de bien les distinguer de tous ceux qui en font une sorte d’engagement politique,  auxquels il réserve le qualificatif d’écologistes, ces derniers délivrant trop souvent des interprétations erronées ou excessives relevant parfois de la duperie.

Revenir à la raison

Face à ce constat, il convient de dépassionner le débat pour tenter de revenir à la raison. D’autant que, face à ces assauts de militants qui occupent particulièrement bien toutes les sphères de la communication et de la société,ce sont les croyances qui finissent par l’emporter sur la raison.

Il ne s’agit pas de nier certaines préoccupations en matière d’environnement – Jean de Kervasdoué se dit d’ailleurs très concerné en la matière – mais d’éviter de sombrer dans les excès et l’irrationalité la plus absurde et dommageable. Le problème étant que les écologistes utilisent en permanence et très habilement les médias pour véhiculer leurs assertions, rendant peu audibles leurs éventuels détracteurs ou, plus grave, les véritables spécialistes scientifiques sur ces questions :

La lutte médiatique n’est pas égale car si les écologues, scientifiques de l’écologie, publient le plus souvent en anglais des articles austères pour une audience limitée ayant en horreur la généralisation hâtive et les vérités approximatives, les écologistes politiques, aux nombreux relais médiatiques, font flèche de tout bois pour couvrir l’espace public où ils déversent leurs interprétations des choses.
Leur angle est malthusien, anticapitaliste et libertaire. Si les écologues cherchent, les écologistes ont déjà trouvé. Leur but n’est pas de comprendre le monde, mais d’agir sur le monde et ils savent que pour y parvenir, la bataille idéologique est essentielle.

D’où les oppositions de vocabulaire parfaitement révélatrices que l’on trouve désormais de manière habituelle un peu partout :

 
 

Dans ce monde manichéen, il y a d’un côté le « bien » avec ses mots vertueux – écologie, environnement, éolienne, lanceur d’alerte, santé… – et leurs qualificatifs tout aussi positifs – vert, naturel, durable, circulaire, biodynamique, biologique, photovoltaïque, recyclé, économe, local, associatif, décentralisé… – et de l’autre « le mal » – charbon, pesticides, OGM, nucléaire, pollution, croissance, climato-sceptiques… – et des qualificatifs négatifs – polluant, dangereux, intensif, capitaliste, industriel, cancérigène, corrompu… Entre les deux les mots « progrès » et « scientifique » font le va-et-vient, selon qu’ils servent dans l’argumentation le « bien » ou le « mal ».

La négation des fantastiques progrès observés

De même que Johan Norberg montre de manière éblouissante en quoi « Non, ce n’était pas mieux avant »(probablement le livre le plus important et le plus instructif que j’ai lu ces dernières années et dont je ne saurai trop vous conseiller la lecture), Jean de Kervasdoué dresse dans un premier chapitre au titre ironique (« Tout va mieux, mais c’est très inquiétant car cela pourrait aller plus mal ») nombre de constats qui montrent que, malgré un certain pessimisme ambiant, nombreuses sont les sources d’amélioration dans notre monde (même si, bien évidemment, rien ne sera jamais parfait), y compris en matière d’écologie. Et ce, en contradiction avec les erreurs et fausses prédictions non vérifiées pourtant assénées avec vigueur par des entités telles que le Club de Rome en 1972, entre autres.

Le problème étant que les catastrophistes, tel que les dénomme l’auteur (ou déclinistes, autre appellation), trouvent toujours de nouveaux arguments ou autres sujets d’inquiétude lorsque leurs prédictions ne sont pas vérifiées (il en apporte quelques exemples).

Le sujet sensible de l’agriculture

L’agriculture fait partie de ces domaines (et pas n’importe lequel, il faut bien dire, car nous en vivons !) pour lesquels nous avons connu de fantastiques progrès, qui ont grandement bénéficié à l’humanité.

Et pourtant, déplore Jean de Kervasdoué, les agriculteurs se trouvent abreuvés de reproches, d’autant plus regrettables qu’ils ne sont pas toujours bien fondés.

C’est pourquoi il y consacre un long chapitre étayé de nombreux rappels, ainsi que de réponses argumentées à des accusations loin d’être toujours justes.

Comme sur les pesticides, par exemple, dont il rappelle le rôle primordial et en quoi ils ont été un facteur de progrès indéniable. Gravement accusés de dangerosité pour notre santé, il relève ainsi que les agriculteurs ont une espérance de vie supérieure à la moyenne de la population (ce qui pourrait apparaître contre-intuitif compte-tenu de ce que l’on entend fréquemment au sujet des modes de production agricoles). En outre, il se trouve qu’ils sont moins touchés que le reste de la population par la plupart des formes de cancer (ce qui est, somme toute, très rassurant !).

Pour autant, la désinformation sur le sujet est telle que, par exemple, une émission comme Cash Investigation transforme une conclusion de l’EFSA (Agence européenne de sécurité des aliments) spécifiant que « plus de 97% des aliments contiennent des résidus de pesticides » … en omettant la fin de la phrase : « … dans des limites légales ». Ce qui change du tout au tout ! Surtout lorsque l’on sait, Jean de Kervasdoué y insiste, que les seuils fixés pour ces limites légales le sont à des niveaux très bas, de manière à prévenir au mieux les risques pour la santé (Apparemment, l’émission de Cash Investigation serait le fruit d’une collaboration, nous dit l’auteur, avecGénérations futures, association militante écologiste ayant choisi de combattre sous toutes ses formes l’usage des pesticides, elle-même partenaire de Biocoop, réseau de magasins en forte croissance.

De même, il met en cause les excès attachés au principe de précaution, qui conduit les politiques à prendre parfois des décisions précipitées et aux conséquences fâcheuses. Ainsi en va-t-il, par exemple, de l’interdiction du bisphénol A début 2013 (qui constituait notamment le film tapissant le fond des boîtes de conserve, ayant permis de les rendre hermétiques et de contribuer à faire disparaître le botulisme). Cette interdiction est entrée en vigueur seulement une semaine après la promulgation de la loi, mettant l’ensemble des industriels devant le fait accompli, et sans que des produits de remplacement ayant fait la preuve de leur efficacité et de leur innocuité aient été trouvés. Sans, non plus, qu’il ait été démontré qu’il soit réellement  avéré comme étant un éventuel perturbateur endoctrinien. Une décision arbitraire dont Jean de Kervasdoué montre de manière incroyable les effets pervers multiples qu’elle a engendrés. D’autant plus regrettables que des progrès avaient été enregistrés dans la fabrication du BPA et que, même l’EFSA et l’ensemble des autres pays européens ont considéré qu’il était sans danger pour toutes les catégories de population. Et d’autant plus ridicule que, lorsqu’on s’est rendu compte que les tuyaux d’adduction d’eau, les cuves de stockage, les tuyauteries et citernes comme celles des camions transportant des produits alimentaires liquides, ou encore des dispositifs médicaux comme les perfusions ( !), entre autres, étaient également concernés mais sans solution de remplacement, tous ces domaines ont été exclus du champ d’application de la loi.

Suivent plusieurs exemples similaires où, petits calculs politiques aidant, des interdictions mal fondées sont prononcées par le Parlement à l’initiative de tel ou tel responsable politique. Avec pour conséquences des milliers d’emplois perdus, une perte de confiance en des agriculteurs pourtant beaucoup plus responsables qu’on voudrait le laisser penser, des milliards d’euros dépensés en pure perte, etc.

Décisions des politiques par ailleurs trop souvent mues par une forte propension à céder aux violences, puisque l’auteur rappelle plusieurs exemples de remises en cause par la force de « collectifs » quant à l’usage des sols pour l’agriculture, à l’instar des fameux zadistes dans un autre domaine, visant à incarner un idéal de justice anti-démocratique.

Et que penser de toutes les conséquences sur l’agriculture française induites par de telles décisions (dont l’auteur dresse un panorama bien inquiétant, que l’on observe malheureusement en effet en suivant régulièrement l’actualité) ? Avec des effets induits qui aboutissent bien souvent à l’inverse des effets recherchés, comme dans l’exemple suivant :

 
 

En 2014, 80% de la production française d’huile d’olive a été perdue du fait de la mouche de l’olive. Il existait pour s’y attaquer des produits efficaces, mais ils étaient interdits en France. Le consommateur en est-il mieux protégé pour autant ? Non, il l’est moins, car la France importe alors ces fruits de Turquie, de Grèce, d’Espagne ou d’Italie quand ce n’est pas de Chine, de Nouvelle-Zélande, d’Afrique du Sud ou du Chili, pays où la réglementation – y compris pour ceux qui sont au sein de l’Union européenne – est plus souple.

 
 

La question de l’alimentation

 
 

Ici comme en d’autres domaines, tout est question de raison et de dosage.

Alors que les habitudes alimentaires ont beaucoup changé en l’espace de quelques décennies, Jean de Kervasdoué montre que les connaissances dans le domaine de la nutrition humaine sont encore assez rudimentaires, là où l’on est parvenu à un fort degré de maîtrise pour ce qui est de la nutrition animale (quels que soient les abus en la matière, qu’il ne manque pas de relever et d’expliquer).

En réalité, le lien entre alimentation et santé est complexe. Et ce n’est que sur une longue période que l’on peut juger des réels effets d’un type d’alimentation.

Il n’en reste pas moins des principes de base et de bon sens à suivre si l’on espère vivre en bonne santé. Mais, au-delà de ces principes fondamentaux, aux croyances d’hier ont trop souvent succédé les modes d’aujourd’hui  (bio, sans gluten, végétalisme, véganisme, etc.), qui peuvent aussi parfois s’avérer erronées dans les principes, voire dangereuses.

 
 

Et les erreurs d’analyse sont hélas nombreuses. C’est pourquoi il juge bon de nous rappeler ici quelques principes de base scientifiques que l’on devrait toujours garder à l’esprit au lieu de s’inscrire dans l’excès et la déraison.

Ainsi en va-t-il de l’insuffisante distinction entre risque et danger, source de beaucoup de confusions, ou encore entre nocivité et dose absorbée (si boire dix litres d’eau dans une même journée est dangereux, et même mortel, en boire au moins un litre est en revanche absolument nécessaire). Comme il le rappelle, c’est la dose qui fait le poison. D’où les affolements injustifiés dont nous sommes fréquemment les victimes au sujet de telle ou telle substance dangereuse que nous absorbons, des traces de tel ou tel produit toxique que l’on retrouverait dans l’analyse des cheveux de nos enfants, ou encore de ce qu’on appelle « l’effet cocktail ».

Il faut en revenir aux principes scientifiques de base pour raisonner, et non jouer sans cesse sur les peurs, jusqu’à la déraison.

Une fois de plus, les exemples qu’il développe (je vous renvoie à la lecture du livre) sont très rassurants et montrent que l’on est trop souvent victimes de comportements schizophréniques à trop se laisser entraîner par tout ce que l’on entend dans les médias (ce qui ne va pas dire, une fois de plus, que la recherche, la surveillance et les précautions ne sont pas utiles et souhaitables).

 
 

Je vois déjà poindre, à ce stade, les critiques (pour en avoir déjà lu quelques-unes), comme à chaque fois que l’on met en doute des croyances fortes qui ont tendance à devenir vérités (par nature incontestables) : mais qui est donc ce Jean de Kervasdoué pour mettre ainsi en cause ce que « les scientifiques » montrent ? Pour les uns, un « pseudo scientifique », pour les autres sans doute quelqu’un qui serait à la solde de tel ou tel laboratoire ou industriel, ou je ne sais quelle entité qu’imaginent ceux qui se font les artisans de quelconques thèses complotistes.

Non, il s’agit d’un ingénieur agronome, entre autres, et qui a un parcours susceptible de légitimer complètement sa connaissance de ce qu’est une démarche scientifique. Ce qui ne suffit pas, naturellement, à prétendre qu’il détiendrait de quelconques vérités, mais justifie pleinement que l’on entende cette voix et que l’on accepte le débat et la contradiction, sans s’arc-bouter soi-même sur ses prétendues certitudes. Ce qui me paraît très sain.

Comme il le relève d’ailleurs, ces peurs alimentaires et la forte baisse de confiance des consommateurs sont typiquement françaises (des résultats de sondages le montrent de manière nette). Or, la réglementation et les contrôles en matière de produits alimentaires n’ont jamais été aussi élevés et l’administration « tatillonne », comme il l’indique, en particulier justement en France, ajoutant ceci :

 
 

Et si l’on remonte dans le temps, il ne me semble pas que les Français aient conscience qu’en 1900 14% des décès, dans notre pays, étaient dus à des empoisonnements alimentaires. Il n’y en a plus aujourd’hui.  La perte de confiance semble donc peu s’appuyer sur des données objectives, mais semble être due à la manière dont sont « informés » les Français.

 
 

Une recherche de l’audience, du sensationnel, ainsi que dans certains cas d’une idéologie de la décroissance qui, selon notre auteur, a un impact sur certaines filières, comme par exemple dans le cas de cette émission sur l’élevage des saumons en Norvège, qui avait fait chuter les ventes de ce poisson de 25% dans les trois mois qui ont suivi le reportage et de 13% encore un an après. Et la même chose se vérifie pour de nombreux produits carnés.

 
 

Un public stimulé, peu formé, mal informé

 
 

Il est simplement dommage que, pour finir, Jean de Kervasdoué mette en cause le « libéralisme le plus sauvage » en matière d’agriculture, regrettant la réforme de la Politique Agricole Commune, qu’il présente comme un succès ayant permis aux pays européens d’atteindre l’autosuffisance (quels qu’en aient été les effets pervers).

Dans le même temps, il relève pourtant (et la liste n’est pas close) que les revenus des agriculteurs se sont aussi effondrés en raison des coûts de la réglementation, de la moindre recherche de gains de productivité que les Allemands par exemple (réactions négatives à l’évocation de la « ferme des mille vaches »), ou encore de certaines décisions politiques ayant eu un impact direct sur l’agriculture française (blocus russe en réprimande après l’affaire du contrat sur les frégates non honoré).

 
 

Mais retenons surtout, pour conclure, le constat général qu’effectue Jean de Kervasdoué à travers cet ouvrage : le sentiment profond que les producteurs agricoles sont sacrifiés pour des mythes qui résultent essentiellement de la recherche du sensationnel, de l’ignorance, de la désinformation, du manque de caractère scientifique des informations véhiculées, et même d’une « incroyable tolérance des tribunaux pour la violence des écologistes », puisqu’il rappelle par exemple comment ceux qui ont organisé à plusieurs reprises des destruction de champs expérimentaux sur les OGM ont été relaxés en Cour d’appel, avant que l’affaire soit renvoyée en Cassation.

Malgré les progrès scientifiques importants enregistrés en de nombreux domaines, les partis pris semblent trop souvent l’emporter sur la raison. Et quand les politiques et des journalistes peu scrupuleux s’en mêlent (et s’emmêlent), cela donne des concepts connotés, des informations infondées, une idéologie nuisible et un égarement dans le domaine de l’émotion, au-delà de toute raison. Qui entraînent naturellement le plus grand nombre vers des raccourcis pervers et à être induits en erreur.

 
 

On peut regarder des dizaines d’émissions sur les OGM ou la pollution atmosphérique sans pour autant apprendre se qu’est un gène, une particule fine, la prévention en santé publique ou l’épidémiologie des maladies respiratoires.

 
 

Ce qui engendre un tas d’idées fausses que, là encore, il tente de démonter en faisant preuve de pédagogie et en en revenant aux principes de base de la science.

Un ouvrage par conséquent utile, qui nous invite à prendre un peu plus de recul face au catastrophisme ambiant, pour mieux revenir à la raison.

 
 

Jean de Kervasdoué, Ils croient que la nature est bonne, Robert Laffont, octobre 2016, 180 pages.

 

 

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L'enseignement francophone a dix ans de retard par rapport à la Flandre"

31/08/17 à 10:50 - Mise à jour à 10:50

Source: Knack

Deux francophones sur trois trouvent le niveau de l'enseignement francophone insuffisant. "La Flandre et la Wallonie sont des mondes tout à fait différents."


 

La Belgique francophone crache sur son enseignement. Un sondage d'opinion du Soir et de la RTBF révèle que pas moins de 68% d'entre eux estiment que le niveau de l'enseignement francophone est médiocre et 87% espèrent un big bang. C'est une véritable gifle pour la politique francophone qui a négligé le problème pendant des années.

Depuis que la compétence a été régionalisée en 1989, l'enseignement est le talon d'Achille de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Au classement PISA, l'enquête internationale qui évalue tous les trois ans les connaissances et les compétences des élèves âgés de 15 ans dans trois disciplines : maths, lecture et sciences, l'enseignement francophone obtient des résultats nettement moins bons que ses pendants flamand et germanophone, et même largement en dessous de la moyenne européenne.

"Il est effarant de constater à quelle vitesse l'enseignement francophone a reculé depuis la scission de l'enseignement en 1989", explique l'expert en enseignement Martin Valcke (Université de Gand). "En matière d'enseignement, la Flandre et la Wallonie sont des mondes tout à fait différents. La structure n'y a jamais été réformée en profondeur. Il y a encore plus de directions d'études qu'en Flandre. Les objectifs y sont définis moins clairement. L'enseignement francophone a un retard de dix ans par rapport à la Flandre."

 

Il y a évidemment des différences financières. Ainsi, la Flandre consacre 1100 euros de plus par écolier par an. Mais indépendamment de cela, ce sont surtout des problèmes d'organisation qui entraînent le retard. Ainsi, pour certaines matières, les enseignants francophones passent un quart d'heure de moins par leçon à donner cours. "On perd énormément de temps aux interruptions, aux problèmes de discipline et aux matières administratives", déclare Valcke.

"Le public cible dans les écoles francophones est beaucoup plus difficile", poursuit Valcke. "Le niveau socio-économique de la population scolaire est plus faible, et il y a plus d'élèves issus de l'immigration. Il y a moins de participation de la part des parents et moins de motivation intrinsèque parmi les élèves. Plus encore que leurs collègues flamands, les enseignants francophones se démènent en vain. 49% des élèves francophones doublent au moins une année."

En 2015, le gouvernement de la communauté francophone a lancé le Pacte d'excellence, avec lequel il veut combler l'écart. On consacrera plus d'attention aux cours de français, on investira en accompagnement pédagogique et la formation de professeur sera également réformée. Valcke qualifie l'accord de pas prudent dans la bonne direction. "Le mérite principal du Pacte, c'est le sens de la réalité. Pourtant, il faudra au moins quinze ans pour voir les résultats."

 

 

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La propriété privée


 
La propriété privée est naturelle, universelle, et elle touche l’intégralité du monde vivant. Démonstration.
Chacun peut, s’il le désire, passer des jours et des nuits blanches à théoriser sur la propriété privée, à étudier les multiples auteurs et ouvrages évoquant le sujet.

En agissant ainsi il est possible d’arriver à l’idée que la propriété privée serait une conséquence politique de la volonté des hommes, organisée au cours de l’histoire à partir de lois émanant d’eux, donc modifiable par ceux qui s’en arrogeraient le droit.

Je ne crois pas que ce soit le cas.

Je crois que la propriété privée est naturelle, universelle, qu’elle touche l’intégralité du monde vivant, hommes compris mais pas que.

La vie

De mon point de vue, chaque être vivant est le propriétaire exclusif de sa vie physique, lui seul en est le garant. Toute atteinte portée par une volonté extérieure à cette propriété privée est une agression, depuis la soumission jusqu’au meurtre. Cela vaut aussi bien pour les hommes que pour tout être vivant.

L’ambiguïté tient au fait que les conflits ou luttes pour la vie — le fait que certains en dévorent d’autres — sont d’apparence si naturelle que l’on finit par oublier qu’il s’agit du premier accroc dans la propriété privée de chaque être vivant. Cet oubli permet de dissocier ces accrocs d’autres plus sophistiqués qui vont nous intéresser. Il permet  de faire croire que l’immense douleur que par exemple le meurtre ou les tortures infligent ne serait pas liée à une transgression de la propriété privée, serait d’un autre ordre

La pensée

Je prends aussi pour hypothèse que la pensée est la propriété exclusive de l’être vivant qui la conceptualise.

Toute interférence dans la pensée d’autrui est une atteinte à sa propriété privée. Encore plus commune qu’en matière physique, l’invasion de la propriété privée intellectuelle — que ce soit chez les animaux ou chez les hommes — est si habituelle qu’elle parait naturelle. Là encore, la banalisation va permettre d’occulter le fait que les souffrances induites par ces effractions sont bien le résultat d’une agression à la propriété privée.

Les biens matériels

Chaque être vivant possède — même éventuellement en infime quantité ou pour un temps très bref — des biens matériels. Certains indispensables à la vie, d’autres superflus.

L’absence totale de possession matérielle entraîne la mort. Il n’est donc pas faux d’affirmer que les biens matériels de chacun font partie intégrante de sa propriété privée. Une agression à ces biens est inacceptable et génère les douleurs intolérables de toute atteinte à la propriété privée.

Conséquences

Cette vision universelle de la propriété privée — largement perdue de vue ou contestée — fait apparaitre clairement que le plus grand prédateur de la propriété privée est l’Etat.

N’est-ce pas lui qui nous demande régulièrement de donner notre vie pour lui ? Qui façonne nos pensées par son enseignement ou ses propagandes ? Qui enfin nous dépouille de nos biens pour des motifs de plus en plus fumeux ?

Nous pouvons objectivement affirmer que l’Etat est le plus grand destructeur de la propriété privée, dont paradoxalement il se prétend le défenseur.

Arrivé à ce point de la réflexion trois questions s’imposent.

Qu’est-ce que l’Etat ?

Il faut bien avoir à l’esprit que l’Etat est une abstraction. Cette abstraction prend une apparence de réalité uniquement parce qu’un certain nombre de personnes se déclarent représentants de l’Etat, leur nombre et leur simple présence finissent par faire croire à la réalité d’un l’Etat.

Ensuite, à partir de cette réalité apparente dans un espace clos défini par elles, ces personnes utilisent la force — dont l’Etat prétend être le légitime dépositaire — pour imposer leur pouvoir personnel aux autres.

L’Etat c’est cela, rien de plus.  Une confusion issue de la nécessité ponctuelle de se regrouper pour se défendre, qui est liée à la grégarité de l’homme.

En clair, c’est sans aucune légitimité réelle que les représentants autoproclamés d’une abstraction étatique envahissent nos propriétés privées. Cela est si fou que tous les excès sont possibles à l’aide de cette machination, jusqu’à Hitler, Staline, Mao, Pol Pot ou Daech.

Ce constat fait, nous arrivons à la deuxième question induite par la tarte à la crème utilisée pour porter atteinte à notre propriété privée matérielle : l’égalité.

Qu’est-ce que l’égalité ?

C’est la résultante imaginaire de l’émotion engendrée par la compassion naturelle de l’homme face à la souffrance d’un autre être vivant. Face à l’immense difficulté de la vie l’homme a tendance à imaginer, pour lui et pour tous les autres êtres vivants, un monde de bonheur dont le socle serait l’égalité.

Il fut un temps où cette égalité n’était qu’hypothèse,  promise uniquement dans l’au-delà.

Puis, témérairement, elle fut promise dynamiquement ici-bas par les communistes avec le succès que l’on connait.

Aujourd’hui, elle est encore promise, à minima par écrêtement, toujours par les communistes relookés en écologistes ou insoumis, mais aussi par la majorité des représentants autoproclamés de l’abstraction Etat Français.

Peut-elle voir le jour, l’égalité ? Evidemment non, pas plus en ce qui concerne les possessions matérielles qu’en ce qui concerne les caractéristiques personnelles de chacun de nous. C’est une utopie sympathique, en apparence seulement parce que mortifère dans la réalité.

Tout cela nous amène au capital.

Qu’est-ce que le capital ?

C’est l’objet de l’écrêtement, avec pour objectif final l’égalité.

L’imbécilité de cette éventualité saute rapidement aux yeux pour qui réfléchit cinq minutes.

Capitaliser consiste à accumuler puis à transmettre. En toute activité c’est cette capacité qui a permis à l’homme de quitter le monde animal pour un monde au moins différent si ce n’est meilleur.

Le progrès est fils de la capitalisation, en sciences, en culture, en art, etc… et évidemment en économie.

Ecrêter le capital au motif d’égalité est stupide en toute discipline.

En ce qui concerne l’économie et la propriété privée du capital je ramènerai les écrêteurs à leurs propres déclarations qui consistent à prétendre que l’Etat français ne peut pas être mis en faillite du fait de la richesse des français, de leurs capitaux personnels. C’est ici l’aveu que la propriété privée et le capital sont bien le socle de l’économie d’un pays, que les détruire ou les rogner engendre surement un affaiblissement économique du pays.

Conclusion

J’espère avoir fait la démonstration que la propriété privée, sous tous ses aspects, est universelle et exclusive à chacun de nous, que son respect par les autres est la base incontournable de la vie pour tous.

Que donc, tout penseur qui tend à vouloir détruire, intégralement ou partiellement, la propriété privée, tout acteur politique ou individuel qui porte atteinte à la propriété privée, sont des êtres malfaisants qu’il convient de contrer avec tous les moyens nécessaires.

 

 

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L'enseignement francophone a dix ans de retard par rapport à la Flandre"

31/08/17 à 10:50 - Mise à jour à 10:50

Source: Knack

Deux francophones sur trois trouvent le niveau de l'enseignement francophone insuffisant. "La Flandre et la Wallonie sont des mondes tout à fait différents."


 

La Belgique francophone crache sur son enseignement. Un sondage d'opinion du Soir et de la RTBF révèle que pas moins de 68% d'entre eux estiment que le niveau de l'enseignement francophone est médiocre et 87% espèrent un big bang. C'est une véritable gifle pour la politique francophone qui a négligé le problème pendant des années.

Depuis que la compétence a été régionalisée en 1989, l'enseignement est le talon d'Achille de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Au classement PISA, l'enquête internationale qui évalue tous les trois ans les connaissances et les compétences des élèves âgés de 15 ans dans trois disciplines : maths, lecture et sciences, l'enseignement francophone obtient des résultats nettement moins bons que ses pendants flamand et germanophone, et même largement en dessous de la moyenne européenne.

"Il est effarant de constater à quelle vitesse l'enseignement francophone a reculé depuis la scission de l'enseignement en 1989", explique l'expert en enseignement Martin Valcke (Université de Gand). "En matière d'enseignement, la Flandre et la Wallonie sont des mondes tout à fait différents. La structure n'y a jamais été réformée en profondeur. Il y a encore plus de directions d'études qu'en Flandre. Les objectifs y sont définis moins clairement. L'enseignement francophone a un retard de dix ans par rapport à la Flandre."

 

Il y a évidemment des différences financières. Ainsi, la Flandre consacre 1100 euros de plus par écolier par an. Mais indépendamment de cela, ce sont surtout des problèmes d'organisation qui entraînent le retard. Ainsi, pour certaines matières, les enseignants francophones passent un quart d'heure de moins par leçon à donner cours. "On perd énormément de temps aux interruptions, aux problèmes de discipline et aux matières administratives", déclare Valcke.

"Le public cible dans les écoles francophones est beaucoup plus difficile", poursuit Valcke. "Le niveau socio-économique de la population scolaire est plus faible, et il y a plus d'élèves issus de l'immigration. Il y a moins de participation de la part des parents et moins de motivation intrinsèque parmi les élèves. Plus encore que leurs collègues flamands, les enseignants francophones se démènent en vain. 49% des élèves francophones doublent au moins une année."

En 2015, le gouvernement de la communauté francophone a lancé le Pacte d'excellence, avec lequel il veut combler l'écart. On consacrera plus d'attention aux cours de français, on investira en accompagnement pédagogique et la formation de professeur sera également réformée. Valcke qualifie l'accord de pas prudent dans la bonne direction. "Le mérite principal du Pacte, c'est le sens de la réalité. Pourtant, il faudra au moins quinze ans pour voir les résultats."

 

 

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La propriété privée

 


 
La propriété privée est naturelle, universelle, et elle touche l’intégralité du monde vivant. Démonstration.

Par Henri Dumas

Chacun peut, s’il le désire, passer des jours et des nuits blanches à théoriser sur la propriété privée, à étudier les multiples auteurs et ouvrages évoquant le sujet.

En agissant ainsi il est possible d’arriver à l’idée que la propriété privée serait une conséquence politique de la volonté des hommes, organisée au cours de l’histoire à partir de lois émanant d’eux, donc modifiable par ceux qui s’en arrogeraient le droit.

Je ne crois pas que ce soit le cas.

Je crois que la propriété privée est naturelle, universelle, qu’elle touche l’intégralité du monde vivant, hommes compris mais pas que.

La vie

De mon point de vue, chaque être vivant est le propriétaire exclusif de sa vie physique, lui seul en est le garant. Toute atteinte portée par une volonté extérieure à cette propriété privée est une agression, depuis la soumission jusqu’au meurtre. Cela vaut aussi bien pour les hommes que pour tout être vivant.

L’ambiguïté tient au fait que les conflits ou luttes pour la vie — le fait que certains en dévorent d’autres — sont d’apparence si naturelle que l’on finit par oublier qu’il s’agit du premier accroc dans la propriété privée de chaque être vivant. Cet oubli permet de dissocier ces accrocs d’autres plus sophistiqués qui vont nous intéresser. Il permet  de faire croire que l’immense douleur que par exemple le meurtre ou les tortures infligent ne serait pas liée à une transgression de la propriété privée, serait d’un autre ordre

La pensée

Je prends aussi pour hypothèse que la pensée est la propriété exclusive de l’être vivant qui la conceptualise.

Toute interférence dans la pensée d’autrui est une atteinte à sa propriété privée. Encore plus commune qu’en matière physique, l’invasion de la propriété privée intellectuelle — que ce soit chez les animaux ou chez les hommes — est si habituelle qu’elle parait naturelle. Là encore, la banalisation va permettre d’occulter le fait que les souffrances induites par ces effractions sont bien le résultat d’une agression à la propriété privée.

Les biens matériels

Chaque être vivant possède — même éventuellement en infime quantité ou pour un temps très bref — des biens matériels. Certains indispensables à la vie, d’autres superflus.

L’absence totale de possession matérielle entraîne la mort. Il n’est donc pas faux d’affirmer que les biens matériels de chacun font partie intégrante de sa propriété privée. Une agression à ces biens est inacceptable et génère les douleurs intolérables de toute atteinte à la propriété privée.

Conséquences

Cette vision universelle de la propriété privée — largement perdue de vue ou contestée — fait apparaitre clairement que le plus grand prédateur de la propriété privée est l’Etat.

N’est-ce pas lui qui nous demande régulièrement de donner notre vie pour lui ? Qui façonne nos pensées par son enseignement ou ses propagandes ? Qui enfin nous dépouille de nos biens pour des motifs de plus en plus fumeux ?

Nous pouvons objectivement affirmer que l’Etat est le plus grand destructeur de la propriété privée, dont paradoxalement il se prétend le défenseur.

Arrivé à ce point de la réflexion trois questions s’imposent.

Qu’est-ce que l’Etat ?

Il faut bien avoir à l’esprit que l’Etat est une abstraction. Cette abstraction prend une apparence de réalité uniquement parce qu’un certain nombre de personnes se déclarent représentants de l’Etat, leur nombre et leur simple présence finissent par faire croire à la réalité d’un l’Etat.

Ensuite, à partir de cette réalité apparente dans un espace clos défini par elles, ces personnes utilisent la force — dont l’Etat prétend être le légitime dépositaire — pour imposer leur pouvoir personnel aux autres.

L’Etat c’est cela, rien de plus.  Une confusion issue de la nécessité ponctuelle de se regrouper pour se défendre, qui est liée à la grégarité de l’homme.

En clair, c’est sans aucune légitimité réelle que les représentants autoproclamés d’une abstraction étatique envahissent nos propriétés privées. Cela est si fou que tous les excès sont possibles à l’aide de cette machination, jusqu’à Hitler, Staline, Mao, Pol Pot ou Daech.

Ce constat fait, nous arrivons à la deuxième question induite par la tarte à la crème utilisée pour porter atteinte à notre propriété privée matérielle : l’égalité.

Qu’est-ce que l’égalité ?

C’est la résultante imaginaire de l’émotion engendrée par la compassion naturelle de l’homme face à la souffrance d’un autre être vivant. Face à l’immense difficulté de la vie l’homme a tendance à imaginer, pour lui et pour tous les autres êtres vivants, un monde de bonheur dont le socle serait l’égalité.

Il fut un temps où cette égalité n’était qu’hypothèse,  promise uniquement dans l’au-delà.

Puis, témérairement, elle fut promise dynamiquement ici-bas par les communistes avec le succès que l’on connait.

Aujourd’hui, elle est encore promise, à minima par écrêtement, toujours par les communistes relookés en écologistes ou insoumis, mais aussi par la majorité des représentants autoproclamés de l’abstraction Etat Français.

Peut-elle voir le jour, l’égalité ? Evidemment non, pas plus en ce qui concerne les possessions matérielles qu’en ce qui concerne les caractéristiques personnelles de chacun de nous. C’est une utopie sympathique, en apparence seulement parce que mortifère dans la réalité.

Tout cela nous amène au capital.

Qu’est-ce que le capital ?

C’est l’objet de l’écrêtement, avec pour objectif final l’égalité.

L’imbécilité de cette éventualité saute rapidement aux yeux pour qui réfléchit cinq minutes.

Capitaliser consiste à accumuler puis à transmettre. En toute activité c’est cette capacité qui a permis à l’homme de quitter le monde animal pour un monde au moins différent si ce n’est meilleur.

Le progrès est fils de la capitalisation, en sciences, en culture, en art, etc… et évidemment en économie.

Ecrêter le capital au motif d’égalité est stupide en toute discipline.

En ce qui concerne l’économie et la propriété privée du capital je ramènerai les écrêteurs à leurs propres déclarations qui consistent à prétendre que l’Etat français ne peut pas être mis en faillite du fait de la richesse des français, de leurs capitaux personnels. C’est ici l’aveu que la propriété privée et le capital sont bien le socle de l’économie d’un pays, que les détruire ou les rogner engendre surement un affaiblissement économique du pays.

Conclusion

J’espère avoir fait la démonstration que la propriété privée, sous tous ses aspects, est universelle et exclusive à chacun de nous, que son respect par les autres est la base incontournable de la vie pour tous.

Que donc, tout penseur qui tend à vouloir détruire, intégralement ou partiellement, la propriété privée, tout acteur politique ou individuel qui porte atteinte à la propriété privée, sont des êtres malfaisants qu’il convient de contrer avec tous les moyens nécessaires.

 

 

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Tout citoyen doit trouver sa place dans sa commune.  Une place où il se sent respecté, écouté et où il trouve les interlocuteurs capables de lui donner des réponses à ses questions et interpellations.  La commune et ses différents services sont des lieux ouverts, accueillants et accessibles à tous. 

Le conseil communal se doit d’être le premier lieu de l’expression de la démocratie.  Le groupe JSDemain  souhaite modifier le fonctionnement du conseil communal afin que celui-ci soit un véritable lieu de débat.  
JSDemain entend respecter l’opposition  et ses représentants, en dépassant les clivages politiques, dans l’intérêt général de JALHAY.
La parole sera également donnée aux citoyens qui disposeront d’un droit d’interpellation direct.
Les commissions communales seront quant à elles  réorganisées et rationalisées, dans un souci d’efficacité.
Nous sommes favorables à une démocratie participative, mais nous voulons redéfinir les commissions communales consultatives, leurs activités et leurs rôles.

Notre souhait est de placer réellement le citoyen au cœur de notre projet d’avenir pour JALHAY.

Être citoyen, c’est pouvoir être acteur de la vie de sa commune.  Informer, consulter, débattre, écouter les citoyens sur les grands projets de notre COMMUNE nous parait donc essentiel.  A travers l’organisation de réunions d’information sur la situation financière de la commune ou encore de consultations citoyennes, le citoyen Jalhaytois sera réellement consulté et placé au centre de la vie politique de notre Commune.

Cette relation avec les citoyens passe aussi et nécessairement par l’accueil et l’information des nouveaux habitants, que ce soit par le biais de séances d’accueil ou la réalisation d’une brochure d’information et de présentation de notre commune.

Une bonne information ne pourra bien évidemment pas se faire sans un site internet actualisé, complet et convivial, en lien avec les évolutions technologiques et plus interactif, devenant un véritable outil de communication pour la commune mais également pour les citoyens.
Notre bulletin communal dont le contenu sera modernisé tant sur le fond que sur la forme, devra devenir un véritable outil de promotion de notre commune, mais aussi un relais efficace pour le secteur associatif ainsi que pour les acteurs de notre monde économique local.

 
Toute vente de patrimoine devra nécessairement passer par une avis consultatif de la population.
 

 

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Affaires : la Flandre est sale, le Wallon regarde ailleurs

28/08/17 à 09:30 - Mise à jour à 09:33
Du LeVif/l'Express du 25/08/17

Le saviez-vous ? La Flandre est elle aussi traversée par des "affaires" en tous genres, qui impliquent les plus hauts responsables politiques du Nord du pays. Pourtant, la Wallonie n'en dit rien...

Geert Bourgeois (N-VA) perçoit, en plus de son salaire de ministre-président, une pension d'échevin. © NICOLAS MAETERLINCK/Belgaimage

Le débat, chez nous, est aussi vieux que l'union qui fait la force et que les bustes de bourgmestres dans l'hôtel de ville de Bruxelles. Il date des origines de la Belgique. Il voudrait que Wallons et Flamands diffèrent. Que les premiers ne croient en rien, que leur tête soit ronde et que leurs politiciens soient corrompus. Et que les seconds croient en la Flandre et en Jésus, que leur visage soit long et que leurs hommes politiques soient probes. C'est si vieux que Jules Destrée, dans sa célèbre Lettre au Roi de 1912, gravait cette différence dans le marbre du Journal de Charleroi. " Observez-les encore et tâchez à comprendre leur mécanisme intérieur. En dehors de traits communs à tous les habitants de l'Europe occidentale, vous apercevrez vite des différences profondes. Le Flamand est lent, opiniâtre, patient et discipliné ; le Wallon est vif, inconstant et perpétuellement frondeur de l'autorité. Les sensibilités sont différentes ", écrivait-il, s'opposant à Albert Ier qui, lui, ne voyait, aux quatre coins de ses neuf provinces, que " deux populations également vaillantes, également douées ". Mais qui a raison, du bon Jules ou du bel Albert ? L'actualité politique de ces derniers mois dans les deux communautés semble aller dans le sens du Roi chevalier. La Flandre n'a rien à envier, sur les questions d'éthique politique, à la Belgique francophone, au contraire même. Sauf que les Wallons l'ignorent. Car le scandale a scandé les vacances de la Flandre, pas engourdie, elle, par notre bruine estivale, tandis que la Wallonie ne gardait un oeil distrait que sur une prise, celle qu'a débranchée Benoît Lutgen.

Marianne Thyssen (CD&V), commissaire européenne, s'est fait rembourser des déplacements à des réceptions du CD&V. © FRÉDÉRIC SIERAKOWSKI/ISOPIX


 

Le 4 août, Het Laatste Nieuws, le quotidien le plus lu du pays, révélait que le ministre-président du gouvernement flamand, le N-VA Geert Bourgeois, percevait deux revenus : son salaire de patron de l'exécutif nordiste, tout d'abord et tout à fait normalement (253 000 euros brut par an), mais aussi une... pension de retraite d'échevin de 689 euros net par mois (919 euros brut). Le fondateur de la N-VA a en effet siégé au collège d'Izegem, en Flandre occidentale, pendant onze ans, entre 1983 et 1994. Agé de 66 ans, il a fait valoir ses droits à la pension, dès lors qu'une pension liée à un mandat local n'est pas incompatible avec des indemnités attachées à une fonction fédérale ou régionale, et que le gouvernement fédéral autorise tout pensionné âgé de plus de 65 ans à y ajouter d'autres revenus. Le cabinet du nummer een flamand s'est piteusement justifié, arguant que " Geert Bourgeois aurait pu toucher cette pension dès 60 ans, mais il a attendu d'avoir 65 ans ", et déplorant un " climat antipolitique " dont la N-VA n'a bien entendu, elle, jamais tenté de profiter. L'opposition s'est évidemment déchaînée. Sur le plateau de Ter Zake, émission quotidienne très suivie de la VRT, le président du SP.A, John Crombez, vengeur, réclamait l'instauration d'un plafonnement des plus hautes pensions, proposition que ses homologues refusaient obstinément depuis tant d'années.

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Geert Bourgeois aurait pu toucher cette pension dès 60 ans, mais il a attendu d'avoir 65 ans


 

Quelques heures plus tard, la Flandre apprenait que le socialiste Louis Tobback, 79 ans, ministre d'Etat, ancien président de parti et bourgmestre de Louvain depuis 1995 émargeait à une pension de parlementaire, tout en étant rétribué comme premier citoyen louvaniste. Pas de chance. Comme s'il n'y en avait pas assez, le 9 août, la presse se gaussait des frais de déplacements remboursés à la commissaire européenne CD&V, Marianne Thyssen. Elle a rendu des notes de frais, pour la somme ridicule de 230 euros, pour des visites à des réceptions, notamment organisées par des sections locales de son parti. Anecdotiques quant à leur impact financier, médiocres quant à leurs ressorts politiques - c'est un député régional d'extrême droite qui a lancé l'alerte sur le cumul de Geert Bourgeois -, ces scandales présentent une ampleur gigantesque quant aux personnalités et aux partis qu'ils incriminent : un ministre-président de droite, un ministre d'Etat de gauche, et une commissaire européenne du centre, jadis potentielle Première ministre, mouillés à de petits, de minuscules arrangements pécuniaires, alors que de partout en Flandre jaillissent de hauts cris sur la fraude sociale et, disons-le, l'assistanat.

Louis Tobback (79 ans, SP.A), inamovible bourgmestre de Louvain, cumule son indemnité mayorale avec une pension parlementaire. © STEFAAN TEMMERMAN/ID PHOTO AGENCY


 

"Tendance à l'autoflagellation"

Pourtant, pendant les vacances d'été, aucun des titres de la presse francophone n'a évoqué ces affaires, hormis sur leurs sites Internet. La seule fois que Geert Bourgeois a franchi les colonnes des journaux francophones, c'est lorsqu'il s'est réjoui de la mise en place du nouveau gouvernement wallon, et l'unique occurrence du nom de Marianne Thyssen dans ces mêmes titres aura porté sur ses propositions de lutte contre le dumping social. Alors que ces mêmes journaux, Le Vif/L'Express compris, traquent, découvrent et dénoncent toutes les turpitudes d'une classe politique sans relâche depuis des mois, et alors que nos confrères flamands faisaient leurs gorges chaudes de l'inconduite de certains de leurs grands leaders, comment expliquer ce silence ? " J'ai éprouvé exactement le même sentiment de surprise que vous. Bien sûr, Geert Bourgeois est peu connu en Belgique francophone : on ne peut pas le comparer à un Di Rupo ou à un Magnette par rapport à leur notoriété dans l'autre communauté. Louis Tobback, sans doute, l'est-il un peu plus, mais seulement chez les francophones qui ont le plus de mémoire. Les journalistes francophones parlent moins bien le néerlandais, et lisent moins la presse flamande. Et c'était au milieu de l'été, moment où les rédactions sont dépeuplées... ", répond Christophe Deborsu, journaliste namurois mais birégional, francophone mais bilingue, d'ailleurs en tournage à Ostende lors de notre entretien.

 
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On s'intéresse à l'autre région quand ça entre dans nos schémas mentaux : le nationaliste flamand collabo, le socialiste corrompu, etc.


 

Le rédacteur en chef de La Libre, Francis Van de Woestyne, rentrait de vacances lorsque nous l'avons contacté. Nous lui avons appris l'existence de la tempête estivale qui agite la Flandre. Mais il n'y a pas que les vacances, pour justifier cette distraction médiatique. Il y a l'argent, aussi. " Ces dernières semaines, nous avons été tellement occupés par nos propres problèmes et notre propre actualité. Peut-être sommes-nous trop centrés sur notre nombril. Il fut un temps où nous avions des journalistes qui s'occupaient à temps plein de l'actualité flamande. Mais, pour des raisons économiques, nous avons dû nous recentrer sur l'actualité francophone et, aujourd'hui, nos journalistes qui couvrent la politique flamande couvrent aussi simultanément d'autres domaines ", dit-il. " Les journalistes flamands ne sont ni plus sérieux ni plus intelligents, mais il y a une différence fondamentale, qui dépend des conditions sociales de production : le marché est plus grand, donc il y a plus de moyens, donc plus de journalistes, donc plus de journalistes spécialisés. Et puis, son horizon est plutôt celui de la presse anglaise, axé sur l'investigation, alors que le nôtre est plutôt celui de la presse française ", ajoute Alain Gerlache, journaliste à la retraite, ancien porte- parole de Guy Verhofstadt, et chroniqueur pour divers titres des deux communautés du pays.

Un marché plus large, c'est une demande plus forte, donc, également, une offre qui se doit plus vaste : le paysage médiatique flamand compte plus de journalistes et plus de canaux d'information, audiovisuels en particulier, que son pendant sudiste. Il lui faut donc, aussi, raconter davantage d'histoires. Donc plus d'histoires concernant le voisin. " Il n'y a pas d'émissions politiques pendant l'été sur les chaînes francophones. Si C'est pas tous les jours dimanche n'avait pas été en vacances, nous aurions évidemment abordé ces dossiers. J'étais invité de Ter Zake le jour de la prestation de serment du nouveau gouvernement wallon. Ter Zake continue tout l'été, au contraire des émissions francophones. Ce qui fait que ce jour-là, la VRT en a fait plus que la RTBF ou RTL-TVi ", déplore Christophe Deborsu.

Christophe Deborsu : "Les Wallons souffrent d'une tendance à l'autoflagellation." © DANNY GYS/REPORTERS


 

Mais il y a autre chose encore, qui procède de l'inconscient collectif, y compris journalistique, et qui contribue à expliquer pourquoi les Flamands parlent autant des turpitudes politiques flamandes que wallonnes, tandis que les Wallons n'évoquent que les leurs. " Notre tendance à l'autoflagellation ", pose Christophe Deborsu. " Nos confrères insistent beaucoup sur la malgouvernance wallonne : ils avaient déjà fait leurs choux gras des affaires carolorégiennes il y a douze ans. Je ne dirais pas que certains salivent, mais ils relaient avec un certain délice les problèmes de la Wallonie, dont ils sont bien plus prompts à souligner ce qui ne va pas que les réussites. " " On est intéressé par ce qui se passe de l'autre côté quand ça entre dans certains des schémas mentaux d'une Belgique ancienne : le nationaliste flamand collabo, le socialiste corrompu, etc. De la même manière qu'on sera plus réceptifs à une histoire sur un Italien magouilleur ou un Allemand si travailleur qu'il en fait des burnout. Le gros problème, c'est qu'en Belgique, ces images-là cachent un agenda politique ", complète Alain Gerlache, convaincu que de nouvelles révélations sur les accointances d'éminents N-VA avec la collaboration auraient, elles, fait les ouvertures de tous nos journaux.

Ces vieux schémas mentaux, pourraient, pourtant, nous aider à nous rappeler que les premières polémiques sur les émoluments de mandataires actifs dans l'aide aux moins favorisés ne sont pas nées dans le Bruxelles du Samusocial, ni dans le Liège de Publifin. " J'aimerais mieux payer au-delà de 6 000 francs pour avoir un homme possédant toutes les connaissances que de laisser mon oeuvre confiée à un homme qui, par son incapacité, ferait perdre à la classe ouvrière des millions de francs ", s'expliquait, attaqué de toutes parts, le socialiste Edouard Anseele dès la fin du xixe siècle. Il dirigeait une société coopérative. Il était Gantois. Il faut dire qu'il s'était fait élire député dans l'arrondissement de Liège. Par une population également vaillante, et également douée, pour l'occasion. 

 

 

 

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Oxygène, le nouveau parti citoyen

28/08/17 à 13:50 - Mise à jour à 13:54
Du LeVif/l'Express du 25/08/17

Ses fondateurs se posent en alternative aux formations traditionnelles. Ils prônent une "révolution citoyenne pacifique" pour apporter des réponses nouvelles aux maux qui accablent la Belgique francophone.

Oxygène, le nouveau parti " citoyen ", a pour ambition d'apporter un bol d'air à la politique francophone belge. Au départ d'un constat amer : le système actuel ne fonctionne pas. Bien au-delà des affaires qui ont secoué la Belgique francophone ces derniers mois. " Ça saute aux yeux, entame Walter Feltrin. La Wallonie a un PIB 30 % inférieur à la Flandre. Entre 2005 et 2015, le taux d'emploi n'a pas bougé et a même diminué. En matière de mobilité, les bouchons sont quotidiens et un train sur quatre est en retard. Il y a un manque criant de crèches. Le Forem ne remplit pas son contrat de gestion depuis 2011. Le fonctionnement de la justice est catastrophique. L'école n'est plus l'ascenseur social qu'elle devrait être. " La liste des dysfonctionnements est longue.

Conséquence de ce marasme ? La société francophone est de plus en plus fracturée. Un expert psychiatre de l'université de Liège, William Pitchot, posait même, en 2012, un constat implacable et préoccupant : " La santé mentale de la population est mauvaise. " " Notre initiative est en gestation depuis trois ou quatre ans, soulignent les fondateurs d'Oxygène. Plus on avançait dans la réflexion et plus l'évidence nous apparaissait : il n'y a pas d'autre solution que celle à laquelle on aboutit aujourd'hui. " Créer un parti. S'engager pour tenter d'améliorer les choses. Prendre la tête de ce qu'ils appellent une " révolution citoyenne, non violente mais ferme ".

 

 

" Ni PTB ni Front national "

N'est-ce pas une gageure d'inventer une autre force politique ? Voire une mission impossible ? " Au contraire, c'est très simple, estime Walter Feltrin. Avec un peu de bon sens, on peut arriver à un tout autre résultat que celui auquel on parvient aujourd'hui. L'éthique, par exemple : il suffit de se fixer des règles simples pour faire agir les gens autrement. L'efficacité : prendre des décisions claires, les évaluer et les modifier si besoin, cela me paraît être un mode de fonctionnement simple. L'équité : il faut en revenir à l'idée selon laquelle tout le monde doit payer en fonction de ses capacités contributives. En raison du fameux compromis à la belge, on a construit, au fil du temps, un système d'une iniquité incroyable. "

Au fur et à mesure de sa réflexion, Walter Feltrin a rédigé, avec le soutien de sa femme, un livre qui propose une série de pistes et pourrait servir de base à un programme. Son nom : Alternative. Ni PTB ni Front national (éd. Nowfuture). " Ce qui me frappe, dit-il, c'est que pour pratiquement tous les sujets primordiaux, des tas de gens ont fait des études. Tout existe : les constats, les bonnes solutions... Et rien ne se fait. Pourquoi ? Les politiques ne gouvernent pas pour être efficaces, mais pour rester en place. Et parfois, pour y arriver, il ne faut rien faire, ou le moins possible. " La toile de fond est donc une critique féroce des élites actuelles et des partis traditionnels, vus comme des machines à broyer les idées nouvelles et le bon sens. Pas question, pour autant, de verser dans une approche radicale de gauche ou de droite. Il s'agit plutôt de dépasser les clivages façon Macron, de créer un nouveau centre fédérant le meilleur de la gauche et de la droite.

 
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Les politiques ne gouvernent pas pour être efficaces, mais pour rester en place


 

Non sans une certaine forme de naïveté saine et utopique. " Ce que l'on vise, c'est le bien-être du plus grand nombre, résume Walter Feltrin. Il faut bien sûr s'entendre sur le mot "bien-être". Selon moi, il se forge sur quatre ou cinq choses essentielles. Un, la prospérité matérielle, possible grâce à la recherche du plein emploi, des services publics performants ainsi qu'une sécurité sociale confortable et pérenne, ce qui n'est pas garanti pour l'instant. Deux, il faut viser plus de liens sociaux car une société ne visant que l'aspect matériel ne peut pas être satisfaisante. Troisièmement, il faut une justice qui fonctionne. Le bien-être est impossible sous la menace de ce que Jean de Codt, premier président de la Cour de cassation, a nommé, voici un an, un "Etat voyou" - et on s'en approche dangereusement parce que sans justice efficace, la loi du plus fort s'impose. Quatrièmement, il faut veiller au respect des valeurs communes au groupe. Notre société n'affirme pas ses valeurs, elle les diffuse trop mollement, elle les défend encore plus mollement. "

"Il n'y a pas de juste milieu"

Le respect de nos valeurs ? " Ce que l'on entend par là, ce sont les droits de l'homme, précise Barbara Dufour, épouse de Walter Feltrin et confondatrice d'Oxygène. Beaucoup de partis se déclarent aujourd'hui laïques. Nous nous déclarons plutôt pluralistes à condition, j'insiste, que ces droits de l'homme soient respectés. " Les fondateurs de ce nouveau parti n'ont toutefois pas peur d'appeler les choses par leur nom : il faut s'attaquer de front aux problèmes d'immigration et à la gestion hasardeuse des nouvelles générations musulmanes. " Je suis étranger, moi, je suis Italien, explique Walter Feltrin. Le pays d'accueil doit recevoir ceux qui arrivent sur son territoire, mais pas en malmenant les valeurs des populations déjà en place. Ce n'est pas possible. Il faut leur donner du travail, insister sur l'égalité homme-femme, sur les droits des homosexuels... que cela plaise ou non. Cela doit être dit clairement. Aujourd'hui, nous avons droit soit à des déclarations bien-pensantes, soit à des insultes selon lesquelles "ce sont tous des profiteurs". Il n'y a pas de juste milieu, de discours clair ou constructif. "

Pour conclure, Oxygène, comme son nom l'indique, se préoccupe d'une autre urgence absolue : la transition écologique. " Toutes les mesures que l'on prend doivent être filtrées par la question de leur impact à moyen et long termes sur l'environnement, ponctue Walter Feltrin. C'est notre responsabilité par rapport aux générations futures. " Si Oxygène arrivait au pouvoir et était appelé à prendre certaines mesures en contradiction avec sa feuille de route, mais indispensable à court terme, une consultation populaire serait organisée. " Dans le doute, il faut demander l'avis des gens. Au niveau régional, pour ne pas subir la loi flamande. "

Lorsqu'on demande au fondateur de ce nouveau parti citoyen si Oxygène n'a pas, à plusieurs égards, des similitudes avec la philosophie initiale d'Ecolo, ce mouvement politique fondé en 1980, Walter Feltrin a cette réponse peu amène : " Ce sont des gens qui ont été traumatisés après leur première participation au pouvoir, dans l'arc-en-ciel de Guy Verhofstadt, après laquelle ils ont été laminés. Aujourd'hui, je ne me retrouve pas dans Ecolo. Leur principale option reste d'arriver au pouvoir. Tout ce qu'ils décident ou disent est désormais filtré par l'idée de savoir si cela sera acceptable pour de futurs partenaires. Quand on fait ça, on est cuit. " " Ce qui est sûr, c'est que nous sommes portés par quelque chose d'aussi intense qu'eux, à l'époque ", complète Barbara Dufour. Reste à savoir si cette conviction trouvera son public en cette ère politiquement déboussolée. 

 

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Sart la rurale se transforme ! Des logements sociaux dans la Grand'rue ? Vous trouverez en annexe la lettre d'un citoyen adressée à l'administration communale de Jalhay et restée sans réponse à ce jour.


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La perversion de la loi engendre la spoliation légale

« La chimère du jour est d’enrichir toutes les classes aux dépens les unes des autres; c’est de généraliser la Spoliation sous prétexte de l’organiser. Or, la spoliation légale peut s’exercer d’une multitude infinie de manières; de là une multitude infinie de plans d’organisation: tarifs, protection, primes, subventions, encouragements, impôt progressif, instruction gratuite, Droit au travail, Droit au profit, Droit au salaire, Droit à l’assistance, Droit aux instruments de travail, gratuité du crédit, etc. Et c’est l’ensemble de tous ces plans, en ce qu’ils ont de commun, la spoliation légale, qui prend le nom de Socialisme. » (La Loi, F. Bastiat,1850)

Un fois cela posé on constate que tous les hommes politiques Belges  sont adeptes de la spoliation légale. Seul varie ensuite le niveau de spoliation qu’ils veulent imposer aux populations. Elle est la justification de leur existence, d’où l’intérêt qu’ils ne cessent de lui porter. C’est pourquoi tous les gouvernements de notre pays se sont appliqués avec constance et aveuglement à l’accroître. Il en découle que la société Belge n’est ni juste, ni unie, ni fraternelle et que sa prospérité se délite.

La seule véritable moralisation consisterait à mettre fin à un système qui repose sur ce principe de « spoliation légale » :

 

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Le capitalisme est génial. Demandez à vos grand-parents !

 

Vous pouvez dire merci à vos grands-parents. S’ils avaient décidé de «résister au capitalisme», comme d’autres tentent de le faire ces jours-ci, nous aurions des décennies de retard dans l’innovation technologique.

Par Bill Wirtz.

Chaque famille a ses habitudes quand il s’agit de rester en contact avec les grands-parents. Pour beaucoup, c’est une corvée régulière, et on essaie de faire de son mieux pour échapper au coup de fil de trois heures avec mémé.

Cependant, ce faisant, on manque la leçon d’économie la plus précieuse que l’on puisse recevoir, que ni nos professeurs d’universités ni nos graphiques ne peuvent visualiser. Nos grands-parents ou arrière-grands-parents (pour ceux qui ont la chance d’avoir une très longue vie) sont les témoins des avantages du capitalisme et du marché libre.

En fait, ce ne sont pas seulement des témoins oculaires, ils sont les générations à avoir assisté aux changements les plus radicaux qui se sont produits par le biais du capitalisme. La mobilité économique et le progrès technologique ont contribué au fait que vous, contrairement à la plupart de vos ancêtres, ne devez pas travailler dans les champs.

Le capitalisme vous fait gagner davantage

Mon grand-père avait l’habitude de se plaindre que le croissant dans la boulangerie du coin coûtait deux fois plus cher en euros qu’avec le franc luxembourgeois.

Plus tard, il s’est aperçu qu’il pouvait acheter beaucoup plus de pâtisseries qu’à l’époque où il a commencé à travailler. Mais comment cela a-t-il été possible ? Le capitalisme fait des familles les propriétaires des moyens de production.

Mon grand-père travaillait pour lui-même et sa famille, et non pour le bénéfice de quelqu’un d’autre. L’assurance des droits de propriété a donné aux gens la possibilité d’acheter davantage de terres et de devenir les bénéficiaires du fruit de leur travail.

Ferghane Azihari a cité un fait comparable (à celui du croissant) et plus observable dans un article pour le Mises Institute :

En 1800, il fallait travailler en moyenne une heure pour obtenir dix minutes de lumière artificielle. Aujourd’hui, cette même heure vous permet d’acheter 300 jours de lumière. En 1900, un kilowatt-heure d’électricité coûtait une heure de travail. Cela coûte cinq minutes de votre temps maintenant. L’achat d’un cheeseburger chez McDonald’s nécessitait 30 minutes de travaux forcés en 1950. Ce même sandwich coûte maintenant environ trois minutes de votre vie.

Le capitalisme vous fait travailler moins

Il s’avère que la semaine de travail de 40 heures n’est pas un cadeau qui vous est offert par les syndicats, mais est en fait un produit du capitalisme du marché libre. Sur ce point, les économistes de tous bords s’accordent.

La question se pose donc de savoir comment nous sommes arrivés à cette semaine de travail de 40 heures. D’un côté, les heures de travail ont diminué depuis les années 1870 (Huberman et Minns, London School of Economics, 2007, page 542) : la moyenne européenne était de 63 heures en 1870, de 56,3 en 1900 et de 53,8 heures en 1913 (Huberman, 2002, Page 19). Or, ni les syndicats ni la législation n’ont pu réduire ce nombre d’heures (Costa, 1998, p. 14-15), contrairement à la technologie moderne.

Entre le début du 19ème siècle et le début du 20ème siècle, l’agriculture n’était pas très efficace. La production était très lente, et même le travail des enfants était nécessaire pour de nombreuses familles afin de joindre les deux bouts. L’invention de la machine à vapeur et l’augmentation de la productivité globale des facteurs ont permis de réduire les heures nécessaires pour fabriquer les mêmes produits, tout en améliorant les conditions de vie.

Dites merci

Vous pouvez dire merci à vos grands-parents. S’ils avaient décidé de «résister au capitalisme», comme d’autres tentent de le faire ces jours-ci, nous aurions des décennies de retard dans l’innovation technologique. Nos prédécesseurs méritent de la reconnaissance pour leur travail acharné et les opportunités qu’ils offrent gratuitement.

Ils savent que le capitalisme est génial.

Cet article est une traduction de “Ask your grandparents how awesome capitalism is”, publié par Freedom Today.


 

 

Nucléaire : une chance pour notre avenir !

Demain, pour accompagner la raréfaction des hydrocarbures, les réacteurs nucléaires « à neutrons lents et rapides » constitueront un atout majeur pour produire de manière durable la chaleur et l’électricité propre.

Par Michel Gay.

La baisse inéluctable de la production des hydrocarbures, les faiblesses structurelles des énergies intermittentes du vent et du soleil, ainsi que la volonté de diminuer les émissions de gaz à effet de serre ont ajouté une nouvelle légitimité « écologique » à la production d’électricité nucléaire.

Elle constituera le socle de l’avenir énergétique de l’humanité malgré la vigoureuse opposition d’une frange militante. La Chine, les Etats-Unis et l’Inde évoquent les « énergies propres » lesquels incluent… le nucléaire.

Parler d’énergie gratuite n’a pas de sens.

De toutes les qualités prêtées un peu vite aux énergies renouvelables, la plus fallacieuse est la gratuité issue d’une mystique néo-rousseauiste. Le soleil et le vent seraient offerts généreusement et éternellement par Mère Nature.

Encore faut-il capter cette énergie intermittente avec des matériels appropriés (éoliennes, panneaux photovoltaïques,…), lesquels sont chers et le plus souvent non rentables… sans subventions publiques. Ces sources d’énergies, hors l’énergie hydraulique, resteront marginales et coûteuses.

Il faut remarquer que le charbon et le pétrole sont tout aussi gratuits. Ils sortent de terre sans avoir à les fabriquer. Ce sont les moyens d’’extraction, les transports, les transformations des produits, les taxes, etc,… qui ont un coût pour aboutir à une énergie utilisable.

Réduire notre consommation ?

Pour compenser la faible production erratique des énergies renouvelables, des Verts proposent de faire baisser fortement notre consommation. Un tel retour en arrière, à supposer qu’il soit possible et accepté, entraînerait une chute du niveau de vie et une augmentation du chômage avec de dramatiques effets sociaux et humains.

L’efficacité énergétique et les économies d’énergies préconisées (louables en elles-mêmes) ne pourront que limiter la progression de la hausse de la consommation mondiale.

Des recherches tentent depuis un siècle, et sans succès, de stocker massivement et à faible coût l’énergie électrique. La réalisation d’un stockage d’électricité correspondant aux besoins d’une nation n’est même pas en vue, et ne sera peut-être jamais possible malgré les rêves éveillés de quelques-uns.

À long terme, le refus du nucléaire est voué à l’échec.

À moyen terme, sa réduction peut provoquer des dégâts importants pour une nation moderne.

Les exemples sont sous nos yeux :

– L’Espagne est en pleine déconfiture énergétique avec ses éoliennes.

– L’Italie qui a refusé le nucléaire sans avoir de ressources énergétique sur son sol, importe une part importante de son électricité de France, d’Allemagne et d’Autriche.

 L’Allemagne se repose sur le charbon de son sous-sol et sur l’importation de gaz russe qui fournissent (à eux deux) 60% de l’électricité. Et ce pourcentage va augmenter car près de 20% de son électricité provient toujours des réacteurs nucléaires…

L’énergie nucléaire est la seule énergie de production massive et pilotable disponible aujourd’hui pour plusieurs … millénaires.

En effet, les réacteurs actuels à « neutrons lents » (génération 2 et 3) consomment moins d’un centième de l’uranium naturel (0,8% aujourd’hui avec un recyclage partiel). Le reste n’est pas utilisé.

Après 2050, les réacteurs à « neutrons rapides » en préparation (génération 4) consommeront prés de 100% de l’uranium naturel etmultiplieront donc par 100 les réserves utiles.

Le nucléaire deviendra alors durable puisque les réserves mondiales d’uranium connues à ce jour permettraient d’alimenter plus de dix fois le parc mondial actuel pendant plusieurs milliers d’années.

5000 ans devant nous

En France, le stock d’uranium dit « appauvri » résultant de la préparation du combustible actuel (dit « enrichi »), et précieusement conservé sur notre sol, permettra en 2050 d’alimenter ces centrales nucléaires de quatrième génération pendant 5000 ans (cinq mille ans !)…. sans avoir à importer d’uranium ni aucun combustible.

La civilisation industrielle connaitra une phase d’expansion nucléaire, comme elle a connu des phases bois, charbon, pétrole et gaz.

Dans la plupart des pays, la pression de la nécessité emportera, tôt ou tard, toutes les résistances. S’opposer à cette mutation en faisant miroiter des pseudo-solutions miracles, comme le vent et soleil, malmène l’intérêt collectif en retardant les évolutions avec des arguments et des procédures dilatoires. Ce comportement ne fait que rendre plus difficile le chemin vers le développement inéluctable de l’énergie nucléaire.

Demain, pour accompagner la raréfaction des hydrocarbures, puis pour leur succéder au moins partiellement, les réacteurs nucléaires « à neutrons lents et rapides » constitueront un atout majeur pour produire de manière durable la chaleur et l’électricité propre, bon marché, décarbonée et abondante dont nos enfants auront besoin.

 

 

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La conquête de la liberté : rien n’est acquis

Quelle est la part de la volonté et celle du déterminisme dans la conquête de la liberté ? La question mérite une réponse nuancée, mais une chose est certaine : la liberté est toujours menacée, elle n’est jamais un acquis.
Les libertés politiques et économiques dont nous bénéficions sont très récentes et loin d’être universelles. Il suffit de se reporter quelques siècles plus tôt pour comprendre que nous sommes issus de la servitude. La conquête de la liberté s’appuie sur la conjonction de multiples facteurs, mais il a d’abord fallu s’opposer à des pouvoirs puissants.

Quelle est la part de la volonté et celle du déterminisme ? La question mérite une réponse nuancée, mais une chose est certaine : la liberté est toujours menacée, elle n’est jamais un acquis.

La conquête de la liberté est récente

« L’homme est né libre et partout il est dans les fers ». Cette forte phrase qui ouvre Du Contrat social de Jean-Jacques Rousseau indique ce que pouvait ressentir un philosophe en 1762.

La royauté de droit divin régnait sur trois ordres (clergé, noblesse, tiers-état) entre lesquels la mobilité sociale était très faible. On naissait noble ou paysan et on le restait. Le servage n’était pas aboli.

En Russie, il faudra même attendre 1861 pour qu’il le soit. Aux États-Unis, l’abolition complète de l’esclavage date de 1863, soit 150 ans !

Le libéralisme politique n’a donc pas eu gain de cause facilement. Le libéralisme économique non plus. Au milieu du 19e siècle, les grands domaines de la noblesse russe ou des grands propriétaires de Louisiane n’avaient aucun rapport avec le libéralisme.

Une conquête de la liberté progressive, ni de droite ni de gauche

Il serait naïf de penser que l’État-gendarme de cette époque reflétait le libéralisme doctrinal. En aucun cas. Il était en réalité une structure politique évolutive limitant progressivement le rôle du pouvoir exécutif en application du principe de séparation des pouvoirs. Cette évolution ne s’est pas faite sans heurts, comme le montre bien l’histoire de France après 1789 : Révolution, Empire, Restauration, Monarchie de juillet, brève Seconde République, à nouveau Empire et enfin République. La liberté a été conquise, elle n’a pas été donnée.

Mais la liberté n’est pas l’apanage d’un parti. Un conservateur catholique et légitimiste comme Chateaubriand a toujours défendu la liberté de la presse, bien souvent contre son propre camp. « J’ai aidé à conquérir celle de vos libertés qui les vaut toutes, la liberté de la presse », écrit-il dans De la liberté de la presse, publié en 1828, alors qu’il vient d’être révoqué de son poste de ministre des Affaires étrangères pour avoir manifesté une trop grande indépendance d’esprit.

Y-a-t-il un déterminisme historique vers la liberté ?

Les libertés politiques (expression, culte, réunion, etc.) apparaissent après une longue maturation de plusieurs siècles qui commence à la Renaissance. La créativité intellectuelle du 18e siècle, le siècle des Lumières, formalise les concepts principaux qui permettront de faire reculer rapidement l’arbitraire des pouvoirs politiques traditionnels. La liberté d’entreprendre, dite liberté du commerce et de l’industrie, apparaît simultanément en France avec le décret d’Allarde des 2 et 17 mars 1791, qui supprime les corporations de métiers en utilisant ces termes :

Il sera libre à toute personne de faire tel négoce ou d’exercer telle profession, art ou métier qu’elle trouvera bon.

A la fin du 18e siècle, tout se passe donc comme si le temps de la liberté était venu, comme si les hommes avaient franchi une étape de leur histoire les éloignant à jamais des monarchies absolues et des pouvoirs autoritaires. Les philosophes ont compris qu’il était temps de parler de liberté individuelle, mais ils n’ont pas choisi ce moment. Une sorte de déterminisme semblait conduire les hommes vers la liberté.

La terreur de la première République française, avec le gouvernement de la Convention (1792-1795), offre évidemment un paradoxe saisissant. L’esprit des Lumières débouche sur la dictature et des exécutions en masse. Mais il ne s’agit que d’un épisode, d’une crise politique, comme l’histoire en compte beaucoup.

Les hommes de la liberté

Car depuis cette époque, le monde n’a pas connu l’absence totale de liberté qui régnait auparavant. De puissantes agressions ont tenté d’annihiler la liberté au 20e siècle. Mais les totalitarismes fascistes et communistes ont été vaincus.

La conquête de la liberté est-elle irréversible à l’échelle de l’humanité ? Il serait hasardeux de prétendre répondre objectivement à cette question, mais nous devons croire à cette irréversibilité. Pourquoi ? Parce que, justement, dans ce domaine rien n’est jamais acquis et que l’adhésion à cette croyance nous permet peut-être de découvrir l’unique principe qui doit guider les hommes en toutes circonstances.

Le plus bel exemple historique est celui des survivants de la Shoah. Malgré des souffrances inimaginables, ils nous n’ont pas cédé à la volonté de déshumanisation dont ils étaient l’objet. Ils avaient l’intime conviction d’être plus forts que leurs bourreaux, non pas individuellement mais par leur appartenance à l’humanité libre. Que cette conviction se soit appuyée sur une religion comme le judaïsme, sur une philosophie athéiste ou sur une spiritualité sui generis importe peu. L’essentiel est l’exemple immémorial que se transmettrons les générations futures.

Des principes simples mais souvent remis en cause

L’homme « né libre » de Rousseau, c’est-à-dire, selon lui, l’homme à l’état de nature, n’a jamais existé. Il s’agit d’un concept philosophique fort utile permettant de prendre conscience de l’oppression. La liberté est sociale car l’homme est un animal social. La liberté individuelle se construit donc par limitation et répartition du pouvoir dans toute société.

Les principes généraux à respecter sont bien connus : séparation des pouvoirs, subsidiarité – les décisions doivent être prises à l’échelon pertinent le plus bas –, limitation du rôle de l’État. Bertrand de Jouvenel a montré à cet égard que si le pouvoir arbitraire du passé a été vaincu, le pouvoir est toujours, par essence, à la recherche de sa propre puissance.

Nous le voyons bien aujourd’hui avec l’État tentaculaire qui continue à se développer. La liberté est toujours à défendre. Elle n’est pas synonyme de démocratie.

 

 

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La conquête de la liberté : rien n’est acquis

 

 

Quelle est la part de la volonté et celle du déterminisme dans la conquête de la liberté ? La question mérite une réponse nuancée, mais une chose est certaine : la liberté est toujours menacée, elle n’est jamais un acquis.

Par Patrick Aulnas.

Les libertés politiques et économiques dont nous bénéficions sont très récentes et loin d’être universelles. Il suffit de se reporter quelques siècles plus tôt pour comprendre que nous sommes issus de la servitude. La conquête de la liberté s’appuie sur la conjonction de multiples facteurs, mais il a d’abord fallu s’opposer à des pouvoirs puissants.

Quelle est la part de la volonté et celle du déterminisme ? La question mérite une réponse nuancée, mais une chose est certaine : la liberté est toujours menacée, elle n’est jamais un acquis.

La conquête de la liberté est récente

« L’homme est né libre et partout il est dans les fers ». Cette forte phrase qui ouvre Du Contrat social de Jean-Jacques Rousseau indique ce que pouvait ressentir un philosophe en 1762.

La royauté de droit divin régnait sur trois ordres (clergé, noblesse, tiers-état) entre lesquels la mobilité sociale était très faible. On naissait noble ou paysan et on le restait. Le servage n’était pas aboli.

En Russie, il faudra même attendre 1861 pour qu’il le soit. Aux États-Unis, l’abolition complète de l’esclavage date de 1863, soit 150 ans !

Le libéralisme politique n’a donc pas eu gain de cause facilement. Le libéralisme économique non plus. Au milieu du 19e siècle, les grands domaines de la noblesse russe ou des grands propriétaires de Louisiane n’avaient aucun rapport avec le libéralisme.

Une conquête de la liberté progressive, ni de droite ni de gauche

Il serait naïf de penser que l’État-gendarme de cette époque reflétait le libéralisme doctrinal. En aucun cas. Il était en réalité une structure politique évolutive limitant progressivement le rôle du pouvoir exécutif en application du principe de séparation des pouvoirs. Cette évolution ne s’est pas faite sans heurts, comme le montre bien l’histoire de France après 1789 : Révolution, Empire, Restauration, Monarchie de juillet, brève Seconde République, à nouveau Empire et enfin République. La liberté a été conquise, elle n’a pas été donnée.

Mais la liberté n’est pas l’apanage d’un parti. Un conservateur catholique et légitimiste comme Chateaubriand a toujours défendu la liberté de la presse, bien souvent contre son propre camp. « J’ai aidé à conquérir celle de vos libertés qui les vaut toutes, la liberté de la presse », écrit-il dans De la liberté de la presse, publié en 1828, alors qu’il vient d’être révoqué de son poste de ministre des Affaires étrangères pour avoir manifesté une trop grande indépendance d’esprit.

Y-a-t-il un déterminisme historique vers la liberté ?

Les libertés politiques (expression, culte, réunion, etc.) apparaissent après une longue maturation de plusieurs siècles qui commence à la Renaissance. La créativité intellectuelle du 18e siècle, le siècle des Lumières, formalise les concepts principaux qui permettront de faire reculer rapidement l’arbitraire des pouvoirs politiques traditionnels. La liberté d’entreprendre, dite liberté du commerce et de l’industrie, apparaît simultanément en France avec le décret d’Allarde des 2 et 17 mars 1791, qui supprime les corporations de métiers en utilisant ces termes :

Il sera libre à toute personne de faire tel négoce ou d’exercer telle profession, art ou métier qu’elle trouvera bon.

A la fin du 18e siècle, tout se passe donc comme si le temps de la liberté était venu, comme si les hommes avaient franchi une étape de leur histoire les éloignant à jamais des monarchies absolues et des pouvoirs autoritaires. Les philosophes ont compris qu’il était temps de parler de liberté individuelle, mais ils n’ont pas choisi ce moment. Une sorte de déterminisme semblait conduire les hommes vers la liberté.

La terreur de la première République française, avec le gouvernement de la Convention (1792-1795), offre évidemment un paradoxe saisissant. L’esprit des Lumières débouche sur la dictature et des exécutions en masse. Mais il ne s’agit que d’un épisode, d’une crise politique, comme l’histoire en compte beaucoup.

Les hommes de la liberté

Car depuis cette époque, le monde n’a pas connu l’absence totale de liberté qui régnait auparavant. De puissantes agressions ont tenté d’annihiler la liberté au 20e siècle. Mais les totalitarismes fascistes et communistes ont été vaincus.

La conquête de la liberté est-elle irréversible à l’échelle de l’humanité ? Il serait hasardeux de prétendre répondre objectivement à cette question, mais nous devons croire à cette irréversibilité. Pourquoi ? Parce que, justement, dans ce domaine rien n’est jamais acquis et que l’adhésion à cette croyance nous permet peut-être de découvrir l’unique principe qui doit guider les hommes en toutes circonstances.

Le plus bel exemple historique est celui des survivants de la Shoah. Malgré des souffrances inimaginables, ils nous n’ont pas cédé à la volonté de déshumanisation dont ils étaient l’objet. Ils avaient l’intime conviction d’être plus forts que leurs bourreaux, non pas individuellement mais par leur appartenance à l’humanité libre. Que cette conviction se soit appuyée sur une religion comme le judaïsme, sur une philosophie athéiste ou sur une spiritualité sui generis importe peu. L’essentiel est l’exemple immémorial que se transmettrons les générations futures.

Des principes simples mais souvent remis en cause

L’homme « né libre » de Rousseau, c’est-à-dire, selon lui, l’homme à l’état de nature, n’a jamais existé. Il s’agit d’un concept philosophique fort utile permettant de prendre conscience de l’oppression. La liberté est sociale car l’homme est un animal social. La liberté individuelle se construit donc par limitation et répartition du pouvoir dans toute société.

Les principes généraux à respecter sont bien connus : séparation des pouvoirs, subsidiarité – les décisions doivent être prises à l’échelon pertinent le plus bas –, limitation du rôle de l’État. Bertrand de Jouvenel a montré à cet égard que si le pouvoir arbitraire du passé a été vaincu, le pouvoir est toujours, par essence, à la recherche de sa propre puissance.

Nous le voyons bien aujourd’hui avec l’État tentaculaire qui continue à se développer. La liberté est toujours à défendre. Elle n’est pas synonyme de démocratie.

 

 

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Sommes-nous entrés dans l’ère du « post-politique ? 

»

Retour sur un ouvrage de Mathieu Laine, en 2009, qui posait la question de l’agonie de la politique Et si les surprises des élections et référendums de ces deux ou trois dernières années étaient des signes de cette entrée dans l’ère du post-politique ?

Par Johan Rivalland.

Après avoir présenté trois livres parus dans la collection hélas interrompue « Idées fausses – vraies réponses », place à un ancien ouvrage de celui qui la dirigea. Avec pour thème la question de la mort de la politique telle qu’on la pratique depuis plusieurs décennies.

L’impuissance du politique

Dans cet essai, au sujet duquel je fus surpris et dubitatif qu’il ait été récompensé du prix de littérature politique Edgar-Faure, par un jury composé de plusieurs politiques, dont pas des moindres interventionnistes, Mathieu Laine dénonce l’impuissance du politique et justement les excès et dérives de l’interventionnisme.

Une véritable remise en cause de Keynes, célébré, à l’heure des faillites de l’interventionnisme (Mathieu Lainerevient sur les origines de la crise des subprimes, montrant comme le faisait par exemple Charles Gave dans son Libéral mais non coupable que celles-ci sont à chercher du côté des décisions politiques, contrairement à ce que l’on tend habituellement à nous faire croire).

Pire, il met en garde à l’avance (ce qui a hélas largement été validé par les faits depuis), contre l’excès d’endettement des Etats et la nette aggravation de celui-ci avec les plans de relance démesurés, qui risquent d’entraîner une crise encore plus grave.

Ainsi, pour reprendre un passage qui résume bien l’esprit de l’ouvrage (pp.210-211), Mathieu Laine nous dit :

La crise de l’Etat providence a déchiré le voile d’ignorance subtilement posé, pendant des décennies, sur la toute-puissance du pouvoir et sur sa supposée capacité à améliorer concrètement nos vies. Elle s’accompagne, naturellement, de peurs et de mauvaises rumeurs sur l’avenir, mais ouvre, simultanément, des horizons d’inventivité insoupçonnés en matière d’organisation humaine. La nouvelle génération a, devant elle, un chantier passionnant : réinventer l’interventionnisme, optimiser réellement l’équilibre entre le public et le privé, définir une société dans laquelle l’action de chaque participant pourra permettre de faire réellement progresser la destinée de chacun. Le politique, qui était au coeur de toutes les formes de pouvoir et vers lequel on ne cesse de se retourner, voit aujourd’hui son pouvoir terriblement concurrencé et ses moyens d’action de plus en plus limités.

La tyrannie du pragmatisme

Et, de même que Myriam Revault d’Allonnes dans son Pourquoi nous n’aimons pas la démocratie, Mathieu Laine va dans le sens de Friedrich Von Hayek, lorsque celui-ci oppose les constructivistes aux libéraux :

les premiers croyant possible de construire une société idéale, sur la base de plans échafaudés en amont par leurs cerveaux visionnaires, et les seconds estimant qu’une société se construit d’elle-même, de manière imprévisible, par l’effet d’une multitude d’actions, de réactions, d’erreurs, de corrections (l’explosion d’une bulle en étant une), de processus de coordination interindividuels, de création et de circulation perpétuelle d’informations, l’ensemble de ces mécanismes risquant bien plus à subir une interférence extérieure qu’à se développer librement.

Mathieu Laine dénonce ainsi, tour à tour, la « tyrannie du pragmatisme » (on appréciera, au passage, des clins d’œil tels que ce sous-titre en forme d’ironie, en référence à une célèbre phrase voisine de Keynes : « A court terme, nous serons tous myopes ») et les sources de « l’hypercrise« , avant de revenir sur les « mythes fondateurs » qui nous ont mené vers ces conceptions de la politique, pour proposer de « réinventer l’interventionnisme« .

Cependant, je n’adhère pas trop au titre de l’ouvrage, qui ne me semble pas vraiment caractériser correctement celui-ci. Ce qui est proposé par l’auteur, en fin de compte, est une adhésion aux sources mêmes du libéralisme ; d’où ma surprise au sujet de la récompense obtenue, que j’évoque en préambule.

Faire évoluer les mentalités

Un ouvrage à la fois de réflexion et de vulgarisation, qui permet de rendre accessible des raisonnements et théories pas forcément si communs, dans l’espoir de contribuer à faire évoluer les mentalités.

S’il n’y pas grand espoir de réellement bousculer rapidement les pratiques politiques telles qu’on les connaît (on le voit assez bien, me semble-t-il, actuellement encore), on peut toutefois constater que les mentalités des peuples évoluent ; et on peut donc espérer une montée en puissance lente mais certaine de la société civile.

Mathieu Laine, Post politique, éd. J.C Lattès, janvier 2009, 286 pages.

 

 

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L’écologie, un sujet terriblement passionnel

 

Retour sur un petit ouvrage percutant et courageux paru il y a dix ans, qui posait un certain nombre de problèmes, invitait au débat et aux remises en question, et a valu à l’époque de vives critiques à son auteur.

Par Johan Rivalland.

Je suis retourné voir sur amazon, par curiosité, ce qu’il était advenu de cette passionnante collection parue chez Lattès et intitulée « Idées fausses, vraies réponses », dont j’avais eu l’occasion de lire plusieurs des ouvrages. Malheureusement, elle semble s’en être tenue à 11 titres en tout.

À cette occasion, j’ai pu constater que l’ouvrage de Cécile Philippe,  C’est trop tard pour la Terre, que je présente ici en reprenant le commentaire que j’avais pu rédiger à l’époque, avait été l’objet de critiques extrêmement vives, puisque l’auteur est traitée tour à tour de « femme dangereuse », de « propagandiste » à la solde de je ne sais quels grands groupes, de révisionniste ou je ne sais quoi d’autre, tout en étant encouragée à « rester chez elle » (sous-entendu dans son domaine de compétence qu’est l’économie).

Des critiques qui, naturellement, ne vous surprendront pas, et marquent surtout le caractère sensible d’un sujet très à la mode depuis quelques années maintenant, qui donne lieu à des déchaînements passionnels certains.

Un sujet propice à beaucoup de réactions passionnelles

Face à l’alarmisme et au catastrophisme ambiants, qui font les choux gras de tant d’imposteurs (je n’y inclus bien évidemment pas l’immense majorité des personnes parfaitement sincères et convaincues), Cécile Philippe choisit d’examiner, point par point, chacun des grands sujets à la mode concernant l’écologie.

Quand médias, militants, associations, politique et démagogie s’en mêlent, difficile d’y voir clair sur des questions pour lesquelles on tombe rapidement dans le mythe ou le fantasme, faisant perdre toute objectivité aux chiffres, théories et raisonnements, pour finalement mener sur de fausses routes.

Le capitalisme et le marché coupables

Pétrole, OGM, réchauffement de la planète, développement durable et autres lubies, tout concourt à rendre le capitalisme et le marché coupables de tous les maux, la plupart du temps imaginaires, sans qu’il soit laissé une quelconque place à la discussion ou à l’argumentation.

Avec les conséquences dramatiques que cela peut occasionner, à l’image du principe de précaution, qui conduisit l’OMS dans les années 1970 à encourager le retrait du DDT du marché, alors qu’il était efficace contre la malaria, entraînant ainsi la mort de plusieurs millions de personnes chaque année, avant de se déjuger 30 ans après, en 2006, et reconnaître les vertus de ce produit et son absence d’effets nocifs.

(Je me dois, à ce stade, de laisser la parole à une détractrice qui m’interpellait en 2008 sur le sujet, et à travers mon commentaire surtout l’auteur du livre, se basant malheureusement sur une étude datée, ce qui est un problème, révélant ainsi les biais classiques entraînés par la transmission, qui ne vaut que si elle est mise à jour régulièrement.

Auteur d’une critique virulente sur un livre qu’elle avouait ne pas avoir lu (ce qui est aussi un vrai problème, hélas permanent), elle s’est trouvée elle-même sujette à un certain nombre de critiques, au-delà de toutes les personnes dont elle a eu à l’inverse le soutien inconditionnel).

Un sujet doctrinal qui ne souffre pas la contestation

De mises en garde en diabolisations, les idées reçues perdurent et même progressent, pour ne laisser nulle place à la contestation.

Qui tente d’argumenter, d’atténuer les affirmations consensuelles ou d’aller à l’encontre de l’unanimisme ambiant est aussitôt voué aux gémonies, s’agit-il même d’un scientifique sérieux.

Et l’on en vient à prôner et souhaiter des solutions d’urgence, souvent inconséquentes et recélant toutes de plus grands dangers encore, ceux-là bien réels (décroissance, baisse de la consommation, …) car menant tout droit à l’appauvrissement, au chômage, au retour des famines généralisées, etc. Sans même que toutes les assertions avancées se trouvent réellement avérées et sans voir que toutes ces pseudo-recettes et affirmations hasardeuses ne sont qu’une resucée de théories en vogue depuis plusieurs décennies, parfois plusieurs siècles, sans que les Cassandre aient vu le moins du monde leurs affirmations avérées.

Certains vont même jusqu’à adopter des positions extrémistes, tel un prince Philippe, ancien leader de WWF, affirmant en 1995 : « Si je devais être réincarné, je souhaiterais être un virus capable de réduire la population humaine » ou d’un David Graber, biologiste américain, qui affirmait : « Le bonheur humain, et en particulier la fécondité humaine, ne sont pas aussi importants qu’une planète sauvage et en bonne santé… nous sommes devenus un cancer. Nous sommes la peste pour nous-mêmes et pour la Terre. »

Y a-t-il unanimité chez les scientifiques ?

Et pourtant… nombreux sont les scientifiques, plus prudents, qui contestent les théories et chiffres hasardeux souvent avancés à la légère, et tentent sans succès de se faire entendre.

Malheureusement, le sensationnel et le spectaculaire sont préférés, comme toujours, à la rigueur scientifique et ceux-là ne font que, au mieux, se faire insulter, voire risquent une mise au banc de la communauté scientifique.

Cécile Philippe, dans cet ouvrage, redonne la parole à ces derniers, confrontant les chiffres et les méthodes, argumentant, décortiquant, démontrant, pour débusquer nombre d’idées fausses et proposer de vraies réponses, ainsi que l’exige la collection, pour tenter d’assainir l’argumentation et de réinstaurer un débat, là où il n’a plus cours depuis longtemps.

L’ensemble est relativement succinct, mais répond à un objectif d’efficacité et de présentation condensée à dessein, ne manquant pas de renvoyer à de multiples sources afin d’inviter le lecteur à creuser le sujet.

Un objectif salutaire même si, on s’en doute, l’entreprise paraît presque vaine. Mais c’est avec beaucoup de voix comme celle de Cécile Philippe que les choses avanceront et que l’on retrouvera un jour plus de sérénité et d’objectivité face à des questions si cruciales.

Cécile Philippe, C’est trop tard pour la Terre, éd. J.C Lattès, mars 2007, 173 pages

 

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Seules 260 communes sur 589 se sont dotées de la plateforme Be-Alert qui permet de diffuser à la population des messages par SMS en cas d'urgence, rapporte Le Soir mercredi. La Flandre a déjà largement adopté la plateforme BeAlert, alors que la Wallonie et Bruxelles sont à la traîne. Si deux tiers des pouvoirs locaux flamands ont déjà franchi le pas, seule une commune wallonne sur cinq a accès à la plateforme. Et à Bruxelles, seule Anderlecht a adopté le système.

Certaines communes ont fait l'impasse parce qu'elles disposent déjà de leur propre système d'alerte par SMS (c'est par exemple le cas d'Ottignies Louvain-la-Neuve). Mais, dans la plupart des cas, c'est avant tout une question de temps. L'abonnement à Be-Alert coûte 1.100 euros par an pour les communes. Une dépense que beaucoup de bourgmestres francophones attendent de voir validée par leur conseil communal.

Près de 200.000 Belges sont actuellement inscrits à Be-Alert. Un chiffre qui réjouit le Centre de crise. "Après deux mois, on peut dire que c'est un bon début", réagit son porte-parole, Benoît Ramacker.

Ou en est notre commune Pas encore abonnée.

 

 

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Vers 100 % d’électricité nucléaire en 2050 ?

Centrale nucléaire (Crédits Alpha du centaure, licence Creative Commons)

L’électricité nucléaire, championne en matière de production d’énergie et d’environnement depuis plus de 40 ans, devrait être au cœur des missions confiées à l’ADEME.
L’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie (ADEME), qui a publié en 2015 l’étude « Un mix électrique 100 % renouvelable en 2050 ? », aurait dû publier en même temps l’autre cas d’école «Vers 100 % d’électricité nucléaire en 2050 ?».

L’ADEME fourmillant d’experts doit pouvoir travailler sur ce sujet. Le citoyen français est en droit d’attendre cet équilibre des points de vue de la part d’une agence publique d’un pays où le nucléaire, fleuron de notre économie, produit les trois quarts de notre électricité de façon sûre et bon marché. Et peut-être pour longtemps.

L’ADEME a-t-elle peur ?

L‘électricité nucléaire, championne en matière de production d’énergie et d’environnement depuis plus de 40 ans, devrait être au cœur des missions confiées à l’ADEME. Cette dernière semble pourtant en avoir peur. Et cette peur est mauvaise conseillère pour guider ses choix censés définir le futur paysage énergétique durable, efficace et propre pour la France.

Malgré les campagnes de désinformations après l’accident de Tchernobyl et le tsunami de Fukushima (dont la centrale nucléaire de Daiishi n’a fait aucune victime mais dont le tsunami dévastateur a provoqué prés de 20 000 morts), le nucléaire se développe dans le monde. Plus de 70 nouveaux réacteurs sont en construction sur la planète. Mais un seul est en construction en France, et aucun en Allemagne, championne de la peur du nucléaire.

3 raisons de choisir le nucléaire

À côté du cas d’école « 100 % renouvelable », l’autre cas d’école « 100 % nucléaire » aurait dû avoir lui aussi toute sa place. Et pour au moins trois raisons :

1) l’électricité nucléaire est aujourd’hui la moins chère (autour de 42 €/MWh1 si on en croit le tarif de revente par EDF à ses concurrents, et entre 33 et 59,8 €/MWh selon les rapports 2013 et 2014 de la Cour des Comptes). Elle le sera encore en 2050 car elle n’est pas intermittente, ne nécessite pas de stocker l’électricité. Elle assume aussi les coûts du  système de régulation du réseau électrique national et européen ;

2) elle n’émet pas de gaz à effet de serre, améliore la sécurité énergétique et apporte une meilleure indépendance nationale ;

3) le nucléaire «durable» pour plus de mille ans fera son apparition en 2050 avec les premiers réacteurs surgénérateurs, même si l’ADEME l’oublie (une étourderie sans doute).

Pas de coûts cachés

La Cour des comptes a dissipé en 2012 les prétendus « coûts cachés » du nucléaire en montrant que tous les coûts passés (notamment ceux de la recherche électronucléaire publique depuis 1957), ainsi que tous les coûts futurs de démantèlement et de gestion des déchets ont déjà été payés par les consommateurs (plus de 40 milliards d’euros ont déjà été provisionnés par les industriels).

Ce même rapport situe le coût de production de l’éolien terrestre entre 62 et 102 €/MWh et le photovoltaïque entre 114 et 547 €/MWh (sans les coûts de stockages). Le consommateur, via la Contribution au Service Public de l’Electricité (CSPE), va continuer à payer l’électricité produite par les premiers capteurs solaires installés par des particuliers en 2009 au prix de…630 €/MWh (!) , jusqu’en 2029, soit environ 15 fois le coût du nucléaire !

Le consommateur exige du courant quand il en a besoin. Aujourd’hui, des productions éoliennes et solaires décalées par rapport à la demande d’électricité ne trouvent pas acquéreurs en Allemagne.

La solution proposée : stocker l’électricité renouvelable. Mais personne ne sait le faire à l’échelle d’un pays.

L’énergie nucléaire est une énergie durable, décarbonée, propre, abondante, pilotable et bon marché.

Et si en 2050, l’ADEME visait 100% d’électricité nucléaire pour la France ?

 
 
 
  1. MWh : mégawattheure, ou million de wattheures, ou millier de kilowattheures.

 

Corée du Nord : que faire face au dernier État totalitaire ?By:

L’ONU doit engager des mesures concrètes en faveur des droits de la population nord-coréenne, notamment l’accès à la libre information.
Article paru initialement en septembre 2016



 

La Corée du Nord vient donc d’effectuer son cinquième essai nucléaire. Les condamnations ne manquent pas dans le monde entier. Mais quelle importance ? Dans son délire obsidional, la Corée du Nord trouvera dans sa posture «seule contre tous» de quoi justifier de nouveaux appels à la mobilisation, à la résistance, au combat contre l’impérialisme américain et ses marionnettes de Séoul, etc.

Le Conseil de Sécurité va se réunir, et il décidera de nouvelles sanctions qui ne seront pas appliquées ou qui le seront en les assortissant de divers moyens de les détourner.

Ne pas fâcher l’allié chinois

La vérité est que l’Occident n’a guère envie d’adopter des mesures de contrainte qui fâcheraient l’allié chinois, le seul – mais il est de taille – dont puisse se targuer la Corée du Nord. Pour des raisons stratégiques, qui touchent à sa sécurité, telle qu’elle la voit, la Chine continentale ne veut pas que disparaisse la verrue nord-coréenne de son environnement géopolitique.

Les risques engendrés par la prolifération nucléaire et la perspective de missiles porteurs de bombes miniaturisées par un État hors de tout contrôle sont pourtant clairs. Et ce régime est d’autant plus dangereux qu’il est le plus totalitaire du monde et qu’il ne tient aucun compte de l’opinion du peuple sur lequel il exerce une terrible tyrannie.

Il ne suffit donc pas de réagir au seul danger nucléaire que ce régime fait courir au reste du monde, en laissant de côté son caractère totalitaire. La simple realpolitik commande que la communauté internationale dénonce dans le même temps le danger nucléaire et la terreur que la dynastie Kim exerce sur son peuple. Sans cette tyrannie, sans l’imposition d’une vie misérable pour la quasi totalité des habitants du pays, vitrine de Pyongyang excepté, sans l’exploitation honteuse de ses travailleurs, qu’elle «vend» en Chine, en Russie et au Moyen-Orient, pour ne rien dire des divers trafics qu’elle dirige en sous-main, pas de réalisation du programme nucléaire.

Le régime concentrationnaire coréen

Tous les États sont ainsi placés devant leurs responsabilités, à commencer par la Chine communiste : peuvent-ils se contenter de blâmer rituellement, après chaque essai nucléaire, tout en tolérant dans les faits l’existence de ce régime concentrationnaire et familier des exécutions, publiques ou non ? Faut-il être à ce point paralysé par le principe de la souveraineté des États, alors que la Corée du Nord terrorise son propre peuple ?

C’est pourquoi, au-delà des sanctions qu’elle a prises et qu’elle prendra, l’ONU doit engager des mesures concrètes en faveur des droits de la population nord-coréenne, notamment l’accès à la libre information.

Sans doute, comme l’a dit Mme Park, la Présidente de la Corée du Sud, à l’annonce du récent essai, le régime du Nord travaille-t-il à propre destruction, tant il lui est impossible de mener de front ses objectifs militaires et d’assurer le minimum vital à sa population. Celle-ci n’en peut plus d’être nourrie à coups de slogans et de rêves de puissance. Comme l’Union soviétique, le régime nord-coréen totalitaire tombera, malgré son arsenal nucléaire. Certes, cette chute sera d’abord l’œuvre des Nord-Coréens eux-mêmes. Mais pourquoi ne pas donner notre coup de pouce ? On y gagnerait en prime plus de sécurité internationale et la conscience d’aider, enfin vraiment, près de 25 millions d’êtres humains victimes du totalitarisme.

Pierre Rigoulot est directeur de l’Institut d’Histoire Sociale. Auteur de nombreux livres de référence, Pierre Rigoulot a notamment collaboré à l’ouvrage collectif Le Livre noir du communisme (éd. Robert Laffont). Il est le rédacteur en chef d’Histoire et Liberté.

 

 

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Mise à jour annuelle et lancement du programme MandatsLeaks

La Cour des comptes a publié ce matin la nouvelle liste des mandats, fonctions et professions exercés par les mandataires politiques et les hauts fonctionnaires.

Je travaille actuellement à l'intégration de ces données dans Cumuleo. Vous pouvez consulter la page d'accueil du site pour découvrir en direct les informations disponibles.


Nouveaux ministres wallons : Un constat édifiant

Cela ne vous a pas échappé, l'année 2017 a été mouvementée en matière de gouvernance : Publifin, Kazakhgate , Samu Social,... et un changement de majorité du gouvernement wallon.

Cumuleo s'est penché sur les déclarations de mandats des nouveaux ministres wallons. Le constat est édifiant, 6 des 7 ministres wallons ont omis de déclarer certains de leurs mandats, fonctions ou professions.

Découvrez les mandats non déclarés par les nouveaux ministres wallons.

Ces manquements ne constituent pas une exception puisque depuis le lancement de Cumuleo en 2009, plus de 700 mandats, fonctions ou professions non déclarés ont été ajoutés.


Lancement du programme MandatsLeaks

Face à ce constat, Cumuleo a décidé de passer à la vitesse supérieure en lançant le programme MandatsLeaks. A partir de la semaine prochaine, chaque lundi, une série de mandats non déclarés sera publiée.

Il est en effet inacceptable que des responsables politiques bafouent, en toute impunité, une loi qui vise à lutter contre leurs conflits d'intérêts, lesquels constituent une préoccupation majeure dans une démocratie.

Ce programme provoquera-t-il une prise de conscience ? Aura-t-on droit dans le futur à des déclarations de mandats complètes ? L'avenir nous le dira.


Une nouveauté

Enfin, Cumuleo profite de cette mise à jour annuelle pour lancer une nouvelle fonctionnalité : la recherche géographique. En un clic, découvrez les mandats exercés par vos mandataires locaux, provinciaux, régionaux.


 

Savez-vous que pour 1 euro par mois vous pouvez soutenir le projet de transparence de Cumuleo et le développement du cadastre des rémunérations publiques ?

En une année, plus de 40 000 rémunérations ont été ajoutées grâce aux soutiens des Amis de Cumuleo.

Vous aussi rejoignez dès maintenant les Amis de Cumuleo.



 

 

 

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Les bienfaits économiques de la liberté en 5 études

Il existe plusieurs études soutenant l’idée que les mauvaises politiques publiques contribuent au problème de la pauvreté et des inégalités.
Un article de l’Institut économique de Montréal

Il y a quelques jours, mon collègue Vincent Geloso écrivait sur le fait que la liberté économique contribue à réduire les inégalités de revenu. Il donnait l’exemple de la Chine et de l’Inde, qui ont toutes deux libéralisé leur économie et vu le niveau de vie de leurs habitants augmenter. Pourtant, comme il le rappelle, «ces libéralisations étaient modestes : l’Inde et la Chine demeurent dans le bas du classement des pays pour le degré de liberté économique».

En effet, dans certaines sociétés, la taille du gouvernement peut devenir tellement importante qu’au lieu de réduire la pauvreté, elle l’alimente. Ce n’est pas seulement le fait des pays où les gouvernements sont dysfonctionnels et corrompus, comme c’est malheureusement le cas dans certains pays en voie de développement, mais aussi en Occident.

Les bonnes politiques publiques

On s’en aperçoit rapidement lorsque l’on s’intéresse aux études qui concernent la liberté économique. Par liberté économique, on entend le résultat de ces politiques publiques qui placent davantage de choix entre les mains des individus.

Par exemple, ceux-ci sont libres de choisir comment dépenser une plus grande partie de leur revenu parce que les impôts sont moins élevés, il y a une plus grande liberté économique.

À l’inverse, lorsque les politiques publiques laissent davantage de choix aux processus politiques, comme lorsque le gouvernement décide pour vous de la façon dont votre revenu sera dépensé, il y a moins de liberté économique.

Ces études nous apprennent d’innombrables choses sur le lien entre la pauvreté, les inégalités et le niveau de vie en général, d’une part, et les mauvaises politiques publiques, d’autre part.

Par exemple, une étude de chercheurs de l’Université de Floride et de l’Université de l’Ohio a examiné le lien entre la liberté économique et les inégalités dans les 50 États américains entre 1979 et 2004.

Elle a démontré que plus de liberté économique mène à moins d’inégalités, jusqu’à ce que l’on atteigne un point où davantage de liberté n’améliore plus la situation, mais ne la détériore pas non plus. Il n’y a donc pas de contradiction entre la liberté économique et la réduction des inégalités, bien au contraire.

Amélioration du niveau de vie

Ou encore, une autre étude s’est intéressée au lien entre les changements dans la liberté économique et le niveau de vie dans les 50 États américains. Elle a trouvé une relation positive entre le niveau de liberté économique et le niveau de vie.

C’est donc dire que lorsqu’il y a moins d’impôts, moins de réglementations et que l’État se mêle moins de l’économie, il y a aussi moins de pauvreté.

Une autre étude s’est enfin intéressée aux liens entre la liberté économique et la pauvreté. Sa conclusion principale est que les indicateurs principaux de la liberté économique, comme l’ouverture au commerce international, ou encore une diminution du poids de l’État dans l’économie, ainsi que du fardeau fiscal, sont fortement associés à une réduction de la pauvreté. Elle confirme que lorsque le poids de l’État est moins important, on trouve généralement moins de pauvreté.

Plus de croissance économique

Une méta-étude se penche sur toutes ces recherches et d’autres, et trouve que la liberté économique est un déterminant important de la croissance économique, même lorsque l’on prend en compte les changements dans la population et dans les investissements qui sont faits.

En d’autres mots, ce sont vraiment les changements de liberté économique qui font qu’on voit ces améliorations, et non parce qu’au même moment d’autres phénomènes augmentent le niveau de vie.

Quelques années plus tard, le même groupe de chercheurs s’est repenché sur cette même question avec des données mises à jour. Ils trouvent toujours que la différence entre les niveaux de liberté économique explique toujours la majeure partie des différences entre la croissance et les niveaux de vie des différents pays.

Une dernière étude a testé la différence entre les différentes mesures disponibles de la liberté économique. Elle a démontré que peu importe la mesure utilisée, elles disent toutes la même chose : la liberté économique amène plus de croissance pour tous.

Il existe donc plusieurs études qui soutiennent l’idée que les mauvaises politiques publiques contribuent au problème de la pauvreté et des inégalités. Ces mauvaises politiques publiques sont celles qui réduisent la liberté économique en augmentant les impôts, en réglementant l’économie et en limitant l’ouverture au commerce avec l’étranger.

Il est plus facile de l’oublier ici puisque notre niveau de vie est relativement élevé, mais cela ne signifie pas que les effets de ces mauvaises politiques publiques sont moins réels, ou qu’il n’y a pas de gains à faire.

 

 

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Les bienfaits économiques de la liberté en 5 études

 

Il existe plusieurs études soutenant l’idée que les mauvaises politiques publiques contribuent au problème de la pauvreté et des inégalités.

Par Mathieu Bédard.

Un article de l’Institut économique de Montréal

Il y a quelques jours, mon collègue Vincent Geloso écrivait sur le fait que la liberté économique contribue à réduire les inégalités de revenu. Il donnait l’exemple de la Chine et de l’Inde, qui ont toutes deux libéralisé leur économie et vu le niveau de vie de leurs habitants augmenter. Pourtant, comme il le rappelle, «ces libéralisations étaient modestes : l’Inde et la Chine demeurent dans le bas du classement des pays pour le degré de liberté économique».

En effet, dans certaines sociétés, la taille du gouvernement peut devenir tellement importante qu’au lieu de réduire la pauvreté, elle l’alimente. Ce n’est pas seulement le fait des pays où les gouvernements sont dysfonctionnels et corrompus, comme c’est malheureusement le cas dans certains pays en voie de développement, mais aussi en Occident.

Les bonnes politiques publiques

On s’en aperçoit rapidement lorsque l’on s’intéresse aux études qui concernent la liberté économique. Par liberté économique, on entend le résultat de ces politiques publiques qui placent davantage de choix entre les mains des individus.

Par exemple, ceux-ci sont libres de choisir comment dépenser une plus grande partie de leur revenu parce que les impôts sont moins élevés, il y a une plus grande liberté économique.

À l’inverse, lorsque les politiques publiques laissent davantage de choix aux processus politiques, comme lorsque le gouvernement décide pour vous de la façon dont votre revenu sera dépensé, il y a moins de liberté économique.

Ces études nous apprennent d’innombrables choses sur le lien entre la pauvreté, les inégalités et le niveau de vie en général, d’une part, et les mauvaises politiques publiques, d’autre part.

Par exemple, une étude de chercheurs de l’Université de Floride et de l’Université de l’Ohio a examiné le lien entre la liberté économique et les inégalités dans les 50 États américains entre 1979 et 2004.

Elle a démontré que plus de liberté économique mène à moins d’inégalités, jusqu’à ce que l’on atteigne un point où davantage de liberté n’améliore plus la situation, mais ne la détériore pas non plus. Il n’y a donc pas de contradiction entre la liberté économique et la réduction des inégalités, bien au contraire.

Amélioration du niveau de vie

Ou encore, une autre étude s’est intéressée au lien entre les changements dans la liberté économique et le niveau de vie dans les 50 États américains. Elle a trouvé une relation positive entre le niveau de liberté économique et le niveau de vie.

C’est donc dire que lorsqu’il y a moins d’impôts, moins de réglementations et que l’État se mêle moins de l’économie, il y a aussi moins de pauvreté.

Une autre étude s’est enfin intéressée aux liens entre la liberté économique et la pauvreté. Sa conclusion principale est que les indicateurs principaux de la liberté économique, comme l’ouverture au commerce international, ou encore une diminution du poids de l’État dans l’économie, ainsi que du fardeau fiscal, sont fortement associés à une réduction de la pauvreté. Elle confirme que lorsque le poids de l’État est moins important, on trouve généralement moins de pauvreté.

Plus de croissance économique

Une méta-étude se penche sur toutes ces recherches et d’autres, et trouve que la liberté économique est un déterminant important de la croissance économique, même lorsque l’on prend en compte les changements dans la population et dans les investissements qui sont faits.

En d’autres mots, ce sont vraiment les changements de liberté économique qui font qu’on voit ces améliorations, et non parce qu’au même moment d’autres phénomènes augmentent le niveau de vie.

Quelques années plus tard, le même groupe de chercheurs s’est repenché sur cette même question avec des données mises à jour. Ils trouvent toujours que la différence entre les niveaux de liberté économique explique toujours la majeure partie des différences entre la croissance et les niveaux de vie des différents pays.

Une dernière étude a testé la différence entre les différentes mesures disponibles de la liberté économique. Elle a démontré que peu importe la mesure utilisée, elles disent toutes la même chose : la liberté économique amène plus de croissance pour tous.

Il existe donc plusieurs études qui soutiennent l’idée que les mauvaises politiques publiques contribuent au problème de la pauvreté et des inégalités. Ces mauvaises politiques publiques sont celles qui réduisent la liberté économique en augmentant les impôts, en réglementant l’économie et en limitant l’ouverture au commerce avec l’étranger.

Il est plus facile de l’oublier ici puisque notre niveau de vie est relativement élevé, mais cela ne signifie pas que les effets de ces mauvaises politiques publiques sont moins réels, ou qu’il n’y a pas de gains à faire.

 

 

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Joueur de foot contre PDG, qui mérite le plus son salaire ?

Le transfert de Neymar, l'attaquant brésilien du FC Barcelone passé vers le PSG, a fait couler beaucoup d'encre ces derniers jours. Il faut dire que c'est un transfert record, avec un montant de 220 millions d'euros payé par l'actionnaire qatari du club parisien. Du jamais vu.
 

Le Financial Times, la bible des hommes d'affaires du monde entier, n'a pas résisté à la tentation de comparer ce montant avec ce qui se pratique dans le monde du business. Vous avez d'un côté sir Martin Sorrell, l'un des patrons les mieux payés d'Europe qui gère WPP, la première société de publicité au monde et qui génère un chiffre d'affaires de 20 milliards de livres sterling. Et de l'autre, vous avez le Brésilien Neymar qui est un joueur de foot, l'un des meilleurs du monde. Leur point commun: ils gagnent tous les deux environ 40 millions d'euros par an. La question est donc simple: ces deux personnes valent-elles leur salaire ? Premier constat: sir Martin Sorrell, le patron de WPP, est régulièrement critiqué pour la hauteur de sa rémunération. Pourtant, son package salarial ne représente que 0,3% des revenus de la société qu'il dirige. À l'inverse, le coût du joueur brésilien représente environ 50 % des revenus d'un grand club de foot, et plus s'il s'agit d'un club plus modeste. A priori, c'est un argument en défaveur du joueur de football...

Sauf que les statistiques démontrent que les clubs qui s'achètent de grands talents remportent plus de championnats et de coupes que les autres équipes moins dotées financièrement. En revanche, la rémunération des PDG ne va pas de pair avec leurs performances. On a déjà vu des PDG moins bien payés performer mieux que leurs homologues plus grassement payés !


 

Neymar est payé sur base de ses résultats passés, un PDG comme Martin Sorrell est rémunéré en fonction de ses performances futures

Par ailleurs, le milieu du foot a d'autres règles que le milieu des affaires. Dans le cas de Neymar, le PSG achète des résultats passés, des goals marqués lors des saisons précédentes. D'ailleurs, le salaire de 865.000 euros par semaine payé à Neymar se fait sur base fixe et en liquide, tandis que le package salarial de sir Martin Sorrell se fait en fixe pour 4% seulement, le reste - soit 96% de sa rémunération - se fait sur la base de bonus et d'options sur actions. Autrement dit, sir Martin Sorrell est payé sur la base de ses performances futures et non passées ! Ça, c'est quelque chose qui est plus en faveur du monde du business que du monde du foot.

Je terminerai cette comparaison en disant que si les grandes sociétés paient certains PDG très cher, c'est parce qu'elles peuvent se le permettre. Dans le monde du foot, la question ne se pose même pas: les clubs n'ont pas le choix. Je vous pose donc exactement la même question que le Financial Times. Sachant cela, pensez-vous que le joueur de foot est surpayé ? Où est-ce plutôt ce patron d'entreprise cotée en Bourse ? À moins bien sûr que vous n'estimiez que tous les deux sont trop payés... Voilà un beau sujet de discussion.

 

 

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Brexit: La possibilité d'un second référendum se dessine

 

07/08/17 à 15:42 - Mise à jour à 15:41

Source: The Guardian

Au Royaume-Uni, l'impasse dans laquelle se trouve le parlement britannique, la possibilité d'un accord défavorable pour le pays et le profond désaccord entre les deux principaux partis pourraient bien mener à un second référendum sur le Brexit.


 

Professeur au King's College à Londres, Vernon Bogdanor estime ainsi dans les colonnes du quotidien britannique The Guardian qu'il faut remettre la décision finale au sujet du Brexit dans les mains du peuple. Selon lui, le pari raté de la Première ministre Theresa May rouvre le débat. "Si elle avait remporté la victoire écrasante qu'elle avait espérée, le résultat du référendum aurait été confirmé et le Brexit aurait été assuré".

Quatre raisons

Il avance quatre raisons d'organiser un second référendum. Premièrement, il n'y aurait pas de majorité au sein de la Chambre des Communes en faveur du Brexit tel qu'il est proposé par May. "Aujourd'hui, il y a probablement davantage de députés favorables au Remain qu'avant les élections", écrit-il.

Deuxièmement, le "Brexit soft" défendu par le Labour aurait permis au parti travailliste, pourtant non acquis à la cause du Remain, de remporter un nombre substantiel de voix supplémentaires. Aussi Bogdanor estime-t-il que le Labour pourrait remettre le résultat du référendum en cause.

 

Troisièmement, les dernières élections ont intensifié les dissensions internes dans les deux partis. "Si l'accord éventuel est trop 'dur', les conservateurs en faveur du Remain pourraient rejoindre leurs homologues de l'opposition pour le combattre, et s'il est trop 'soft', les conservateurs eurosceptiques pourraient le rejeter". Le professeur craint qu'aucune des formes des Brexit ne remporte une majorité au sein de la Chambre des Communes.

Quatrièmement, la Chambre des Lords, où la proportion de membres en faveur du Remain est probablement plus élevée qu'à la Chambre des Communes, se sentirait encouragée à rejeter un Brexit pur et dur sous prétexte qu'un gouvernement minoritaire ne dispose pas du mandat nécessaire pour faire passer une telle décision.

Peuple souverain

"Après tout, le Brexit soulève des problèmes fondamentaux et existentiels pour l'avenir du pays. C'est pourquoi l'accord final ne nécessite pas seulement l'assentiment du parlement, mais aussi celui d'un peuple souverain", conclut Vernon Bogdanor.

 

 

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La transition énergétique en Allemagne est un échec. Qui osera le dire ?

La transition énergétique en Allemagne est un échec économique et environnemental. Elle est aussi une menace pour le réseau européen d’électricité.

Pas de vent, pas de soleil, pas d’électricité

Les Allemands semblent redécouvrir cette évidence dans la douleur.

L’Agence Internationale des Energies Renouvelables (IRENA) affiche pour 2016 des parts respectives de l’électricité éolienne et solaire dans la production totale d’électricité du monde entier de 4,15% et 1,2%. Le fait que 13% des puissances électriques affichées ne produisent que 5,35% de l’électricité tient bien sûr au caractère intermittent (et souvent aléatoire) des énergies renouvelables.

L’étude de la situation en Allemagne, parfois présentée comme un modèle de vertu écologique, avec 20,1% de part d’électricité solaire et éolienne (contre 5,5% en France) est instructive. Les gigantesques investissements réalisés auraient dû conduire à une baisse de ses émissions globales de gaz à effet de serre (c’était l’objectif recherché et affiché).

Or celles relevant de l’énergie (pas seulement de l’électricité) ont au contraire augmenté de 0,7% de 2014 à 2015, et de 0,9% de 2015 à 2016 ! L’objectif affiché de 18% d’énergies renouvelables en 2020 ne sera pas tenu (il n’est passé de 14,5% en 2015 qu’à 14,6% en 2016 !).

Et l’Allemagne triche dans ses statistiques quand elle se réfère à l’année 1990, date à laquelle elle a hérité d’usines du monde soviétique, au rendement déplorable, qu’elle a fermées l’année suivante.

L’ institut économique de Düsseldorf (Institute for Competition Economics, DICE) estime le coût du développement de l’Energiewende (transition énergétique) jusqu’en 2025 à 520 milliards d’euros. Le ministre allemand de l’Energie a même évoqué 1000 milliards d’euros ! Le prix de vente de l’électricité au citoyen allemand est environ le double de celui d’EDF. De plus, c’est au charbon, et notamment à sa variante la plus polluante le lignite, que nos voisins font essentiellement appel, sans égard pour les risques sanitaires découlant de leurs émissions de particules fines1 !

Les grandes compagnies d’électricité en Europe2 sont en difficulté car elles sont concurrencées par une électricité subventionnée par les Etats (quand il y a du vent ou du soleil), avec priorité d’accès au réseau. Les grands réseaux de distribution de l’Europe sont déstabilisés par un marché de plus en plus fluctuant, d’un jour à l’autre, d’une heure à l’autre, au gré des vents et de la couverture nuageuse, avec parfois des prix qui atteignent des valeurs… négatives pour écouler les « surplus » (un consommateur est payé pour « consommer » ).

Transition énergétique : « l’écologie » a bon dos

Chacun peut s’estimer « écologiste » s’il aime la nature, les petits oiseaux, et s’il  veut diminuer les pollutions pour protéger sa santé. Mais transformer l’écologie en une religion avec ses obligations et ses interdits est dangereux. Pour nombre de ses idolâtres, être écologiste, c’est avant tout être antinucléaire3. C’est même l’élément fédérateur, la « colonne vertébrale » de l’écologie politique.

Or, toutes les statistiques montrent que, avec 75% de sa production d’électricité d’origine nucléaire, la France est exemplaire en Europe en matière de rejets de CO2 et d’émissions de particules toxiques ! Il y a donc écologie et « écologisme ».

Le gouvernement allemand, soucieux de la prospérité de ses entreprises, a manœuvré pour favoriser l’exportations d’éoliennes et de panneaux photovoltaïque en laissant croire que cela créerait des emplois locaux. C’est un échec total. Les panneaux solaires sont dorénavant fabriqués en Chine, et les constructeurs d’éoliennes font faillite les uns après les autres.

La Chine a signé l’accord de Paris sur le climat en partie parce qu’elle développe aussi un vaste programme de développement de centrales nucléaires (une vingtaine de réacteurs y sont en cours de construction) qui remplaceront ses installations au charbon. Avec la Russie, elle sera le grand exportateur nucléaire de demain.

La Grande-Bretagne compte réduire les énergies fossiles et s’appuyer sur le développement du nucléaire : il y est actuellement prévue la construction de 10 réacteurs EPR.

Intérêt général ou intérêts particuliers ?

L’administration européenne, acquise à la nouvelle doxa, pense peut-être de bonne foi (?) que l’intérêt général est d’accepter l’implantation d’éoliennes et de panneau photovoltaïques. Une propagande efficace irrigue dans ce sens les sphères politiques et médiatiques.

En France, seul le milieu scientifique résiste (les Académie des Sciences, de Technologie, de Médecine, certains climatologues), mais ses avis (jugés non crédibles ?) paraissent superbement ignorés.

Inconsciemment (?), les grands médias, par ailleurs si prompts à dénoncer les conflits d’intérêt, favorisent des investisseurs privés aux somptueux revenus garantis par l’Etat. Des fortunes s’édifient sur le dos des contribuables !

EDF lui-même, mis au pas, déclare ouvertement que les énergies renouvelables et nucléaires sont complémentaires… C’est vrai uniquement pour l’hydraulique.

Mais comment une énergie aléatoire peut-elle être complémentaire d’une source d’énergie dont le coût provient principalement de l’investissement initial et non de son fonctionnement ? En clair, plus le nucléaire produit, moins il est cher car le combustible ne coûte presque rien dans la production.

Une transition énergétique avec des hausses de tarif à prévoir

En dépit des faits, les hausses prévisibles du prix de l’électricité sont d’avance imputées à l’énergie nucléaire, alors qu’elles proviennent principalement du développement des éoliennes et des panneaux photovoltaïques. Tout le système européen de production d’électricité est à réviser, car gangrené par les énergies renouvelables, mais il ne faut pas le dire !

Heureusement, des voix compétentes commencent à émerger de la propagande médiatique bien orchestrée à la fois par l’administration allemande et par les « écologistes » en France.

Puissent-elles être entendues !

La transition énergétique en Allemagne est un monumental échec et, de plus, une menace pour le réseau électrique européen. Mais quel responsable politique le reconnaîtra ? Et qui osera le dire publiquement ?

 
  1. Ironiquement, les centrales à charbon émettent aussi plus de radioactivité que les centrales nucléaires ! 
  2. Voir notamment www.sauvonsleclimat.org/fr/base-documentaire/electricite-renouvelable-intermittente-europe (vaste étude de Bernard Durand) 
  3. Il existe cependant une Association des Ecologistes Pour le Nucléaire (AEPN) qui a de nombreuses sœurs à l’étranger…
 

 

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Apprendre en dormant

 


 

Le sommeil assure plusieurs fonctions indispensables à notre équilibre, en particulier notre activité neuronale.

Par Bénédicte Cart.

Il existe une phase dans notre vie, plus ou moins longue, mais qui demeure essentielle et indispensable, j’ai nommé le sommeil. Si l’homme ne dort pas, il meurt par épuisement. C’est donc un moment important où notre organisme récupère, se repose mais s’active, notamment notre cerveau.

On décompose le sommeil en quatre stades :

  • l’endormissement
  • le sommeil léger
  • le sommeil profond
  • le sommeil paradoxal

Ceux-ci se différencient par une activité musculaire de plus en plus basse et un rythme EEG (électrique, soit la « pulsation » des neurones) de plus en plus lent (c’est-à-dire de grandes et longues ondes). Le sommeil paradoxal est celui du rêve (la corrélation n’est pas avérée mais 80 à 90% des personnes qui se réveillent durant ce stade racontent spontanément un rêve).

Après le sommeil léger qui permet de diminuer le tonus musculaire et la réceptivité sensorielle, on passe à un cycle de sommeil profond ou de sommeil paradoxal. La première moitié de nuit est composée de beaucoup de sommeil profond, de repos. La deuxième moitié comporte beaucoup de sommeil paradoxal. La moitié du temps de sommeil est du sommeil léger et un quart est du sommeil paradoxal.

Les fonctions du sommeil

Le sommeil léger permet de reconstituer les réserves énergétiques et la récupération physiologique de tout notre organisme. Pendant le sommeil profond, les cellules fonctionnent moins, la température corporelle diminue et le cerveau reconstitue son stock de glucose (d’énergie). Le stade du sommeil paradoxal permet le maintien des schémas d’action, c’est-à-dire la fixation du souvenir, tout en favorisant l’accès à la mémoire procédurale. Pendant tout ce temps, notre hippocampe s’active et mémorise. Dormir favorise donc la consolidation de la fixation mnésique.

Quand une nouvelle information parvient à notre cerveau, elle active un réseau neuronal. Et pour que ce réseau se stabilise et puisse être à nouveau activé, il faut le « fixer en mémoire ».

Un réseau est fait de plusieurs neurones qui possèdent un noyau et des ramifications (comme un arbre a un tronc et des branches), et ces ramifications sont elles-mêmes reliées à d’autres ramifications pour former un réseau. Entre les branches, il existe un espace qui permet à l’information de passer d’un neurone à un autre qu’on appelle synapse.

Dormir pour se souvenir

Une étude américaine récente a mis en évidence que pendant le sommeil, ce sont ces branches qui se stabilisent et se développent. Le professeur Guang Yang et ses collègues ont injecté à des souris une protéine fluorescente qui se localise spécifiquement au bout des branches, là où les neurones font synapse. Grâce à la technique ADP (absorption à deux photons), ils ont ensuite observé lors d’une période de sommeil l’activité de ces protéines, leurs déplacements dans la synapse, montrant ainsi que le cerveau était en train de stabiliser un réseau neuronal activé pendant la phase d’éveil.

Cette équipe a appris aux souris un nouveau comportement moteur, puis, lors du sommeil, a observé l’apparition de nouvelles branches et de nouvelles jonctions dans le cortex moteur. Ceci a montré que le comportement appris était en train d’être mémorisé par la souris. Il s’agissait de la phase paradoxale du sommeil, pendant laquelle on pouvait observer un mouvement oculaire rapide et le travail neuronal dans le cortex moteur.

En perturbant ensuite le sommeil de ces souris, l’équipe a montré que c’est bien pendant une phase de sommeil (en vérifiant les caractéristiques des ondes électriques) que nos connexions neuronales se stabilisent et que le processus de mémorisation fonctionne.

Le sommeil notamment chez l’enfant est une phase critique de mémorisation des processus, des schémas d’action, d’information… Lors des phases d’éveil, il découvre, les neurones s’activent, l’enfant apprend. Puis de longues phases de sommeil permettent la récupération énergétique, le repos et la mémorisation en réactivant les mêmes neurones et en créant de nouvelles synapses permettant la mémorisation. Il est donc important de comprendre les mécanismes en jeu pendant cette phase encore méconnue, pour que chacun apprenne à mieux gérer son précieux sommeil.

Alors apprenez à petite dose, il ne faudrait pas en oublier de dormir 

 

 

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Pourquoi débattre sur Internet ne sert à rien

 

 

Pourquoi les débats politiques sur internet sont-ils devenus de lamentables querelles d’Ego ? Comment faire pour insuffler un peu de rationalité dans nos échanges sur internet ?

Par Dan Sanchez.

Article paru initialement en août 2016.

Avez-vous déjà remarqué combien il est frustrant de débattre de politique avec des personnes sur internet ? Avez-vous déjà ressenti comment cela est comparable à essayer d’abattre un mur de briques avec votre tête ? Alors gardez à l’esprit que le ressenti est probablement mutuel.

Mais considérez aussi l’utilité pratique du mur de briques : l’intérêt rationnel qu’ont beaucoup de personnes à être rigides d’esprit et mariées à des croyances fausses. Comme l’écrit l’économiste Bryan Caplan :

… l’irrationalité, tout comme l’ignorance, est affectée par les prix, et les fausses croyances en politique ou en religion ne sont pas chères. Si vous sous-estimez le coût d’une consommation trop importante d’alcool, vous pouvez ruiner votre vie. Au contraire, si vous sous-estimez les bénéfices de l’immigration ou les preuves en faveur de la théorie de l’évolution, que vous arrive-t-il ? Probablement la même chose que si vous aviez su toute la vérité.

Les fausses croyances en philosophie économique et politique ont beau être désastreuses sur de grands agrégats, elles n’ont qu’un coût négligeable pour ceux qui décident de les défendre. Comme le souligne Caplan, il est donc parfaitement rationnel que beaucoup de personnes s’’accrochent obstinément à des croyances fausses mais émotionnellement attractives. Il n’existe pas de coûts individuels et intériorisés qui pourraient balancer le bénéfice émotionnel que les fausses croyances pourraient avoir.

Caplan a écrit le passage cité ci-dessus en 2006. L’année dernière, l’écrivain britannique James Bartholomew a créé un terme cristallisant un concept hautement complémentaire à l’analyse de Caplan : la démonstration de vertu.

Vertu et vanité

La plupart de ce qui passe pour des débats politiques sur internet ne consiste pas en un véritable effort de persuasion. Les débatteurs sont plutôt comme des oiseaux se faisant les plumes, gazouillant à qui veut l’entendre « je suis une personne vertueuse et respectable »,ajoutant souvent, « contrairement aux moyenâgeux de droite ou aux dégénérés de gauche que je dénonce. »

Une telle démonstration de vertu est socialement profitable. Lorsque d’autres membres de votre cercle social détectent que vous souscrivez fidèlement à l’orthodoxie de ce cercle, ils deviennent plus disposés envers vous. Cela peut résulter en des opportunités professionnelles, sociales ou même romantiques.

Et si se complaire dans une fausse croyance réconfortante ne coûte pas un sou, il en va de même pour les personnes qui expriment une fausse croyance socialement avantageuse.

Mais en plus de cet intérêt rationnel, il existe aussi une composante compulsive et pathologique à la démonstration de vertu. Cela fait partie du bagage provenant de la façon dont nous sommes tous élevés en tant qu’enfant.

Le bavardage politique

Lorsque les enfants sont libres d’apprendre d’expériences non dirigées, ils apprennent à concevoir la vérité comme quelque chose guidant la poursuite fructueuse de leurs objectifs. Mais dans l’environnement dominateur et fermement dirigé de l’école et du foyer moderne, nous conditionnons nos enfants à concevoir la vérité comme des idées préconçues émanant d’une autorité.

Les enfants sont généralement privés de la noble joie de découvrir des vérités telles que révélées par leurs actions, lorsque couronnées de succès. Au lieu de cela ils sont abandonnés à l’ignoble gratification qu’est celle de devoir plaire à un maître en régurgitant des réponses estampillées correctes.  Et cela va plus loin que l’école. Pour l’enfant moderne, apprendre le bon comportement ne consiste pas à découvrir par essai et erreur quelles sortes de comportements sont propices à un développement social. L’enfant doit au contraire s’attirer des louanges et éviter la censure provenant des représentants de l’autorité.

À cause de ce conditionnement, nous sommes tous devenus accros aux louanges, toujours à la recherche de notre prochaine dose d’approbation externe : pour l’afflux de dopamine que nous obtenons lorsque quelqu’un nous caresse dans le sens du poil pour avoir été un bon garçon ou une gentille fille, pour avoir fait preuve d’un bon comportement, pour avoir donné la bonne réponse, pour avoir exprimé la bonne opinion.

C’est pourquoi cette manie de vouloir afficher sa vertu est si répandue et pourquoi les orthodoxies sont si résistantes. Exprimer des opinions ne consiste plus à faire ressortir des vérités utiles via l’épreuve du débat, mais à afficher sa propre vertu en mouchardant sur les autres, en les accusant de ne pas être vertueux, d’être des crypto-communistes ou crypto-fascistes, d’être des racistes refoulés ou des anti-blancs traîtres de leur couleur, d’être des ennemis des pauvres ou de faire l’apologie de crimes.

Un grand nombre de nos débats politiques consiste en la résurgence de notre instinct intérieur d’enfant maltraité, qui crie, « Maître, maître, regardez-moi. J’ai suivi les règles, mais pas Johnny. Johnny est un méchant, et il a dit un gros mot aussi. Maître regardez ce que Trump a dit. Il devrait dire pardon. Maître, regardez ce qu’a fait Hillary. Vous devriez lui donner des heures de colle. »

Il n’est pas possible d’espérer quoi que ce soit de ce niveau de discussion.

Une approche alternative pour faire avancer la liberté

La situation pourrait donc sembler être sans espoir pour ceux qui défendent la philosophie de la liberté. Comment peut-on convaincre les gens des vertus de la liberté s’ils ne s’intéressent qu’à afficher leur propre vertu, négligeant les arguments et la raison ?

Une solution pourrait être de se concentrer sur ce que la philosophie de la liberté peut apporter à chacun dans sa vie de tous les jours.

Par exemple, les enfants grandissent et se développent incroyablement bien lorsqu’ils sont libres, lorsque leurs parents pratiquent l’école à la maison ou l’éducation pacifique, entre autres. Les parents peuvent nier cela : ils peuvent s’accrocher à leurs fausses croyances autoritaires sur l’éducation des enfants. Mais, contrairement aux questions de politique publique, avoir tort sur la question de l’éducation de ses enfants coûte extrêmement cher au niveau individuel. Les parents peuvent choisir d’afficher leur vertu en disant, comme toute personne respectable, qu’ils soutiennent les écoles publiques, condamnant ainsi leurs enfants à une peine de travail de bureau forcé de dix ans (ou plus), mais uniquement s’ils en paient le prix : finir avec un enfant aliéné, stressé et frivole sans aucun esprit d’entreprise.

Contrairement aux débats politiques, les parents ont un intérêt direct et personnel à trouver la bonne réponse à la question de l’éducation de leurs enfants. Dès que les parents acceptent le fait que la philosophie de la liberté fonctionne lorsque cela concerne leurs enfants, il leur sera plus facile de voir que cela fonctionne pour la société en général. Et des enfants élevés selon des principes de liberté sont plus aptes à reconnaître ses vertus de façon générale. Il est difficile d’imaginer qu’un enfant éduqué à la maison puisse devenir autoritaire en grandissant.

De plus, les adultes déjà institutionnalisés par l’école et transformés en névrotiques par des parents dominateurs sont imbibés d’une façon de penser docile, dépendante et basée sur le besoin de demander la permission qui les retient dans leur carrière et dans leur vie en général. Et ils se retrouvent souvent à graviter autourd’environnements non-libres, de routines et de relations qui aggravent les dégâts subis pendant leur enfance.

Comprendre la philosophie de la liberté (principalement le fait que la liberté développe par nature la personnalité quand le pouvoir et la servitude ne font que l’éroder) peut être le premier pas vers une libération de l’individu lui permettant de se délivrer des mentalités et environnements destructeurs (en effet, même de nombreux libertariens ne se sont pas encore complètement désinstitutionnalisés). Et là encore, concernant cette question, celui qui cherche à s’améliorer peut y laisser sa peau et a donc tout intérêt à être ouvert à une philosophie qui peut changer sa vie.

C’est ce type d’approche que Praxis, une entreprise très intéressante, a décidé de suivre : utiliser la philosophie de la liberté, la déscolarisation et l’esprit d’entreprise pour aider à lancer la carrièrede jeunes et à changer leur vie dans l’ensemble du pays.

Imaginez une communauté libertarienne planétaire, comprenant moins de personnes affichant leur vertu sur internet, ou moins de politiciens en herbe et constituée d’un nombre toujours plus important d’individus entreprenants qui créent de la valeur, qui s’affirment en tant qu’individus et qui impressionnent et inspirent tous ceux qui les connaissent. Quels exemples (et preuves sur jambes) de la grandeur de la liberté seraient de tels hommes et femmes.

Peut-être que les amoureux de la liberté devraient arrêter de dépenser tant d’énergie à frapper de leur tête le mur de briques du débat politique, et en lieu et place, essayer d’en appeler à l’intérêt personnel : en promouvant la philosophie de la liberté non pas comme une philosophie politique, mais comme une philosophie de vie.

 

 

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La musicothérapie fonctionne-t-elle vraiment ?

03/08/17 à 15:48 - Mise à jour à 15:49
Du LeVif/l'Express du 04/08/17

Spécialité non encore officiellement reconnue en Belgique, la musicothérapie peut rendre de grands services dans le traitement de certaines pathologies : états dépressifs, psychoses, AVC, autisme, maladie d'Alzheimer... Enquête sur les recherches en cours et les effets de la musique sur l'anxiété, la douleur, la mémoire...

 

© JULIETTE LÉVEILLÉ

La conférence se termine. Une de plus pour l'oratrice, la psychologue clinicienne Fabienne Cassiers : pionnière de la musicothérapie en Belgique, elle est régulièrement conviée à parler de ce domaine encore mal connu en Belgique. Cette fois, elle s'adresse à un public de médecins. Pour leur faire comprendre de façon concrète ce qu'est la " musicothérapie active ", méthode qu'elle pratique avec des enfants autistes, des handicapés mentaux et des adultes souffrant de douleurs chroniques ou de démence, elle propose à quelques-uns de ses auditeurs, une quinzaine au maximum, de participer, après son exposé, à une séance d'une quarantaine de minutes. Elle a apporté son matériel de travail : des instruments de musique mélodiques ou de percussion, qui n'exigent aucune technique musicale. " En lien avec les autres, vous allez voyager au coeur de ce qui fait votre être humain, prévient-elle. La musique, le chant et le mouvement, que vous pourrez utiliser, renvoient à notre premier système de communication préverbal. Ils nous relient à notre corps, nos émotions, nos vécus archaïques et inconscients. "

Le groupe constitué, elle rappelle la consigne : ne pas parler. Seules les expressions musicales, vocales et corporelles sont autorisées pendant la session. L'esthétique n'a aucune importance : priorité à la créativité des participants, afin d'établir des canaux de communication avec soi-même et les autres. La musique et la voix peuvent donc être utilisées dans l'expression ou l'échange, dans un rythme commun ou complémentaire. Comme lors d'une thérapie de groupe fondée sur la parole, les médecins se sont spontanément assis en cercle au milieu de la pièce, pour avoir un contrôle visuel sur chacun. Le moment de silence et de gêne passé, l'un d'eux se saisit d'un tam-tam et suggère un rythme binaire, langage universel et fédérateur. D'autres suivent le mouvement, et c'est comme une libération...

Stimuler la créativité et l'affectivité

Lors du débriefing qui suit l'expérience, la psychologue reconnaît que travailler dans le non-verbal peut présenter des difficultés : " Nous ne sommes pas habitués à nous passer de la parole pour communiquer. Il faut renoncer à nos défenses, nos peurs, nos résistances personnelles, culturelles et sociales. Lors de séances comme celle-ci, complémentaires à une thérapie classique, le groupe construit une histoire commune par des comportements de répétition, de ritualisation et même des états régressifs. Nous parvenons à stimuler la créativité et l'affectivité de patients complètement inhibés d'ordinaire et qui refusaient le contact, et d'autres qui n'ont pas acquis l'usage de la parole ou l'ont perdu. "

La musicothérapie est opérante à tout âge de la vie, du lien nourrissons-parents à la vieillesse, assure Fabienne Cassiers. Elle s'adresse aux enfants victimes de handicaps physiques ou mentaux, de difficultés d'apprentissage, de troubles sensoriels ou émotionnels. Les adultes en bénéficient lors de maladies mentales, de handicaps, de maladies physiques aiguës ou chroniques, de troubles neurologiques ou liés à une dépendance aux produits (alcool et autres psychotropes). La musicothérapie a des effets positifs sur la réduction des douleurs et du stress au moment de l'accouchement. Son efficacité a aussi été démontrée avec les personnes victimes d'abus physiques ou sexuels. La musicothérapie aide à la réadaptation sociale de mineurs en milieu carcéral et joue un rôle important dans les soins palliatifs.

 

© JULIETTE LÉVEILLÉ

Musicothérapie active ou réceptive

La thérapie se pratique en groupe ou individuellement, dans des institutions, des associations ou en cabinet privé. Elle peut être " active " - elle repose alors sur l'improvisation instrumentale et vocale - ou " réceptive " - basée sur l'écoute d'extraits musicaux ou de sons qui favorisent l'apaisement, le sentiment de sécurité, l'épanouissement -, après un entretien et selon un protocole établi par le thérapeute.

L'impact physique et psychique de la musique est connu de longue date. Un air peut nous donner la " chair de poule ", frisson lié à la libération d'endorphines, qui agissent comme des antidouleurs. La musique est d'ailleurs proposée dans certains services hospitaliers, en complément des médicaments antalgiques. Elle se révèle utile dans la prise en charge de migraines, dans le traitement de l'anxiété, des troubles du sommeil, ou même des acouphènes, ces bruits fantômes. Elle aide à réguler les émotions et augmente la sécrétion de dopamine, " l'hormone du bonheur ". Des études montrent que certaines musiques apaisantes et harmonieuses peuvent faire chuter la concentration sanguine en cortisol, l'hormone du stress. " Ainsi, la musique adoucit bien les moeurs, constate Stéphanie Khalfa, chargée de recherche à l'Institut des neurosciences de la Méditerranée. Mais elle peut aussi les agiter si sa structure rythmique est nerveuse et si elle comporte des dissonances. "

AVC, Parkinson, Alzheimer, dyslexie...

Si la musique peut modifier l'humeur et aider à exprimer ses sentiments, peut-elle être aussi utilisée pour soulager et soigner des personnes atteintes de maladies organiques ? " Les cliniciens ont observé depuis longtemps que certains patients victimes d'un accident vasculaire cérébral ont des difficultés pour prononcer les mots, mais qu'en revanche ils parviennent à les chanter correctement ", répond Simone Dalla Bella, professeur au laboratoire Movement to Health (EuroMov) de l'université de Montpellier et membre associé du Laboratoire international de recherche sur le cerveau, la musique et le son (Brams), à Montréal. Aujourd'hui, les médecins sont relativement démunis pour aider les aphasiques à retrouver l'usage de la parole. Or, des méthodes fondées sur la mélodie et le rythme peuvent favoriser la récupération du langage chez certains patients.

" De même, des personnes atteintes de la maladie de Parkinson, qui handicape notablement la marche, parviennent à se déplacer plus facilement si on diffuse une musique rythmée, poursuit le professeur Dalla Bella. D'autres études révèlent que certaines aptitudes musicales sont préservées chez les personnes touchées par la maladie d'Alzheimer. " La musique est donc considérée comme un instrument thérapeutique précieux pour réduire les troubles consécutifs à une lésion cérébrale. L'usage du rythme peut aussi aider à traiter les handicaps de langage, tels que la dyslexie chez l'enfant.

 

© JULIETTE LÉVEILLÉ

La musique réveille la mémoire

" La musique accompagne nos vies, de la naissance à nos dernières heures, et en scande les étapes les plus fondamentales ", convient Emmanuel Bigand, professeur de psychologie cognitive à l'université de Dijon et coauteur de l'ouvrage Le Cerveau mélomane (Belin, 2013). " Bien avant de naître, le bébé mémorise les oeuvres musicales et peut ensuite les reconnaître un an après sa naissance, même lorsqu'elles n'ont jamais été rejouées. Il préfère entendre la voix de sa maman chantée que parlée. A l'autre extrémité de la vie, la musique demeure une activité accessible dans les phases avancées des maladies neurodégénératives, alors que les autres activités, linguistiques notamment, disparaissent. Même aux stades ultimes de la maladie d'Alzheimer, la musique parvient à réveiller la mémoire et les émotions liées aux événements associés. Ces malades peuvent encore chanter avec une vitalité de jeunes gens les airs de Boire un petit coup c'est agréable ou La Java bleue. "

Psychiatre à l'hôpital de Jolimont, à La Louvière, Sébastien Theunissen assure que " la musique a un rôle à jouer dans la prise en charge du handicap mental et de la démence sénile, tout comme elle a toute sa place dans le traitement du stress, du burnout et de la dépression. Mais ne parlons pas de "musique médicinale" : on sait assez précisément quels effets aura un médicament antidépresseur, alors que pour la musique, c'est nettement plus complexe. " Le médecin biologiste Bernard Sablonnière, spécialiste des maladies neurodégénératives à l'université de Lille et auteur de l'ouvrage Les Nouveaux Territoires du cerveau (Odile Jacob, 2016), prévient : " La musique ne peut enrayer les effets d'une maladie du cerveau. Cependant, par son efficacité à améliorer les communications de plusieurs régions cérébrales, soit dans un même hémisphère, soit dans les deux hémisphères, elle facilite les stratégies de réorganisation des circuits du cortex, ce qui s'avère très utile pour compenser la fonction d'un circuit altéré de la mémoire, en particulier lors du vieillissement. "

La recherche actuelle montre que la musique peut renforcer les capacités cognitives et intellectuelles de ceux qui en écoutent, et plus encore celles de ceux qui la pratiquent. Ecouter ou jouer de la musique active simultanément de nombreuses aires du cerveau. Cela expliquerait les effets bénéfiques de ces activités sur le développement intellectuel de l'enfant et sur la mémoire de tout être humain.

Au plus profond du cerveau

" Des éléments validés confirment que la musique agirait comme un neurostimulateur et un neuroprotecteur ", indique le psychologue Emmanuel Bigand. En clair, non seulement l'écoute et la pratique musicale peuvent réguler l'humeur de certains patients, mais elles stimulent aussi la plasticité cérébrale et contribuent, par la réorganisation des circuits neuronaux affectés, à améliorer la récupération de la motricité ou de la parole. C'est ce que tentent de mieux comprendre les laboratoires impliqués dans le projet de recherche European Brain and Music (Ebramus), axé sur les effets bénéfiques de la musique en neuropsychologie. Les pratiques musicales ne sont donc pas que loisirs et moyens d'expression des sentiments. Elles touchent aussi au plus profond du cerveau humain.

C'est quoi la musicothérapie ?

La musicothérapie est une pratique de soin, d'aide, de soutien ou de rééducation de personnes ayant des difficultés de communication ou de relation. Musicothérapie ne veut pas dire "thérapie par la musique" : son objectif n'est pas de substituer la pratique artistique au traitement de la maladie, mais d'aider un malade en cours de traitement. Utilisés comme médiateurs, danse, théâtre, arts plastiques ou musique sont complémentaires aux soins. Bien employée, la musique favorise le développement sensoriel, régénère les émotions et peut jouer un rôle dans la socialisation du malade.

Histoire : pensée magique, effet placebo ou action thérapeutique ?

Les musicothérapeutes d'aujourd'hui et les chercheurs qui étudient les effets bénéfiques de la musique ont de lointains précurseurs. Dans la Bible, le jeune David, entré au service du roi Saül comme musicien, est chargé de lui jouer de la cithare ("kinnor" en hébreu) pour calmer son esprit troublé (1 Samuel 16, 14-23). Chez les Grecs, des thérapeutes influencent l'humeur par les rythmes et les sons. Le philosophe Jamblique rapporte que Pythagore "faisait passer les âmes d'un état à son contraire grâce aux mélodies appropriées". En 1477, le peintre flamand Hugo van der Goes, frappé par une maladie mentale, se retire au prieuré du Rouge-Cloître, à Auderghem, à Bruxelles. Mélancolique et suicidaire, il est soigné par la musique. Les sages chinois, eux, estiment que chaque organe interne de notre corps vibre à un son qui lui est propre. Les chamans d'Amazonie péruvienne utilisent le chant comme principal outil de guérison, tandis que les Ashanti du Ghana accompagnent les cérémonies de guérison au tambour... "Les vertus médicinales de la musique sont vantées depuis des temps immémoriaux, reconnaît le psychologue et violoncelliste Emmanuel Bigand. Mais restait difficile de trier le bon grain de l'ivraie dans l'ensemble des observations musicothérapeutiques, et de reconnaître ce qui relève de la pensée magique, d'un effet placebo ou d'une action thérapeutique réelle et spécifique.

Nouvelles recherches sur le pouvoir guérisseur de la musique

Des études scientifiques mettent en évidence l'utilité de la musique dans le traitement de déficiences neurologiques. L'une des plus significatives est une expérience réalisée en 2008 en Finlande sur 60 patients victimes d'un accident vasculaire cérébral (AVC). Chaque jour pendant deux mois, certains d'entre eux ont participé à des sessions d'écoute musicale, d'autres ont écouté des livres audio et le troisième groupe n'a reçu aucun traitement auditif. Finalement, le premier groupe est celui où la récupération de la mémoire et de l'attention verbale a été la plus flagrante. Une autre étude sur des personnes handicapées par leur AVC a été publiée en 2007 par des chercheurs de l'université de Hanovre. Certains des patients ont été soumis à un programme intensif qui consistait à jouer des mélodies au piano et à marcher au rythme de tam-tams, tandis que d'autres ont bénéficié d'une thérapie conventionnelle. Résultat : le premier groupe a mieux récupéré une motricité fine que le second. Selon les chercheurs allemands, l'amélioration découle d'un accroissement des connexions entre neurones des régions sensorielles et auditives. En 2009, Lise Gagnon, psychologue au Centre de recherche sur le vieillissement de l'université de Sherbrooke, au Québec, a publié une étude sur la capacité de personnes atteintes d'une démence de type Alzheimer à reconnaître des émotions suscitées par des morceaux de musique. Malgré leurs déficiences mentales, ces patients ont obtenu des résultats comparables à ceux de personnes en bonne santé. D'autres recherches suggèrent que la pratique d'une activité musicale tout au long de la vie réduit sensiblement les risques de démence sénile.

Queen, Wagner, Nirvana... Le pouvoir de la musique

Don't Stop Me Now, du groupe rock britannique Queen, serait la chanson qui rend le plus heureux, selon une équation mathématique établie par Jacob Jolij, chercheur en neurosciences à l'université de Groningue, aux Pays-Bas. Cette équation intègre trois critères : un tempo idéal de 150 battements par minutes, des paroles positives et l'utilisation de notes en gamme majeure. Nul doute que la musique suscite de multiples émotions, plus ou moins fortes selon les oeuvres et selon son état d'esprit du moment. Beaucoup y trouvent réconfort ou apaisement. Certains planent ou frissonnent en écoutant le Requiem de Mozart, la "Cold Song" du King Arthur de Henry Purcell ou les Gnociennes d'Erik Satie. D'autres, ou les mêmes, vibrent sur l'album Wish You Were Here de Pink Floyd, sur le morceau Smells Like Teen Spirit de Nirvana, ou sur le tube Paranoid Android de Radiohead.

Une certitude : la musique a un effet profond sur l'être humain bien au-delà des sphères restreintes des mélomanes cultivés. Comme on le voit dans les salles de concert, elle peut mettre à l'unisson émotionnel une foule entière. "Ce pouvoir lui confère une force de cohésion sociale essentielle dans la plupart des cultures du monde", remarque Emmanuel Bigand, professeur de psychologie cognitive. Il s'exerce déjà chez le nourrisson : la musique peut calmer les bébés en pleurs. Elle a aussi le pouvoir de donner du courage aux soldats en marche vers le champ de bataille. Les légions romaines se déplaçaient au son des cuivres, tandis que les unités écossaises se lançaient à l'assaut des tranchées allemandes de la Somme au son des cornemuses. La musique est aussi une arme de guerre psychologique : scène culte de l'histoire du cinéma, l'attaque des hélicoptères américains sur un village vietnamien dans Apocalypse Now est menée sur fond de Chevauchée des Walkyries, de Wagner

 

 

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'La pression fiscale dépasse-t-elle les limites de la civilisation ?'

Fin juillet, le 28 pour être précis, les Belges pouvaient fêter le jour de leur libération fiscale. Dit comme cela, c'est un peu bizarre, mais c'est un institut franco-belge, l'institut Molinari, qui calcule pour la plupart des pays occidentaux ce qu'on appelle "le tax freedom day".

En clair, le jour de "libération fiscale" est le jour où le contribuable cesse de payer des impôts et des cotisations pour l'État et peut enfin gagner de l'argent pour lui et sa famille. La Belgique a donc l'honneur de gagner la médaille d'argent, juste derrière la France, puisque nous cessons de payer des impôts et des cotisations à l'État le 28 juillet seulement. En d'autres mots, tout ce qu'on gagne jusqu'à cette date-là ne va pas dans notre poche, mais part dans celle de la collectivité.

les plus optimistes se rassureront en disant que la Belgique a déjà fait des progrès puisqu'en 2015, hier donc, notre jour de libération fiscale était le 6 août. On a donc progressé, mais avec une pression fiscale réelle de 56,7%, notre pays est très nettement au-dessus de la moyenne européenne qui est de 44,8%.

J'en parle aujourd'hui parce que, comme chaque année, il y a ceux qui sont indignés par ces chiffres, qui oublient que notre pays a un État-providence dont tout le monde profite, et il y en a d'autres qui se disent que décidément, l'impôt est confiscatoire en Belgique et fort peu efficace.


 

Un bon berger tond ses moutons, mais il ne les écorche pas...

À gauche, on dira que c'est le prix à payer pour l'État-providence. Autrement dit, vouloir comparer la Belgique avec, par exemple, la Lettonie n'est pas pertinent, car ce pays a une sécurité sociale rudimentaire. Et puis, en face de cette pression fiscale réelle de 56%, il faut voir ce que le contribuable reçoit en échange, notamment en services collectifs: l'enseignement, y compris universitaire, est gratuit, les soins de santé sont à un très bon niveau et restent accessibles pour le plus grand nombre, etc.

Plus à droite sur l'échiquier politique, il y a ceux et celles qui disent que pour une pression fiscale réelle de 56%, les retours de l'État sont plutôt maigrichons. La preuve, selon eux, c'est que les Belges continuent à travailler cinq semaines de plus que les Suédois pour payer leurs impôts. Or, la Suède n'est pas la Lettonie, il y a là-bas une vraie sécurité sociale. En d'autres termes, le Belge - et en particulier le francophone - paie beaucoup d'impôts, mais n'a pas un retour à la hauteur de ce qu'il paie. Un seul exemple: la Wallonie et Bruxelles affichent un très mauvais score au test Pisa, un test qui évalue la qualité des élèves de 15 ans au niveau de la lecture et de leurs connaissances en sciences et en mathématiques. Alors que les Bruxellois et les Wallons sont en fond de classement, la Flandre, elle, affiche de bons scores. Traduction: pour la gratuité de l'enseignement, on repassera !

Pour ces contribuables critiques, le compositeur allemand Richard Wagner avait raison: les impôts sont le prix de la civilisation. La preuve, c'est qu'ils n'existent pas dans la jungle. Mais en Belgique, la pression fiscale dépasse les limites de la civilisation. "Un bon berger tond ses moutons, mais il ne les écorche pas", disent-ils. Voilà en tout cas un bon sujet de débat que ce "tax freedom day".

 

 

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'La pression fiscale dépasse-t-elle les limites de la civilisation ?'

 

Fin juillet, le 28 pour être précis, les Belges pouvaient fêter le jour de leur libération fiscale. Dit comme cela, c'est un peu bizarre, mais c'est un institut franco-belge, l'institut Molinari, qui calcule pour la plupart des pays occidentaux ce qu'on appelle "le tax freedom day".

En clair, le jour de "libération fiscale" est le jour où le contribuable cesse de payer des impôts et des cotisations pour l'État et peut enfin gagner de l'argent pour lui et sa famille. La Belgique a donc l'honneur de gagner la médaille d'argent, juste derrière la France, puisque nous cessons de payer des impôts et des cotisations à l'État le 28 juillet seulement. En d'autres mots, tout ce qu'on gagne jusqu'à cette date-là ne va pas dans notre poche, mais part dans celle de la collectivité.

les plus optimistes se rassureront en disant que la Belgique a déjà fait des progrès puisqu'en 2015, hier donc, notre jour de libération fiscale était le 6 août. On a donc progressé, mais avec une pression fiscale réelle de 56,7%, notre pays est très nettement au-dessus de la moyenne européenne qui est de 44,8%.

J'en parle aujourd'hui parce que, comme chaque année, il y a ceux qui sont indignés par ces chiffres, qui oublient que notre pays a un État-providence dont tout le monde profite, et il y en a d'autres qui se disent que décidément, l'impôt est confiscatoire en Belgique et fort peu efficace.


 

Un bon berger tond ses moutons, mais il ne les écorche pas...

À gauche, on dira que c'est le prix à payer pour l'État-providence. Autrement dit, vouloir comparer la Belgique avec, par exemple, la Lettonie n'est pas pertinent, car ce pays a une sécurité sociale rudimentaire. Et puis, en face de cette pression fiscale réelle de 56%, il faut voir ce que le contribuable reçoit en échange, notamment en services collectifs: l'enseignement, y compris universitaire, est gratuit, les soins de santé sont à un très bon niveau et restent accessibles pour le plus grand nombre, etc.

Plus à droite sur l'échiquier politique, il y a ceux et celles qui disent que pour une pression fiscale réelle de 56%, les retours de l'État sont plutôt maigrichons. La preuve, selon eux, c'est que les Belges continuent à travailler cinq semaines de plus que les Suédois pour payer leurs impôts. Or, la Suède n'est pas la Lettonie, il y a là-bas une vraie sécurité sociale. En d'autres termes, le Belge - et en particulier le francophone - paie beaucoup d'impôts, mais n'a pas un retour à la hauteur de ce qu'il paie. Un seul exemple: la Wallonie et Bruxelles affichent un très mauvais score au test Pisa, un test qui évalue la qualité des élèves de 15 ans au niveau de la lecture et de leurs connaissances en sciences et en mathématiques. Alors que les Bruxellois et les Wallons sont en fond de classement, la Flandre, elle, affiche de bons scores. Traduction: pour la gratuité de l'enseignement, on repassera !

Pour ces contribuables critiques, le compositeur allemand Richard Wagner avait raison: les impôts sont le prix de la civilisation. La preuve, c'est qu'ils n'existent pas dans la jungle. Mais en Belgique, la pression fiscale dépasse les limites de la civilisation. "Un bon berger tond ses moutons, mais il ne les écorche pas", disent-ils. Voilà en tout cas un bon sujet de débat que ce "tax freedom day".

 

 

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Les loyers professionnels bientôt soumis à la TVA

Lambrecht Laurent Publié le - Mis à jour le


 
 Le système optionnel ne doit rien coûter au locataire professionnel mais bénéficiera au bailleur.

Dans le cadre de l’élaboration du budget 2018, le gouvernement Michel a pris une mesure qui pourrait avoir un impact important sur le marché immobilier professionnel : à partir du 1 er janvier 2018, les promoteurs immobiliers auront la possibilité de soumettre les loyers professionnels à la TVA.

Ce système optionnel ne concernera que les nouveaux contrats, établis à partir du 1er janvier 2018, où un bailleur met un bien immobilier à disposition d’un locataire professionnel qui l’utilise dans le cadre de ses activités soumises à la TVA.

Pour le locataire professionnel, cela ne changera rien puisqu’il pourra récupérer la TVA payée sur son loyer. Le but de la mesure est de permettre aux promoteurs immobiliers de récupérer la TVA sur les coûts liés au bâtiment supportés en amont de la location.

"Un impact considérable"

"Cette mesure participe à rendre la Belgique plus attrayante comme lieu d’établissement d’activités et de centres de décision pour les entreprises, explique Caroline Dujacquier, porte-parole de Johan Van Overtveldt (N-VA). Cette TVA rémanente pose souvent problème aux acteurs du secteur. Soit elle se retrouve finalement dans les frais de location, soit le bailleur recourt à diverses constructions juridiques pour créer un droit à la récupération. Voire les deux…"

Par ailleurs, le cabinet Van Overtveldt indique que le fisc sera vigilant quant à d’éventuelles tentatives de requalification de contrats en cours qui viseraient à bénéficier du droit à récupération de la TVA historique.

Quelles pertes pour l’Etat ?

"Cette mesure aura un impact bénéfique considérable pour le secteur immobilier belge, commente Denis-Emmanuel Philippe, avocat chez Bloom Law et professeur de droit fiscal à l’Ulg. Il y a énormément d’opérateurs dans le domaine immobilier qui se plaignent de ne pas pouvoir récupérer la TVA sur les travaux de construction et de rénovation afférents à des bâtiments affectés à la location. Cette récupération est pourtant possible aux Pays-Bas, au Luxembourg, en Allemagne… Aujourd’hui, un certain nombre d’acteurs recourent à des constructions juridiques compliquées et des schémas alambiqués pour pouvoir récupérer la TVA."

Selon cet avocat fiscaliste, cette mesure devrait entraîner une baisse des loyers des opérateurs économiques assujettis à la TVA.

Il reste à voir quel impact aura cette mesure sur les rentrées TVA de l’Etat. En effet, certains travaux de rénovation réalisés en vue de mettre en location un bâtiment à des clients professionnels ne rapporteront plus de TVA au budget. Et comme les locataires pourront récupérer la TVA payée sur leurs loyers, cela ne rapportera rien à l’Etat.

"Cette mesure aura vraisemblablement un coût pour le budget de l’Etat , déclare Denis-Emmanuel Philippe. A l’heure actuelle, il me paraît périlleux de le chiffrer." 


 
Lambrecht Laurent
 

L'école n'a pas changé depuis 50 ans, les jeunes si (OPINION)


 
L'opinion d'un mère, qui préfère rester anonyme.

 

Je suis l’heureuse maman de deux ados ayant réussi leurs sessions d’examens. Ma fille a terminé vaillamment plutôt que brillamment son cursus de base, avant de faire ses premiers pas à l’université.

Cette jeune fille sort d’un établissement public. Les écoles dans lesquelles nos enfants ont grandi, nous les avons choisies pour qu’elles leur conviennent le mieux possible, en fonction de leurs personnalités, de leurs attentes et des valeurs qu’elles véhiculent. Je reste persuadée que l’éducation des enfants vient de la maison, et donc globalement des parents. Et que le rôle de l’Etat, ou de la région, est, à travers le système éducatif, d’aider de jeunes pousses à grandir, dans un terrain propice avec un terreau adapté. En gros, l’école ne doit pas remplacer les parents; chacun son rôle. Mais l’école ne doit pas non plus démoraliser les jeunes, ou à tout le moins leur enlever curiosité et goût d’apprendre. Les faire grandir, ne pas les assoupir. Les pousser au meilleur, ne pas se satisfaire de la médiocrité.

J’ai eu envie de vous écrire ces quelques mots suite à quelques épisodes vécus cette année. Ma grande fille a traversé sa scolarité avec constance dans l’effort et de nombreuses activités en dehors. C’est un peu là que réside son équilibre. Depuis quelques années, son apprentissage des maths est devenu compliqué. Entendez : "c’est un peu la cata", si on n’y remédie pas en dehors de l’école. Et dans le même temps, cette jeune fille a une véritable sympathie pour son prof de maths, un monsieur comme on aime à en rencontrer. Dans mon esprit, quand on aime bien un prof, c’est que ça se passe bien dans sa matière. Et là, pas du tout. Les "je ne comprends rien" sont devenus trop fréquents et les notes étaient à l’avenant. Et donc, contrairement à mon a priori, on peut vraiment bien aimer un de ses profs et ne rien comprendre à sa matière. On a alors besoin de quelqu’un d’autre pour les explications. Et là, la session d’examens entamée, un jeune homme ayant terminé ses études supérieures est arrivé à la rescousse. Résultat : ma fille a eu 80 % en maths à son dernier examen. Ce jeune homme providentiel a 27 ans.

Quand j’allais à l’école, il y a donc fort longtemps, nous apprenions les révolutions industrielles qui avaient changé le monde. Pas partout, ni en même temps, mais pour un mieux même si transitoirement elles avaient été difficiles à subir et avaient laissé des gens sur le côté de l’expansion.

L’école d’aujourd’hui est à peu de chose près la même que la mienne, la vôtre et celle de nos parents. Et surtout les professeurs parlent un langage que je comprends clairement. En d’autres temps, j’ai aussi donné des cours de remédiation en maths. Mais il y a quelques jours, en écoutant ce jeune homme de 27 ans expliquer les maths à ma fille, j’ai eu une sorte de "flash". Son langage et surtout son mode d’explication étaient différents des miens. Attention ! Je comprenais tout, mais je n’aurais jamais expliqué comme lui. En fait, nos enfants nés autour des années 1990 ont vécu uniquement dans un environnement numérique. Leur mode de compréhension est différent du nôtre. Et malheureusement les professeurs ne sont pas formés en ce sens. Ni même informés… Ils ne se rendent pas compte de ce que leurs étudiants ne les comprennent pas.

La révolution numérique est l’élément principal de rupture de la compréhension de nos jeunes. Cette "disruption" n’a pas encore été actée pour les profs en place. Cette révolution a déjà gagné nos enfants (dès la naissance) mais pas encore l’enseignement et les professeurs. En fait, quand on les observe étudier aujourd’hui, ces jeunes mettent en pratique ce que l’on prône en entreprise. Ils réinventent les organisations. Ils créent des groupes de travail et produisent des résumés de cours qu’ils partagent avec plaisir dans un système d’entraide extrêmement positif et productif.

Je nous invite tous à apprendre de mes enfants, de vos enfants, de tous nos enfants qui ont déjà réenchanté leur monde. Enfin ça, c’est un peu mon rêve.

Contribution externe
 

 

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Les sentiers publics, objets de tant de convoitises

02/08/17 à 10:49 - Mise à jour à 10:49
Du LeVif/l'Express du 28/07/17

A Manhay (Durbuy), des riverains et promeneurs se battent pour sauver des sentiers publics. La commune, elle, les vendrait volontiers. Un combat qui en dit long sur les priorités politiques et financières de certains pouvoirs locaux.

De plus en plus de propriétaires posent abusivement des panneaux d'interdiction. © SENTIERS.BE

C'est une petite histoire qui en cache une autre, plus ample et plus préoccupante. Depuis six ans, un propriétaire privé installé tente de racheter à la commune de Manhay cinq chemins publics qui traversent ses terres, attenantes au château, dans le bois de Harre, vaste de 550 hectares. En tout, quelque 3,5 kilomètres de sentiers. Mais les habitants des lieux et autres promeneurs s'y opposent, arguant que ces chemins font partie du patrimoine public et permettent de relier entre eux plusieurs hameaux. " Si personne ne passe sur un chemin pendant trente ans, il est considéré comme appartenant au propriétaire qui détient le droit sur le sol ", rappelle Christophe Danaux, porte-parole de l'asbl Sentiers.

Depuis que le propriétaire a fait part de son souhait de rachat à la commune, le bras de fer se poursuit, au fil des prises de position de cette dernière, de la Province de Luxembourg, de la Région wallonne et du Conseil d'Etat et des recours introduits ensuite. La commune de Manhay est totalement favorable à la transaction : elle obtiendrait, par ce biais, 600 000 euros ! Soit bien davantage que la valeur des terres. Contacté par Le Vif/L'Express, le bourgmestre de Manhay Robert Wuidar (apparenté MR) n'a guère voulu répondre à nos questions.

En février 2015, la Province a posé, entre autres conditions, qu'un chemin alternatif soit créé pour les promeneurs avant de procéder officiellement au déclassement du chemin public. Mais cette nouvelle piste devrait traverser une zone Natura 2000, ce qui pose d'autres problèmes. Le dossier est, pour l'heure, totalement bloqué, la Province attendant toujours que ses conditions soient remplies pour le faire avancer. Le propriétaire a fait procéder à un relevé topographique des sentiers, comme cela lui avait été demandé. Sans surprise, ce relevé indique que les chemins sont bien conformes, sur certains tronçons, à l'Atlas des voiries vicinales de 1841 mais qu'en d'autres lieux, ils s'en sont écartés, nature oblige.

 

Depuis lors, des panneaux indiquant " chemin privé, accès interdit " fleurissent régulièrement aux abords de ces sentiers... en toute illégalité. Une plainte a été déposée au parquet par les riverains. Une promenade Adeps qui passait par là a vu tous ses balisages enlevés. La DNF (Direction nature et forêts) a dû menacer d'amendes si ce balisage n'était pas remis à sa place. " On constate que les propriétaires privés de bois ont plus tendance qu'auparavant à installer ce type de panneaux sur leurs terrains. C'est parfois vrai, mais parfois pas, relève Christophe Danaux. Lorsqu'il s'agit d'une servitude publique sur des terrains privés, les propriétaires sont tenus de laisser le passage. "

" De plus en plus de propriétaires veulent s'approprier les chemins qui passent dans leur domaine, qu'ils appartiennent à la commune ou qu'il s'agisse de servitudes publiques ", embraie Albert Stassen, d'Itinéraires Wallonie. Dans la plupart des cas, c'est le monde associatif et les riverains, réunis en collectif, qui organisent la résistance. " Ce n'est pas normal que l'associatif soit garant de l'intérêt public, poursuit Albert Stassen. C'est le rôle du politique. " Mais bien des communes sont en difficulté financière. Et la tentation leur est grande de vendre à la va-vite quelques sentiers, qu'elles n'entretiennent déjà pas et n'auront plus à entretenir à l'avenir, en échange de milliers d'euros. Un calcul à court terme, alors que la forêt ne compte qu'en dizaines d'années... 


 
Attention à ne pas dilapider notre patrimoine bois et terrain CPAS
 

 

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DIESEL ET MAZOUT EXTRA A LA HAUSSE!

 

Faites le plein aujourd'hui!

Encore une mauvaise nouvelle pour le consommateur: après le mazout 50S, c'est au tour du diesel et de mazout extra de repartir à la hausse ce jeudi 3 août.

C'est donc le moment de faire le plein

 

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Le lobbyiste le plus influent de l’Union européenne

 
Alberto Alemanno est un avocat, auteur et activiste italien s’intéressant à l’intérêt public et qui s’est fait un nom dans la capitale de l’Union Européenne.
C’est un matin ordinaire au Parlement européen à Bruxelles, les avalanches de législateurs, de conseillers en politiques et de lobbyistes passent à travers les immenses portes de la place de Luxembourg, remplissant les salles de comité discutant sur de nouvelles lois et règlements. À la cafétéria de l’aile nord du parlement, le lobbyiste le plus puissant de Bruxelles rencontre un député européen.

The good lobby

Alberto Alemanno est un avocat, auteur et activiste italien s’intéressant à l’intérêt public et qui s’est fait un nom dans la capitale de l’UE. Il est le co-fondateur de The Good Lobby – une ONG qui prétend faire pression pour l’intérêt des consommateurs – et se spécialise dans la “réglementation des risques”, la santé publique, les droits des consommateurs et la politique alimentaire.

Alemanno est un défenseur de la théorie du Nudge, dont la base fondamentale ne repose pas sur le fait de forcer les personnes à suivre un même modèle comportemental ou autre, mais à adopter des politiques incitatives qui entourent cette action que l’on veut réprimer, qui poussera indirectement les consommateurs à se conduire d’une certaine manière.

Dans un article intitulé healthy lifestyles, qu’Alemanno a co-écrit, les objectifs de ces politiques sont décrits comme tels :

Inspiré par le «paternalisme libertaire», il suggère que l’objectif des politiques publiques devrait être de diriger les citoyens vers des décisions positives en tant qu’individus et pour la société tout en préservant le choix individuel.

Le paquet neutre

Un exemple pratique de cette politique d’Alemanno est son plaidoyer répété pour le paquet neutre. Au début de 2010, bien avant l’introduction législative du paquet neutre en France et au Royaume-Uni, l’activiste italien a écrit The Case for Plain Packaging dans le European Journal of Risk Regulation, montrant son soutien clair pour la mesure.

Cependant, même Alemanno avait averti contre le problème juridique de «ne pas établir un lien de causalité entre la mesure et la protection de l’intérêt public spécifique», un élément que la France et le Royaume-Uni ont consciemment ignoré.

Cela a mené à de multiples poursuites judiciaires par l’industrie du tabac, comme cela a été le cas pour la dernière directive de l’UE sur le tabac, qui a également augmenté la taille des étiquettes d’avertissement sur les paquets de cigarettes.

Protéger les consommateurs ignorants et sans défense

Alemanno cultive l’image d’un consommateur ignorant et sans défense, soumis aux grandes entreprises et achetant des produits pour lesquels il n’a aucune utilité.

Dans un TEDx Talk à Paris en 2015, il a élaboré son point de vue sur «les éléments inconscients de la prise de décision et leurs implications pour la politique» et a expliqué que toute décision que nous prenons est fortement influencée par l’état actuel et la pression sociale dont nous sommes victimes.


 

Sa conclusion : les décideurs politiques doivent protéger les consommateurs de la collecte de données par les entreprises toutes-puissantes et aux intentions néfastes.

L’envers du décor

La réalité sociale, bien sûr, est très différente. Ludwig von Mises a déclaré sur cette question :

Une idée fausse largement répandue est qu’une publicité habile peut persuader les acheteurs d’acheter tout ce que l’annonceur désire qu’ils achètent. Le consommateur, selon cette légende, est tout bonnement désarmé devant la publicité « à haute pression ». Si cela était vrai, le succès ou l’échec en affaires dépendrait seulement de la façon dont est faite la publicité. Pourtant personne ne croit qu’à force de publicité, de quelque nature qu’elle soit, les fabricants de chandelles eussent pu conserver le terrain contre l’ampoule électrique, les cochers contre les autos, la plume d’oie contre la plume d’acier et plus tard contre le porteplume réservoir. Or quiconque admet cela, admet implicitement que la qualité de l’article recommandé par la publicité joue un rôle décisif dans le succès d’une campagne de publicité. Donc il n’y a pas de raison de soutenir que la publicité soit une façon de duper un public crédule. (extrait de Human Action, chapitre 15)

Le « Good Lobby » d’Alemanno est inscrit au registre de lobbying de l’UE (même s’il fonctionne actuellement sans budget), mais Alemanno lui-même est déjà bien connu dans les institutions de l’UE : il conseille la Commission européenne, le Parlement européen, l’Organisation pour la Coopération et le Développement Économiques (OCDE) et l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) sur divers aspects du droit de l’Union européenne, la coopération réglementaire internationale, le commerce international et le droit mondial de la santé.

Un lobbying efficace

Son plaidoyer en matière de politique est manifestement efficace : de plus en plus de pays de l’UE deviennent des États-nounou et réglementent la commercialisation des produits. Sa recherche sur la révision de la directive sur les produits du tabac de l’UE, publié en 2012, est le script précis de ce que l’union a mis en œuvre cette année.

Lorsque Alemanno en aura fini avec le tabac, il est difficile d’imaginer qu’il s’abstiendra de préconiser cette réglementation dans d’autres industries, comme l’industrie alimentaire.


 

Il viendra un moment où les citoyens de l’Union européenne ne supporteront plus cette politique de paternalisme flagrant.

Charismatique et recherché

Le fait que le blog personnel d’Alemanno le décrit comme «un conférencier public charismatique et recherché» démontre assez clairement la façon dont les eurocrates de Bruxelles se perçoivent.

Ils ont également la prétention de penser que leurs législations sont des initiatives venant du peuple et qui favorisent les consommateurs. Ils n’imaginent pas que les citoyens sont des personnes libres, capables de jugement et mettent sous silence les coûts de ce paternalisme étatique supportés par les consommateurs.

 

 

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Le lobbyiste le plus influent de l’Union européenne

 

 

Alberto Alemanno est un avocat, auteur et activiste italien s’intéressant à l’intérêt public et qui s’est fait un nom dans la capitale de l’Union Européenne.

Par Bill Wirtz.

C’est un matin ordinaire au Parlement européen à Bruxelles, les avalanches de législateurs, de conseillers en politiques et de lobbyistes passent à travers les immenses portes de la place de Luxembourg, remplissant les salles de comité discutant sur de nouvelles lois et règlements. À la cafétéria de l’aile nord du parlement, le lobbyiste le plus puissant de Bruxelles rencontre un député européen.

The good lobby

Alberto Alemanno est un avocat, auteur et activiste italien s’intéressant à l’intérêt public et qui s’est fait un nom dans la capitale de l’UE. Il est le co-fondateur de The Good Lobby – une ONG qui prétend faire pression pour l’intérêt des consommateurs – et se spécialise dans la “réglementation des risques”, la santé publique, les droits des consommateurs et la politique alimentaire.

Alemanno est un défenseur de la théorie du Nudge, dont la base fondamentale ne repose pas sur le fait de forcer les personnes à suivre un même modèle comportemental ou autre, mais à adopter des politiques incitatives qui entourent cette action que l’on veut réprimer, qui poussera indirectement les consommateurs à se conduire d’une certaine manière.

Dans un article intitulé healthy lifestyles, qu’Alemanno a co-écrit, les objectifs de ces politiques sont décrits comme tels :

Inspiré par le «paternalisme libertaire», il suggère que l’objectif des politiques publiques devrait être de diriger les citoyens vers des décisions positives en tant qu’individus et pour la société tout en préservant le choix individuel.

Le paquet neutre

Un exemple pratique de cette politique d’Alemanno est son plaidoyer répété pour le paquet neutre. Au début de 2010, bien avant l’introduction législative du paquet neutre en France et au Royaume-Uni, l’activiste italien a écrit The Case for Plain Packaging dans le European Journal of Risk Regulation, montrant son soutien clair pour la mesure.

Cependant, même Alemanno avait averti contre le problème juridique de «ne pas établir un lien de causalité entre la mesure et la protection de l’intérêt public spécifique», un élément que la France et le Royaume-Uni ont consciemment ignoré.

Cela a mené à de multiples poursuites judiciaires par l’industrie du tabac, comme cela a été le cas pour la dernière directive de l’UE sur le tabac, qui a également augmenté la taille des étiquettes d’avertissement sur les paquets de cigarettes.

Protéger les consommateurs ignorants et sans défense

Alemanno cultive l’image d’un consommateur ignorant et sans défense, soumis aux grandes entreprises et achetant des produits pour lesquels il n’a aucune utilité.

Dans un TEDx Talk à Paris en 2015, il a élaboré son point de vue sur«les éléments inconscients de la prise de décision et leurs implications pour la politique» et a expliqué que toute décision que nous prenons est fortement influencée par l’état actuel et la pression sociale dont nous sommes victimes.


 

Sa conclusion : les décideurs politiques doivent protéger les consommateurs de la collecte de données par les entreprises toutes-puissantes et aux intentions néfastes.

L’envers du décor

La réalité sociale, bien sûr, est très différente. Ludwig von Mises a déclaré sur cette question :

Une idée fausse largement répandue est qu’une publicité habile peut persuader les acheteurs d’acheter tout ce que l’annonceur désire qu’ils achètent. Le consommateur, selon cette légende, est tout bonnement désarmé devant la publicité « à haute pression ». Si cela était vrai, le succès ou l’échec en affaires dépendrait seulement de la façon dont est faite la publicité. Pourtant personne ne croit qu’à force de publicité, de quelque nature qu’elle soit, les fabricants de chandelles eussent pu conserver le terrain contre l’ampoule électrique, les cochers contre les autos, la plume d’oie contre la plume d’acier et plus tard contre le porteplume réservoir. Or quiconque admet cela, admet implicitement que la qualité de l’article recommandé par la publicité joue un rôle décisif dans le succès d’une campagne de publicité. Donc il n’y a pas de raison de soutenir que la publicité soit une façon de duper un public crédule. (extrait de Human Action, chapitre 15)

Le « Good Lobby » d’Alemanno est inscrit au registre de lobbying de l’UE (même s’il fonctionne actuellement sans budget), mais Alemanno lui-même est déjà bien connu dans les institutions de l’UE : il conseille la Commission européenne, le Parlement européen, l’Organisation pour la Coopération et le Développement Économiques (OCDE) et l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) sur divers aspects du droit de l’Union européenne, la coopération réglementaire internationale, le commerce international et le droit mondial de la santé.

Un lobbying efficace

Son plaidoyer en matière de politique est manifestement efficace : de plus en plus de pays de l’UE deviennent des États-nounou et réglementent la commercialisation des produits. Sa recherche sur la révision de la directive sur les produits du tabac de l’UE, publié en 2012, est le script précis de ce que l’union a mis en œuvre cette année.

Lorsque Alemanno en aura fini avec le tabac, il est difficile d’imaginer qu’il s’abstiendra de préconiser cette réglementation dans d’autres industries, comme l’industrie alimentaire.


 

Il viendra un moment où les citoyens de l’Union européenne ne supporteront plus cette politique de paternalisme flagrant.

Charismatique et recherché

Le fait que le blog personnel d’Alemanno le décrit comme «un conférencier public charismatique et recherché» démontre assez clairement la façon dont les eurocrates de Bruxelles se perçoivent.

Ils ont également la prétention de penser que leurs législations sont des initiatives venant du peuple et qui favorisent les consommateurs. Ils n’imaginent pas que les citoyens sont des personnes libres, capables de jugement et mettent sous silence les coûts de ce paternalisme étatique supportés par les consommateurs.

 

 

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SCANDALE : La retraite à 50 ans a été approuvée !!.... pour les

 

 NABABS de Bruxelles..... 

 

 C'est pas gros, c'est ÉNORME !!!!...

 

VIVE L'EUROPE DES VOLEURS !!

 SCANDALE : La retraite à 50 ans avec 9.000 euros par mois pour les fonctionnaires de l'UE a été approuvée!!!.....
mais bordel, quand est-ce que ça va péter ?????


>
 A DIFFUSER LE + LARGEMENT POSSIBLE S.V.P.*
 C'est normal qu'il ne reste presque plus rien pour nous !
 Vous avez remarqué que nos politiciens se battent comme des fous pour rentrer dans l'administration européenne Pourquoi ?...
 Ce qui suit va vous éclairer... C'est tout simplement scandaleux !!!
 La retraite à 50 ans avec 9.000 euros par mois pour les fonctionnaires de l'UE a été approuvée !!!

>  
Cette année, 340 fonctionnaires partent à la retraite anticipée à 50 ans avec une pension de

 

 9.000 Euros par mois.

 

 Afin d'aider l'intégration de nouveaux fonctionnaires des nouveaux états membres de l'UE (Pologne, Malte, Pays de l'Est...),
 les fonctionnaires des anciens pays membres (Belgique, France, Allemagne..) recevront de l'Europe un pont d'or pour partir à la retraite.
 POURQUOI ET QUI PAIE CELA ?
 Vous et moi qui travaillons ou avons travaillé pour une pension de misère, alors que ceux qui votent les lois se font des cadeaux dorés
 La différence est devenue trop importante entre le peuple et les "dieux de l'Olympe" !!!
 RÉAGISSONS par tous les moyens en commençant par divulguer ce message à tous les Européens. Bonne journée à tous quand même
 CES HAUTS FONCTIONNAIRES DE l’Union EUROPÉENNE CONSTITUENT UNE VRAIE MAFIA.
 Les technocrates européens jouissent de véritables retraites de nababs. Même les parlementaires qui, pourtant, bénéficient de la "Rolls " des régimes spéciaux, ne reçoivent pas le tiers de ce qu'ils touchent... C'est dire !
 - Giovanni Buttarelli, qui occupe le poste de "contrôleur adjoint de la protection des données", aura acquis après seulement 1 an et 11 mois de service (en novembre 2010), une retraite de 1 515 ? / mois. L'équivalent de ce que touche, en moyenne, un salarié belge ou français du secteur privé après une carrière complète de 40 ans.
 - Son collègue, Peter Hustinx, vient de voir son contrat de cinq ans renouvelé. Après 10 années, lui aura droit à près de 9 000 euros de retraite par mois.
 C'est simple, plus personne ne leur demande des comptes et ils ont bien décidé d'en profiter. C'est comme si, pour leur retraite, on leur avait fait un chèque en blanc. En plus, beaucoup d'autres technocrates profitent d'un tel privilège.

 

 1. Roger Grass, greffier à la Cour de justice européenne, va toucher 12.500EUR de retraite par

 

 mois.

 

  2. PernillaLindh, juge au Tribunal de première instance, 12.900EUR par mois.

 

3. Ruiz-JaraboColomer, avocat général, 14.000EUR/mois.

 

 Consultez la liste sur :

 

Nom Fonction Institution Ancienneté Pension / mois Ala-Nissila Olavi Magistrat Cour des comptes 3 ans et 7 mois 2 927,95 € Almunia Joaquim Commissaire Commission ...

 

 Dans cette liste vous trouverez un certain Jacques Barrot (73 ans) avec une retraite de 4.728,60 EUR pour 5 années de commissaire européen aux transports. À cela il faut ajouter sa retraite d'ancien député, celle d'ancien ministre, d'ancien président du Conseil général de la Haute Loire, de maire d'Yssingeaux et pour couronner cette brillante carrière, le 23 février 2010 il a été nommé au Conseil Constitutionnel.
 Pour eux, c'est le jackpot. En poste depuis le milieu des années 1990, ils sont assurés de valider une carrière complète et, donc, d'obtenir le maximum : 70% du dernier salaire. Car, c'est à peine croyable... Non seulement leurs pensions crèvent les plafonds mais il leur suffit de 15 années et demie pour valider une carrière complète alors que pour vous, comme pour moi, il faut se tuer à la tâche pendant 40 ans et, bientôt 42 ans.
 Face à la faillite de nos systèmes de retraite, les technocrates de Bruxelles recommandent l'allongement des carrières : 37,5 ans, 40 ans, 41 ans (en 2012), 42 ans (en 2020), etc. Mais pour eux, pas de problèmes, le taux plein c'est 15,5 ans...
 De qui se moque-t-on ? A l'origine, ces retraites de nababs étaient réservées aux membres de la Commission européenne puis, au fil des années, elles ont également été accordées à d'autres fonctionnaires. Maintenant, ils sont toute une armée à en profiter : juges, magistrats, greffiers, contrôleurs, médiateur, etc.
 Mais le pire, dans cette affaire, c'est qu'ils ne cotisent même pas pour leur super retraite !!!

 

 Pas un centime d'euro, tout est à la charge du contribuable.....


 Nous, nous cotisons plein pot toute notre vie et, au moindre retard de paiement, c'est la déferlante : rappels, amendes, pénalités de retard, etc. Aucune pitié !
 Eux, ils (se) sont carrément exonérés.....On croit rêver ! Rendez-vous compte, même les magistrats de la Cour des comptes européenne qui, pourtant, sont censés "contrôler" si les dépenses de l'Union européenne sont légales, faites au moindre coût et pour l'objectif auxquelles elles sont destinées... ", profitent du système et ne paient pas de cotisations.
Et, que dire de tous ces technocrates qui ne manquent pas une occasion de jouer les "gendarmes de Bruxelles" et ne cessent de donner des leçons d'orthodoxie budgétaire alors qu'ils ont les deux mains, jusqu'aux coudes, dans le pot de confiture ?
 A l'heure où l'avenir de nos retraites est gravement compromis par la violence de la crise économique et la brutalité du choc démographique, les fonctionnaires européens bénéficient, à nos frais, de pensions de 12.500 à 14.000EUR/ mois, après seulement 15 ans de carrière et sans même cotiser.. C'est une pure provocation !

 

 Mon objectif est d'alerter tous les citoyens des états membres de l'Union

 

 Européenne.

  Ensemble nous pouvons créer un véritable raz de marée. Il est hors de question que les technocrates européens continuent à jouir, à nos frais et en toute impunité, de telles retraites. Nous allons leur remettre les pieds sur terre : Sauvegarde Retraites a réalisé une étude précise et très documentée qui prouve par "A+B" l'ampleur du scandale, reprise par les médias.....

 

 On ne peut plus visualiser le lien ci-dessus, ils se sont rendus

 

 compte que l'information circulait beaucoup trop,..... Alors

 

 

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Légitimité et passe-passe démocratique au Parlement wallon

31/07/17 à 11:38 - Mise à jour à 11:38

Le nouveau gouvernement wallon est installé. Il dispose d'une majorité étriquée, mais il est prêt à quelques contorsions pour la conforter un peu.


 

Ce vendredi 28 juillet rentrera dans l'histoire politique de notre pays. Pour la première fois, un important changement de majorité s'opère dans un exécutif régional, sans passer par les urnes, via l'utilisation de la motion de méfiance constructive. Il peut sembler étonnant de réaliser un tel basculement sans demander l'aval des citoyens. Le mécanisme n'a cependant rien d'anti-démocratique. Les députés wallons ont été élus avec un mandat de cinq ans et, d'un point de vue strictement arithmétique, la coalition MR-cdH est bien majoritaire : 38 sièges sur 75. C'est court, mais suffisant tant que tout le monde vient siéger. Ce vendredi, la motion de méfiance a même reçu en plus l'apport inopiné et apparemment non négocié d'un député indépendant (ex-Parti Populaire). En d'autres termes, on peut ne pas apprécier la nouvelle coalition, on peut la juger trop étriquée pour durer (mais la législature ne comporte plus que deux ans), elle n'en demeure pas moins parfaitement démocratique.

Pourquoi le recours aux élections anticipées n'était de toute façon pas possible

Même s'il avait voulu provoquer des élections régionales anticipées, Benoît Lutgen n'aurait pas pu. La législation actuelle ne le permet pas. Cela fait peut-être bisquer certains militants aujourd'hui, mais ni le PS ni Ecolo n'avaient jugé opportun d'autoriser des élections anticipées au niveau régional, lors de la 6e réforme de l'État (votée par les quatre familles politiques). Il ne s'agissait pas d'un oubli, mais d'un souci de stabilité : les élus wallons siègent aussi à la Communauté française en compagnie de députés bruxellois. Si l'on vote en Wallonie, il faut alors voter aussi à Bruxelles pour avoir une assemblée communautaire découlant d'un même scrutin. Mais à Bruxelles, il y a aussi des partis flamands et ceux-ci envoient des représentants au Parlement flamand. Donc in fine pour être parfaitement équitable, en cas de problème en Wallonie, il faudrait aussi anticiper les élections en Flandre (et vice-versa). Vous imaginez le tollé ? Et voilà pourquoi les négociateurs de la 6e réforme de l'État ont préféré le mécanisme de la méfiance constructive (constructive car le même vote destitue un gouvernement et désigne son successeur), qui existe déjà dans les communes, à la possibilité d'organiser des élections régionales anticipées.

Ce qui est plus inquiétant en revanche, c'est le tour de passe-passe auquel cette nouvelle majorité s'est livrée pour se faciliter la vie dans les commissions parlementaires. Le système de dévolution (clé D'hondt) attribuait 6 sièges sur 12 en commission au parti socialiste. De quoi, si pas bloquer, du moins ralentir sensiblement le travail législatif de la majorité. Voici la parade: en limitant les commissions à dix membres, la même clé D'hondt n'attribuait plus que 4 sièges au PS, ce qui rendait de facto MR-cdH majoritaire (4+2). Le Parlement a adopté ce vendredi une modification du règlement en ce sens.

À nouveau, c'est parfaitement légal. Il n'est toutefois pas très sain que de telles dispositions puissent ainsi être modifiées, au gré des circonstances, par un simple vote majoritaire. Les règles de fonctionnement des institutions démocratiques - l'organisation du parlement, le système électoral, le financement des partis, le statut des groupes politiques... - devraient pour le bien être fixées par une majorité des deux tiers. Une suggestion en passant: quitte à remodeler les commissions parlementaires, pourquoi ne pas prévoir une balise, plafonnant l'impact des plus gros partis. Par exemple en stipulant qu'un groupe politique qui n'est pas majoritaire au Parlement ne peut le devenir en commission par le simple jeu de la clé D'Hondt. Ainsi avec 40% des députés wallons (30 sur 75), le PS ne pourrait avoir plus de 5 représentants sur 12 en commission parlementaire. Une modification de la réglementation dans ce sens aurait plus de pertinence démocratique que le tour de passe-passe circonstanciel de la nouvelle coalition wallonne.

Pour la petite histoire, sachez encore que le PS a déposé un amendement, vendredi dernier au Parlement wallon, pour ramener les coalitions à 11 et non 10 membres. Le calcul lui octroyait 5 députés sur 11 et permettait donc aussi à la nouvelle majorité de fonctionner. L'amendement a été rejeté avec cet argument totalement improbable: "pour faciliter le calcul des majorités, il est préférable que le nombre de membres d'une commission soit pair". La véritable raison, c'est qu'une répartition 6-5 obligeait les élus de la majorité à être systématiquement présents. Avec du 6-4, ils conserveront le droit à un peu d'absentéisme...

 

 

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La motion pure et simple, stratagème qui permet à la majorité d'étouffer tout débat

31/07/17 à 08:15 - Mise à jour à 08:16
Du LeVif/l'Express du 28/07/17

Chaque majorité parlementaire use et abuse d'un stratagème infaillible pour se protéger de toute défaillance : la motion pure et simple, insidieuse machine à tuer dans l'oeuf l'amorce même d'un débat. C'est entendu, l'artifice survivra à la quête de renouveau politique.

Le 28 juin dernier, Philippe Henry (Ecolo) faisait sauter sans le vouloir le cadenas de la motion pure et simple. 

Le rituel est immuable, la technique discutable, le procédé démocratiquement lamentable. En fin de séance plénière, la Chambre est régulièrement saisie d'un grand moment de particratie, lorsque survient l'heure du choc de deux motions : l'une de " recommandation ", l'autre " pure et simple ". Aucune poussée d'adrénaline dans l'hémicycle : l'issue de la joute est jouée d'avance. Le président de l'assemblée tue invariablement tout suspense : " La motion pure et simple ayant priorité de droit, je mets cette motion aux voix. " Le verdict est cousu de fil blanc : " La motion pure et simple est adoptée. Par conséquent, la motion de recommandation est caduque. " L'incident est clos et le tour s'est joué majorité contre opposition.

Ce simulacre de bras de fer débute toujours en commission parlementaire. Payé pour s'opposer, le député X s'en va titiller le ministre Y sur l'un de ses dossiers, sensibles de préférence. Flairant un filon, l'élu songe à l'exploiter davantage. Il se fend alors d'un petit billet justificatif appelé motion de recommandation, par lequel il engage le gouvernement à ne pas laisser son interpellation sans réaction et demande à prolonger la discussion en séance plénière, davantage à la lumière. Histoire d'en faire profiter l'ensemble des 150 députés. Et de vérifier, sait-on jamais, si les élus de la majorité resteront bien soudés derrière le ministre enquiquiné.

Bien essayé. La passe d'armes en commission sitôt clôturée, une autre motion, pure et simple celle-là, déposée mécaniquement par un élu de la majorité, viendra tacler en séance plénière la tentative de l'importun.

Procédé inélégant mais ô combien efficace, au point d'en être devenu machinal. Un vrai confort pour les ministres, un réel soulagement pour les élus de leur bord : sortir vainqueur d'un combat qu'ils s'autorisent à refuser, que vouloir de plus ?

Jean-Marc Nollet (Ecolo) : "Une technique de pouvoirs spéciaux"

" Cette technique permet à la majorité d'étouffer le débat et de s'en laver les mains ", confirme le professeur de droit public Hendrik Vuye, ex-député N-VA devenu élu indépendant passé dans l'opposition. N-VA et CD&V n'auront pas à se déchirer au grand jour sur une question de fiscalité. Les élus N-VA éviteront d'avoir à subir chaque semaine les railleries de l'opposition flamingante (le Vlaams Belang et le duo Vuye & Wouters) pour leur dérobade sur des dossiers communautaires. Les partenaires de coalition se sont exemptés de la délicate tâche d'avoir, par exemple, à se positionner à la Chambre sur le " Galantgate " fatal à la ministre Jacqueline Galant (MR).

Tant pis pour le panache, la dignité de la fonction parlementaire, la culture et la transparence du débat, pour tout ce que l'on se flatte de vouloir réhabiliter. Supprimer la motion pure et simple ne fera pas partie de ces gestes d'ouverture. Relancée par le groupe Ecolo-Groen, dans l'opposition, la suggestion ne franchira pas le cap du groupe de renouveau politique installé par la Chambre. Requête promptement rejetée. " Apparemment, par souci de ne pas déséquilibrer l'architecture globale de l'organisation du travail parlementaire ", comme le fait joliment remarquer Gautier Calomne, membre MR de la majorité au sein dudit groupe de travail.

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"Cette technique permet à la majorité d'étouffer le débat et de s'en laver les mains"

Cela devient une manie. A peine entrouverte, la boîte de Pandore était vite refermée au printemps 1995, lors d'une énième exploration de la cuisine interne de la Chambre. La motion pure et simple, ou du moins la priorité absolue qui lui est accordée, avait joué sa tête. Ses partisans avaient volé à son secours : " La Belgique est toujours gouvernée par des coalitions, ce qui implique que des tensions peuvent survenir de temps à autre au sein du gouvernement à propos de certaines questions épineuses. " L'étalage de dissensions dans l'hémicycle serait du plus fâcheux effet. " Supprimer la motion pure et simple reviendrait à exiger que le gouvernement obtienne explicitement la confiance de sa majorité au terme de chaque interpellation. "

Vincent Decroly, ex-député Ecolo, privilégie une autre lecture : " La majorité serait contrainte de se prononcer sur des motions de l'opposition, donc de justifier plus nettement sa position. " (1) C'est trop demander. On a donc sagement maintenu le garde-fou.

Cela ne va pas sans quelques états d'âme. Ainsi au MR, au pouvoir fédéral mais qui, en octobre 2007, entendait apporter sa modeste contribution à " des rapports entre la majorité et l'opposition plus constructifs " en suggérant de remettre sur le métier ce mécanisme douteux. Le voeu, alors exprimé par les députés Olivier Chastel, Daniel Bacquelaine et Jacqueline Galant, resta pieux. Et les bleus n'insistèrent plus.

Et le CDH fit faux bond à son ministre Di Antonio

Mettre fin à cet artifice n'aurait pourtant rien de cataclysmique : adopter une motion de recommandation, rappelait en 1995 le déjà député Marcel Cheron (Ecolo), " n'implique ni méfiance ni confiance à l'égard du gouvernement. La mise au vote d'une telle motion ne saurait donner lieu à une mise en péril réelle d'un gouvernement. Elle pourrait tout au plus susciter occasionnellement des prises de position divergentes par rapport aux choix opérés par l'exécutif. " Pareille épreuve serait au-dessus des forces d'une majorité, aussi soudée soit-elle.

Bien sûr, on ne peut jamais tout cadenasser. En bord de Meuse, où le stratagème est aussi prisé au parlement de Wallonie, Philippe Henry, député Ecolo, vient de savourer " un précédent historique, exceptionnel " le 28 juin dernier en séance plénière. C'est le ministre CDH Carlo Di Antonio qui est faussement mis sur le gril pour la mise en oeuvre contestée du Code du développement territorial par certains fonctionnaires délégués. Il est l'objet d'une motion motivée dans le chef de l'opposition écologiste, d'une motion pure et simple dans le chef de la majorité PS-CDH : on s'achemine vers un verdict de pure routine.

Sauf que la crise politique vient de briser le couple PS-CDH. Et que l'(ex-) partenaire socialiste ne voit soudainement plus l'intérêt de soutenir un ministre de l' (ex-) partenaire humaniste. Lequel CDH, plutôt que d'être minorisé, se rallie la mort dans l'âme à la motion de l'opposition qui cible... Di Antonio. André Antoine (CDH), président d'assemblée, invite chacun à bien mesurer la portée d'une telle audace : " C'est une très grande première, et je fréquente des assemblées depuis longtemps. Cela veut dire que, si nous votons ce que M. Henry demande, ce sera une exigence du parlement à l'égard du gouvernement. Me suis-je bien fait comprendre ? " C'est une révolution ? Non, président, juste un accès de mauvaise humeur.

(1) Principes élémentaires de la propagande arc-en-ciel, par Vincent Decroly & Erik Rydberg, EPO, 2003

 

 

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Oubliez les déclinistes ! Le monde va mieux


 
Notre monde n’a jamais été aussi riche, n’a jamais disposé d’un tel stock de connaissances, n’a jamais été aussi libre.
Le progrès, c’est complètement ringard. Personne n’y croit plus. Le monde va à sa perte et l’homme est coupable. Réchauffement climatique, terrorisme islamiste, chômage de masse, dette abyssale des pays riches, augmentation des inégalités dans les pays occidentaux.

Et ce ne sont là que les principaux malheurs dont nous abreuvent quotidiennement les médias. Le nez sur le guidon, l’occidental moyen ne se rend plus compte de sa chance. Surinformé de ses petits malheurs, il a perdu conscience de ses privilèges. Modestement, essayons de les lui rappeler.

L’extrême pauvreté

Manger à sa faim chaque jour fut l’exception pendant des millénaires. Étaient pauvres ceux qui risquaient de mourir de faim ou de froid. L’extrême pauvreté touchait 80 à 90% de la population mondiale au début du XIXe siècle. Aujourd’hui, elle a considérablement reculé. La Banque mondiale donne le chiffre de 10,67% de la population mondiale disposant de moins de 1,90 $ par jour.

Pourcentage de la population mondiale vivant dans l’extrême pauvreté (Source : humanprogress.org)

Le progrès a été continu depuis deux siècles mais s’est accéléré à la fin du XXe siècle comme le montre en particulier la série courte en bleu clair qui est celle de la Banque mondiale.

L’alphabétisation

Personne n’ignore que l’analphabétisme concernait une écrasante majorité de la population mondiale jusqu’au début du XXe siècle. Les pays occidentaux ont progressé dans ce domaine dès le XIXe siècle, mais il a fallu attendre la deuxième moitié du XXe pour voir des progrès significatifs dans les pays les plus pauvres.

Ces progrès ont été gigantesques depuis quelques décennies comme le montre la carte suivante établie par l’UNESCO pour l’année 2015. Elle concerne les pays « en retard » historiquement.

 

 

La carte met en évidence le taux d’alphabétisation des jeunes de 15 à 24 ans. Ils doivent pouvoir lire et écrire en comprenant une brève déclaration sur leur vie quotidienne.

Le taux d’alphabétisation inférieur à 50% des jeunes ne concerne plus aujourd’hui que quelques pays d’Afrique : la Guinée, le Mali, le Niger, la République Centrafricaine et le Soudan du sud. Toute l’Amérique latine et une grande partie de l’Asie se situent au-dessus de 90%.

L’esclavage

Jusqu’au XIXe siècle, l’esclavage ou le servage était une situation courante sur notre planète. En Russie, il faut attendre 1861 pour que le servage soit aboli. Aux États-Unis, l’abolition complète de l’esclavage date de 1863.

L’abolition de l’esclavage, rare jusqu’au XVIIIe siècle, devient de plus en plus fréquent à partir du XIXe. Mais il n’advient qu’à la fin du XXe siècle dans certains pays de culture islamique : 1968 en Arabie Saoudite, 1980 en Mauritanie, 1992 au Pakistan.

La loi ne suffit pas toujours pour éradiquer une tradition séculaire. Il reste aujourd’hui, selon les sources, vingt à quarante millions de personnes en situation réelle (et non juridique) d’esclavage dans le monde. Il s’agit de grossières estimations puisqu’il faut définir un concept d’esclavage à caractère non juridique et ensuite repérer les situations correspondantes.

Mais le progrès est saisissant par rapport aux époques, pas très lointaines, où la main d’œuvre agricole était servile. Il ne reste, tout au plus, que 0,5 % de la population mondiale subissant cette déshumanisation qui était la norme voici quelques siècles.

La liberté des femmes

Pendant des millénaires, dans presque toutes les cultures, les femmes étaient peu ou prou la propriété de leur mari ou de leur père. La domination sans partage des hommes conduisait à cette situation.

Dans les troupeaux de mammifères, le mâle dominant s’approprie les femelles. Nous sommes des mammifères légèrement civilisés. Dès leur apparition les religions ont consacré sur le plan éthique la domination masculine.

La femme tentatrice était coupable. Judaïsme, Christianisme et Islam considéraient par exemple que l’adultère d’une femme constituait une faute d’une extrême gravité pouvant conduire à la mort. Évidemment, l’adultère des hommes était largement exonéré.

Pour sortir vraiment des archaïsmes religieux, il faut attendre le XXe siècle dans les pays occidentaux. Dans les pays pauvres, encore imprégnés des vieux préceptes, la situation change beaucoup plus lentement. Mais l’évolution récente a été d’une rapidité exceptionnelle.

La généralisation du droit de vote des femmes illustre bien leur sortie du statut d’éternelles mineures. Il commence à se développer à la fin du XIXe siècle. La France ne l’accorde qu’en 1944.

L’évolution a été générale dans le monde entier. Même la désuète Arabie Saoudite a accordé le droit de vote aux femmes aux élections locales en 2015. Personne ne vote au niveau national, absolutisme monarchique oblige.

L’islamisme radical constitue aujourd’hui le sanglant baroud d’honneur des tenants d’un monde obsolète. Ce monde est en voie de disparition et, dans quelques décennies, il ne restera du fondamentalisme religieux que quelques sectes isolées.

L’indice de développement humain (IDH)

L’IDH, calculé par l’ONU, fournit une mesure globale des progrès considérables réalisés depuis quelques décennies. Il s’agit d’un indice synthétique (variant de 0 à 1) prenant en considération de nombreux éléments dont l’espérance de vie, le nombre d’années d’études, le revenu national brut par habitant. L’IDH complète l’approche purement quantitative classant les pays en fonction de leur PIB global ou par habitant. Il comporte un aspect qualitatif permettant d’apprécier le niveau de développement d’un pays.

Les deux graphiques suivants, fournis par l’ONU, illustrent les progrès globaux réalisés entre 1980 et 2014.

 
 

Année 1980. Valeur de l’IDH par pays (chaque point représente un pays)

 

Année 2014. Valeur de l’IDH par pays (chaque point représente un pays)

 

Tous les pays se sont déportés vers le haut et vers la droite. Le progrès a donc été général  sur trois décennies. En 1980, les États-Unis arrivaient en tête avec un IDH de 0,83 et le Niger était en dernière position avec un IDH de 0,19. En 2014, la Norvège arrive en tête avec un IDH de 0,94 et le Niger reste en dernière position avec un IDH de 0,35. La France se situait à 0,72 en 1980 et à 0,89 en 2014.

« Il n’y a richesse ni force que d’hommes1 »

Ces quelques exemples, que l’on pourrait multiplier2, montrent qu’en moins de deux siècles nous sommes sortis de la pauvreté généralisée, de l’ignorance complète, de l’esclavage des travailleurs et de celui des femmes.

Notre monde n’a jamais été aussi riche, n’a jamais disposé d’un tel stock de connaissances, n’a jamais été aussi libre. Évidemment, la surinformation dont nous sommes victimes focalise sur le négatif ou le tragique. Les trains qui arrivent à l’heure n’intéressent personne mais ceux qui déraillent font la Une des journaux.

N’oublions pas pour autant de constater les énormes progrès accomplis par l’être humain. Des milliards d’hommes ont vécu dans le plus total dénuement, sans la moindre autonomie et sans aucune capacité de raisonnement.

Félicitons-nous d’être plus riches, plus libres et un peu plus intelligents. N’écoutez jamais ceux qui cherchent à vous culpabiliser parce que vous êtes des occidentaux favorisés. Vous portez en vous notre liberté et notre intelligence. Vous êtes l’espoir du monde.

 

 

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Dans l’autisme, le rôle de l’hérédité est prépondérant

Femme enceinte (Crédits : Elolozone, licence Creative Commons)
L’hérédité et plus largement les gènes restent le facteur prépondérant, expliquant au moins 60 % de l’autisme.
Un article de The Conversation

Plusieurs dizaines de familles mettent en accusation la vaccination dans l’autisme de leurs enfants. Elles ont décidé de déposer plainte contre quatre laboratoires pharmaceutiques, comme annoncé le 24 juillet dans Le Parisien.

Leur action laisse entendre qu’il pourrait exister un lien de cause à effet entre les vaccins de la petite enfance et la survenue d’un trouble du spectre de l’autisme (TSA). Celui-ci se caractérise par des déficits persistants dans la communication sociale et les interactions sociales, et par des comportements, intérêts et activités restreints et répétitifs. De nombreuses études scientifiques ont été consacrées aux causes de l’autisme à travers le monde. Or elles n’apportent aucun élément permettant d’incriminer les vaccins.

Par contre, ces travaux permettent de mesurer le poids des différents facteurs ayant une responsabilité avérée, à ce jour, dans l’apparition du trouble. Les scientifiques ont passé en revue ceux liés à l’environnement, au sens large. Ils ont étudié l’environnement biochimique dès le stade du foetus, par exemple la composition du liquide amniotique – dont ils ont démontré l’influence ; ils ont étudié aussi l’environnement social, par exemple l’éducation reçue pendant l’enfance – un facteur aujourd’hui écarté. Cependant, l’hérédité et plus largement les gènes restent le facteur prépondérant, expliquant au moins 60 % de l’autisme.

La composante génétique, connue depuis longtemps

L’autisme touche environ 1 % de la population. Il est la conséquence d’un ensemble de facteurs, variables selon les individus. Si beaucoup de ces facteurs restent ignorés ou controversés, la composante génétique, elle, est connue depuis longtemps. Et de nouvelles études, rendues possibles par le décryptage du génome humain, sont venues préciser le rôle des gènes dans ce trouble.

Les chercheurs parlent « d’héritabilité », désignant ainsi la part du trouble liée à la génétique. Une héritabilité de 50 %, par exemple, signifie que les prédispositions génétiques joueront à 50 % dans l’autisme d’un individu, d’autres facteurs liés à l’environnement dans lequel il évolue venant compléter ce déclencheur.

Parmi les facteurs génétiques qui participent à cette héritabilité, certains sont hérités des parents, alors que d’autres sont des mutations survenues seulement chez l’enfant porteur du trouble.

Historiquement, les premiers indices du facteur héréditaire dans l’autisme sont venus de l’observation d’une récurrence accrue de ce trouble chez les apparentés à une personne autiste. La probabilité d’être autiste est en effet multipliée par 3 chez les demi-frères et sœurs, par 10 chez les frères et sœurs, par 150 chez les jumeaux monozygotes, également appelés vrais jumeaux.

Des travaux menés sur des vrais et faux jumeaux

Par la suite, des études de jumeaux ont comparé la concordance du diagnostic d’autisme entre jumeaux monozygotes (génétiquement identiques) et jumeaux dizygotes (génétiquement similaires à 50 %, également appelés faux jumeaux). Ces travaux ont fourni les premières estimations de l’héritabilité de l’autisme.

Dans les années 1980-1990, les études convergeaient vers une héritabilité de 90 % pour l’autisme, c’est-à-dire une grande prédominance des facteurs génétiques. Néanmoins, ces études étaient basées sur des nombres relativement faibles de paires de jumeaux, la combinaison de l’autisme et de la gémellité étant nécessairement un évènement rare. De ce fait, l’estimation de 90 % était assortie de larges marges d’erreur.

En 2011, une étude californienne a jeté le trouble en annonçant une héritabilité de 35 % pour l’autisme, et donc une prédominance (65 %) de facteurs environnementaux. Certains commentateurs ont crié victoire un peu vite, soit pour ressusciter les hypothèses psychanalytiques incriminant le comportement des parents, soit pour dénoncer des facteurs environnementaux dans la supposée « épidémie » d’autisme. En fait, cette étude était elle aussi basée sur un faible nombre de jumeaux (90 paires) et entachée de larges marges d’erreur.

Les enseignements de deux études suédoises

Dès l’année suivante, une étude suédoise basée sur 11 500 jumeaux dont 100 avec autisme annonçait une héritabilité de 59 %. En 2014, une nouvelle étude basée sur les 2 millions d’enfants suédois nés entre 1982 et 2006 (dont 14 500 avec TSA), et analysant tous les liens de parenté plutôt que la seule gémellité, a donné une héritabilité de 50 %.

En 2015, une étude britannique basée sur 6 400 jumeaux dont 200 avec TSA a fourni des estimations d’héritabilité variant de 56 % à 95 %, selon la méthode diagnostique retenue.

Dans cette étude, l’héritabilité de l’autisme était de 56 % selon l’ADI-R (un instrument diagnostique basé sur un entretien avec les parents), 76 % selon l’ADOS (un instrument diagnostique basé sur une observation de l’enfant), et de 95 % selon une méthode diagnostique compilant les données de l’ADI, de l’ADOS et de deux autres échelles de symptômes autistiques. Enfin, une récente méta-analyse de toutes les études de jumeaux estime l’héritabilité de l’autisme dans une fourchette comprise entre 64 et 91 %.

On voit à travers ces différentes études qu’il n’y a pas nécessairement de valeur vraie et définitive de l’héritabilité. Celle-ci dépend inévitablement de la manière de définir le trouble, et de la population étudiée. C’est-à-dire à la fois de l’ensemble des génomes que porte cette population et de l’ensemble des facteurs environnementaux auxquels elle est exposée. Mais globalement, toutes ces études convergent vers l’idée que les facteurs génétiques expliquent au minimum 50 % de l’autisme.

La révolution du séquençage du génome humain

Depuis les années 2000, l’estimation des facteurs génétiques dans l’autisme a été totalement révolutionnée, comme pour d’autres troubles ou maladies, par les progrès de la génétique moléculaire et par le séquençage du génome humain.

Il est maintenant possible, non seulement de se demander si des facteurs génétiques sont impliqués, et dans quelle proportion, mais aussi d’identifier directement des gènes dont des variations sont impliquées dans la susceptibilité à l’autisme.

C’est ainsi que l’équipe du généticien Thomas Bourgeron à l’Institut Pasteur a identifié toute une série de gènes dont des mutations sont impliquées dans l’autisme. Par exemple, cette équipe a pu détecter une mutation du gène Shank3 chez le fils autiste du comédien Laurent Savard, comme il le raconte dans son livre Gabin sans limites (éditions Payot). Néanmoins, de telles mutations sont très rares, et ne sont détectées que chez une minorité de personnes avec TSA.


 

Pour les autres personnes, on pense que ce sont des combinaisons de variations génétiques fréquentes qui constituent la susceptibilité génétique à l’autisme. Cette hypothèse a été récemment mise à l’épreuve d’études consistant à sonder plusieurs centaines de milliers de polymorphismes (c’est-à-dire de lettres variant dans la séquence d’ADN) dans le génome de personnes porteuses ou pas de TSA. Ces études permettent de quantifier la part de la susceptibilité à l’autisme qui est directement explicable par l’ensemble de ces polymorphismes. Les études récentes convergent vers une estimation de 50 % d’héritabilité attribuable aux variations génétiques à la fois fréquentes et héritées des parents.

Part de la susceptibilité aux troubles du spectre autistique (TSA) expliquée par des variations génétiques fréquentes héritées des parents, rares héritées, rares survenues chez l’enfant seulement, et par des variations génétiques non additives. La part de susceptibilité inexpliquée par ces facteurs est constituée de facteurs génétiques non mesurés et de facteurs non génétiques.
Franck Ramus

Comme l’indique la figure ci-dessus, une dizaine de pourcents supplémentaires de la susceptibilité aux TSA sont expliqués par des mutations rares, soit héritées des parents, soit survenues chez l’enfant seulement (de novo), et par des interactions entre différentes variations génétiques (variations dites non additives). Il reste 41 % de la susceptibilité à l’autisme inexpliqués par les facteurs génétiques mesurés dans ces études, incluant donc à la fois des facteurs génétiques non encore identifiés et des facteurs environnementaux.

Ce genre d’études complète donc les études de jumeaux et d’apparentés, qui avaient été critiquées pour de plus ou moins bonnes raisons, en fournissant cette fois des estimations de l’héritabilité mesurée directement au niveau moléculaire. Les deux types d’estimation donnent des résultats cohérents, aux alentours de 60 %.

Infections de la mère pendant la grossesse, prématurité

Il est utile de revenir sur que l’on appelle les facteurs environnementaux, recensés à travers une revue exhaustive de la littérature scientifique publiée au mois de mars par une équipe américaine. Le terme englobe en fait tous les facteurs non génétiques, c’est-à-dire non seulement l’environnement affectif, familial et social auquel on pense spontanément, mais aussi tous les facteurs biologiques qui peuvent affecter le développement cérébral et cognitif de l’enfant. Cela inclut notamment les facteurs prénataux (infections et expositions à des toxiques dans l’utérus de la mère) et périnataux (prématurité, manque d’oxygène ou hémorragie cérébrale à la naissance), qui ont une importance particulière dans l’autisme.

Par exemple, une étude toute récente réalisée sur des dossiers médicaux en Norvège a montré un lien entre la survenue de fièvre chez la mère durant la grossesse, et l’augmentation du risque de ce trouble neurodéveloppemental chez l’enfant. Les chercheurs s’interrogent donc à nouveau sur le rôle des infections prénatales : on savait déjà que l’exposition prénatale aux virus de la rubéole et du cytomégalovirus augmentaient la susceptibilité à l’autisme, mais d’autres virus ou bactéries à l’origine de ces fièvres restent sans doute à identifier.

D’autres facteurs environnementaux qui augmentent de manière prouvée la susceptibilité à l’autisme incluent l’exposition prénatale à la thalidomide (un médicament qui fut utilisé notamment comme anti-nauséux chez la femme enceinte), à l’acide valproïque (dont la fameuse dépakine, un anti-épileptique dont les conséquences néfastes sur le fœtus sont maintenant bien démontrées), ou encore la prématurité, l’obésité ou le diabète maternel.

Parmi les hypothèses récentes figurent l’exposition prénatale aux antidépresseurs administrés à la femme enceinte, l’exposition prénatale aux organophosphates (pesticides), l’exposition à la pollution atmosphérique, ou encore les perturbateurs endocriniens. Pour ces différentes hypothèses, des données publiées récemment suggèrent qu’il pourrait y avoir un lien, mais toutes les études ne concordent pas. Ces résultats demandent donc à être plus largement confirmés par des études indépendantes avant d’être définitivement validés.

L’implication controversée des perturbateurs endocriniens

Le rôle éventuel des perturbateurs endocriniens, par exemple, a été examiné dans deux cohortes d’enfants suivis depuis la gestation. Sur les deux études, une seule a suggéré un lien. Cette question a également été analysée dans trois études comparant des enfants autistes avec des enfants non autistes.

Sur les trois, deux ont suggéré un lien. Toutes ces études portent sur des effectifs faibles et présentent diverses limites. L’étude ayant la meilleure qualité méthodologique et le plus grand effectif ne trouve aucun lien entre l’exposition aux perturbateurs endocriniens et les symptômes autistiques. C’est dire que les résultats actuels sont loin d’être clairs.

Sur la base de ces études, on constate que, même s’il y avait un lien de causalité entre l’exposition aux perturbateurs endocriniens et l’autisme, celui-ci ne pourrait être que faible et sans portée sanitaire majeure. Par exemple, une augmentation de 20 % du risque d’autisme, si elle était avérée, ferait passer ce risque de 1 % par naissance à 1,2 %. Une telle augmentation ne serait pas négligeable, mais ne justifierait pas de paniquer.

Par ailleurs, divers facteurs environnementaux qui ont pu être évoqués n’ont jamais pu être prouvés ou ont même été réfutés. Cela inclut notamment les hypothèses psychanalytiques concernant l’attitude des parents, la dépression maternelle, le gluten, la caséine, les infections microbiennes, et bien d’autres, parmi lesquels les vaccins.

La recherche des causes de l’autisme n’est évidemment pas achevée. Il est fort possible que d’autres causes soient identifiées dans le futur, ou que de nouvelles données conduisent à réévaluer le rôle de certains facteurs connus.

 

 

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7 sophismes dangereux sur le terrorisme

Retour sur 7 erreurs d’interprétation face au terrorisme qui risquent de coûter cher si nous n’ouvrons pas les yeux.

 

Sur la vague terroriste qui touche actuellement la France, sept erreurs sont couramment faites qui empêchent de bien percevoir le type de terrorisme que nous affrontons.

1ère erreur : ne pas voir que les terroristes actuels sont de cultures différentes des autres terroristes

Ce n’est pas la première fois que l’Europe est confrontée à une vague terroriste. La vague nihiliste à la fin du XIXe siècle, avec l’assassinat de nombreuses personnalités politiques (dont l’impératrice d’Autriche, le roi d’Italie et le Président de la République), les années de plomb en Italie, le terrorisme irlandais et basque.

Ce qui change aujourd’hui, c’est que les terroristes actuels ne sont pas issus de la culture européenne, même si la plupart de leurs membres sont nés en Europe. De même, l’idéologie qui active le terrorisme, l’islamisme, est née en dehors de l’Europe. En dehors aussi bien de ses frontières que de sa culture.

Or, nous avons trop souvent tendance à analyser ce terrorisme sous l’angle de notre critère culturel, alors même qu’il est par essence autre que nous. C’est ce que faisait remarquer récemment Rémi Brague : nous pensons l’islam avec les critères du christianisme. C’est d’autant plus une erreur que l’islam est né d’une hérésie chrétienne, en opposition à l’orthodoxie chrétienne.

Pour le combattre, il est donc d’abord essentiel de comprendre cette différence radicale. L’islamisme n’a rien en commun avec la culture européenne, et les islamistes ne sont pas le fruit véreux de notre culture, comme pouvaient l’être les gauchistes de la Fraction armée rouge. Les islamistes pensent et agissent différemment de nous.

2ème erreur : croire que l’inculture est le moteur du terrorisme

Beaucoup disent que c’est l’inculture qui produit le terrorisme. Ce qui sous-entend que si les terroristes étaient cultivés, ils ne se livreraient pas aux massacres qu’ils commettent. Je crois que ceci est une erreur d’analyse : l’inculture n’est pour rien dans ce phénomène. Ce qui signifie que le combat contre le terrorisme islamiste ne se gagnera pas par l’école, avec des cours de morale républicaine et des saluts au drapeau.

L’islamisme n’est pas né en France, mais dans la zone arabe, au tournant du XXe siècle. Ses penseurs sont issus de la classe bourgeoise civilisée et éduquée. Dans les pays musulmans, ce sont souvent les élites urbaines cultivées qui soutiennent les mouvements islamistes. C’est vrai en Iran comme en Turquie. Ben Laden était un homme éminemment cultivé, tout comme les mollahs iraniens.

Que les soldats de l’islamisme ne soient pas les personnes les plus intellectuelles qui soit, peut-être, mais cela n’enlève rien au fait que l’islamisme est un véritable mouvement de réflexion intellectuel, qui veut régénérer l’islam, le réformer et le purifier. Il possède tout un corpus intellectuel et de véritables références. Du reste, l’inculture est toujours relative : les terroristes de Nice et du Bataclan savaient lire et écrire, ce qui n’était probablement pas le cas de leurs grands-parents. Au regard des générations, ce sont eux qui sont cultivés, pas leurs aïeux, et ce sont pourtant eux qui mènent ces actions terroristes. C’est grâce à leur culture qu’ils peuvent mener ces actions terroristes : comme ils savent lire, ils peuvent surfer sur les sites internet djihadistes et ils peuvent planifier leurs voyages en Syrie.

Du temps du marxisme, on expliquait que c’était la pauvreté qui causait les révolutions, alors que celles-ci étaient toujours menées par les classes bourgeoises. Aujourd’hui, on explique que c’est la pauvreté intellectuelle qui est cause de l’islamisme, mais cette approche sociologique est toute aussi fausse.

3ème erreur : la rationalité gagne toujours, l’irrationalité perd

On se plait à croire que les islamistes sont des fous et qu’en les éduquant ils reviendront à plus de rationalité et donc qu’ils arrêteront leurs crimes. Là aussi, c’est accumuler plusieurs erreurs.

D’une part, être cultivé n’empêche pas de commettre des crimes. En Europe, nous avons l’exemple des SS et des cadres communistes, qui tout cultivés qu’ils étaient, ont pu encadrer les camps de la mort et conduire à la mort des millions de personnes.

D’autre part, si la rationalité gagnait toujours cela ferait longtemps que la plupart des mesures proposées par les libéraux auraient été appliquées (comme la privatisation de l’école publique et de la Sécurité sociale). Comme l’a très bien démontré Étienne de La Boétie, il y a en l’homme une préférence pour la servitude volontaire, parce que la servitude est confortable et qu’elle rend irresponsable. La liberté est, elle, très exigeante.

Enfin, les islamistes ne sont pas fous. Ils suivent une certaine logique, qui est celle de leur discours et de leur pensée. S’ils suivent un chemin de mort, ils n’en sont pas moins dans une certaine rationalité.

4ème erreur : nous sommes en guerre contre le terrorisme

Le terrorisme est une arme. On n’est pas en guerre contre une arme, mais contre ceux qui la manient. On n’est donc pas en guerre contre le terrorisme, mais éventuellement contre les terroristes. Du reste, je ne crois pas que nous soyons en guerre.

À l’époque des Brigades rouges, personne ne disait que l’on était en guerre contre le terrorisme. Il y a certes des actes terroristes en France et en Europe, mais cela ne fait pas une guerre. Il est vrai qu’à employer le mot guerre dans des sens multiples, sa véritable signification se perd. On parle ainsi de guerre contre le chômage ou de guerre contre la pauvreté, mais ce sont des images, non une véritable guerre.

Pour horribles que soient les morts du terrorisme, nous sommes loin des chiffres d’une véritable guerre. La Première Guerre mondiale a fait 1,8 million de morts en France, soit 1 150 morts par jour. En un jour, il y a eu plus de morts en France que par toutes les attaques terroristes des dix dernières années. En 1914, la France a connu 492 000 morts, et ce sont 179 000 soldats qui sont tombés à Verdun. Nous sommes sur des ratios qui n’ont rien à voir avec la fusillade du Bataclan ou l’attentat de Nice.

La bataille de France (mai-juin 1940) a causé la mort de 120 000 soldats. La guerre d’Algérie, a causé 25 000 morts chez les militaires français, soit 10 par jour.

Voilà de véritables guerres, à quoi il faut ajouter les bombardements de ville et les déplacements de populations civiles. La Syrie connaît une guerre, nous non. Ou peut-être pas encore.

5ème erreur : on peut réécrire le Coran

Pour les musulmans, le Coran est dieu. Le Coran n’est pas l’œuvre d’un homme, comme l’est par exemple la Bible, mais d’Allah, qui l’a dicté à Mahomet. À ce titre, on ne peut pas changer Dieu. Les paroles de morts et de combats qui sont dans ce livre ne peuvent pas être supprimées ou effacées par les hommes puisqu’elles ne sont pas leur création. Toute la théologie musulmane repose sur le fait que le Coran est issu directement d’Allah. Changer cela, ce n’est pas réformer l’islam, c’est le détruire. On peut ne pas tenir compte de ces phrases, ou les interpréter dans un sens différent, mais nullement les supprimer.

6ème erreur : croire que l’État peut seul assurer notre sécurité

Le terrorisme fonde son attaque sur la rapidité et la surprise. Bâtir des palissades ne nous protègera jamais des attaques du terrorisme. Nous ne demandons pas à l’État qu’il nous protège du terrorisme, mais qu’il éradique les terroristes. Il est illusoire de croire que mettre davantage de soldats et de policiers dans les rues évitera les attaques. Il faut retrouver une capacité de mouvement en attaquant les terroristes là où ils sont. Cela, l’armée française a très bien su le faire pendant la bataille d’Alger avec les parachutistes de Massu.

C’est la même action qu’il faut mener aujourd’hui, la torture en moins, fondée sur le renseignement et le ratissage minutieux des quartiers. Le renseignement français actuel fait d’ailleurs très bien son travail puisqu’il est capable de repérer tous les terroristes potentiels : ceux qui ont commis les crimes étaient fichés.

Ensuite, doit se poser la question de l’armement des milices privées. Dans une situation d’exception comme la nôtre, ceux qui ont le droit de posséder des armes, notamment les chasseurs et les membres de clubs de tir, devraient pouvoir mettre leurs compétences en ce domaine au service de la sécurité de leurs concitoyens.

7ème erreur : l’occultation du sacrifice

Je reprends ici la pensée de René Girard, qui m’apparaît fondamentale pour comprendre le moment que nous vivons. Le sacrifice est en effet au cœur de toutes les civilisations humaines, et les religions archaïques consistent à éliminer le bouc-émissaire, chargé de tous les maux, par le sacrifice, afin de restaurer l’ordre de la société. Les sociétés archaïques supposent donc le sang et la condamnation, puisqu’il est nécessaire de désigner le bouc émissaire et le tuer.

Les islamistes sont exactement dans cette perspective-là. Les boucs émissaires sont pour eux les juifs, les chrétiens, les mauvais musulmans, tous ceux dont ils estiment qu’ils souillent le monde et qu’il est nécessaire de tuer pour restaurer l’harmonie du monde.

Ce que démontre brillamment l’œuvre de René Girard, c’est que le christianisme détruit la logique du bouc-émissaire, car ici la victime, le Christ, est innocent. On quitte donc le monde des religions archaïques pour entrer dans la modernité de la foi. Le cycle de la violence est brisé. L’harmonie du monde ne pourra plus être restaurée par la violence, en tuant des boucs émissaires, mais autrement ; par exemple par la discussion politique ou l’échange économique.

Nous sommes, nous Européens, chrétiens ou non, les héritiers de cette façon de voir le monde : tuer un innocent nous répugne, comme nous répugne l’assassinat du père Hamel. Mais pour les islamistes, tuer est la seule façon de restaurer l’ordre du monde : ils sont restés dans cette conception archaïque dont nous essayons de nous détacher depuis deux mille ans. À Saint-Étienne du Rouvray, il y avait deux visions du martyre. Pour la vision archaïque des islamistes, les martyrs sont ceux qui donnent la mort, car ainsi ils restaurent l’harmonie. Pour la vision moderne des chrétiens, les martyrs sont ceux qui sont tués de par leur innocence, et cette mort engendre la vie.

Nous revenons ainsi à notre première erreur : ne pas comprendre que les islamistes ne sont pas nous, qu’ils sont autres. Ils n’ont pas la même vision de la vie et de l’homme. Alors que nous sommes dans une conception moderne et nouvelle de l’humanité, eux sont dans une conception archaïque. De là la grande incompréhension, de là aussi la raison profonde du combat qu’ils mènent contre nous.

Cet article a été publié une première fois le 8 septembre 2016

 

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 Casting wallon: une occasion manquée

26/07/17 à 13:41 - Mise à jour à 13:41

Source: Le Vif

Pas de surprise, de la sobriété, de l'expérience et de la continuité dans le gouvernement MR-CDH. Mais pas de signal fort à l'adresse du citoyen.

Il n'y aura pas de message intempestif du type "quel casting de merde", suite à la nomination du gouvernement Borsus, ce mercredi midi. Pas d'expression de désarroi dans le chef du MR comme ce fut le cas après la désignation de l'équipe Michel, il y a trois ans. A l'époque, certains en interne avaient raillé les compétences pièges obtenues par le MR (survol de Bruxelles, fermeture des centrales, SNCB...) et les profils parfois hasardeux (cela s'est vérifié : Jamar, Galant, Marghem). Cette fois, en Wallonie, les libéraux décrochent la totalité des compétences socio-économiques face au Petit Poucet humaniste. Et leur président propose un casting plein de sobriété et d'expérience.

Willy Borsus, qui quitte le gouvernement Michel pour devenir ministre-président, était le mieux placé pour diriger l'équipe. Chef de groupe dans l'opposition lors de la précédente législature wallonne, il maîtrise les matières sur les bouts des doigts et sait là où les ruptures peuvent avoir lieu. Il offre un profil tout en rondeur susceptible de mettre de l'huile dans les rouages - tout le contraire d'un Paul Magnette - et, surtout, présente le grand avantage pour le MR d'être très proche du Premier ministre, Charles Michel, avec qui il avait fomenté la prise de pouvoir en 2011. Du velours pour une politique plus harmonieuse entre le fédéral et la Wallonie.

Derrière lui, les hommes forts du parti lors de l'actuelle législature wallonne, Pierre-Yves Jeholet et Jean-Luc Crucke, étaient incontournables au vu de leur labeur incessant depuis mai 2014. Leur nomination est en outre idéale pour la paix des braves en interne : tous deux sont très proches du vice-Premier ministre fédéral, Didier Reynders. Ce sont, enfin, des puncheurs capables de défendre une politique et de la survendre si nécessaire. Enfin, Valérie De Bue, Première échevine de Nivelles, apporte une touche de fraîcheur féminine en tant que ministre des Pouvoirs locaux - une fonction clé et une terre de réformes dans l'après-Publifin. Un quasi sans-fautes, qui ne surprend pas.

 

Au CDH, un seul tremblement de terre, attendu : le vice ministre-président sortant Maxime Prévot quitte le gouvernement pour redevenir bourgmestre de Namur à plein-temps. Avec Paul Magnette qui a privilégié le maïorat de Charleroi, l'autre wonder boy de la politique wallonne rentre donc (temporairement ?) dans les rangs. C'est Alda Greoli, la figure montante du CDH, ancienne chef de cabinet du même Prévot, qui devient la figure de proue du CDH. Elle cumule d'ailleurs un portefeuille conséquent - les affaires sociales et la fonction publique - avec sa fonction de ministre de la Culture à la Fédération Wallonie-Bruxelles. Pour le reste, Benoît Lutgen prend les mêmes que ceux qui officiaient dans la majorité avec le PS : Carlo Di Antonio, René Collin et André Antoine au perchoir. Là encore, de l'expérience, mais aucun signal fort en terme de renouveau.

C'est d'ailleurs le principal regret que l'on peut formuler à l'égard de ce casting honnête : il n'y a pas de geste fort adressé au citoyen, pas de surprise du chef susceptible de marquer l'opinion, pas de personnalité hors-norme émanant de la société civile pour tendre la main en cette période de grande confusion. Qu'elle semble loin l'aspiration exprimée par Benoît Lutgen d'ouvrir les portes et les fenêtres de la politique, de créer un mouvement inspiré de la vague française En Marche ! Il fut un temps question dans la presse de l'arrivée d'un Jean-Michel Javaux, ancien coprésident d'Ecolo, patron de Meusinvest et initiateur du groupe de réflexion E-Change, tel un Nicolas Hulot francophone : il n'en est rien, Javaux devient d'ailleurs un des monstres du Loch Ness de la politique francophone. On avait aussi pressenti la désignation du jeune Georges-Louis Bouchez, feu-follet de la politique : il n'en est rien non plus, l'homme étant un rien incontrôlable. Surtout, on aurait pu attendre un responsable de Mutualité, un économiste rigoureux, un artiste brillant, voire un citoyen lambda pour lancer un "Je vous ai compris" à l'opinion publique en colère. Non, cela restera un "entre soi", qui n'est certes pas indécent, mais qui manque de génie. Une occasion manquée.

C'est vrai : le nombre de ministres wallon passe de huit à sept. MR et CDH s'engagent à réduire le coût de fonctionnement de la politique. Leurs présidents de parti ont notamment promis que le nombre des membres de cabinets ministériels serait drastiquement réduit. Voilà un signal positif. Pas sûr, pourtant, que ce soit une révolution de nature à reconquérir le coeur de la population.

 

 

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Sponsoring de partis et politiques: vers une limitation à 500 euros/an par sponsor

25/07/17 à 06:59 - Mise à jour à 06:59

Source: Belga

Une proposition de loi soutenue par une large majorité à la Chambre a été introduite, visant à limiter le sponsoring des partis, mandataires et candidats politiques à un maximum de 500 euros par an par sponsor, écrivent mardi De Tijd et L'Echo. À l'avenir, les entrepreneurs et les entreprises ne pourront donc plus sponsoriser sans limite les fêtes locales, campagnes et autres événements organisés par le monde politique.

La députée Inez De Coninck (N-VA), à l'initiative de la proposition, y voit "un grand pas en avant dans la lutte contre la corruption de politiciens, la subornation et le trafic d'influence." Son objectif est une entrée en vigueur dès le 1er janvier prochain, donc avant les élections communales. Le texte est actuellement examiné par le Conseil d'État et devrait être soumis au Parlement après l'été.

Actuellement, un plafond de 2.000 euros par sponsor s'applique, mais uniquement pendant la période d'attente de trois mois qui précède chaque élection. En dehors de ces périodes, les sponsors peuvent investir sans limite, à condition que les tarifs pratiqués soient conformes au marché.

Dans le cas contraire, ces contributions sont considérées comme des cadeaux cachés, qui sont par définition interdits aux entreprises.

Belga


 

Se protéger soi-même de la maladie d’Alzheimer

Plus d’1/3 des démences pourraient être évitées par des mesures de prévention. Neuf facteurs de risques ont en effet été découverts, sur lesquels nous pouvons agir par nous-mêmes et pour nos proches, sans attenectifs.
47 millions de personnes souffrent de démence aujourd’hui dans le monde, dont 900 000 en France, et elles pourraient être 115 millions en 2050.  Pour l’essentiel, ces démences sont dues à la maladie d’Alzheimer (70%) et à l’altération des vaisseaux du cerveau (15%).

Ces prévisions inquiétantes, l’absence de traitement curatif et l’importance des ressources mobilisées expliquent que cette maladie est l’une des priorités de santé publique. Une commission de 24 experts internationaux a publié le 20 juillet dernier dans la revue médicale anglophone mondialisée The Lancet un point scientifique complet sur le sujet.

9 facteurs de risques, 1/3 des malades

Ce travail mérite qu’on s’y arrête car il comporte des éléments nouveaux qui doivent être connus du grand public. Il révèle que plus d’1/3 des démences pourraient être évitées par des mesures de prévention échelonnées tout au long de la vie.

9 facteurs de risques de démence modifiables ont en effet été identifiés avec précision dans l’enfance, au milieu de la vie et chez les seniors :

Dans l’enfance, le manque d’éducation scolaire explique à lui seul une fraction des démences futures de la classe d’âge considérée. Le mécanisme de cette fragilité tiendrait au manque de « réserve cognitive » au début de la maladie, autrement dit la disponibilité de nombreuses connexions cérébrales ouvertes depuis l’enfance par l’éducation permettrait de résister aux conséquences cognitives des lésions cérébrales.

Au milieu de la vie, entre 45 et 65 ans, 3 facteurs de risques ont été identifiés : la perte d’audition, qui retranche les personnes de la communication sociale, l’hypertension artérielle et l’obésité, qui exercent une action délétère sur la circulation du sang dans le cerveau.

Chez les seniors, après 65 ans, 5 facteurs de risques peuvent être repérés et traités : le tabagisme, directement toxique sur les neurones et sur les vaisseaux, la dépression, qui effondre les liens sociaux,  le manque d’activité physique, probablement par défaut d’oxygénation cérébrale, l’isolement social qui réduit les échanges cognitifs et le diabète qui lèse rapidement les vaisseaux s’il n’est pas traité.

Pourquoi est-il important que chacun soit informé de l’existence de ces facteurs de risques ?

Agir sans attendre, pour soi et ses proches

D’abord parce que, comme on le voit, plusieurs d’entre eux sont modifiables par des moyens simples par nous-même et pour notre entourage. Le tabagisme, l’activité physique, l’obésité, la perte d’audition sont à la portée de nos propres décisions.

L’éducation de nos enfants dépend de nous, l’isolement social et, à un moindre degré, la dépression ou la perte d’audition dépendent des relations que nous avons avec nos ascendants et proches.

Hypertension et diabète sont des diagnostics médicaux mais la réussite des traitements dépend aussi beaucoup de notre détermination à les suivre. Mieux vaut être informé de l’existence de ces risques et agir individuellement contre eux que d’attendre passivement les programmes collectifs.

Une maladie qui épuise et ruine les aidants

Ensuite parce que les démences, et la maladie d’Alzheimer, sont des maladies très graves, qui atteignent l’identité même des malades dont la personnalité s’évanouit sous les yeux de leur entourage.

Ceux qui ont une personne atteinte dans leur famille savent à quel point la situation d’aidant est épuisante physiquement, psychologiquement et ruineuse financièrement. En l’absence de traitement curatif, la possibilité d’éviter à 1 personne sur 3 de tomber malade chaque année en France n’a pas de prix.

Des gènes de prédisposition

Il faut également savoir que certains d’entre nous ont génétiquement plus de risques de devenir déments en vieillissant. Si l’un de nos parents est porteur du gène de prédisposition ApoE ε4 (15% de la population) notre risque est multiplié par 3 ; si les 2 parents en sont porteurs (5% de la population) il est multiplié par 11. Ces personnes doivent éviter les facteurs de risques modifiables pour essayer d’éviter le pire.

Carte des risques et chemins de vie

Enfin cette carte des risques de la démence, dans laquelle chacun est libre de tracer son propre chemin de vie, sera régulièrement enrichie les prochaines années par les progrès de la génomique et des bases de données géantes. Il en sera de même pour toutes les maladies chroniques.

 

Comment le nucléaire peut-il être heureux ?

Par Michel Gay.

Le terme écologiste a un chapeau trop large. Un écologiste peut aimer la nature, le vent, le soleil, les petits oiseaux, trier ses déchets, et être pro-nucléaire. L’écologie n’appartient à personne. Elle n’est pas le monopole des opposants au nucléaire.

Cette évidence est masquée par la propagande de puissantes associations antinucléaires qui ont portes ouvertes dans les médias. Elles se sont emparées du concept d’écologie qui se doit d’être antinucléaire.

Le nucléaire : un ennemi » fédérateur

En effet, une énergie idéale (abondante, durable, bon marché, propre, avec des risques maîtrisés) rendrait caduque les discours catastrophistes aux relents de repentance. Ce serait une calamité pour les partis politiques verts / antinucléaires.

Tous leurs efforts de culpabilisation seraient anéantis et les slogans clamant que « l’austérité est inéluctable » perdraient leur impact. Chacun se tournerait spontanément vers cette énergie salvatrice.

Plus besoin, alors, des conseils des partis verts et des organismes non gouvernementaux (ONG) qui prospèrent en cultivant la peur. Certains idéologues de la décroissance veulent détruire ce pilier de la production d’électricité bon marché car il favorise le monde industriel, source honteuse de création de richesses. De plus, le nucléaire est un « ennemi fédérateur » bien commode pour souder un parti politique.

Être écologiste et soutenir le développement de la production d’électricité d’origine nucléaire n’est pas une originalité puisqu’il existe même une Association des Écologistes Pour le Nucléaire (AEPN) qui compte plusieurs dizaines de milliers d’adhérents.

Jouer sur la peur par idéologie

Il n’y a pas de solutions miracles aux défis énergétiques, pas plus qu’il n’y a de solutions diaboliques. La peur est facile à répandre. C’est un réflexe naturel de protection ancestrale contre l’inconnu. Elle ne se combat qu’en faisant comprendre la réalité afin que chacun puisse exercer son libre arbitre. Mais c’est difficile.

Informer posément, avec des arguments, demande du temps dans une société qui n’en a guère et qui « zappe » rapidement. Et c’est si peu vendeur… face aux prophètes du malheur et aux charlatans qui promettent monts et merveilles en quelques mots (demain, l’humanité vivra du vent et du soleil). La lutte contre l’obscurantisme est permanente depuis des siècles.

 
 

À quoi sert de dire la vérité

Quand le premier militant venu,

« Expert » braillard et trop écouté,

L’écrase et l’empêche d’être entendue ?

Il faut attendre que le temps passe,

Et la réalité fait surface.

Mais quelques lignes en bas d’un journal

N’extrairont pas le germe du mal

Planté tout au fond de la conscience

D’une population en mal de science.

La consommation d’énergie, et notamment d’électricité, augmente dans le monde avec une population aspirant à plus de confort (notamment dans les pays émergents).

Produire cette énergie avec de l’uranium et du thorium disponibles pour des millénaires dans la terre, deviendra une nécessité pour diminuer notre dépendance aux énergies fossiles.

Parvenir à « sortir du fossile » implique de modifier nos habitudes de consommation d’énergie en recourant massivement à l’électricité d’origine nucléaire et, en partie, à l’hydraulique et à la biomasse, là où c’est possible.

Refuser toute idée de nucléaire civil semble désormais relever d’un choix idéologique et non d’un raisonnement rationnel. C’est priver notre pays d’un atout essentiel, source de développement pour nos industries et pour l’humanité.

L’atout nucléaire

L’industrie nucléaire constitue un atout pour une politique énergétique efficace compatible avec la transition énergétique et la création d’emplois non délocalisables.

Proportionnellement à sa production d’électricité, le nucléaire a un faible impact sur l’environnement. Il permet de répondre en grande partie aux besoins en énergie des sociétés modernes, et aussi à certains pays en développement qui aspirent légitimement à un niveau de confort élevé.

Ils bénéficieront ainsi d’une énergie abondante, décarbonée et sûre. Les autres pays pourront ainsi bénéficier plus longtemps des énergies fossiles économisées par les premiers pour atteindre un niveau de développement technique compatible avec l’utilisation du nucléaire.

La France doit donc soutenir l’industrie nucléaire pour bénéficier des retombées économiques de son extraordinaire potentiel de croissance et d’emploi à travers le monde. Elle devrait aussi éviter de se perdre dans l’impasse technique, économique et écologique du photovoltaïque et de l’éolien.

Son excellence technologique dans le nucléaire ouvre des opportunités de développement commercial qui permettront d’exporter un savoir-faire face à la concurrence qui se prépare (Russie, Inde, Chine, États-Unis, Corée du Sud).

Dans l’intérêt supérieur de la Nation, et donc dans l’intérêt général des Français, la France doit s’engager résolument sur la voie du nucléaire.

L’énergie, c’est la vie !

Alors vive la transition énergétique vers le nucléaire, vive l’écologie nucléaire, et vive le nucléaire… heureux !

Michel Gay est l’auteur de Vive le nucléaire heureux !

 

 

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Pourquoi (et comment) oublions-nous ?

Contrairement aux idées reçues, notre cerveau n’oublie rien. Alors pourquoi oublions-nous certaines choses ?
Oublier semble être une chose que le cerveau fait facilement à notre insu. Pour preuve, nous oublions tous des rendez-vous, des dates d’anniversaire et des compétences. L’oubli est même utile s’il s’agit d’un souvenir douloureux ou obsolète.

En fait, c’est tout l’inverse : nous n’oublions jamais rien. On ne se rappelle plus, c’est tout ! Nos neurones ne font que mémoriser, et ce tout au long de leur vie, qui est aussi longue que celle de l’individu. La mémorisation se fait à plusieurs niveaux dans le cerveau, mais le plus connu est celui de la jonction entre deux neurones : la synapse.

On doit au psychologue canadien Donald Hebb d’avoir résumé dès 1949 le principe de cette mémorisation dans sa fameuse « règle de Hebb ». Celle-ci dit, en substance, que « si un neurone A parvient à exciter le neurone B, alors A y parviendra encore plus facilement dans le futur ». La synapse entre A et B est alors modifiée vers plus d’efficacité excitatrice. Quelques dizaines d’années plus tard, des preuves physiologiques sont trouvées : c’est la potentialisation à long terme (LTP) de la synapse.

La règle de Hebb caractérise donc l’apprentissage, mais elle caractérise aussi de facto l’oubli.

En effet, la règle de Hebb dit aussi (implicitement) que si A ne parvient pas à exciter B, alors la connexion entre A et B perdra de son efficacité, jusqu’à disparaître. Là encore, la prescience du psychologue est remarquable : il s’agit ni plus ni moins que d’une description fonctionnelle de la dépression synaptique à long terme (LTD).

L’inhibition des neurones

La règle de Hebb concerne tout aussi bien les connexions excitatrices (A excite B) que les connexions inhibitrices (A empêche B d’être excité). L’inhibition concerne 20 % des neurones de notre cerveau, et elle est fondamentale. De nombreuses pathologies graves (notamment l’épilepsie) sont liées à une moindre efficacité des connexions inhibitrices. Ces connexions sont difficiles à étudier : comment mesurer, en effet, quelque chose qui n’a pas eu lieu ?

Comme elles obéissent à la règle de Hebb, alors plus les connexions inhibitrices sont efficaces à empêcher l’activation du neurone cible (B), plus leur efficacité diminue (autrement dit, la LTD agit). La conséquence logique est qu’à terme leur efficacité est tellement diminuée que ces synapses ne servent plus à rien. S’il en était ainsi, alors nous serions tous épileptiques. Comme ce n’est pas le cas, il doit exister un mécanisme (basé sur la règle de Hebb) qui permet de récupérer l’efficacité perdue des synapses inhibitrices.


Le sommeil profond (ou lent) se caractérise par un électroencéphalogramme montrant des ondes de grande amplitude, ce qui signifie que localement, tous les neurones sont en phase.


 

Pour que la LTP s’applique, il suffit que le neurone inhibiteur et sa cible soient actifs dans la même fenêtre temporelle. Or c’est exactement ce que permet le sommeil profond. Au cours de celui-ci, tous les neurones sont en phase, et la LTP agit.

Toutes les connexions, excitatrices comme inhibitrices, sont plastiques. C’est-à-dire qu’elles s’adaptent en permanence et en continu en modifiant les caractéristiques physiques de la synapse, ce qui se traduit par des modifications physiologiques. Ce que nous nommons « oubli » ressemble à la LTD : quelque chose qui liait précédemment deux neurones n’a plus cours, et la connexion qui représentait ce lien finit donc par disparaître.

Notons cependant que nos synapses ne font qu’entériner ce que nous vivons. Si nous ne nous rappelons plus de quelque chose, elles mémorisent cet oubli, mais elles n’en sont pas à l’origine.

L’oubli, c’est une affaire de cortex

Pourquoi est-ce que l’on oublie de se rappeler ? Répondre à cette question impose de comprendre la mémorisation d’un événement. Un souvenir est codé principalement par le cortex, qui représente 80 % de la masse du cerveau, mais seulement 20 % des neurones (soit 16 milliards). Le cortex consiste en une hiérarchie de 360 cartes corticales, au sein desquelles se répartissent les 160 000 colonnes corticales (composées de 100 000 neurones chacune). Chaque carte code pour un aspect de la réalité. Il y a des cartes pour les visages, d’autres pour les lettres, les objets qu’on peut saisir, l’orthographe des mots, les odeurs, les parties du corps, etc. La carte des lettres code toutes les lettres que nous connaissons. Si une ou plusieurs lettres font partie de notre souvenir, alors une ou plusieurs colonnes corticales sont activées.

Mémoire épisodique et mémoire sémantique

On appelle état d’activation global (EAG) l’ensemble de toutes les colonnes actives à un instant donné. L’EAG est la représentation corticale de notre souvenir. Deux dimensions appartiennent à tous nos souvenirs : la date et le lieu de l’événement. Une structure spéciale – l’hippocampe – gère ces deux informations grâce aux time cells et aux place cells (CA1 et CA3 sur le dessin ci-dessous).

Circuit simplifié de l’hippocampe. Wikimedia Commons, CC BY

Tout événement mémorisé est associé à une date et à un lieu. C’est alors un souvenir appartenant à la mémoire épisodique (la mémoire des épisodes de notre vie). Si le même événement est répété (de fait à une autre date, éventuellement dans un autre — lieu), alors les informations « hippocampiques » ne sont plus pertinentes. Ce souvenir est considéré alors comme appartenant à la mémoire sémantique. Tout savoir scolaire entre dans cette catégorie puisqu’il s’agit de mémoriser des informations qui sont toujours présentées moult fois, parfois sur plusieurs années. Oublier dans ce cadre est donc le résultat d’un nouvel apprentissage d’où sont absents certaines dimensions. L’absence en question est cependant le fait de l’environnement, et non de l’individu.

Et pourtant, c’est bien moi qui ai oublié mon rendez-vous chez le dentiste. Faux : je n’ai pas oublié le souvenir du rendez-vous ! C’est l’EAG codant pour ce rendez-vous qui n’a pas été réactivé au bon moment. Notre cerveau fonctionne comme une mémoire associative. Il suffit de lui fournir une partie d’un souvenir pour que le souvenir entier soit rappelé. Quelques colonnes activées suffisent pour que l’ensemble de l’EAG auquel elles appartiennent soit réactivé (c’est-à-dire le souvenir complet).

Normalement, la date du rendez-vous approchant, son EAG doit se réactiver automatiquement en complétant l’activation engendrée par la date. Encore faut-il que je sois conscient de la date en cours. Si cela ne s’est pas produit, c’est que mes pensées (mes EAG) étaient tellement nombreuses qu’à aucun moment la date en cours n’a été présente dans mon esprit.

Notre cerveau n’oublie jamais !

J’ai oublié, parce que j’étais occupé à autre chose : l’oubli est la conséquence et non l’origine. Comment, dans ces conditions, pouvoir oublier sur demande ? Ce serait très utile, notamment pour un événement traumatisant dont le souvenir peut nous hanter jusqu’à faire de notre vie un enfer (on pense par exemple au syndrome de stress post-traumatique).

Le plus connu des principes utilisés en thérapie cognitivo-comportementale (TCC) est l’exposition aux situations anxiogènes. Celle-ci est en général effectuée de manière graduelle et précédée d’une phase d’exposition prolongée et répétée en imagination, qui vise à habituer les réponses physiologiques inadaptées et à éteindre les réponses motrices d’évitement. C’est donc la LTD qui est principalement à l’oeuvre. Des dizaines d’heures sont nécessaires (lorsque cela fonctionne). Pourtant, la thérapie EMDR, qui implique, elle, la LTP, n’a besoin le plus souvent que d’une petite heure. Pourquoi une telle différence ? Parce que modifier un EAG traumatisant en ajoutant de l’information jusqu’à le rendre inoffensif (LTP) est plus rapide et efficace, que d’éroder un EAG en tentant d’effacer de l’information par LTD.

En conclusion, oublier est impossible. Notre cerveau est une mémoire efficace des événements que nous vivons. Il n’oublie jamais : il donne seulement une image fidèle de notre vie à travers la mémorisation précise de tout ce qui nous arrive. C’est notre vie qui fait (croire) que l’on oublie, pas le fonctionnement de notre cerveau !

[*]Maître de Conférences en Sciences Cognitives, Aix Marseille Université, Centre national de la recherche scientifique (CNRS)

 

 

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Belgique : la démocratie communale dévoyée


 
Il appartient aux assemblées communales de Belgique de se montrer vigilantes face à des motions qui dépassent leurs compétences. Elles ne doivent plus accepter de se faire instrumentaliser par des minorités d’extrême-gauche.
 

Une pratique est aujourd’hui en recrudescence dans les conseils communaux en Belgique : l’adoption de motions qui n’ont aucun rapport direct avec l’intérêt communal. On le voit, par exemple, avec toutes les villes et communes qui se sont déclarées « hors TTIP » ou « hors CETA ».

Des motions hors de l’intérêt communal

Entendons-nous : nous ne trouvons, bien entendu, rien à redire aux mécanismes légitimes, souhaitables et salutaires de la démocratie communale : les motions d’intérêt purement communal, les interpellations citoyennes et les motions de méfiance constructives consacrées notamment dans le Code de la Démocratie Locale.

La motion est une déclaration d’intention dénuée d’effets juridiques. En soi, son principe est sympathique car c’est une sorte de lettre ouverte qui permet au conseil communal, noyau par excellence de la démocratie, de faire entendre publiquement ses préoccupations et ses attentes à l’adresse d’une ou plusieurs autorités supérieures dans l’organigramme de l’État voire à des autorités internationales.

Malheureusement, cette pratique est aujourd’hui de plus en plus instrumentalisée par des ONG, mouvements et autres collectifs altermondialistes qui, la détournant de sa finalité citoyenne, s’en servent comme caisse de résonnance pour diffuser leurs idées et faire avancer leurs objectifs politiques.

Les ONG à la manœuvre 

Les motions que nous dénonçons obéissent généralement à un même canevas. Leurs véritables auteurs n’apparaissent évidemment pas dans le texte. Elles ne sont pas rédigées par des citoyens ou mandataires de la commune mais par le service d’études d’une grosse ONG (ou d’un groupement d’ONG) voire, parfois, le bureau d’étude de tel ou tel parti.

La meilleure preuve, c’est qu’un texte identique, ou une variante, est souvent débattu à quelques mois d’intervalles dans des dizaines de communes en Belgique. Parfois même, ces motions sont discutées, amendées et adoptées simultanément dans plusieurs pays, voire dans plusieurs continents. Sur leur site, certaines ONG proposent d’ailleurs carrément de télécharger un texte prêt à l’emploi. Ces ONG ont inventé le « prêt-à-voter ».

La motion idéologique porte de préférence sur des sujets importants et de nature délibérément technique : les OGM, COP21, la fermeture de centrales atomiques, la disparition des abeilles, le glyphosate, la question israélo-palestinienne, le TTIP, le CETA, etc. On perçoit bien de quel bord politique émanent ces doléances d’apparence « citoyenne ». Bizarrement, on ne dépose jamais de motions pour améliorer le statut des entrepreneurs, diminuer la pression fiscale, rationaliser les organismes publics, flexibiliser le temps de travail ou supprimer la télé-redevance. C’est d’ailleurs une bonne chose car ce ne sont pas des matières d’intérêt communal.

Intimider plutôt que convaincre

Les demandes formulées dans les motions sont étayées par une liste assez longue d’attendus anxiogènes voire catastrophistes destinés à interpeller, effrayer voire intimider les membres les plus rétifs du conseil communal à propos de dangers réels ou imaginaires mais toujours présentés de manière unilatérale et à charge.

Ces motions, brandies généreusement au nom de la « démocratie », appellent à lutter contre les groupes de pression et à « résister » aux forces de l’argent alors qu’elles sont elles-mêmes rédigées par des groupes de pression qui manipulent l’opinion publique et qui colonisent le processus démocratique et citoyen de la vie politique communale. C’est un danger auquel la démocratie représentative est exposée depuis ses origines : celui des minorités actives ou agissantes qui, bien organisées, peuvent instrumentaliser avec succès le processus démocratique.

Ces textes sont délibérément orientés car ils présentent des faits, parfois exacts, parfois inexacts, parfois avérés, parfois mensongers mais toujours lacunaires et sortis de leur contexte. C’est évidemment le cas de la plupart des textes déposés dans une assemblée parlementaire.

À ceci près qu’un conseil communal n’est pas outillé pour permettre aux conseillers communaux de se forger une conception personnelle en connaissance de cause. Faute de mécanismes correcteurs à cet échelon, des idées, souvent issues d’une frange extrémiste de la gauche peuvent, ainsi présentées, se diffuser allègrement dans la population.

Débattre des questions complexes

En effet, les conseils communaux ne sont pas l’enceinte idéale pour débattre utilement de ces questions. Non pas parce que les conseillers communaux seraient inaptes à se forger un jugement éclairé sur ces dernières. Mais parce qu’ils n’ont ni le temps, ni les ressources, ni la logistique nécessaires à ces délibérations. De tels débats se tiennent ordinairement dans des assemblées parlementaires qui, elles, sont mieux équipées pour débattre de questions aussi complexes.

En effet, l’infrastructure parlementaire permet d’auditionner de manière contradictoire des experts, des professeurs d’université, des spécialistes, des responsables, des praticiens. Elle permet de s’appuyer sur l’indispensable travail de recherche et de réflexion des collaborateurs parlementaires, des conseillers de cabinet et de centres d’étude.

Pour y voir clair dans de tels débats, il faut généralement posséder des compétences pointues, lire de nombreux rapports, se tenir au courant des débats et des publications récentes dans la littérature internationale, etc. Toutes choses qu’il est évidemment impossible de reproduire dans un conseil communal où, le plus souvent, la motion figure comme un simple point parmi tant d’autres de l’ordre du jour…

L’instrumentalisation de la procédure

Mais – nous dira-t-on peut-être – les conseillers communaux sont assez grands pour se défendre eux-mêmes. Pourquoi ces derniers acceptent-ils de débattre de ces points qui ne sont pas de leur compétence ? Pourquoi ces motions sont-elles votées aussi facilement ou moyennant des amendements plus symboliques que substantiels ?

Pour une raison bien précise, une raison très bien comprise par ceux qui instrumentalisent cette procédure. Celle-ci : paradoxalement, ces motions permettent souvent de créer du consensus au sein d’un conseil communal. Parfois, évidemment, ces textes sont ipso facto rejetés.

Parfois les majorités se déchirent sur de tels textes alors adoptés par des majorités alternatives. Mais, paradoxalement, il arrive régulièrement que ces textes soient adoptés massivement. Pour quelle raison ? Contrairement à ce que l’on croit parfois, les conseils communaux sont parfois le théâtre de féroces affrontements. Il arrive que les membres s’étripent sur des questions très concrètes. À cette occasion, les attaques ad hominem et autres noms d’oiseaux ne sont pas rares.

Jouer du consensus

Les motions qui, par contre, traitent de questions beaucoup plus abstraites et dont les enjeux sont très éloignés des urgences quotidiennes, apparaissent le plus souvent comme l’occasion de raccommoder les gens et de réaffirmer l’attachement à des valeurs communes. Dans un élan confraternel, les mêmes personnes qui, dans une assemblée compétente, refuseraient de voter en faveur d’un pareil texte, seront, dans un cadre où la portée dudit texte est purement symbolique, enclines à l’adopter « pour faire plaisir » et parce que « cela ne mange pas de pain ». On accepte de défendre une position impopulaire quand y a un enjeu important.

S’il n’y en a pas, cela n’a pas beaucoup d’intérêt car personne n’aime être catalogué comme ennemi de la nature et des générations futures. Par ailleurs, de telles motions confèrent une visibilité médiatique à la majorité qui les vote.

Le problème, c’est que l’addition de ces petites complaisances, la multiplication de ces micro-lâchetés débouchent, par effet cumulatif, au fait que des motions soient votées par des dizaines et des dizaines de villes et de communes. Dès lors, cette réalité intimidera le véritable législateur appelé à trancher de ces questions. Pourquoi, leur dira-t-on, refusez-vous d’entendre l’appel de la base ? C’est probablement l’un des facteurs d’explication du vote anti-CETA au Parlement wallon.

Un véritable lobbying à échelle communale

En fait, il s’agit d’une stratégie classique de lobbyiste mais le coup de génie est de l’avoir appliquée à grande échelle au niveau beaucoup plus vulnérable de conseils communaux. C’est à la fois beaucoup plus efficace et beaucoup plus pernicieux qu’une pétition. Ce n’est plus l’expression populaire d’une protestation mais le piratage d’un outil citoyen avec le double but de désinformer la population et d’intimider les échelons décisionnels situés plus haut.

Avec tout le respect que nous avons pour le pouvoir local, est-ce vraiment au sein d’un conseil communal qu’il convient de tenir un débat sur les effets bénéfiques ou non de l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne, sur la pertinence de la parité Dollar-Or ou sur l’hypothétique entrée de l’Allemagne au Conseil de sécurité des Nations-Unies ? Est-ce vraiment le rôle du conseil communal d’exercer une magistrature morale sur la marche du monde et de se prononcer sur les grands enjeux internationaux ? N’attend-on pas plutôt de tous ces hommes et de ces femmes qu’ils consacrent leur temps et leur énergie à l’exercice des missions importantes pour lesquelles on les a élus, c’est-à-dire la réactivité face aux problèmes de leurs administrés et la gestion efficace et diligente des dossiers communaux ?

Il appartient aux assemblées communales de se montrer vigilantes face à des motions de ce type. Elles ne doivent plus accepter de se faire instrumentaliser par des minorités d’extrême-gauche. Il est de leur devoir, pensons-nous, de rejeter d’emblée les textes qui n’ont rien à voir avec l’intérêt communal. Ce que font déjà, fort heureusement, de nombreuses communes. A contrario, il importe évidemment de donner toute leur place aux salutaires interpellations citoyennes et aux motions à caractère essentiellement local.

 

 

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Intelligence Artificielle, Inexorable Armageddon ?

Elon Musk, visionnaire ou Cassandre de l’IA ?

Elon Musk, entrepreneur visionnaire, fondateur de Tesla et de Space X, inventeur génial, développeur éclairé de l’innovation, futurologue, futur premier voyagiste du système solaire, communique de plus en plus souvent sur l’intelligence artificielle qu’il considère aujourd’hui comme « le plus grand risque auquel notre civilisation sera confrontée ».

Ses dernières interventions ne souffrent d’aucune ambiguïté, ne s’embarrassent d’aucune précaution pour affirmer que le genre humain est en danger, que le péril est parmi nous et que l’IA pourrait nous conduire prochainement à un Irrémédiable Armageddon.

Elon Musk n’est d’ailleurs pas la seule personnalité de dimension planétaire à donner l’alerte. Il partage ce rôle de lanceur d’alerte ou de Cassandre avec Stephen Hawking et Bill Gates qui tiennent en substance le même discours.

Les mises en garde ont réellement commencé en 2015 avec la publication d’une lettre ouverte devenue célèbre par le FHI d’Oxford alertant sur les risques de l’IA utilisée dans les robots armés autonomes.

Particulièrement pessimiste, Elon Musk affirme qu’il sera vite trop tard pour l’avenir de l’humanité si des mesures conservatoires et contraignantes ne sont pas prises dès aujourd’hui pour encadrer le développement de l’IA.

Musk acteur mondial de l’IA

On pourrait y voir un premier paradoxe ou une légère schizophrénie sachant qu’ Elon Musk est un acteur mondial de l’IA, qu’il contribue à ses progrès dans les différentes activités de R&D qu’il finance et dans les différents projets qu’il soutient.

Pourquoi ne met-il pas alors immédiatement un terme à toutes ses participations ayant de près ou de loin un rapport avec l’IA ?  Peut-on endosser le rôle de lanceur d’alerte en même temps que celui de générateur du péril que l’on dénonce ?

Une pirouette rhétorique pourrait faire dire à Elon Musk que c’est justement parce qu’il participe au projet global de l’IA qu’il bénéficie d’une vision privilégiée des dangers et des périls collatéraux qui nous menacent. C’est effectivement sur cette posture intellectuelle et ce prisme de lecture qu’il faut écouter et lire Elon Musk.

Écouter Elon Musk, c’est, en préalable, filtrer l’écume de son discours qui participe au solutionnisme ambiant en Silicon Valley. Lorsqu’Elon annonce l’homme sur Mars en 2024, il se laisse sept petites années pour résoudre l’ensemble des problèmes inhérents à cette future mission alors que la NASA vient de jeter l’éponge faute de crédits.

L’IA nuira-t-elle à l’espèce humaine ?

Le tropisme solutionniste sous-estime la complexité de l’environnement et des processus, gomme les obstacles, nie les forces de l’aléatoire et de l’imprévisible et fait preuve d’une certaine arrogance face aux temporalités humaines.

Pour autant, une fois cette écume solutionniste évacuée, il reste des interrogations légitimes sur les capacités futures de l’IA dont celle de nuire à l’espèce humaine. Lors de ses mises en garde et alertes, Elon Musk se projette clairement dans un contexte d’intelligence artificielle forte disposant d’une forme de conscience de ses propres actions.

Sous l’hypothèse d’IA forte, la question de la dérive malveillante d’une IA prend alors tout son sens. Une IA forte pourrait par exemple privilégier ses propres choix au détriment des intérêts humains et s’engager délibérément vers un rapport de force et un conflit. Elle pourrait aussi s’ auto-attribuer la mission supérieure d’œuvrer pour le bien de l’humanité au prix d’un abandon du libre arbitre de ceux qu’elle cherche à aider.

Croyant faire le bien de l’espèce humaine, elle contribuerait au contraire à son aliénation et à sa vassalisation. Dans le contexte d’une IA forte, toutes les situations de concurrences puis de duels avec l’espèce humaine sont rationnellement envisageables.

Ce sont d’ailleurs ces scénarios qui nourrissent depuis trois décennies tous les films de science fiction évoquant l’IA… Finalement, lorsqu’Elon Musk évoque des dérives prévisibles de l’IA forte, il ne fait que proposer de nouveaux scénarios de science fiction qu’il est objectivement impossible de confirmer ou d’infirmer en l’état actuel des connaissances scientifiques.

Les risques de détournement malveillant d’une IA faible en 2017

La situation qu’il convient d’examiner et sur laquelle une réflexion rationnelle doit être menée sans tarder est celle de la possibilité  d’effets collatéraux indésirables, nuisibles ou destructeurs provoqués par une IA faible n’ayant, rappelons-le,  aucune conscience d’elle-même, de son propre fonctionnement et de ses sorties produites.

Dans ce contexte, on ne fait intervenir dans la réflexion que l’existant technologique actuel, l’état de l’art, et la R&D en cours  sur l’IA à l’horizon 2022, en tenant compte d’une durée de programme de recherche sur cinq ans.

Ce cadrage préalable permet d’évacuer les hypothèses indécidables relevant de la science fiction et celles issues d’un solutionnisme niant la complexité des défis technologiques.

La question posée par Musk

La question qu’ Elon Musk pourrait rationnellement poser devient : « Dans l’état actuel des connaissances et des recherches en cours, le fonctionnement des IA peut-il provoquer des désordres ? des désastres ?  un Armageddon ? ».

Concernant les désordres, la réponse est clairement positive au regard des expérimentations de cybersécurité réalisées depuis 2014.

Concernant les désastres et  un éventuel Armageddon, il semble impossible d’apporter  une réponse qui ne relève pas immédiatement de la fiction. Cela dit, il est possible de lister au moins un  scénario dont les mécanismes et automatismes mis en résonance deviendraient si instables qu’ils pourraient échapper au contrôle humain. L’issue  pourrait alors être très incertaine ou chaotique.

Des facteurs d’instabilité

Le premier facteur d’instabilité relève de la cybersécurité de l’intelligence artificielle et rassemble l’ensemble des détournements réalisables par hacking, prise de contrôle illicite ou influence volontairement malveillante des processus d’apprentissage d’un système autonome.

Tay, l’IA conversationnelle de Microsoft en a fait les frais il y a quelques mois avec un apprentissage forcé aux propos racistes et fascistes, le tout en moins de 24 heures d’utilisation. Pour autant, les effets indésirables du détournement de Tay ont été très limités et se réduisent finalement à un préjudice d’image pour l’équipe responsable de ce ChatBot particulièrement vulnérable.

Le détournement d’un système armé autonome s’appuyant sur une phase d’apprentissage serait beaucoup plus problématique. L’armement autonome s’apprête à déferler sur le champ de bataille.

Des robots armés autonomes

Le 10 juillet 2017, le groupe industriel russe Kalashnikov a présenté officiellement sa gamme de robots armés autonomes embarquant une architecture de réseaux de neurones dédiée à la reconnaissance et au traitement automatique des cibles.

La nouvelle doctrine militaire russe a pour objectif d’exclure l’homme de la zone d’immédiate conflictualité et de robotiser plus de 30 % de ses systèmes d’armes. Il en est de même du côté américain et chinois avec le développement de navires de lutte anti-sous-marine  autonomes (programme Darpa Sea Hunter).

Le piratage et la prise de contrôle des ces systèmes autonomes par un adversaire pourrait provoquer d’importants dommages et de fortes instabilités sur le terrain..

De la même façon, les systèmes d’aide à la décision militaires (anciennement appelés systèmes experts) sont eux aussi sensibles aux cyberattaques et peuvent potentiellement devenir la cible de détournement par orientation de leur phase d’apprentissage.

Le problème central des fausses données

A ce titre, le rôle des fausses données injectées volontairement dans l’espace de collecte de ces systèmes (pour les tromper) devient central.

L’IA peut aujourd’hui produire des imitations de si bonne qualité qu’il devient presque impossible de détecter le faux du vrai. Cela a été le cas en 2016 avec la production d’un tableau à la manière de Rembrandt par une IA qui a été éduquée à partir de l’ensemble des œuvres du Maître et qui commandait une imprimante 3D pour l’exécution du tableau.

Plus récemment, une IA a produit une vidéo d’un discours fictif de Barack Obama à partir d’une phase d’apprentissage des vrais discours de l’ancien Président. Le résultat est absolument saisissant !

On imagine les effets sur la population mondiale, sur les marchés et sur l’équilibre géopolitique  d’un faux communiqué vidéo d’un Président américain annonçant une attaque chimique, biologique ou nucléaire fictive… L’instabilité provoquée par la diffusion d’un vidéo « Fake News » crédible de déclaration de guerre pourrait vite devenir incontrôlable…

Les fausses données numériques interprétées ou produites par des IA constituent le premier vecteur d’instabilité induit par l’IA. Elles doivent faire l’objet de recherches et de développement de systèmes automatisés capables de détecter en temps réel et en haute fréquence la véracité d’une donnée puis de donner l’alerte en cas de doute légitime.

Les mécanismes imprévus de l’IA

Enfin, pour faire écho aux propos d’Elon Musk, on doit examiner un scénario inédit qui ne fait pas intervenir de piratage ou de détournement d’IA mais qui s’appuie sur une mise en résonance imprévue de plusieurs mécanismes associés à des IA  distinctes, fonctionnant légitimement et correctement. Pour préciser ce scénario, on utilise deux mécanismes liés à la cybersécurité et au fonctionnement de l’OTAN.

Le premier mécanisme précise que toute cyberattaque massive sur un pays membre de l’OTAN peut entraîner une réponse militaire classique des autres pays membres et des États-Unis après attribution de l’attaque.

Des automatismes d’alerte ont été créés en ce sens. Les États-Unis ont annoncé qu’en cas de cyberattaque massive sur leurs infrastructures critiques, ils se réservaient le droit de riposter par des bombardements. Le cyberespace est considéré aujourd’hui par l’OTAN comme un espace des opérations au même titre que l’espace maritime, terrestre et spatial.

Le programme de Darpa

Le second mécanisme concerne un programme lancé par la Darpa (l’agence américaine de développement des technologies de défense). Ce programme de cybersécurité développe des outils autonomes d’inspection et de détection automatisée de vulnérabilités dans les codes informatiques.

Le travail de recherche de bugs et de failles de sécurité est confié à une IA qui passe en revue les programmes et détecte (une partie seulement) des vulnérabilités.

On peut alors imaginer le scénario suivant :  Un système expert militaire OTAN (une IA) qui souhaite s’entraîner et améliorer ses performances actionne l’IA de détection automatisée de vulnérabilités de programmes sensibles d’un pays membre jugé fragile.

En guise d’exercice, le système expert lance des attaques sur l’ensemble des vulnérabilités recensées du pays membre, en camouflant l’origine de l’attaque et en laissant des traces d’un pays tiers non membre de l’OTAN.

Cette cyberattaque massive rentre alors dans le cadre du processus de réponse automatisée et d’agression contre un membre de l’organisation qui engage alors une réponse militaire sur le pays tiers.

Ce scénario, fortement résumé et simplifié, a fait l’objet d’une étude publiée en 2017 dans une revue de Défense (RGN). Il met l’accent sur le risque réel de mise en résonance d’automatismes indépendants et légitimes associés à des IA qui placées dans une certaine séquence provoquent une instabilité ou une situation de crise. C’est sans doute dans cette perspective de désordres qu’il faut entendre les propos alarmants d’Elon Musk .

Pour conclure…

Il est aujourd’hui strictement impossible de prévoir les futures capacités de l’IA à l’horizon 2035-2040 ou d’affirmer qu’une IA forte sera disponible dans une ou deux décennies.

Pour autant, la prolifération des fausses données numériques créées par les IA, leur qualité et leur impact sur notre écosystème hyper connecté vont produire de fortes turbulences à court terme.

Ajoutons à cela le risque de détournement volontaire ou de mise en résonance de systèmes autonomes pour avoir la certitude que la nécessaire montée en puissance de l’intelligence artificielle ne s’effectuera pas sans quelques dommages collatéraux.

 

 

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Le citoyen comme vache à lait

L'austérité. Vous la connaissez. On ne parle que d'elle depuis des années. Est "austère" - du latin austerus, "sec, rude, âpre" - celui "qui se montre sévère pour soi, ne s'accorde aucun luxe ou plaisir".


 

Voilà que les pouvoirs publics se sont vu donner le mot d'ordre par les instances internationales, fortes comme des boeufs, d'être austères, c'est-à-dire vaches. Après le beau temps, la pluie. Après la période des vaches grasses, où, croirait-on, l'argent public consacré au bien-être des citoyens, était jeté par les fenêtres, entrons dans le temps des vaches maigres : les dépenses publiques vont se trouver rationalisées, ce qui revient pratiquement à dire "rationnées". Tous les services publics, y compris les plus régaliens comme la justice, tombent sous le joug de responsables politiques convertis en grippe-sous. C'est un coup vache pour le citoyen : il paye davantage pour la même chose ou paye la même chose pour un moindre service.

L'accord est loin d'être unanime pour voir dans l'austérité le remède miracle aux déficits accumulés. Mais le langage majoritaire néolibéral la juge incontournable et arrive à en convaincre un grand nombre.

Stupeur soudaine. Des scandales multiformes ouvrent les yeux effarés de la population. (Bon) nombre de mandataires politiques souffrent de schizophrénie face aux deniers publics : parcimonieux quand il s'agit d'investir pour le bien commun, ils sont prodigues, voire dilapidateurs, pour s'enrichir personnellement. Des systèmes complexes à l'extrême, dans lesquels une vache ne trouverait pas son veau, révèlent in fine leur raison d'être : permettre de rémunérer en toute discrétion et au-delà de toute mesure raisonnable les adorateurs du veau d'or. Aux frais du citoyen.

Les enquêtes sur les machineries élaborées en marge des structures officielles marquent le pas parce que la plupart des intéressés ont un boeuf sur la langue, ce qui ne les a pas empêchés de mettre la charrue avant les boeufs, le profit personnel avant le bien commun. Pendant qu'ils amenaient les citoyens à manger de la vache enragée, ils n'hésitaient jamais à tuer le veau gras pour festoyer entre amis et initiés. Quand on les met en cause, leur dignité offusquée leur va comme un tablier à une vache.

 

Ces révélations ont eu un effet boeuf sur l'opinion publique, devenue un acteur du champ politique particulièrement présent depuis que les réseaux sociaux donnent la parole à tous, même aux peaux de vaches. Le milieu politique, contraint à la réaction, chante pas mal de couplets à propos de la nouvelle "gouvernance" ; mais il ne se précipite pas vraiment pour assurer le nettoyage des étables, ou plutôt des écuries d'Augias.

Il paraît, par exemple, très difficile de ne pas cumuler les fonctions, qu'elles soient politiques ou privées, et d'accepter le dicton : "Chacun son métier, et les vaches seront bien gardées." Difficile aussi de ne pas cumuler les rémunérations, alors qu'on le sait pourtant : "Qui vole un oeuf, vole en boeuf." De tergiversation en faux-fuyant, de dérobade en atermoiement, le cheptel politique s'éreinte en vain à récupérer un label éthique qui seul pourrait rassurer. Comme c'est dur, pour les abuseurs du pouvoir, de quitter leurs hautes sphères pour retrouver le plancher des vaches !

Face à cette ankylose des partis, que peut le citoyen lambda ? Pleurer comme un veau ? Se consoler en se disant qu'il y a pis ailleurs ? Se réfugier à l'ombre des simplismes mis en vitrine par les extrémistes, trop heureux que les autres leur fournissent du fourrage prémâché ? Leur sourire essaye de faire oublier qu'ils sont aussi des partis, aux pratiques anachroniques et obsolètes par excellence. Ou attendre désespérément, inspiré par l'exemple français, un candidat hors parti, libre de ses options politiques et éthiques ?

Quoi qu'il en soit, chaque membre de la société se voit rappeler de façon cuisante l'importance cruciale de son vote. Qui n'aura pas perçu que la personne du candidat mérite d'être prise en considération bien plus que la couleur ou la pâleur du parti ? Sur la base de ce critère pourrait émerger des urnes une génération politique obsédée par le bien commun et moins encline à traiter le citoyen comme une vache à lait.

 

 

 

 

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 Samusocial: un séminaire entre cabinettards socialistes qui "frise le délit d'initié"

15/07/17 à 09:53 - Mise à jour à 13:20

Source: Belga

Des représentants des cabinets du ministre-président Rudi Vervoort (PS) et du ministre bruxellois Pascal Smet (sp.a) étaient à un séminaire du Samusocial à Spa en février dernier, ressort-il d'un courrier qui a été transmis à la commission d'enquête parlementaire qui se penche sur l'ASBL.


 

 

L'Echo relaie l'information dans ses pages samedi, ainsi que la réaction outrée de la ministre cdH Céline Fremault, qui appelle Olivier Maingain à réfléchir à une "majorité alternative".

Le courrier daté du 22 février 2017 est envoyé par le directeur financier du Samusocial, Aurélien Doffigny, à tout le management, et concerne l'organisation pratique d'une "mise au vert" en gîte, quelques jours plus tard. Baptiste Delhauteur, le directeur de cabinet adjoint de Rudi Vervoort, y est cité, ainsi que Tina Martens, la directrice de cabinet adjointe de Pascal Smet et commissaire du gouvernement bruxellois au Samusocial. L'autre commissaire de gouvernement, la représentante de la ministre Céline Fremault (cdH), n'a pas été sollicitée pour participer à cette mise au vert.

Contacté par L'Echo, Baptiste Delhauteur confirme avoir été présent "une seule journée, afin de discuter de la problématique du financement des bâtiments". Pascal Smet indique quant à lui que Tina Martens avait demandé et reçu l'autorisation de se rendre au séminaire, à ses propres frais.

 

Pour la ministre cdH Céline Fremault, ce nouvel élément "frise le délit d'initié". "Cela confirme à mes yeux un lien fort et des jeux d'influence derrière mon dos et le fait que le Samu, déjà soupçonné depuis longtemps de mauvaise gestion, dictait les positions politiques du PS régional", regrette-t-elle, plaçant définitivement la problématique à un niveau plus large que la seule commune de Bruxelles-Ville. "Au final, les positions du Samusocial et du PS, c'était chou rouge et rouge chou. C'est bien la preuve que ce n'est pas un scandale limité uniquement à Bruxelles-Ville, contrairement à ce qu'affirme Olivier Maingain", balaie la ministre cdH, qui "propose" au président de DéFI, qui s'affiche très réticent à un bouleversement de majorité à Bruxelles, "de réfléchir avec tous ses mandataires régionaux et locaux à une majorité alternative".

Selon L'Echo, c'est la première fois que le parti de Benoit Lutgen prend clairement ses distances avec le Parti socialiste à Bruxelles.

De Wolf demande l'audition de Vervoort et d'autres

Le chef du groupe MR au parlement bruxellois, Vincent De Wolf (MR) a demandé l'audition en urgence devant la commission d'enquête sur le Samusocial du ministre-président bruxellois Rudi Vervoort (PS), du ministre Pascal Smet (sp.a) ainsi que des deux représentants de leurs cabinets qui ont pris part au séminaire du Samusocial.

"Lorsque le Samusocial reçoit d'importantes sommes d'argent de la Région bruxelloise, il importe que le contrôle soit opéré par le gouvernement bruxellois", a jugé samedi Vincent De Wolf, précisant qu'en tant que membre de la commission d'enquête il contacterait le président de cette commission en vue d'entendre d'urgence MM. Vervoort et Smet ainsi que leurs représentants à ce séminaire.

Il apparaît aux yeux du représentant libéral, que le Samusocial recevait les projets de contrôles qui allaient être mis en place pour être contournés. "Cela éclaire en tout cas d'un jour nouveau des pièces et P-V de réunions antérieures au sujet de l'élaboration du contrat de gestion de l'association, examinées en commission."

 

 

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Crise politique: comment permettre des scrutins anticipés dans les Régions

Eclairage de Stéphane Tassin. Publié le - Mis à jour le


 

Il est souvent reproché au président du CDH Benoît Lutgen, ces dernières semaines, d’avoir retiré la prise du gouvernement wallon (PS-CDH) sans avoir proposé, dans la foulée, une nouvelle majorité. En effet, la procédure normale dans les Régions est identique à celle d’une commune. Il est nécessaire de déposer une motion de défiance constructive à l’égard de la majorité actuelle et de présenter dans la foulée un nouveau pacte de majorité alternative. Contrairement au niveau fédéral, où la chute d’un gouvernement peut provoquer des élections et la mise du gouvernement sortant en "affaires courantes", la procédure n’est pas possible dans les Régions et en Communauté germanophone. La législature entamée en 2014 doit donc se terminer en 2019.

Pour de nombreux observateurs, la crise actuelle aurait mérité de voir une redistribution des cartes en organisant des élections. Si cette formule sans scrutin avait été choisie à l’époque, "c’était essentiellement pour assurer une certaine stabilité" , explique le constitutionnaliste de l’UCL, Marc Verdussen.

Si le monde politique souhaitait changer les choses et donner la possibilité aux Régions et à la Communauté germanophone de recourir à des élections avant la fin d’une législature, il faudrait pour cela "modifier la loi spéciale" qui règle le sort des entités fédérées, ajoute Marc Verdussen.

Comme les élections européennes

Le constitutionnaliste précise que, dans le cadre de la sixième réforme de l’Etat, une modification constitutionnelle, "qui n’est pas encore entrée en vigueur" , doit permettre aux entités fédérées de définir elles-mêmes la date des scrutins qui les concernent. Actuellement, les scrutins régionaux se déroulent le même jour que les élections européennes - les prochaines doivent avoir lieu en juin 2019. Mais cette modification ne réglerait de toute façon pas le problème qui nous occupe, puisqu’elle ne traite pas de la durée de la législature.

Pour modifier la loi spéciale qui règle l’existence des entités fédérées, il est donc nécessaire que ce soit la Chambre des représentants qui agisse. Une majorité des deux tiers est indispensable.

Eclairage de Stéphane Tassin.

 

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Les futures allocations familiales wallonnes: 155 euros par enfant jusqu’à 18 ans


 
Changement. Avec le nouveau système d’allocations familiales validé, en première lecture, jeudi, par le gouvernement wallon, pour chaque enfant né à partir du 1er janvier 2019, la famille recevra une allocation de base de 155 € jusqu’aux 18 ans de l’enfant et de 165 € de ses 18 à 24 ans. "Le nouveau système se veut plus simple et plus lisible que l’actuel et prévoit des suppléments pour soutenir les familles les plus fragiles et pour les enfants atteints d’une affection ou les orphelins" , explique le ministre Prévot (CDH). Le décret prévoit également que, dès 2021, les familles pourront choisir leur propre caisse d’allocations familiales. Une caisse publique sera créée, en plus des caisses privées qui seront agréées par la Wallonie. Elle remplira des missions de service public avec une attention pour les familles les plus fragilisées.
Transition. Les changements concerneront uniquement les enfants nés à partir du 1er janvier 2019, soit dès la reprise de la gestion pleine et entière de la compétence par la Wallonie. Pour les enfants nés avant le 1er janvier 2019, le modèle actuel subsistera, pour s’éteindre de façon progressive, jusqu’en 2043. Il n’y aura donc aucune diminution de montant pour les familles actuelles. Les montants perçus à ce jour resteront garantis. Pour les familles dont les enfants naîtront après le 1er janvier 2019 et dont un ou plusieurs enfants sont nés avant cette date, l’ancien modèle restera en application pour le ou les premiers enfants, tandis que le nouveau système s’appliquera pour les suivants. Lors de la première année de mise en œuvre du nouveau modèle, le budget wallon consacré aux allocations familiales est estimé à 2,26 milliards d’euros. Au terme de la cohabitation entre les deux modèles, en 2043, il devrait atteindre les 3,55 milliards d’euros. 

 

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L'augmentation des pensions minimales approuvée à la Chambre

BELGA Publié le - Mis à jour le


 
La Chambre a approuvé jeudi le projet de loi visant l'augmentation des pensions minimales. 

L'opposition s'est abstenue. Dans la foulée, l'assemblée a également adopté à l'unanimité le projet de loi relatif à l'augmentation de 0,9% des montants de la Garantie de Revenus aux Personnes Âgées (GRAPA). 

Enfin, les députés ont également approuvé un projet de loi portant sur l'harmonisation des divers régimes de pension.

 

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JALHAY - Information communale

 
 
Du 10 juillet au 16 août, la Commune de Jalhay met en vente à Roquez ( Cockaifagne) 4 terrains destinés à y construire des bâtiments à usage économique.

Les candidats acquéreurs doivent manifester par écrit, sur un formulaire obligatoire fourni par la Commune, leur intention d’achat au plus tard le 16 août 2017 à 16h00 rue de la Fagne 46 à 4845 Jalhay.

Toute candidature doit être strictement conforme au cahier des charges ci-joint :

Annexe 1


 
 

 

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Les scandales et la montée du PTB vont-ils faire exploser le pays dans deux ans ?

10/07/17 à 09:10 - Mise à jour à 09:14
Du LeVif/l'Express du 07/07/17

L'explosion du PTB annoncée dans les sondages met la Flandre en émoi. Et donne du grain à moudre au confédéralisme cher à la N-VA. Elle rendrait le jeu politique inextricable après les élections de 2019. Un système bloqué et des revendications communautaires de retour ? Voilà l'enjeu. Chaud devant.

 

Raoul Hedebouw en pole position : tout de suite après la publication d'un sondage le plaçant numéro un en Wallonie, le PTB a lancé sur son site un appel au recrutement. © Didier Lebrun/PHOTO NEWS

Ce n'est jamais qu'un sondage. En d'autres termes, une photographie instantanée de l'opinion. Qui plus est, commandité par un parti politique, le MR, même s'il se base sur la méthodologie du traditionnel baromètre trimestriel La Libre/RTBF. Prudence, donc. Mais ses résultats, publiés le samedi 1er juillet, en pleine crise francophone, à l'issue d'une séquence marquée par le paroxysme des affaires, confirment des tendances lourdes. Et laissent augurer des moments difficiles après les prochaines élections régionales et législatives de 2019. Voire préfigurent une nouvelle crise de régime qui pourrait être fatale à la Belgique. N'anticipons pas. Il y a des nuances à préciser. " Mais la façon dont un tel sondage a été accueilli témoigne de la nervosité qui règne dans le monde politique ", constate Rik Van Cauwelaert, ancien rédacteur en chef de Knack et chroniqueur réputé en Flandre. Le système tremble sur ses bases. Et la prochaine confrontation Nord-Sud est annoncée.

 

Pour Bart De Wever, président de la N-VA, l'explosion du PTB en Wallonie est un " scénario de rêve ". Ce n'est pas forcément l'avis du Premier ministre Charles Michel (MR). © Wouter Van Vooren/ID photo agency

"L'implosion ultrarapide du PS"

Selon le sondage de Dedicated Research, révélé par L'Echo et Sudpresse, le PTB deviendrait le premier parti de Wallonie. Un séisme. Les intentions de vote pour les élections fédérales en Wallonie donnent le Parti des travailleurs de Belgique en tête avec 24,9 %, soit une progression fulgurante de... 19,4 % par rapport au scrutin précédent de 2014. Dans le même temps, le PS, atomisé par les scandales et les divisions, sombre à 16 %, soit la moitié de son score obtenu il y a trois ans. Le MR est relativement stable (23,2 %, - 2,6 %), Ecolo regagne un peu de terrain (11,4 %, +3,2 %), tandis que le CDH boit la tasse (9,8 %, - 4,2 %). DéFI progresse fortement à Bruxelles où il devient avec 15,7 % le deuxième parti derrière le MR, mais là encore, juste devant un PTB en pleine explosion (14,1 %, + 10,1%). La progression du parti maoïste est devenu une constante, d'un sondage à l'autre.

Sur les réseaux sociaux, les nationalistes flamands se réjouissent : ces prévisions confirment la thèse, chère à Bart De Wever, d'un pays composé de deux opinions publiques diamétralement opposées. " Révolution en Wallonie, la Belgique composée de deux démocraties ", tweete le ministre-président flamand, Geert Bourgeois. " Voilà pourquoi il faut le confédéralisme ", enchaîne Sander Loones, vice-président de la N-VA, chargé de la réflexion institutionnelle au sein du parti. L'explosion du PTB, accélérée par les affaires et par la crise politique francophone, est le pendant au sud de la hausse ultrarapide de la N-VA au nord, suite au blocage institutionnel de 2010-2011. Son ascension confirme la rupture inexorable entre les deux principales parties du pays, avec une Région bruxelloise ballottée au milieu. " Un scénario de rêve ", se réjouit Bart De Wever en personne. " Benoît Lutgen est d'une bêtise olympique, il ouvre la voie royale vers le confédéralisme ", acquiesce Rik Van Cauwelaert.

Nous sommes en pleine accélération de l'histoire. Fin décembre 2016, les premières révélations au sujet de Publifin sont publiées par Le Vif/L'Express. Durant des mois, le scandale s'approfondit. Il est prolongé par d'autres affaires symboliquement fortes, singulièrement celle du Samusocial à Bruxelles, qui contraint le bourgmestre Yvan Mayeur (PS) à démissionner. Le Parti socialiste n'était pas le seul concerné, mais c'est lui qui subit de plein fouet les conséquences de cette séquence très négative. Le CDH lui tire une balle dans le dos en Wallonie et à Bruxelles. Sa volonté de mener des réformes radicales suscite des résistances en interne. Le leadership du président, Elio Di Rupo, et de la présidente de la fédération bruxelloise, Laurette Onkelinx, est contesté. Le ministre-président wallon en sursis, Paul Magnette, est dans les cordes après que le parti ait voté contre sa proposition de décumul intégral. Il se cherche une issue. Et voilà que ce sondage place le PTB, ce rival qui ne cesse de monter, sur un piédestal.

" Nous ne sommes pas surpris par l'implosion actuelle du PS, mais nous sommes ahuris par la vitesse à laquelle elle se produit ", déclare Rik Van Cauwelaert. Les dominos tombent à une vitesse vertigineuse. Il serait écrit, désormais, que les deux démocraties vont se dresser l'une contre l'autre après le scrutin de 2019. Ce serait une nouvelle étape dans l'évaporation progressive de la Belgique, entamée par les premières réformes de l'Etat dans les années 1970. Depuis le début du millénaire (et, en réalité, depuis le fameux plan du ministre-président CVP de l'époque, Luc Van den Brande, en 1999), la mésentente chronique entre Flamands et francophones a nourri un divorce annoncé. Tandis que le nord du pays réclamait des avancées, le sud disait " non ". Action, réaction ! Voilà qui a fait de la N-VA le premier parti de Flandre et du pays. Action, réaction, bis ! La progression fulgurante du PTB est aussi le fruit de la rudesse des politiques menées au niveau fédéral, en plus des affaires qui ont miné le Parti socialiste. " N'a-t-il pas manoeuvré de longue date pour infiltrer la FGTB ? " rappelle l'ancien rédacteur en chef de Knack. Son couronnement, ce serait le dernier stade du suicide belgo-belge.

"Cela donne du crédit à la N-VA, mais..."

 

Rik Van Cauwelaert, chroniqueur et ancien rédacteur en chef de Knack : "Nous sommes ahuris par la vitesse à laquelle l'implosion du PS se produit." © Hatim Kaghat/ID Photo Agency

Bart Maddens, politologue à la KUL, se réjouit de cette évolution favorable au Mouvement flamand, dont il est ouvertement partisan. " L'idée que le PTB obtienne un score aussi important, même s'il faut être prudent avec un sondage, confirme l'image que l'on se fait en Flandre d'une Wallonie très à gauche, presque communiste, relève-t-il. En Flandre, cela crée un sentiment irrationnel : 'Ils sont tous devenus fous en Wallonie'. Cela donne incontestablement du crédit au discours de la N-VA. " Une " bonne nouvelle ", selon lui, qui doit toutefois être nuancée à plusieurs égards.

" Tout d'abord, on ne peut pas dire que la Wallonie bascule à gauche, explique-t-il. Ce à quoi l'on assiste, c'est essentiellement à un transfert de voix au sein de la gauche. " Selon les tableaux affinés du sondage, dont Le Vif/L'Express a pu prendre connaissance, le PTB avalerait 40 % des électeurs ayant voté pour le PS aux élections de 2014. Ecolo grignoterait lui aussi des parts de marché du PS (12 %), mais aussi du CDH (10 %). " Il se pourrait très bien que l'on assiste, dès maintenant, à la formation en Wallonie d'une coalition MR - CDH avec le soutien d'Ecolo, dans laquelle le PTB et le PS ne seraient plus nécessaires, souligne Bart Maddens. Elle pourrait préfigurer aussi l'après-2019 et pourrait mener une politique en continuité avec celle pratiquée au fédéral. Une fronde comme celle conduite par Paul Magnette contre le Ceta ne serait plus possible. Cette harmonie serait en rupture avec le discours de la N-VA. "

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"Benoît Lutgen est d'une bêtise olympique, il ouvre la voie royale vers le confédéralisme"

Une seconde nuance, selon lui, consiste à la perte, pour les nationalistes flamands, d'un allié objectif en la personne du Parti socialiste, même si cette analyse fait hurler dans les rangs de ce dernier. " C'est potentiellement le partenaire sur lequel la N-VA pouvait le plus compter en vue d'une réforme de l'Etat, continue Bart Maddens. C'est le parti francophone le plus régionaliste, alors que le MR et le CDH sont davantage belgicains. Lors des dernières négociations institutionnelles, le PS était demandeur de la régionalisation de certaines matières comme la justice ou la coopération au développement. Le fait qu'il perde son statut est en réalité une mauvaise nouvelle pour la N-VA. " Le PS était aussi devenu le meilleur souffre-douleur des nationalistes, le diable incarné pour flatter l'opinion publique nordiste. Ce statut-là pourra avantageusement être repris le PTB de Raoul Hedebouw. Mais attention : ledit PTB est resté un parti national, dont le président est... un Flamand, Peter Mertens. " Nous sommes un contre-exemple de la N-VA, nous prouvons que la politique peut encore se faire au niveau belge ", a d'ailleurs soutenu Raoul Hedebouw à la VRT, en néerlandais dans le texte.

 

Bart Maddens, politologue à la KUL : " L'idée que le PTB obtienne un score aussi important confirme l'image d'une Wallonie très à gauche, presque communiste. " © Bart Dewaele/ID photo agency

Nuance pour nuance, un autre point de vue est encore possible. Si l'on prend en considération les résultats du sondage Dedicated Research, la N-VA serait pratiquement incontournable en Flandre. Et pourrait avoir en main les clés du pays. " La grande différence par rapport à 2014, c'est qu'il y avait alors la possibilité de faire une tripartite traditionnelle en Flandre, note le politologue de la KUL. Cette option permettait de mettre la N-VA de côté. Cette fois-ci, la seule manière de l'évincer serait de former une coalition monstre avec les trois partis traditionnels et Groen, autant dire que ce serait pratiquement impossible. La N-VA se maintient bien, malgré le fait qu'elle ait été touchée par des scandales, elle aussi. Elle pourrait poser ses exigences. "

A l'occasion de plusieurs interviews accordées ces dernières semaines, le vice-Premier N-VA du gouvernement fédéral, Jan Jambon, a répété que son parti viendrait avec des revendications communautaires fortes en 2019. " C'est notre ADN ", insiste-t-il. " Le tout serait de voir avec quels partenaires francophones les réaliser, tempère Bart Maddens. A priori, ce sera loin d'être évident avec un PS en chute libre. " Et, précision utile, la N-VA chute, quand même : elle est pointée à 27,1 % aux élections fédérales de 2019 selon le sondage, contre 32,4 % en 2014. Comme toujours, en Belgique, la quadrature du cercle. Qui peut mettre le pays longtemps à l'arrêt.

"Un pays ingouvernable"

Un autre scénario suscite d'ores et déjà des frémissements dans les états-majors politiques. Vu le séisme électoral probable en 2019, le pays pourrait devenir pratiquement ingouvernable. Lode Vereeck, professeur d'économie politique à l'université de Hasselt et sénateur libéral flamand, en a posé le constat sur sa page Facebook, après la lecture du sondage : " Si ces projections se vérifiaient, les négociations gouvernementales risquent d'être très difficiles en 2019. " Plusieurs cas de figure deviendraient impossibles : la suédoise actuelle n'aurait plus la majorité au fédéral, de même qu'une tripartite classique ou une coalition rouge-romaine (socialiste et sociaux- chrétiens/ humanistes).

" Cela signifie que la coalition fédérale actuelle (MR, N-VA, CD&V, Open VLD), que les partenaires pourraient vouloir reconduire, ne serait envisageable qu'avec l'appui du CDH, avance Nicolas Bouteca, politologue à l'université de Gand. Mais un tel attelage mènerait-il une politique suffisamment de droite aux yeux de la N-VA et de l'Open VLD, sachant qu'il leur est déjà difficile de nouer des compromis avec le CD&V ? " Faut-il rappeler, aussi, combien Benoît Lutgen avait émis un refus catégorique - et profond, dans son chef - à l'idée de gouverner avec la N-VA, dont le comportement a toujours été ambigu à l'égard de la collaboration avec l'occupant allemand durant la Seconde Guerre mondiale.

Le politologue gantois ajoute que les configurations possibles risqueraient d'être réduites en raison de l'importance des partis extrémistes jugés " infréquentables ", le PTB en Wallonie, mais aussi le Vlaams Belang en Flandre : ensemble, selon le sondage, ils détiendraient 30 des 150 sièges de la Chambre. " Sans oublier que certaines cohabitations risquent d'être particulièrement compliquées, entre la N-VA et le SP.A par exemple, ponctue Nicolas Bouteca. Ce caractère ingouvernable, s'il mène à une crise de longue durée, plaiderait en faveur des partisans d'une réforme de l'Etat. "

Cela étant, l'intérêt des médias flamands restant mesuré à l'égard de la crise francophone, un autre point retient particulièrement l'attention au nord du pays : l'état de santé du Parti socialiste flamand, qui perd plus de 4 % et chute sous les 10 % dans le sondage. Le parti de John Crombez paie son manque de ligne claire mais, aussi, l'image désastreuse renvoyée par son homologue francophone, miné par les affaires. " Nous payons cela, c'est injuste ", clame Joris Vandenbroucke, chef de groupe SP.A au Parlement, " La conséquence pourrait être une rupture plus nette entre les deux formations, ce qui serait une nouvelle évolution majeure ", décrypte Nicolas Bouteca. " Que le SP.A choisisse vraiment pour la Flandre, ce serait une excellente chose ", a déjà tweeté Sander Loones (N-VA). Les nationalistes prennent déjà leurs rêves pour des réalités.

"Je ne voudrais pas être le roi"

 

Nicolas Bouteca, politologue à l'université de Gand : "Le caractère ingouvernable plaiderait en faveur des partisans d'une réforme de l'Etat." © Daniel Geeraerts/ID photo agency

Un pays au bord de la rupture ? Un scénario catastrophe pour 2019 ? Ce ne sont peut-être que des conjectures. Mais elles résonnent déjà fortement dans les états-majors concernés. Au MR, qui a commandité le sondage, on se dit certes rassuré par le relatif statu quo du parti. Mais le sentiment qui prédomine, c'est une vive inquiétude. " Ce que cela nous évoque, au-delà de la chute libre du PS, c'est la perspective très difficile que cela promet en l'état pour 2019, épingle-t-on au MR. Ce n'est qu'un sondage, personne n'a fait campagne. Mais cela montre qu'il est urgent de mener un travail pour renouer les liens avec les citoyens. " Traduisez, aussi, urgent de sortir de la crise ouverte dans les gouvernements francophones par le retrait du CDH.

Le PTB, lui, relaie l'appel déjà lancé en mars dernier par son président Peter Mertens : " Organisez-vous, dans les syndicats, dans les mouvements de jeunesse, d'étudiants, de défense des droits des femmes, de l'environnement, antiracistes, pacifistes, dans des comités de quartier, dans des groupes de théâtre, de musique et de sport. Il s'agit de bien plus que de donner une voix à un parti. " La révolution est en marche. L'inquiétude, aussi, de devoir gérer un résultat à ce point fulgurant, ce qui n'est jamais aisé pour un petit parti. Aussi, le PTB réitère également sa ligne rouge à ne pas franchir : " Nous n'irons pas dans un gouvernement qui nous enferme dans le carcan des traités d'austérité européens et nous obligerait à appliquer le contraire de notre programme. "

Avec une telle attitude radicale, le possible maillot jaune wallon s'exclurait-il de toutes les majorités ? Ou parviendra-t-il à trouver des alliés du côté francophone pour faire pression sur le fédéral ? En tout état de cause, sa quête imposera à tout le monde de se positionner et provoquera une crise de nerfs en Flandre. Le navire belge, inévitablement, va tanguer. " Ce qui est sûr, c'est que je n'aimerais pas être à la place du roi durant l'été 2019 ", confesse Rik Van Cauwelaert.

En route vers l'année belgo-belge la plus

 

 

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Sur La Société

Remettre la philosophie au centre de la politique, de l'économie et de l'éducation

Il n’est que de regarder la publicité pour constater combien nous sommes chouchoutés voire emmaillotés pour nous apprendre à bien dépenser notre argent. Mais le vide est sidéral dès que se pose la question de comment le gagner, à part quelques livres bas de gamme dont les auteurs tentent de nous grappiller quelques sous.

Si pour la dépense on fait semblant de nous prendre pour des gens responsables et raisonnables, pour le gain on nous laisse nous reposer sur « l’autre ». « L’autre » évolue dans le temps. Des parents jusqu’à la caisse de retraite nous passons par l’employeur public ou privé, voire par la collectivité elle-même, pour laisser à « l’autre » la responsabilité de nous donner de quoi dépenser. Nous payons d’ailleurs le minimum vital plus cher que dans d’autres pays comme l’Allemagne, en l’achetant de plus en plus à l’étranger pour que l’impact énorme de la publicité et du soi-disant gratuit ne se fasse pas trop sentir.

Certains se demandent ce que veut dire le « système » dont tout le monde parle sans jamais le définir clairement. Le système, c’est prendre à la fois (en même temps!) le peuple pour responsable dans sa dépense, et irresponsable dans son gain tout en le lui reprochant car il faut bien un bouc émissaire. Le système, c’est fabriquer de plus en plus d’emplois inutiles de conseillers, d’experts et d’observateurs en tous genres dont le seul but est de le faire tenir encore un moment, lui, le système, avec leur complicité souvent involontaire car motivés pour beaucoup par le simple besoin de survivre. Mais ils rendent tous le problème de plus en plus insoluble puisque personne ne produit plus rien dans des villes qui ne savent que dépenser et dire ce qu’il faudrait faire.

De braves âmes façon Attali qui ont parfaitement compris le système pour elles-mêmes, nous proposent de nous débrouiller grâce à notre initiative personnelle entre le marché qui nous dit mensongèrement que nous ne sommes rien tellement nous sommes nombreux et la démocratie qui nous dit mensongèrement que nous sommes tout tellement nous sommes intelligents. Elles nous poussent à tenter l’aventure de la création d’entreprise alors que tout ce qu’elles ont soi-disant créé elles-mêmes a toujours été créé par d’autres. Le résultat est cette myriade d’entreprises sans avenir dont le seul but est par flagornerie de nous faire dépenser davantage notre argent. A nous de demander à « l’autre » de nous en donner « les moyens ».

Le système a oublié que l’économie est une chaîne fermée où nous ne pouvons profiter de l’énergie des autres que parce qu’ils peuvent profiter de la nôtre. L’économie est par définition une coopération alors que le capitalisme en a fait une compétition sans enjeu où l’on nous serine que la compétitivité est une qualité alors qu’elle n’est que pousse-au-crime vers la fraude, la haine de l’autre tout en comptant sur lui, et la désespérance. Le système n’arrête pas de chercher plus ou moins inconsciemment comment refermer la chaîne ailleurs ou à un autre moment. On ne peut expliquer autrement le mondialisme, la dette et l’immigration. C’est chaque fois compter encore et toujours sur « l’autre » pour le gain. Le mondialisme va, en vendant nos emplois, chercher des marchés qui doivent, on ne sait comment, nous faire mieux vivre. La dette, en vendant nos enfants, reporte à plus tard tous les problèmes que nous sommes incapables d’affronter. L’immigration, en vendant notre culture, fait reposer le travail et le renouvellement de la population sur des arrivants peu exigeants qui acceptent de travailler et qui n’ont pas encore compris que nous avions déjà vendus leurs enfants comme les nôtres.

Pendant ce temps (en même temps!) nos élites papillonnent en vivant elles-mêmes fort bien. Elles s’intéressent à la parité, summum de l’individualisme et de la compétition, en laissant aux animaux et aux peuples stupides la coopération toute bête entre le mâle et la femelle. Même la procréation doit dorénavant parait-il pouvoir se faire en solitaire. Nos élites attendent la croissance qui va créer des richesses et enfin fermer cette chaîne à laquelle elles ne veulent rien comprendre. Elles s’écoutent et se retranscrivent mutuellement dans un jargon incompréhensible qui rappelle la médecine du prétendu siècle des Lumières. Faut-il rappeler qu’entre les médecins de Molière du XVIIe siècle et Semmelweis au XIXe siècle qui a sauvé des milliers de femmes en disant simplement à ses confrères médecins de se laver les mains, il s’est passé un siècle et demi de perte de bon sens et de gain de suffisance. Semmelweis a été accusé par sa corporation d’obscurantisme et de mysticisme. Quand après Semmelweis, Pasteur qui n’était, heureusement pour lui, ni médecin ni pharmacien a sorti la médecine de son ignorance crasse et arrogante, l’économie et la politique ont pris le relais de l’ignorance et s’y complaisent depuis près de deux siècles en flattant le peuple qui adore la flatterie et les idoles. La médecine pendant ce temps (en même temps!) s’est servi de l’innovation prônée par les économistes pour faire faire à l’humanité un bond quantitatif incroyable dont on se contente de se préoccuper de la survie alimentaire. La médecine a remplacé la religion dans la gestion de la peur de la mort mais elle coûte beaucoup plus cher, n’assume pas son nouveau rôle et ne réussit pas à s’intégrer dans la chaîne. Elle ne se demande jamais qui s’appauvrit pour l’enrichir.

S’asseoir et réfléchir, est-ce si compliqué ?

L’Union européenne s’est construite sur la fuite en avant commune de ses élites qui veulent continuer à fermer la chaîne par le mondialisme, la dette et l’immigration. Elle n’a comme avenir que l’explosion et la violence car ses élites sont tellement enfermées dans leurs prés carrés que le bon sens n’aura jamais l’unanimité requise. Elles vont se repeindre aux couleurs du temps en espérant tout de l’innovation comme la France vient de le faire. Elles vont continuer à s’entre-déchirer entre souverainistes et européanistes sur le meilleur espace pour régler le problème en continuant à faire monter le chômage, l’immigration et la dette pour ne pas avoir à dire à leurs peuples qu’ils se sont trompés toute leur vie, que le temps des weekends, des 5 semaines de congés payés, des RTT et des arrêts maladie est terminé et qu’il nous faut refermer la chaîne tous seuls en nous remettant à produire et en payant le prix auquel nous sommes capables de produire avec notre façon de vivre. La fuite en avant doit devenir l’ennemi, les agriculteurs doivent cesser de stériliser la terre pour un productivisme éphémère que le système a rendu inhérent à leur survie, chacun doit se demander l’échange qu’il a avec la société, ce qu’il lui donne et ce qu’il en reçoit. Le rôle d’un gouvernement, quelle que soit l’organisation de son peuple, est de veiller à ce que personne ne soit exclu de cet échange. Tout le reste est accessoire mais les gouvernements s’occupent pourtant de tout sauf de cet essentiel qu’ils ne font que pleurer.

Fermer la chaîne nous-mêmes c’est commencer par accepter qu’un gain d’argent est TOUJOURS une perte d’argent de quelqu’un d’autre et que vouloir la fermer par une création de richesse est TOUJOURS transporter nos fantasmes loin dans le temps ou dans l’espace pour continuer à croire à ce qui n’existe pas. Fermer la chaîne nous-mêmes c’est produire chez nous avec notre armée de chômeurs, chaque fois que cela est possible, tout ce dont nous avons besoin. Nous constaterons alors que nos prix ne sont pas compétitifs à cause de tous nos avantages acquis et qu’il faudra enfin choisir entre la coopération oubliée et la compétition sans avenir.

Que nos élites croient au fantasme de la création de richesse est le problème de fond actuel qui les fait ne pas travailler et nous emmener vers la grande violence et la guerre qui nous forcera dans l’instant à fermer la chaîne nous-mêmes et sans eux. Les communistes ont eu un mal fou à reconnaître qu’ils s’étaient trompés pendant plus d’un demi-siècle, les capitalistes ont le même mal fou à reconnaître qu’ils se trompent depuis encore plus longtemps avec une explosion vers le n’importe quoi depuis les années 70.

Ce sont les fondamentaux de bon sens qui ont été perdus. Les peuples attendent que des partis politiques en prennent conscience et ce n’est pour l’instant apparemment en gestation dans aucun d’entre eux.

 

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Idée reçue : “Les subventions sont nécessaires au maintien de l’agriculture”


 
Les réformes agricoles menées par la Nouvelle-Zélande sont remarquables à de nombreux points de vue et pourraient servir de modèle à l’Union européenne pour la libérer.
À l’origine, la PAC fut pensée comme un moyen d’assurer l’autosuffisance alimentaire de l’Union Européenne. Pour cela les gouvernements européens se sont entendus sur un système de subventions et de contrôle des prix qui concentre aujourd’hui près de 50% du budget de l’Union Européenne.

La PAC a tellement bien fonctionné qu’aujourd’hui l’UE se retrouve dans des situations absurdes où les agriculteurs jettent leurs récoltes délibérément tellement leur prix de revient est élevé comparé au prix de vente de leurs produits.

Au début des années 1980, la Nouvelle-Zélande se trouvait à peu de choses près dans la même situation que l’UE d’aujourd’hui. 40% des revenus des agriculteurs néo-zélandais provenaient de subventions distribuées par le gouvernement.

La réforme néo-zélandaise

De manière générale, l’État néo-zélandais appliquait une politique purement socialiste qui visait à contrôler la production et la consommation de ses habitants. Les niveaux atteints à l’époque auraient fait passer la France d’aujourd’hui pour un paradis libéral.

Cependant en 1984, le National Party remporte les élections législatives face au parti travailliste. La nouvelle majorité porte un programme de réformes radicales visant de nombreux secteurs de l’économie néo-zélandaise mais plus particulièrement l’agriculture. Roger Douglas, alors nommé ministre de l’Économie, va s’atteler dès ses premiers mois en poste à mettre en place des réformes libérales.

La révolution du libre-échange

La première d’entre elle est celle portant sur l’agriculture. Il réduit fortement les subventions dont bénéficiaient les agriculteurs et dans le même temps fait tomber les restrictions à l’exportation ainsi que les tarifs douaniers à l’importation.

 

Gouin, Jean, Fairweather. “New Zealand Agricultural Policy Reform And Its Impacts On The Farm Sector” (1994)

L’effet de la fin des subventions

Le choc est rude et les journalistes du pays prédisent une saignée dans le secteur agricole et une désertion des terres agricoles. Sauf qu’une fois encore, nos journalistes biberonnés au marxisme se sont trompés.

La fin des subventions oblige les agriculteurs à trouver de réels débouchés pour leur production ce qui est permis par la fin des restrictions sur les exportations. D’autre part, avec la baisse des tarifs douaniers, ces derniers peuvent investir à moindre coût dans un nouveau matériel d’exploitation qui améliore leur prix de revient.

Contre le productivisme

Les subventions poussaient également les agriculteurs à produire toujours plus et cela au détriment de la qualité des sols. Avec la fin des subventions, ils ne produisent plus que ce qui correspond à une demande réelle. Ils n’ont donc plus intérêt à produire à tout prix.

 

Ibid.

Nous remarquons même que le nombre d’exploitations a crû jusqu’en 1988 soit quatre ans après le début des réformes sans pour autant s’effondrer par la suite.

 

Ibid.

Il apparaît même que ce sont les plus grosses exploitations et non les plus petites qui ont vu leur nombre baisser entre 1986 et 1990.

 

Ibid.

Depuis 1987, la valeur économique du secteur agricole a crû de 40% en dollars constants et la part de l’agriculture dans le PIB est passé de 14,2% en 1990 à 16% aujourd’hui. Le tout avec seulement 2% de la valeur de la production en subventions vs. 40% en moyenne pour le reste de l’OCDE (“Life after the Subsidies : The New Zealand Farming Experience, 15 Years Later”).

Les agriculteurs se sont adaptés

Il ne faut pas nier cependant que les agriculteurs ont du s’adapter à ce nouveau paradigme : la valeur des terres arables maintenues artificiellement haute du fait des subventions a fortement baissé à la fin des années 1980. Néanmoins, la résilience de l’agriculture néo-zélandaise, l’amélioration de la productivité (+5.9% par an en moyenne depuis 1986) a permis aujourd’hui de rétablir les prix historiques de celle-ci.

Le gouvernement a aidé les exploitations agricoles à amorcer cette transition en leur accordant une aide équivalente à 2/3 de la production d’une année en cas d’arrêt définitif de l’exploitation. Pour autant seul 1% des exploitations se retrouvèrent en faillite ou forcées de vendre, ce qui demeure tout à fait limité.

Un modèle pour l’Union européenne

Les réformes menées par la Nouvelle-Zélande sont remarquables à de nombreux points de vue et pourraient servir de modèle à l’UE. Aujourd’hui la PAC protège surtout les grandes exploitations qui concentrent une majeure partie des aides. Ces aides étant liées à la production totale.

Les petites exploitations ne peuvent donc faire face aux plus grandes qui peuvent pratiquer des prix beaucoup plus faibles du fait de leurs effets d’échelle et des subventions perçues. La PAC ne favorise donc pas l’agriculture paysanne telle que les journaux aiment tant la décrire.

D’autre part, la PAC protège les producteurs de la concurrence des pays hors UE avec des tarifs douaniers. Cela a donc un coût pour le consommateur final qui voit le prix de ses produits alimentaires augmenter. D’autre part, le manque de concurrence ne pousse pas les exploitations à s’adapter à la demande et maintient même des exploitations inefficaces.

Les subventions liées à la production pousse également les agriculteurs à produire toujours davantage et à utiliser donc plus d’engrais avec les conséquences désastreuses pour l’environnement que nous avons pu voir en Bretagne par exemple.

Il est grandement temps de revoir le modèle de la PAC qui s’avère incapable de préserver les petites exploitations, augmente les coûts pour le consommateur et crée des incentives néfastes pour l’environnement. La Nouvelle-Zélande a montré la voie, aux Européens de suivre le chemin.

Pour aller plus loin :

Free To Choose Network, “Trailblazers, The New Zealand Story”. Youtube.

Federated Farmers of New Zealand, “Life after the Subsidies : The New Zealand Farming Experience, 15 Years Later”

 

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CONVOCATION DU CONSEIL COMMUNAL

 
 

Le Collège communal convoque le Conseil communal à la séance qui aura lieu

le lundi 26 juin 2017 à 19h00, à la Maison communale.

Ordre du jour:

Séance publique:

1) Compte du C.P.A.S. pour l’exercice 2016 – approbation.

2) Personnel du C.P.A.S. – modifications du statut administratif, du statut pécuniaire et du règlement des congés   – approbation.

3) Demande de permis d’urbanisme – modification à la voirie existante - travaux d’élargissement d’un tronçon du chemin vicinal n°22 et de pose d’un aqueduc pour eaux pluviales dans ce chemin et au travers de terrains privés avec modification du relief du sol, Haut-Vinâve, 4845, Jalhay.

4) Règlement complémentaire de circulation sur la police de la circulation routière portant sur l’interdiction de circulation des véhicules ou train de véhicules de plus de 10m à Priesville – adoption.

5) Marché public de travaux - aménagement et réhabilitation du Pré-RAVeL L44A entre Cokaifagne et la rue de la Sauvenière - approbation des conditions et du mode de passation.

6) Opération de développement rural - convention d'accompagnement de la Fondation Rurale de Wallonie dans le cadre d'une ODR – adoption.

7) Convention portant sur la collecte des déchets ménagers avec l'asbl "Terre" – adoption.

8) Assemblée générale ordinaire du 29 juin 2017 de l’intercommunale CHR Verviers – approbation des points de l’ordre du jour.

9) Compte de la Fabrique d’Eglise Saint-Lambert pour l’exercice 2016 – approbation.

10) Vérification trimestrielle de la situation de caisse – communication.

 

 

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Les couleuvres avalées par les humanistes bruxellois

Pa. D. Publié le - Mis à jour le


 
Si c'est notamment la réforme fiscale voulue par le PS en Wallonie qui a contribué à la rupture avec le CDH, les humanistes bruxellois ont également avalé quelques couleuvres depuis la constitution d'une majorité PS-Défi-CDH en 2014.
Même si l'annonce du président du CDH Benoît Lutgen de lundi dernier en a surpris plus d'un au sein même de son propre parti, le vote à l'unanimité qui s'en est suivi pour éjecter les socialistes des gouvernements régionaux est moins étonnant. En trois ans, les humanistes bruxellois ont souvent eu l'impression de subir des affronts et de peiner à imprimer leur marque. Retour sur quelques dossiers sensibles.

Si le dossier du Samusocial a explosé récemment, cela fait bien plus longtemps qu'il rend fou du côté humaniste. Mise sous pression par le PS, la ministre en charge de l'Aide aux personnes Céline Fremault s'est vu obliger de revoir à la hausse les budget du Samusocial. Désireuse de développer des politiques de réinsertion plutôt que de consacrer une majeure partie du budget à l'aide d'urgence, elle avait malgré tout dû accorder un tiers du montant des projets « Housing First » au Samusocial, alors incontournable. Sa maigre consolation fut d'instaurer un contrat de gestion et des commissaires de gouvernement : on connaît la suite...

Sur le dossier des allocations familiales, c'était l'impasse. Dans le cadre de la régionalisation, le CDH prônait un alignement sur ce qui était décidé dans les deux autres régions, histoire d'éviter toute forme de concurrence. Les humanistes voulaient un montant de base élevé proche de ce qui était pratiqué en Wallonie et en Flandre tandis que les socialistes plaidaient pour une réduction du montant de base avec une augmentation des suppléments sociaux pour aider les plus précarisés.

L'une des rares victoire du CDH fut l'instauration du parcours d'intégration obligatoire. Sauf que lors de récentes discussions, le PS s'était montré assez réticent vis-à-vis du régime de sanctions prévu... Encore un camouflet en vue pour le parti de Benoît Lutgen ! Dans ce dossier, le CDH avait déjà grincé des dents lorsque la Ville de Bruxelles avait obtenu la création d'un des deux bureaux d'accueil pour primo-arrivants (BAPA) alors que leur projet n'avait pourtant pas été retenu par le jury. Dans le conseil d'administration du BAPA BXL, on retrouve d'ailleurs quelques noms connus parmi lesquels celui de Pascale Peraita.

En matière de logement, les visions du CDH et du PS divergeaient fortement. Pris sur sa gauche par le PTB, le parti socialiste prônait surtout la création de logements sociaux. Moins fans des grands plans logement comme ceux lancés à l'époque par Françoise Dupuis (PS), les humanistes avaient une autre priorité : faciliter l'accès de la propriété à la classe moyenne, notamment en créant du logement moyen ou en élargissant les critères d'accès au fonds du logement. Une politique freinée par le partenaire socialiste.

En matière de gouvernance, le CDH n'a pas digéré la nomination de cabinettards PS à la tête de nouveaux organismes d'intérêt publics parmi lesquels Bruxelles Prévention & Sécurité (BPS), la Société d’Aménagement Urbain (SAU) et le Bureau bruxellois de la Planification (BBP). En février dernier, c'est la répartition des 2 millions d'euros de subsides pour la cohésion sociale qui avait fait l'objet de soupçons de favoritisme. L'opposition Ecolo s'en était donné à coeur joie en déclarant que Rudi Vervoort avait confondu "cohésion sociale" et "cohésion socialiste"… Silencieux à l'époque, le CDH n'en pensait pas moins.

"Cela devenait vraiment trop compliqué. Ne plus travailler avec le PS, c'est une mesure de bonne gouvernance en soi. La première à prendre !", résume aujourd'hui un mandataire.

 

 

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ONG : la fausse bonne idée du protectionnisme énergétique européen


 

 
Dans leur combat pour un « développement durable », de multiples ONGs s’opposent à l’utilisation du granulé de bois pour la production énergétique. Faut-il en conséquence en restreindre la production et l’importation ?
La transition énergétique est un processus continu et qui a recours à des technologies différentes . Ceux qui s’imaginent que des panneaux solaires et des éoliennes représentent déjà les technologies alternatives les plus importantes, ne connaissent pas la réalité de la composition de la production énergétique qui existe de nos jours.

Une de ces sources énergétiques est le granulé de bois, qui est produit à partir de matière compressée de biomasse, essentiellement à base de résidus forestiers, d’élagage, de cimes d’arbres ainsi que du bois de moindre qualité qui n’est pas utile à d’autres industries.

La guerre contre le granulé de bois

Dans leur combat pour un « développement durable », de multiples ONGs s’opposent à l’utilisation du granulé de bois pour la production énergétique. Des organisations comme Biofuelwatch font pression sur les responsables de l’Union européenne afin que la RED – Renewable Energy Directive (la directive européenne des énergies renouvelables) de 2020 n’inclue pas la bioénergie à grande échelle.

Pour Biofuelwatch, 115 groupes de 43 pays différents ont signé cet appel lancé à l’Union européenne. Ces écologistes prétendent que l’utilisation de ce type de biomasse émet une pollution importante et qu’elle contribue à la déforestation dans des pays comme les États-Unis.

Restreindre les importations de granulés n’est pas la solution

En 2015, la consommation de granulés de bois dans l’UE-28 a atteint 20,3 millions de tonnes, ce qui représentait 6% de la biomasse solide totale utilisée en Europe. L’UE a produit 14,1 millions de tonnes de pastilles couvrant 70% de sa demande. Le reste des granulés utilisés par l’UE provient principalement des États-Unis (plus de 26% de sa demande). (European Biomass Association, 2015)

En réalité, restreindre ou interdire les importations américaines de bois  n’est ni une solution économique, ni une solution écologique.